Maître des âmes 91 : Purge

Auteur : Nightgale
Check: Miss X


Comme je sais pas quoi dire cette semaine, je vais en profiter pour remercier comme toujours Miss X.

Checkeuse de l’ombre, traquant sans relâche les fautes dans les textes… Sa contribution est discrète certes, mais toutefois essentielle.

D’ailleurs, je me refuse à publier mes chapitres s’ils n’ont pas été checkés auparavant. C’est pour ça qu’il y a des fois où je ne les sors pas forcément le mercredi.

Ouais, j’avoue que je peux être têtu pour pas grand chose, mais j’ai envie de partager mon histoire avec un minimum de qualité.

Voili, voilou, à la semaine prochaine et, une fois n’est pas coutume : Enjoy !


 

À la veille de la compétition de Lasfalle, l’ambiance était survoltée même en dehors de ses murs. Les gens qui n’avaient pas les moyens de rentrer à l’intérieur les jours précédents se tenaient prêts. Ils avaient patienté tout ce temps pour pouvoir entrer dans la cité durant le point le plus culminant de cet événement : l’affrontement qui allait désigner le village le plus prometteur de la région.

Fang naviguait actuellement au beau milieu des camps dressés à l’extérieur. Tout en avançant, il consultait la carte qu’il tenait en main avec un air pensif.

« Les différents groupes de brigands sont assez éloignés de la cité. En plus, ils sont répartis dans toutes les directions. Ce qui va me prendre du temps, c’est surtout le déplacement. »

Après avoir planifié le trajet optimal pour accomplir sa tâche,  il accéléra aussitôt le rythme. Une fois suffisamment éloigné, il exécuta les [huit pas de l’ombre] et disparut aussi vite que l’éclair.

« D’après le chef Han, aucun de ces brigands ne vaut les Vents Hurlants. De toute façon, je ne suis plus le même qu’avant. Même s’il m’arrivait de tomber sur quelqu’un du niveau de Varuh, ça ne me poserait plus de problèmes. »

Si Fang était aussi confiant, c’est qu’il y avait une raison. Après être passé au stade guerrier et avoir obtenu le pouvoir de Qiblain, il avait une idée assez précise de sa puissance actuelle.

« Bon, la nuit risque d’être longue… et sanglante. »

____

« Chef ! On pourrait pas aller faire un tour aux alentours de Lasfalle ? Les hommes en ont marre de rester ici », se plaignit un homme.

« Je suis déjà assez généreux de vous laisser ramener de l’alcool et des femmes ici, alors ne poussez pas le bouchon trop loin ! »

« Sauf que c’est vous qui en profitez le plus », grommela l’homme.

« Hm ? Tu as dit quelque chose ? »

« R-Rien du tout, chef ! Je vous laisse ! »

L’homme s’empressa alors de quitter la tente sous le regard ennuyé de son chef.

« Pff ! Que des bons à rien ! » S’exclama-t-il ensuite en vidant d’un trait le verre qu’il tenait à la main.

« Chef Avercus, ne soyez pas énervé pour si peu. Tenez, un autre verre de vin. »

Une femme aux formes généreuses s’empressa de remplir le verre qu’Avercus avait vidé en n’oubliant pas de mettre en valeur ses atouts au passage. Ce geste ne manqua pas d’attirer l’attention d’Avercus qui prit alors la femme dans ses bras.

« Tu as parfaitement raison ! Avec du bon vin et une femme comme toi pour compagnie, je ne peux pas rêver mieux ! »

Avercus enleva le peu de vêtements qui restaient sur la femme avant de l’enlacer tendrement. L’attente commençait à être longue pour lui et ses hommes et il avait hâte de libérer une partie de son stress.

Il était à la tête d’un groupe de brigands qu’il avait nommé lui-même les « Loups Argentés ». Il n’avait pas à se plaindre. Leur groupe était l’un des plus connus de la région et était fort de presque 50 hommes.

