Cosmic Lady Prologue

Auteur : Giganleth
Check: Miss X


Les plus curieux d’entre vous l’ont déjà lu vu que je l’avais brièvement posté en cachette. Enfin bref, maintenant que c’est checké, c’est good to go.

On sait tous que c’est pas ça que vous voulez alors je vais même pas essayer de vendre le truc. Ceci dit, si ça vous intéresse, faites-le savoir et ça pourrait me motiver  à sortir la suite plus vite… ou pas.


 

La saison chaude battait son plein. L’air était sec et la moindre brise asséchait la peau comme si un fourneau brûlait constamment à proximité. Nullement affectés par cette atmosphère étouffante, les oiseaux poursuivaient sans cesse leurs chants, accompagnés par le bourdonnement incessant des mouches.

C’est au beau milieu de cette canicule qu’un homme se tenait à l’entrée d’un manoir. Cela ne faisait que quelques minutes qu’il patientait et pourtant les gouttes de sueurs coulaient déjà à profusion sur son visage.

– Pourquoi c’est tombé sur moi ?

S’il avait eu le choix, c’était le dernier endroit où il aurait voulu se retrouver en ce moment. Surtout que sous ce soleil de plomb, il n’avait pas envie de devenir un zombie desséché pour une besogne que personne d’autre ne voulait accomplir. Malheureusement pour lui, il avait perdu un pari la veille. Il n’avait plus alors que deux options : faire ce sale boulot ou bien payer avec de l’argent qu’il n’avait pas. Autant dire qu’il n’avait aucun choix pour commencer.

– J’ai soif.

N’ayant d’autre choix que d’attendre qu’on daigne lui donner le droit de passage, l’homme ne pouvait que contempler la fontaine se tenant à plusieurs dizaines de mètres devant lui au travers de la grille. Il rêvait d’y plonger son corps déshydraté et de s’en abreuver à n’en plus pouvoir.

– Monsieur ? Monsieur ? Monsieur !

– Hein ? Quoi ?

La chaleur avait dû lui monter à la tête car il n’avait pas remarqué qu’une servante était apparue à côté de lui et que la grille face à lui était désormais ouverte.

– Notre maîtresse va vous recevoir, si vous voulez bien me suivre.

La servante marcha ensuite vers la demeure et l’homme se ressaisit rapidement pour la suivre. En passant à proximité de la fontaine, il ravala sa salive pour résister à l’envie de s’y jeter la tête la première comme un animal.

Bien qu’il était certain que l’objectif de sa venue aboutirait à un échec, il était toutefois venu en mission officielle pour la famille royale. Il devait donc conserver une attitude et des manières correctes.

Pour résister à cette tentation, il se mit à observer la servante qui marchait sous ses yeux. Elle portait une longue robe à manches longues de couleur verte avec un tablier blanc autour de sa taille.

Bien que son simple attirail recouvrait tout son corps, l’homme faisait travailler son imagination pour se faire une petite idée des formes qui se cachaient en dessous. D’ailleurs, il se demandait comment celle-ci faisait pour ne pas étouffer sous cette chaleur avec de tels vêtements.

Cette méthode lui permit de vider son esprit jusqu’au moment où ils entrèrent enfin dans la demeure. Une fois à l’ombre, l’homme prit une grande inspiration en sentant que la température avait finalement baissé d’un cran.

– Avant de rencontrer notre maîtresse, vous voudrez peut-être un verre d’eau ? Lui proposa la servante avec un sourire.

C’est un ange !

L’homme en avait presque les larmes aux yeux en entendant ces paroles. L’envie de se jeter à ses pieds pour la demander en mariage lui traversa même l’esprit. Cependant, il garda un air professionnel et répondit poliment.

– Si ça ne vous dérange pas, c’est avec joie que j’accepte votre proposition.

Toujours avec un visage souriant, la servante disparut quelques instants avant de revenir avec une carafe pleine d’eau dans une main et un verre vide dans l’autre. Elle remplit ensuite avec grâce le verre avant de le tendre vers lui.

Bien qu’il ait essayé de se tenir jusqu’ici, une fois le verre à la main, il ne put s’empêcher de le vider d’un trait. La servante laissa échapper un petit rire en le voyant agir ainsi.

– Vous voulez peut-être un second verre ?

C’est vraiment un ange. C’est décidé ! Après en avoir fini ici, je lui propose de sortir un soir avec moi.

Avec cette pensée en tête, l’homme acquiesça en silence et se fit servir une deuxième tournée. La fraîcheur qui s’écoulait dans sa gorge lui donnait l’impression de renaître et il dut finir au moins la moitié de la carafe avant de pouvoir être satisfait.

En vérité, il aurait bien voulu vider la carafe dans sa totalité mais il ne voulait pas paraître comme un goujat devant la servante qui continuait à le servir sans ajouter un mot. Cependant, il s’était suffisamment désaltéré et il était plus que temps de faire ce pourquoi il était venu.

