MdA Chap 104 : Dérive

Auteur : Nightgale
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C’est la rentrée ! Retour à l’école, retour au boulot et… QUOI ?! Retour de Maître des âmes ?!

Qui se souvient encore de MdA ? Pas grand monde depuis le temps je suppose. Dans ce cas, je vous invite à découvrir ou à redécouvrir maître des âmes,  une histoire que j’ai commencé à écrire il y a de cela un bon moment.

Bon je sais que ça n’a pas l’air aussi tentant qu’un death march ou autre traduction de light novel mais si vous avez un peu de temps pourquoi ne pas essayer ? Plus de 100 chapitres d’action, d’intrigue, de fourberie, de fourberie et encore plus de fourberie vous attendent.

Et je vais pas vous mentir, j’ai besoin de motivation. Alors pour fêter le retour de MdA et si vous voulez la suite, manifestez-vous et laissez un commentaire pour me motiver.

Ce sera tout pour l’instant. Enjoy.


Tout était sombre. Seul le bruit de l’eau déferlant à toute vitesse résonnait à travers ses oreilles. Dans des sursauts de douleur, sa conscience refaisait surface par intermittence. Durant ces brefs instants, il luttait désespérément pour ne pas se noyer.

Emporté par le courant, son corps était ballotté en tous sens, à tel point qu’il ne savait même plus où était situé le haut ou le bas. Peut être était-ce grâce à son instinct de survie, mais il arrivait tant bien que mal à placer sa tête hors de l’eau, profitant ainsi de chaque bouffée d’air possible avant de replonger aussitôt.

Depuis combien de temps dérivait-il ainsi ? Il n’en avait absolument aucune idée. Son corps refroidissait à chaque instant passé et sa vision devenait de plus en plus trouble. Au travers de la blessure sur sa poitrine, il sentait sa vie lui échapper peu à peu.

« Est-ce que c’est la fin ? »

Cette question lui traversa plusieurs fois l’esprit. Cependant, il n’avait pas le loisir de réfléchir de manière posée à une quelconque réponse. Seule une idée fixe était ancrée en lui : survivre ! Il devait survivre à tout prix ! Ce n’est pas ici que se terminerait son chemin !

Dans le but de tenir le coup ne serait-ce qu’une minute, voire même une seconde de plus, il réagit instinctivement. Il tendit sa main vers son anneau interspatial et, utilisant le peu d’énergie encore à sa disposition, en sortit une poignée d’herbes et de pilules.

Il n’avait ni le temps ni la lucidité nécessaire pour faire le tri. Il fourra immédiatement l’ensemble dans sa bouche et ne chercha même pas à mâcher tandis qu’il avalait le tout d’un trait.

Est-ce que ce geste avait eu un quelconque effet ? Il n’avait plus qu’à espérer que oui, car c’était la dernière action qu’il pouvait entreprendre. Avant qu’il ne s’en aperçoive, il avait à nouveau perdu conscience. Désormais, seuls la chance et le destin allaient guider son corps vers la vie ou bien la mort.

____

« … e… i…. »

« Mmh ? »

« P… i… t… »

« Qui… »

« Petit ! »

Une voix familière le ramena à lui. Alors qu’il venait juste d’ouvrir les yeux, la première chose qu’il ressentit fut la douleur intense qui parcourait tout son corps.

« Ghhh… »

Il serra aussitôt les dents pour éviter de hurler. Son esprit était encore embrumé mais il s’efforça néanmoins de rester conscient pour essayer de comprendre sa situation actuelle. Pour commencer, il avait l’air d’être toujours en un morceau, ce qui était déjà une bonne chose. Cependant, et malgré tous ses efforts, aucun de ses membres ne semblaient vouloir lui répondre. Il n’avait plus aucune force dans ses muscles, même tourner la tête lui était impossible.

Résigné, il ne pouvait que fixer son regard droit devant lui. Tout ce qu’il voyait en face était un plafond en bois. Ne pouvant pas utiliser davantage ses yeux, il usa alors de ses autres sens pour essayer de sonder son environnement.

Tout d’abord, il était plus qu’évident qu’il était actuellement allongé sur quelque chose, probablement un lit. Il ne savait pas la matière que c’était, mais la sensation sous son dos était trop moelleuse pour n’être que de la paille. Il pouvait aussi sentir que sa tête était légèrement surélevée par un coussin, sûrement rembourré dans la même matière. Enfin, il supposa qu’un drap devait se trouver sur son corps car il pouvait en sentir la douce texture sur sa peau.