La grand rassemblement des villages était une période très lucrative pour lui et celui-ci ne dérogeait pas à la règle. Seulement, quelque chose était légèrement différent cette fois-ci. Il avait reçu des informations très intéressantes sur le trajet qu’allaient prendre les convois des plus grands villages.

Il doutait de la véracité de ces informations mais il avait pu les confirmer plus tard avec ses propres sources. Voyant que son informateur ne mentait pas, il paya alors une grosse somme pour avoir plus de détails. C’est ce qui les avait amenés, lui et son groupe jusqu’ici, non loin de Lasfalle, à un endroit stratégique où il pourrait mener son assaut une fois le rassemblement terminé.

Ce qu’il ignorait en revanche, c’était que les informations qu’il avait reçues provenaient de Malksim. Tout comme les autres chefs de brigands, Avercus avait reçu le trajet d’un village en particulier, chacun différent les uns des autres. Grâce à cette manipulation d’information, Malksim avait habilement réussi à placer plusieurs groupes de bandits tout autour de Lasfalle sans que ceux-ci ne se doutent qu’ils étaient manipulés comme des pantins.

En effet, bien qu’ils avaient découvert l’existence d’autres groupes comme eux, il n’y avait rien d’anormal à cela. Le grand rassemblement était connu pour faire sortir tous les brigands de leur tanière. Aucun d’entre eux ne pouvait imaginer que tout cela faisait partie d’une conspiration dont l’auteur était en fait Malksim, le chef de Gedo.

« Plus que quelques jours… Le prochain coup sera le plus gros de ma carrière. Après, je pourrai me retirer tranquillement. »

Avercus ne comptait pas rester un brigand pour toujours. En étant un hors-la-loi, il avait pu amasser une fortune qu’il n’aurait jamais pu réunir en travaillant honnêtement. C’était une vie assez stimulante et exaltante. Cependant, cette vie avait aussi son lot de risques. Jusqu’ici il s’en était bien sorti et, avec toutes ses économies, il prévoyait de se retirer tant qu’il était encore en un morceau.

« J’ai presque assez d’argent pour mener une vie confortable dans Lasfalle. Après le prochain assaut, je ferai profil bas jusqu’à ce qu’on m’oublie. Une fois que ce sera fait, je pourrai enfin vivre librement. »

Fantasmant sur l’avenir qui l’attendait, Avercus n’en oublia pas de satisfaire également son corps. Alors que la femme en dessous de lui gémissait et qu’il était sur le point de conclure, un cri retentit brusquement en dehors de sa tente.

« Qu’est-ce qui se passe ?! Si un de vous traîne encore saoul autour de ma tente, je le tue ! » S’exclama Avercus, visiblement enragé d’avoir été interrompu.

Cependant, il nota rapidement que quelque chose n’allait pas. Non loin d’avoir une réponse, seuls des cris continuaient à résonner dehors. Cette tendance se poursuivit encore quelques secondes jusqu’au moment où l’un d’entre eux décrivit clairement la nature du problème.

« On nous attaque ! Un démon… C’est un démon ! Ahhhhhh ! »

Avercus réagit aussitôt. Il s’habilla à la hâte et prit son arme en main avant de jeter un coup d’oeil à l’extérieur. La vue qui l’attendait n’était guère plaisante. Ses hommes étaient soit allongés dans une mare de sang soit prostrés au sol, tremblant de tout leur corps. Il s’approcha alors de l’un d’entre eux pour en savoir plus.

« Hé toi ! Qu’est-ce qui se passe exactement ? Où est l’ennemi ? » Demanda-t-il.

« C-Chef, i-ils sont morts ! Tous morts ! Il a dit que personne ne lui échapperait ! »

« Il ? De qui tu parles ? »

Mais Avercus n’eut pas le temps d’entendre la réponse à cette question. À ce moment précis, un membre de la bande se mit à courir frénétiquement comme s’il avait le diable aux trousses.

« Hors de question que je reste ici ! Je n’ai pas envie de mourir ! » Hurla-t-il.