La servante remarqua que l’homme s’était arrêté de boire et posa la carafe et le verre de côté avant de continuer à nouveau sa route. Tandis que les escaliers et les couloirs se succédaient les uns après les autres, l’homme jetait furtivement un oeil sur les nombreuses décorations qu’arborait la demeure.

Ce vase a des motifs complexes et ce tableau est particulièrement réaliste… Rien qu’un seul de ces objets doit valoir plus que mon maigre salaire…  Haa..

Tout en se plaignant en silence sur sa situation financière, l’homme arriva finalement devant une double porte. La servante tapa délicatement deux fois de suite avant d’annoncer sa venue.

– Mademoiselle, voici le messager du roi.

– Entrez.

La voix que l’homme entendit ne semblait pas être une voix féminine mais ça ne dérangeait visiblement pas la servante qui se mit alors à ouvrir lentement la porte. Derrière se trouvait un grand salon garni d’objets plus exquis les uns que les autres. Tapisseries, meubles, statuettes, de toute la pièce émanait une sensation d’opulence.

L’homme était bouche bée mais il n’osait pas faire vagabonder son regard. En face de lui, une jeune femme et un majordome se tenaient au fond de la pièce. La servante se mit sur le côté de l’entrée et lui fit signe d’avancer.

Tout en progressant le long de la pièce, les détails des deux personnes devenaient de plus en plus clairs pour lui. Le majordome était assez âgé, probablement aux environs de la cinquantaine. Sa posture était droite et implacable, rien qu’à le voir on sentait de suite que celui-ci était compétent. Il portait une tenue de couleur similaire à celle de la servante.

Quant à l’autre personne et le sujet principal de sa venue, c’était une jeune fille à la beauté indiscutable. Ses longs cheveux soyeux et rouges comme les flammes, couplés avec un visage délicat et une peau qui semblait aussi douce que du velours lui avaient valu de gagner la ferveur de beaucoup d’aristocrates dans la capitale.

À l’opposé de ses cheveux, ses yeux étaient bleus et clairs comme de l’eau pure et le magnifique contraste créé par la différence de couleur entre ses yeux et ses cheveux était capable de rendre fou plus d’un. Cependant, son regard était vif et acéré et l’homme se raidit instinctivement quand elle posa ses yeux sur lui.

La jeune femme était certes connue pour sa beauté mais sa véritable renommée avait une toute autre origine. Balayant les champs de bataille avec ses yeux azurs et faisant onduler sa crinière enflammée à travers ses ennemis, elle laissa cadavre après cadavre sur son passage et gagna ainsi le surnom de « Princesse d’acier ».

Après avoir joué un rôle clé dans la guerre opposant le royaume de Debrion à son ennemi juré le royaume de Valsik, elle devint une figure emblématique et un symbole d’espoir pour son peuple. Du haut de ses 24 ans, elle était l’une des figures les plus charismatiques de Debrion, éclipsant même le roi sur certains aspects. Elle s’appelait Aura Vermillon.

– Mademoiselle Vermillon, je suis ici à la demande du roi pour vous transmettre un message.

L’homme mit de suite un genou à terre tout en expliquant les raisons de sa présence. Cette personne était le héros de Debrion, leurs statuts étaient bien trop différents.

– Je sais ce que le roi veut de moi et je vous ai reçu en signe de respect. Cependant, vous pouvez retourner à la capitale et lui dire que, comme toutes les autres fois, je refuse son invitation.

Comme prévu, un échec…

Cette réponse ne l’étonnait absolument pas. Après la guerre, c’était un fait connu de tous que le roi Andras voulait intégrer Aura Vermillon à son cercle privé. Celui-ci avait surtout peur de l’influence grandissante de la jeune fille qui gagnait en popularité non seulement auprès des nobles mais aussi du petit peuple. C’est pourquoi son but était de lui faire rencontrer des prétendants pour qu’elle rejoigne son camp par le biais d’un mariage.

– Si je puis me permettre d’insister, je suis sûr que le roi serait ravi si vous l’honoriez de votre présence juste le temps d’un court séjour.

– Je n’ai aucune intention d’aller à la capitale pour le moment. Dites-lui que je suis flattée par sa proposition et que c’est avec plaisir que je me rendrai à la capitale à une date ultérieure.

La jeune fille avait donné une réponse similaire à toutes les invitations précédentes. Est-ce qu’elle prenait de haut le roi ou bien ne se souciait-elle guère des intrigues politiques du royaume ? Il n’en savait rien.

– Je vois. Puisque c’est ainsi, je vais de ce pas transmettre votre réponse au roi.

En tout cas, il pouvait rapporter qu’il avait bien transmis le message et qu’il avait insisté mais que l’autre partie avait quand même refusé. Il avait désormais accompli sa tâche et la seule envie qui parcourait son esprit en ce moment était d’enlever ses habits pour se baigner dans de l’eau fraîche.

Avec cette idée en tête, il se releva promptement et s’apprêtait à partir quand il vit que la pièce était tout à coup plongée dans la pénombre.

– Qu’est-ce que c’est que ça ?

