Ω – Prologue

Auteur : Zakkarin
Check : Mystix


Hello ! J’étais pas censé sortir cette histoire avant un bon bout de temps, mais Mois Bleu oblige, voilà quelque chose de nouveau…

C’est l’histoire d’un gars et d’un autre gars (#NoHomo), et de trucs qui se passe entre eux (#NOHOMO !)… Et pis y’a des vaisseaux spatiaux, et des extra-terrestres, et d’autres trucs encore…

J’espère que vous allez apprécier cette nouvelle oeuvre, qui se situe plus dans un registre SF que dans la Fantasy, mais bon, j’aurais fait de mon mieux (soyez doux, c’est ma première fois *rougit*)…

Le chapitre 1 devrait sortir dans la foulée, soit ce soir, soit demain 😀

Le prologue est uniquement de l’exposition, donc/mais (?) c’est quand même intéressant de le lire (azy, j’ai pas la motivation de vendre mon oeuvre), donc/mais (?) ne ne me copiez pas, faites un effort ! x’)

Sur ce, bonne lecture…


– Et moi je te dis qu’il savait depuis le début qu’il était fou, c’est simplement qu’il a créé ce monde fantastique et toutes ces histoires pour essayer de se convaincre du contraire. Si le monde entier était à son image, alors il ne verrait pas de raison pour changer !
– Sauf qu’un fou n’est pas censé comprendre qu’il a des problèmes psychologiques, donc ton raisonnement tombe à l’eau…

Absorbés par leur discussion, deux adolescents marchaient dans la rue en débattant du film qu’ils venaient de voir.

L’un était un grand garçon aux longs cheveux bruns noués en queue de cheval. La couleur vert émeraude de ses yeux contrastait grandement avec le teint hâlé de sa peau. Son visage à la mâchoire marquée était plaisant à la vue, même si une expression sérieuse était plaquée dessus, renforcée par la paire de lunette qu’il portait au bout de son nez droit. Malgré ses seize ans bien sonnés, il paraissait bien plus âgé.

L’autre garçon lui arrivait à l’épaule. Ses cheveux noirs étaient coupés en brosse et il avait des yeux rieurs dont l’iris noisette pétillait de malice. Sa bouche aux lèvres pleines était fendue d’un sourire qu’il semblait conserver à longueur de journée et lui donnait un air gentil. Ses joues rondes affirmaient son expression sympathique et l’aura qu’il dégageait était celle d’un type des plus approchables.

Les deux garçons continuèrent leur débat jusqu’à ce qu’ils arrivent devant un large portail en fer forgé, encastré dans une enceinte qui occupait un côté de la rue sur toute sa longueur. Le mur était assez haut pour que personne ne puisse lorgner à l’intérieur, pourtant, les propriétaires avaient jugé nécessaire d’ajouter des haies qui s’élevaient plus haut encore que le mur.

Après que le plus grand des deux adolescents ait farfouillé dans son sac, il appuya sur le bouton de la télécommande qu’il venait de récupérer, ouvrant le portail qui leur faisait face.

Ils s’avancèrent et une grande maison en pierre apparut dans leur champ de vision.

Le garçon espiègle siffla d’admiration avant de planter son coude dans les côtes de son ami.

– Wow, je t’ai déjà dit que ta maison est vraiment super belle, Pierre ?

Le dénommé Pierre soupira et répondit d’une voix exaspérée :

– Oui, au moins à chaque fois que tu viens ici, et comme ça fait environ seize ans, ça commence à rentrer. Notons aussi le fait que je t’ai répété à chaque fois que c’est qu’un simple amas de roche et de bois, tu le sais très bien Vincent, et je commence à me lasser du comique de répétition.
– Ouais… M’enfin pour un amas de caillou, il a de la gueule quand même !

Vincent répondit en ignorant le sarcasme de son ami, puis se mit à détailler la maison.

À l’origine un château viticole, les parents de Pierre l’avaient acheté aux enchères, incluant les quelques hectares de vignes et de forêt qui le bordaient, et entreprirent de le rénover. Ils avaient fait appel à un architecte célèbre qui avait fait un si bon travail que son œuvre avait fait la une de plusieurs magazines d’architecture.

L’artiste avait réussi l’exploit de conserver l’aspect ancien et majestueux du château tout en le modernisant. Le résultat était un magnifique mélange d’ancien qui contrastait avec les touches de modernité disséminées, sans pour autant choquer les yeux.