Tout se passa ensuite très rapidement, Avercus eut à peine le temps de cligner des yeux qu’il vit une ombre fondre sur l’homme qui s’enfuyait. L’instant d’après, l’homme vola dans les airs avant de retomber violemment au sol. Celui-ci gigota faiblement avant de s’arrêter finalement de bouger. Il était plus qu’évident que la mort l’avait emporté.

« Hiiiiii ! »

« Ahhh… aaahh… »

Cette vision avait fini d’anéantir tout espoir parmi les survivants. Certains d’entre eux s’étaient même mis à genoux et s’étaient mis à supplier dans l’espoir qu’on les épargne. Au milieu de tout ça, seul Avercus n’avait pas encore perdu son esprit combatif.

« Est-ce que ce serait une bête démoniaque ? Non ! Les blessures sur les victimes ne correspondent pas. Quoiqu’il en soit, il est clair que ce n’est pas un ennemi ordinaire. »

Il redoublait d’attention, prêt à réagir au plus vite. Au moment où il aperçut une nouvelle fois l’ombre qui venait de tuer un autre de ses hommes, il n’hésita pas à se jeter vers elle.

« Je ne sais pas qui tu es, mais ne crois pas que je vais me laisser faire aussi facilement ! »

Il abattit ensuite sa masse de toutes ses forces en direction de son ennemi. Un bruit retentissant se fit alors entendre, preuve que son coup avait fait mouche. Alors qu’il se réjouissait d’avoir atteint sa cible, sa joie fit rapidement place à de l’horreur quand il s’aperçut que son ennemi était indemne. Maintenant qu’elle s’était arrêtée de se mouvoir, Avercus put enfin voir à quoi ressemblait cette ombre de plus près.

C’était un être humain. Il était recouvert par une cape noire dont la capuche recouvrait une grande partie de sa tête. Cependant, les faibles lueurs de la lune révélaient que son assaillant portait un masque noir, avec des motifs tribaux blancs sur le côté droit.

Mais ce qui choquait surtout Avercus, ce n’était pas l’apparence de son ennemi. C’était surtout le fait que celui-ci avait bloqué d’une main l’attaque dans laquelle il avait investi toute son énergie et ce, sans difficulté apparente.

« Bon sang, mais qui es-tu ?! Pourquoi tu nous attaques ?! »

« Hm… Quelqu’un au niveau 10 du stade humain. Tu es leur chef, je suppose », dit le mystérieux assaillant en ignorant son interlocuteur.

Avercus essaya de retirer son arme mais il s’aperçut rapidement qu’il ne pouvait plus la bouger d’un pouce. Pire encore, ce n’était pas seulement son arme, même son corps ne semblait plus vouloir lui répondre.

« Ce niveau de répression… le stade guerrier ?! Non ! J’ai l’impression qu’il y a autre chose. »

Il avait déjà croisé la route de combattants au stade guerrier et ce qu’il ressentait actuellement était différent de ces précédentes expériences. Il percevait comme une pression plus intense, plus froide, que celle qu’il avait connue auparavant.

« Ne m’en veux pas. Je n’ai rien contre toi, mais tu vas devoir mourir ici et maintenant. »

Tandis que cette déclaration parvenait à ses oreilles, Avercus vit avec stupeur de la glace se former sur l’autre main du mystérieux assaillant jusqu’à ce qu’elle prenne la forme d’une lame acérée. Son corps trembla alors à la vue d’un pouvoir qu’il voyait pour la première fois de sa vie. Il sut instinctivement que sa fin était proche.

« D-Démon… »

Ce furent ses dernières paroles. La lame de glace transperça ensuite le coeur d’Avercus, ôtant ainsi la vie au chef des Loups Argentés.

____

« Mourir sans même savoir pourquoi… Un triste sort. »

La personne qui avait tué Avercus était évidemment Fang, qui regardait d’un air impassible le corps gisant à terre.

« AHHHHHH ! »

Un cri strident le ramena à ses esprits. Une femme se tenait à l’entrée de la grande tente qui était au centre du campement. Après avoir hurlé, elle retourna immédiatement se réfugier à l’intérieur. À cette vue, Fang soupira.