Ce n’était pas seulement lui. La servante à la porte, le majordome et même Aura se retournèrent vers l’énorme vitre qui se situait au fond de la pièce. À travers elle, on avait une vue imprenable sur les environs. Le manoir dans lequel ils se trouvaient avait été bâti au sommet d’une colline non loin de la capitale de Debrion, Ramrir.

Le salon avait été construit dans le but d’avoir une vue imprenable sur Ramrir et c’est pourquoi la vision qui s’offrait actuellement à eux était plus que choquante.

En plein coeur du ciel azuré, la silhouette de ce qui semblait être un bâtiment géant attira immédiatement tous les regards. Celui-ci était si gros qu’il couvrait entièrement le soleil. L’homme n’avait jamais vu une structure de cette taille, et encore moins une qui pouvait flottait dans les airs comme ça !

Le bâtiment amorça une lente descente et les rayons du soleil revinrent éclairer progressivement l’intérieur du manoir. Toutefois, les quatres personnes dans le salon avaient encore leurs yeux fixés sur la fenêtre.

De loin, le bâtiment s’était arrêté juste au-dessus de la capitale. Maintenant qu’ils pouvaient le voir plus clairement, ils réalisèrent que ce bâtiment était presque aussi massif que la capitale elle-même. Plus qu’un simple bâtiment, ça ressemblait davantage à une cité volante !

Plongés dans un silence absolu, c’est alors qu’ils virent quelque chose bouger dans la partie inférieure de cette étrange cité flottante. Avant qu’ils n’aient eu le temps de réfléchir sur ce que c’était, un énorme pilier de lumière en surgit pour s’abattre en un éclair sur la capitale.

Un flash de lumière, puis un nuage de poussière capable de toucher les cieux apparurent soudainement. Moins d’une seconde après, le bruit d’une explosion retentit dans leurs oreilles et le sol trembla alors comme jamais.

– Mademoiselle !

Le majordome se précipita aussitôt devant Aura et leva son bras. Les éclats de la fenêtre qui venait d’exploser s’arrêtèrent alors tous à quelques centimètres de lui. Ensuite, après avoir abaissé son bras, tous les éclats tombèrent simplement au sol dans un fracas assourdissant.

Ce n’est pas qu’un simple majordome. C’est aussi un magicien.  

Cette pensée traversa l’esprit de l’homme qui était tombé à terre au moment même où le sol s’était mis à trembler. Cependant, son esprit se figea instantanément quand il constata avec horreur la vision apocalyptique qui se dévoilait sous ses yeux.

– Ralf ! Fais envoyer des messages à tous les plus haut dignitaires de Debrion et des royaumes alentours et raconte-leur ce qu’il vient de se passer.

– À vos ordres, mademoiselle.

Le majordome quitta ensuite précipitamment le salon sans poser d’autres questions.

– Toi !

– O-Oui, mademoiselle !

En voyant que la maîtresse de la demeure s’adressait à elle, la servante qui était affalée à proximité de la porte se releva immédiatement.

– Réunis les autres servants ! Rassemblez la nourriture et les objets de valeur ! Il faut s’éloigner d’ici au plus vite !

– À-À vos ordres !

Devant le ton autoritaire d’Aura, la servante, bien que choquée, s’empressa de partir pour accomplir les tâches qu’on lui avait confiées.

– Toi ! Eh toi !

En entendant qu’on s’adressait à lui, l’homme reprit alors ses esprits.

– O-Oui ! Qu’est-ce qu’il y a ?

– Comment tu t’appelles ?

– Mon nom ? Euh… je m’appelle Soren. Soren Climpsy.

– Soren Climpsy, est-ce que tu sais écrire ?

– Euh… oui, oui, je sais écrire.

La question était si soudaine que l’homme ne savait pas où la jeune fille voulait en venir.

– Bien ! Dans ce cas, tu vas aider Ralf à écrire les missives. Chaque seconde est précieuse, il faut avertir tout le monde au plus vite. Je suis désolée pour toi, mais je crains que ta meilleure chance soit de rester avec nous à présent. Ta famille, tes amis, toutes les personnes que tu connaissais à Ramrir… Je crains que tu doives tirer un trait sur eux.

Aura passa ensuite à côté de Soren pour sortir tandis que celui-ci était encore sous le choc. En un instant, c’est comme si tout avait basculé en enfer. Devant lui, une partie de l’énorme nuage de poussière s’était dissipée, permettant ainsi d’apercevoir plus ou moins ce qu’il était advenu de la cité.

Retenant son envie de vomir, c’est alors avec une terreur sans précédent qu’il vit que la capitale si immense et si majestueuse dans laquelle il avait vécu et grandi n’était désormais plus qu’un cratère gigantesque dénué de toutes formes de vie. Face à cette vision aussi irréaliste qu’apocalyptique, l’esprit de Soren sombra dans le chaos et le désespoir.

 

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9 commentaires sur “Cosmic Lady Prologue

  1. PS : J’ai un bug depuis mon compte. Je n’arrive pas a cliqué sur  »j’aime » dans les articles. Donc je l’écrit tout simplement, j’espère que l’auteur aura le temps et le courage ne nous faire profitez de la suite de cette histoire 🙂

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