Sur les trois étages, les deux derniers avaient été aménagés pour Pierre et sa sœur, laissant le premier étage réservé aux parents et le rez-de-chaussée étant l’espace commun.

Percée d’innombrable baies vitrées qui laissaient la majeure partie de l’intérieur à découvert, une partie du rez-de-chaussée était presque entièrement ouverte sur la piscine où flottaient quelques accessoires gonflables. Un balcon avait été rajouté au premier étage, dominant la gigantesque terrasse en bois qui encerclait la maison de toutes parts.

– Tu vas restez planté là longtemps ?

La voix de Pierre ramena Vincent à la réalité. Il cessa de contempler la maison et trottina pour rejoindre son ami qui ne l’avait pas attendu.

Au lieu de se diriger vers la maison, ils avaient pris la direction d’une annexe, à une centaine de mètres du bâtiment principal.

Malgré le fait qu’il avait l’étage entier d’un immense manoir rien que pour lui, il avait demandé à ses parents d’aménager une annexe pour en faire sa chambre, chose à laquelle ils n’avaient vu aucun d’inconvénient.

Les deux compères s’engouffrèrent à l’intérieur une fois que Pierre eut ouvert la porte.

Sur la centaine de mètres carrés que mesurait le bâtiment de plain-pied, la moitié était occupée par sa chambre, tandis que l’autre comprenait une salle de bain, des toilettes, une cuisine toute équipée et deux petites chambres.

Ils balancèrent leurs sacs à travers la grande chambre, et tandis que Vincent s’affalait sur un fauteuil, Pierre disparut dans la salle de bain. Il revint, tenant un paquet de comprimés dans sa main.

Pierre sortit une gélule et la fourra dans sa bouche.

En voyant son ami faire, Vincent ne put s’empêcher de lui demander :

– T’as toujours mal à la tête ?

Le concerné répondit par un hochement de tête affirmatif. Il attrapa ensuite une bouteille d’eau qui traînait là et but quelque gorgée pour faire descendre le comprimé. Son expression sérieuse se détendit légèrement.

– Ouais… toujours… et fixer un écran pendant des heures n’est pas le meilleur remède, c’est moi qui te le dis.

Il monta sur son lit et s’y étala, bras et jambes écartés, après avoir posé ses lunettes sur la table de chevet.

Vincent avait sorti son smartphone de sa poche et pianotait à toute vitesse sur l’écran. Les tapotements et le bruit des touches pressées berçaient Pierre, qui se détendait de plus en plus à mesure que le médicament faisait effet.

En fixant le plafond, Pierre se remémora le moment où son mal de crâne avait commencé :

Allongé exactement au même endroit où il se trouvait actuellement, il regardait tranquillement la télé, grignotant un paquet de chips en faisant attention à ne pas répandre des miettes partout.

L’écran plat de l’appareil projetait un film et éclairait la pièce sombre. Pierre n’avait pas allumé les lumières à l’exception d’une petite lampe, bien que le soleil se soit déjà couché depuis un bout de temps déjà, car il voulait se plonger du mieux qu’il pouvait dans son film.

Il entendit d’abord un bourdonnement aigu constant, mais après qu’il l’ait ignoré pendant une poignée de minutes, il commença à devenir de plus en plus intense.

Se levant pour trouver la source du désagrément, il ne fit pas trois pas avant que le son ne décuple d’intensité, explosant dans son crâne.

Il s’effondra au sol, et juste avant de perdre connaissance, il vit sa télé ainsi que sa lampe s’éteindre.

À son réveil, quelques minutes plus tard, sa tête le lançait douloureusement, et cela n’avait pas changé malgré les trois jours qui étaient passés depuis l’incident.

Le mystère s’était épaissi quand il s’était rendu compte que tous ses appareils avaient complètement grillés et que ses ampoules avaient explosées. Le technicien qui était venu le lendemain avait mis le tout sur le compte d’une surcharge électrique qui avait fait griller les circuits des appareils. Heureusement pour sa famille, elle n’avait touché que l’annexe, épargnant le bâtiment principal de la propriété.

Quand Pierre avait noté que ce n’était pas seulement les machines branchées au secteur mais tous ce qui contenait de près ou de loin de l’électronique, le technicien avait détourné les yeux et s’était mis à débiter à une vitesse ahurissante des phrases contenant tellement de mots spécifiques au jargon professionnel qu’elles n’avaient pas de sens, avant de lui tourner le dos et de se remettre en travail.