« Mes cibles ne sont que les bandits. Dommage que je n’ai pas plus de temps devant moi. J’en aurais bien profité pour leur faire cracher où ils cachent leurs trésors aussi. »

Pendant que Fang se lamentait ainsi, il poursuivit sa tâche. Si l’intervention d’Avercus avait ramené un semblant d’espoir parmi les membres de la bande encore vivants, sa mort les fit replonger de suite dans le désespoir. Ils n’eurent plus la force ni l’envie de résister. Après que les bandits les plus éloignés de la scène s’enfuirent la queue entre les jambes, Fang s’arrêta finalement.

Face à lui, il ne restait plus que deux d’entre eux encore en parfait état. Les deux rescapés se tenaient accroupis l’un à côté de l’autre, impuissants, tandis qu’ils attendaient avec effroi que leur bourreau exécute sa sentence. Mais contrairement à leurs craintes, le pire ne se réalisa pas.

« Vous deux, estimez-vous chanceux. Si je vous laisse la vie sauve ce soir, c’est que j’attends quelque chose de vous en retour. »

Fang se pencha lentement vers eux. En le voyant se rapprocher, ils reculèrent aussitôt en arrière, les yeux emplis de terreur. Satisfait par leur réaction, il reprit la parole.

« Ce que je demande est simple. Racontez ce qui vient de se passer et faites passer le message à tous les bandits que vous rencontrerez. Si l’un d’entre eux essaie d’attaquer un convoi après que le grand rassemblement soit terminé, je m’occuperai personnellement d’eux. »

L’un des bandits se mit sans attendre à genoux et se baissa à tel point que son front toucha le sol.

« Je transmettrai ce message sans faillir. Merci de nous épargner. »

L’autre suivit très vite son exemple. Peu après, Fang les envoya accomplir cette besogne. Une fois les deux survivants partis, il prit un moment pour observer la situation autour de lui.

Le campement était dans un état pitoyable. Les cadavres jonchaient le sol et le seul signe de vie restant dans la zone était les femmes que les bandits avaient ramenées avec eux pour satisfaire leurs désirs. Celles qui ne s’étaient pas déjà enfuies étaient tétanisées par la peur. En les voyant recroquevillées et tremblantes dans leur coin, Fang décida de les ignorer.

« Tu es sûr que c’est une bonne idée ? » Demanda Fang en regardant la direction dans laquelle les deux membres des Loup Argentés étaient partis.

« Je ne peux rien garantir. En tout cas, c’est plus pratique que de simplement tous les éliminer. Avec ceux qui se sont échappés et ces deux-là en plus, ça devrait faire l’affaire », répondit Shen.

Instiller de la terreur et laisser quelques rescapés s’enfuir était l’idée de Shen. Comme Fang ne connaissait pas l’emplacement de tous les brigands et qu’il n’avait pas le temps de s’occuper de tout le monde, Shen lui avait fait cette proposition. En agissant de la sorte, il y avait ainsi de grandes chances de dissuader les groupes restants d’agir.

« Bien sûr, une seule fois ne suffit pas pour faire passer le message. Ce n’est qu’en continuant à te débarrasser des autres groupes que tu engendreras assez de peur pour qu’ils n’osent même plus sortir de chez eux », ajouta Shen, avec une légère pointe d’excitation dans la voix.

« Et après, c’est toi qui me dis que je suis machiavélique. Tu es bien vicieux toi aussi », répliqua faiblement Fang.

« Arrête. Trop de compliments me font rougir. »

« … »

Il sortit ensuite la carte obtenue auprès de Han. Après avoir barré dessus l’emplacement où il se trouvait actuellement, il poussa une complainte.

« Ahh… Je suis encore loin d’en avoir fini. »

Fang disparut ensuite dans les ténèbres de la nuit. Il se dirigeait inlassablement vers sa prochaine destination, prêt à réitérer la même scène encore et encore jusqu’à semer terreur et destruction.

 

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