« On dirait bien que quelqu’un m’a secouru… »

Il tendit l’oreille. Aucun son n’était perceptible autour de lui. En tout cas, rien qui trahissait la présence d’une autre personne à proximité. Seul un faible crépitement se faisait entendre en fond sonore. Combiné avec la chaleur qu’il percevait et le jeu d’ombres et de lumières sur le plafond, il pouvait à peu près deviner l’emplacement du feu qui servait à chauffer la pièce dans laquelle il se trouvait.

« Je n’en peux plus. Il faut que je me rendorme. »

Il avait encore plein de choses à vérifier mais il avait atteint sa limite. La douleur était intenable et la fatigue pesante. Sans pouvoir obtenir plus de réponses, c’est ainsi qu’il ferma doucement ses yeux.

____

« …cle Yan… il… mieux ? »

« … pire… passé… attendre… »

Il pouvait entendre des voix à côté de lui. Cependant, ses paupières étaient si lourdes. Il ne trouvait même pas la force de prendre la parole. Pour couronner le tout, il avait aussi une migraine infernale. À cause d’elle, il n’était pas en mesure de savoir si les voix appartenaient à un homme ou à une femme, ou même s’ils étaient jeunes ou alors âgés.

Son seul réconfort venait de la fraîcheur qu’il ressentait sur son front. L’un de ses bienfaiteurs lui avait probablement posé une serviette fraîche pour faire baisser sa fièvre.

« Froid… J’ai tellement froid… »

Il était frigorifié. Il avait beau sentir la chaleur sous sa couverture, c’était comme si celle-ci refusait de passer à l’intérieur de son corps. Malgré le fait d’être couvert et d’avoir un feu à proximité, son corps réclamait toujours plus de chaleur.

« Combien de temps je vais devoir supporter ça… Au fait… Shen ! Qu’est qui lui est arrivé ? Shen ! Shen ! »

Incapable de faire autre chose, il se mit à appeler mentalement cet étrange compagnon qui l’avait accompagné durant des mois dans ses péripéties.

« Shen ! Tu m’entends ? Shen… »

Il avait beau répéter son nom encore et encore, il ne reçut aucune réponse en retour.

« Il faut que… je… regarde… dans mon âme… mais… tellement… fatigué. »

Sa conscience était en train s’envoler une nouvelle fois. Ne pouvant plus résister davantage contre l’appel du sommeil, c’est avec regret qu’il dut remettre une nouvelle fois ses interrogations à plus tard.

____

« Ah… »

Il ouvrit ses yeux. Bien que la douleur soit toujours vive, elle était néanmoins supportable. Sa fièvre ainsi que ses maux de tête s’étaient atténués. Au prix d’un certain effort, il arriva même à remuer ses membres. Son premier réflexe fut alors de tourner la tête pour observer les alentours.

« Il est réveillé ! Oncle Yan ! Oncle Yan ! Il est réveillé ! »

À peine eut-il le temps de pivoter son cou qu’une voix pleine d’entrain lui parvint à l’oreille. La première chose qui apparut ensuite dans son champ de vision était une longue chevelure dorée qui se précipitait à la rencontre d’une autre personne.

Même si elle était de dos, il était certain que cette silhouette appartenait à une jeune fille. Au vue de sa taille, elle devait sûrement être jeune, aux alentours des dix ans d’après lui. Comme il était allongé et que la jeune fille bloquait sa vue, il était incapable de voir à qui elle s’adressait. Cependant, il n’eut pas à attendre longtemps avant que la seconde personne se manifeste.

« C’est une excellente nouvelle ! Prends une carafe d’eau. Je suis sûr que notre invité doit avoir soif. »

« Oui ! »

La jeune fille alla ensuite trottiner en dehors de son angle de vue tandis que l’homme se rapprochait de lui.

« Comment ça va ? Tu n’as pas à t’inquiéter, tout va bien. Prends ton temps pour soigner tes blessures. »

« Aah… aah… »

C’est seulement au moment de répondre qu’il s’aperçut que sa gorge était incroyablement sèche. C’était au point qu’il arrivait seulement à produire quelques sons inaudibles.

« Ne te précipite pas. De l’eau va bientôt arriver. »

« Voilà, Oncle Yan ! De l’eau bien fraîche ! »

La fille tendit la carafe à l’homme qui la rapprocha ensuite de sa bouche.

« Tiens, ça te fera du bien. Ne bois pas trop vite. »

En sentant l’eau circuler dans son corps gorgée après gorgée, il eut l’impression de renaître. Pendant un instant, toutes ses pensées s’étaient focalisées sur le besoin d’étancher sa soif. Ce n’est qu’une fois la carafe vide qu’il s’arrêta finalement de boire.

« Ah ! Ça va mieux ! » S’exclama-t-il avec une voix encore rauque.