Pierre avait bien compris qu’il n’avait lui non plus pas la moindre idée de ce qui avait bien pu se passer, mais sa fierté de professionnel l’empêchait de l’admettre à voix haute. En plus d’être dans l’incapacité d’expliquer la raison d’une telle chose, il était en plus obligé de racheter un tas d’affaires, incluant un nouveau téléphone et un nouvel ordinateur.

Alors que Pierre, dont la migraine s’était calmée, commençait à élaborer des hypothèses farfelues, une voix le tira hors de ses pensées.

– Bon, on va pas tarder à y aller ?

Pierre dévisagea son ami avec des yeux de poisson mort avant de se rappeler de quoi il s’agissait.

– Ah… Oui… La fête de Séb’…
– Comment ça « Ah… Oui… » ? Ça va être dément mon pote ! Y’aura la moitié du lycée chez lui !
– Oui, oui, génial… Profites-en bien, mais amuses-toi avec modération.

Vincent se tut et se leva. Il s’approcha de Pierre, toujours allongé, et le regarda en plissant les yeux, son ton était exagérément soupçonneux.

– C’est marrant ça, tu parles comme si t’allais pas y aller et que t’allais rester chez toi comme un petit bout de malheur oublié par son propriétaire…

Jouant le jeu de son ami, Pierre écarquilla en grand les yeux et prit une expression excessivement innocente :

– Quoi ?! Tu parles de moi là ? Mais dans quel monde on vit si nos propres meilleurs amis se défilent ?
– Mais oui, je te le demande !… Non mais plus sérieusement, si tu viens pas, ça va pas être aussi marrant… Pour moi et Stéphanie en tout cas…

Poussant un soupir devant l’expression résolue de Vincent, il finit par rendre les armes.

– Bon ok, je vais t’accompagner…

Parce que Vincent poussa un hourra en sautillant autour du lit, Pierre se sentit obligé d’ajouter :

– … mais ne compte pas sur moi pour faire quoi que ce soit d’autre que m’asseoir dans un coin avec un livre et une boisson. Et si ma tête me lance trop, je rentre direct !
– Marché conclu !

Vincent tendit sa main, un large sourire illuminant son visage. Parce que son expression ne lui disait rien qui vaille, Pierre hésita quelques instants avant de tendre la sienne et de la serrer.

– Bon… Je suppose que tu vas passer la nuit à la maison ?
– Héhé, c’est ça qui est cool quand on a un pote intelligent, on a même plus besoin de parler parce qu’il le fait pour nous.

Pierre ne répondit même pas.

Vincent et lui était né à un jour d’écart. Leurs deux mères ainsi qu’une autre s’étaient liées d’amitié à la maternité et toutes les trois étaient devenues extrêmement proches après leurs accouchements, si bien que leurs trois enfants avaient pratiquement grandi ensemble.

Le troisième membre du trio était une fille répondant au nom de Stéphanie. Elle avait un caractère similaire à celui de Vincent, voir plus espiègle encore. C’était une fille aux longs cheveux châtains qui cascadaient jusqu’au bas de son dos et encadraient un visage triangulaire où étaient sertis deux yeux bleus en amande. Elle était plus grande que Vincent de quelques centimètres, sujet qui était parfait pour lancer une discussion interminable et stérile entre les deux amis.

C’est en pensant à ses amis d’enfances que Pierre jeta les vêtements qu’il venait de choisir sur son lit.

– On passe chercher Steph ou elle nous rejoint là-bas ?

Au moment même où il finit sa phrase, l’intercom se mit à sonner.

Vincent sourit d’un air satisfait et annonça tout haut :

– Voilà Steph !
– Deux secondes, je vais laisser un mot à ma mère pour qu’elle s’inquiète pas. Après on pourra y aller.

Pierre sortit de sa « chambre » et se dirigea vers la gigantesque maison. Il entra sans problème par l’une des baies vitrées car ses parents les laissaient constamment ouvertes. Dans le salon, l’énorme écran plat était allumé et la chaîne d’information qui tournait dans le vide résonnait dans le silence de la pièce vide :

– …le taux le plus bas. Le Président a exprimé son indignation en face des caméras plus tôt ce matin, créant une vague de soutien. Revenons-en à cette affaire de disparition qui a secoué la France entière. Rappelons que l’enquête ouverte depuis plus d’un mois maintenant n’a pas réussi à expliquer comment plus de deux cents personnes ont pu se…

L’adolescent pressa le bouton off de la télécommande et ressortit après avoir gribouillé une petite explication à l’intention de sa mère.

Il ressortit et rattrapa ses deux amis qui l’attendaient au portail.