« Ravi de voir que tu as repris conscience. Avec ta blessure, je dois avouer que c’est un miracle que tu t’en sois sorti », dit l’homme.

Suite à cette remarque, il pencha lentement sa tête en avant pour voir ce qu’il en était. Comme il s’y attendait, un énorme bandage recouvrait sa poitrine. La douleur qu’il ressentait lui indiquait qu’il lui faudrait encore du temps avant de pouvoir récupérer.

« Maintenant que tu es réveillé, que dirais-tu de faire les présentations ? Je m’appelle Yanro. Quant à elle… »

« C’est Lysha ! Enchantée ! » Dit la fille avec un grand sourire.

« Yanro… et Lysha, c’est bien ça ? Merci de m’avoir sauvé. Mon nom est Fang. »

« Fang… Si tu veux remercier quelqu’un, remercie plutôt Lysha. C’est elle qui t’a trouvé au bord de la rivière. Personne ne traîne dans cette zone d’habitude. Sans elle, tu ne serais sûrement plus qu’un cadavre à l’heure qu’il est », expliqua Yanro.

« Hé hé, c’est parce que c’est mon coin secret. Ravi de te connaître, Fang. »

« De même. »

Maintenant qu’ils étaient face à face, Fang pouvait voir à quoi ressemblait Lysha. Ses yeux de couleur émeraude se mélangeaient grâcieusement avec ses cheveux blonds d’un ton si clair que la lumière se reflétait avec aisance par-dessus. Avec son visage rondelet et l’entrain qui se dégageait d’elle, on pouvait la comparer à un soleil rayonnant d’une douce chaleur. Ils venaient juste de se rencontrer et pourtant, il ne put s’empêcher d’esquisser naturellement un sourire en la voyant.

Yanro, pour sa part, était un homme assez âgé. Peut-être la cinquantaine ou la soixantaine ? En tout cas, avec ses traits tirés par une fatigue visible, il était facile de croire qu’il était plus vieux qu’il ne l’était en réalité.

En les observant de plus près, un objet singulier dans leur attirail capta aussitôt son attention. La présence de cet objet souleva quelques doutes en lui. Cependant, il décida de ne pas les interroger à ce sujet dans l’immédiat. Il avait d’autres questions à poser en priorité.

« Est-ce que ça fait longtemps que je suis inconscient ? » Demanda alors Fang.

« Ça doit faire environ une semaine depuis que Lysha t’a trouvé. Tu t’es réveillé plusieurs fois pendant ce temps mais seulement durant de brefs instants. Je doute que tu t’en souvienne », dit Yanro.

En cherchant dans sa mémoire, il se souvenait vaguement d’avoir repris conscience ici et là. Seulement, la douleur était telle que ça n’avait jamais duré très longtemps.

« Une semaine… Où est-ce qu’on est d’ailleurs. Est-ce qu’on est loin de Lasfalle ? »

« Lasfalle ? C’est de là que tu viens ? Ici, on est à Drouma. Lasfalle c’est… Oncle Yan, Lasfalle c’est loin ? » Demanda Lysha.

« Ce n’est pas si loin mais pas si proche que ça non plus. Une vallée profonde sépare les deux cités, ce qui fait qu’il faut faire un grand détour à pied. Si tu as dérivé dans la rivière de Lasfalle jusqu’ici, qui plus est dans cet état, c’est que tu as fait un sacré chemin », constata Yanro, étonné.

« Héééé…. Qu’est-ce qui s’est passé ? Qu’est-ce qui s’est passé ? »

En voyant Lysha se pencher vers lui avec ses yeux pétillants de curiosité, même Fang se sentait gêné. Est-ce qu’il devait raconter la vérité ?

« Voyons Lysha, un peu de calme. Tu embarasses Fang en insistant comme ça. Je suis sûr qu’il a ses propres circonstances. Il a parfaitement le droit de ne pas répondre », intervint Yanro.

« Non, ce n’est rien. C’est juste que… c’est un peu compliqué. Pour résumer, j’ai dû fuir quelqu’un qui me voulait du mal et c’est comme ça que ça s’est fini », expliqua Fang avec un faible sourire.

Il pouvait difficilement raconter qu’il s’était battu jusqu’aux portes de la mort contre le chef d’un village rival parce qu’il avait tué son fils et ruiné la plupart de ses plans. La dernière chose qu’il voulait, c’était que ses bienfaiteurs le prenne pour un dangereux criminel… même si le considérer comme tel n’était pas entièrement faux au vue de ses antécédents.

« Tu n’as pas à entrer dans les détails si tu ne veux pas. En tout cas, tu n’as pas l’air d’une mauvaise personne. »

« Yup, yup. Je suis sûr que Fang est quelqu’un de gentil », déclara Lysha en hochant vigoureusement sa tête.

« Qu’est-ce qui te fait dire ça ? » Demanda Fang en souriant.

« Je le sais, c’est tout ! » Répondit Lysha.

« Malgré son jeune âge, Lysha a un certain don pour juger les gens. Si c’est elle qui le dit, je suis prêt à la croire », ajouta Yanro.

« Oncle Yan est quelqu’un de gentil lui aussi ! »

« Ha ha ! Merci ! Bien, Fang, il faut que tu saches deux ou trois choses sur Drouma avant d’aller plus loin. Par où commencer… »

Alors que Yanro cherchait les bons mots, un bruit similaire à un gong se fit entendre à l’extérieur. Lysha et Yanro tournèrent aussitôt la tête en réponse à ce son avant de reprendre.

« C’est déjà l’heure du couvre-feu. Je dois y aller. Fang, je t’expliquerai plus tard comment les choses se passent par ici. Lysha, je te le confie. »

« Aucune inquiétude, Oncle Yan. Je m’en occupe. »

« Dans ce cas, je suis rassuré. Fang, Lysha, dormez-bien. »

« Bonne nuit, Oncle Yan. »

Après avoir caressé la tête de Lysha, Yanro s’en alla. La jeune fille se tourna ensuite vers Fang.

« Fang, il faut que je me lève tôt demain alors je vais bientôt aller dormir. Est-ce qu’il te faut quelque chose ? »

« Non, je suis fatigué moi aussi. Dormir me fera le plus grand bien. »

« Ok. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésites pas ! Je dors juste à côté donc si tu m’appelles, je t’entendrais de suite. Bonne nuit ! »

« Bonne nuit. »

Lysha remit correctement en place les draps sur Fang avant de le laisser. En se fiant au son, celui-ci pouvait deviner que cette maison n’avait pas de pièce séparée et que Lysha venait de s’installer dans un lit non loin de là.

En vérité, il avait encore de nombreuses questions à poser mais Lysha n’était peut-être pas la personne la plus apte à y répondre. De toute façon, Yanro avait dit qu’il reviendrait demain et il n’était pas si pressé que ça. Dans son état actuel, il lui faudrait probablement plusieurs jours pour pouvoir ne serait-ce que sortir de son lit.

Cette discussion l’avait épuisée. Il lui restait aussi à vérifier l’état de son âme et ce qu’il était advenu de Shen. Le fait que celui-ci ne s’était toujours pas manifesté était inquiétant. Malheureusement, il n’était pas en état de maintenir sa concentration assez longtemps pour aujourd’hui. Lentement, Fang ferma ses yeux. Malgré l’absence de Shen, il essaya de relativiser les choses. Il était toujours vivant et tant que c’était le cas, rien n’était encore fini.

____

Dehors, l’obscurité de la nuit avait envahi le ciel. Alors que Yanro était en train de retourner chez lui, il ne put s’empêcher de jeter un coup d’oeil sur la cité dans laquelle il avait grandi.

« Les choses ont bien changé depuis que ce nouveau dirigeant est arrivé. Combien de temps on va pouvoir continuer ainsi ? »

De loin, il pouvait apercevoir les soldats qui commençaient à faire leur ronde pour s’assurer que tout le monde respectait bien le couvre-feu imposé.

« J’espère que ce jeune garçon dénommé Fang guérira assez vite pour quitter Drouma… tant qu’il en a encore l’opportunité. »

Avec un regard triste, Yanro poursuivit son chemin. Au fond de lui, il espérait sincèrement que le jeune garçon n’ait pas à subir le même sort que lui et les autres habitants de la cité.

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12 commentaires sur “MdA Chap 104 : Dérive

  1. Je suis tellement ravi du retour du maitre des âmes que pour fêter l’occasion, je l’ai recommencer depuis le début.
    A mon plus grand étonnement malgré prés de 2 ans sans chapitre, je me souvenait encore de l’histoire dans les grandes lignes.
    Pour autant, j’ai pris autant de plaisir à le relire que lors de ma première lecture.
    Je te dis donc un grand merci pour tout ces chapitres et te souhaite bon courage pour la suite !

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    1. Oups petit bug dans mon commentaire.
      J’ai écrit : « prés de 2 ans » alors que je voulais écrit « plus de 2 ans.
      Enfin pas si étonnant vu que je ne pouvait pas envisager de céder aux bras de Morphée sans avoir finit au préalable ma relecture ^^.
      Donc sur ce bonne nuit ^^.

      J'aime

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