–  Ω  –

Cela faisait maintenant quelques heures que la musique rythmait la consommation excessive d’alcool de la centaine d’adolescents présents. Malgré la joyeuse ambiance contagieuse et délurée par la boisson, Pierre s’était réfugié dans la bibliothèque de la maison de son hôte et avait passé ces dernières heures le nez plongé dans un épais livre au nom barbant.

– Religion, la drogue d’une espèce ? Tu lis ça toi ?

Une voix féminine rompit le silence ponctué par les puissantes basses du DJ improvisé ainsi que les cris des jeunes dans le jardin et les autres pièces.

En relevant la tête avec difficulté car il peinait à interrompre sa lecture, Pierre découvrit une fille qui le regardait avec intensité, un gobelet dans la main. Ses joues roses le persuadèrent qu’elle devait avoir pris quelques verres avant celui-là. Elle portait une tenue de soirée qui en révélait beaucoup sur sa figure -qui n’avait rien à envier aux top-modèles- sans pour autant la rendre vulgaire. Parce qu’il avait l’habitude des vêtements de luxe, Pierre avait reconnu le travail d’un très célèbre couturier, sans compter que les chaussures qu’elle portait valaient presque autant qu’un bijou.

Le fait de voir autant de peau exposée rendait Pierre mal à l’aise car son regard s’égarait facilement et le gentleman en lui ne pouvait s’empêchait de se le reprocher.

– Évidemment, j’aurais préféré trouver un exemplaire de Dystopie, ou l’utopie d’une classe ouvrière, mais bon, j’ai eu beau farfouiller, je pense pas que le père de Seb soit un grand fan du sens de l’humour de l’auteur.

L’adolescente gloussa, puis elle attrapa le second fauteuil dans la pièce et s’installa dessus, sa proximité renforça le malaise du garçon.

Inconsciente du trouble dans lequel elle le plongeait, elle se pencha vers lui. Ses cheveux blonds chatouillèrent la peau de Pierre tandis que la position de la charmante jeune fille mettait, sans qu’elle s’en rendre compte, en valeur ses atouts et amplifiait son désarroi.

– Bien que je comprenne que le point de vue du Dr. Troy Shepotibe sur la société endoctrinée par les principes théologiques est absolument passionnant, je dois t’avouer que j’en reste coite en voyant un garçon aussi mignon que cultivé rester seul alors que tous ses amis s’amusent…

Elle finit sa phrase et se mit à rire, certainement parce qu’elle était trop ivre pour s’essayer aux tournures littéraires trop travaillées, puis elle but une gorgée de son gobelet.

Pierre forçait ses yeux à rester fixés sur les iris bleues de la jeune femme et les empêchait de reluquer les deux sphères charnues qui ballotaient à chaque fois que sa poitrine était secouée d’un éclat de rire. Il n’aimait pas le chemin où leur conversation risquait de s’aventurer, alors il essaya de dévier le sujet :

– Oh, mais peut-être que je le mérite et que tu perds ton temps avec moi ? Dans tous les cas, c’est rare de voir une jeune de mon âge intéressée par ce genre de bouquins. Tu lis uniquement les essais politiques, ou bien d’autres choses t’intéressent ?

La jeune fille eut un petit sourire, se rendant bien compte, malgré son état d’ébriété, que son interlocuteur évitait le sujet.

– Très bien, si tu veux qu’on le fasse comme ça… pour info, mon nom est Angelica McSlay, au cas où tu aurais une quelconque envie de le savoir.
– Pierre Ducout.

Angelica serra la main que Pierre avait poliment présentée en gloussant.

Les deux adolescents continuèrent de parler de livres jusqu’à ce qu’un Vincent ayant clairement dépassé le stade de l’ivresse et se rapprochant comme une flèche d’un coma éthylique ne débarque en riant et ne force Pierre à avaler plusieurs shots d’alcool fort.

Parce qu’il n’avait pas autant l’habitude de boire que Vincent, l’alcool lui monta rapidement à la tête

À mesure que les verres se vidaient, le champ de vision de Pierre se mettait à tanguer dangereusement. Il voyait les doubles de Vincent et d’Angelica rirent à gorge déployées sans comprendre la cause de leur hilarité.

Son esprit s’embruma de plus en plus tandis que sa personnalité changeait radicalement.

La fin de soirée s’annonçait bien pour les jeunes, bien que tous savaient pertinemment qu’ils allaient le regretter le lendemain, certains plus que d’autres.

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