MdA Chap 107 : Collier

Auteur : Nightgale
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Mieux vaut tard que jamais et mieux vaut tôt que tard ?

Je suis pas sûr d’avoir le temps de publier demain alors voilà quoi.

Enjoy.


Le lendemain se déroula paisiblement. Faute d’avoir ses pilules sous la main, Fang essaya de méditer pour voir s’il pouvait récupérer suffisamment d’énergie avec cette méthode.

C’est à ce moment-là qu’il prit deux coups sévères à son moral. Premièrement, la qualité de l’énergie naturelle à Drouma était à peine supérieure à celle de Mura. Le second point, et le plus douloureux pour Fang, était de constater qu’il était retombé au 5ème niveau du stade humain !

Il estima qu’il lui faudrait plusieurs mois de méditation pour remonter jusqu’au 10ème niveau et qu’il lui faudrait ensuite trouver une énergie de meilleure qualité pour repasser au stade guerrier.

L’avantage, c’est que comme il était au stade guerrier à l’origine, son corps avait été renforcé, lui conférant ainsi un physique plus robuste qu’une personne au stade humain. Grâce à ça, il jugea qu’il serait au moins en état de marcher après quelques jours de repos. Quant à une guérison complète, cela prendrait au moins plusieurs semaines sans pilules.

Vu la fragilité de son âme, il ne pouvait pas méditer très longtemps. Fang passa donc la majorité de son temps à dormir. Quand finalement le soir arriva, il entendit ce qui semblait être une dispute à travers la porte.

« Pourquoi on devrait partager notre nourriture avec lui ?! C’est déjà suffisamment dur pour nous ! » S’exclama une voix.

« Ne dis pas ça. Tu vois bien que Fang est dans un triste état. On ne peut pas le laisser comme ça », répondit quelqu’un d’autre.

Fang reconnaissait les propriétaires de ces voix. Il s’agissait de Yanro et Kuzu.

« Et alors !? On aurait dû le laisser pourrir dans son coin ! C’est comme Lysha… Pourquoi tu te sens obligé de t’en occuper ? Si elle ne peut pas survivre toute seule, eh bien tant pis pour elle ! »

Clap !

Fang reconnut le son distinctif d’une claque. Après quoi, Yanro répondit.

« Je ne veux plus que tu dises ce genre de choses. Ce n’est pas ce que ta mère voudrait. Si elle pouvait entendre tes paroles… »

« Ne parle plus jamais d’elle ! »

Après que Kuzu ait hurlé cette phrase, Fang entendit des bruits de pas s’éloignant rapidement d’ici. Quelques secondes plus tard, la porte s’ouvrit et Yanro entra avec une mine attristée.

« Fang ? Tu nous as entendus ? »

Yanro posait juste cette question par principe. Fang aurait bien répondu non, cependant ils savaient tous les deux que c’était trop tard pour éviter le sujet.

« C’est… Je suis désolé. Je sais que les paroles de Kuzu n’étaient pas très plaisantes. C’est juste que depuis que sa mère nous a quittés… »

« Qu’est-ce qui s’est passé ? »

Fang sentait bien que Yanro avait un poids sur le coeur et qu’il voulait se confier à quelqu’un. Puisqu’il n’avait rien fait jusqu’à présent pour le remercier de son hospitalité, il ne voyait pas d’inconvénient à lui prêter l’oreille.

« La mère de Kuzu, ma femme, Mireille, était quelqu’un de doux et attentionné. Elle n’hésitait pas à apporter son aide à ceux qui étaient en difficulté même si pour cela elle devait partager sa nourriture ou passer des nuits sans dormir », commença à raconter Yanro.

En écoutant cette description, Fang ne put s’empêcher de penser à sa propre mère. Il se rappelait encore quand celle-ci avait veillé sur lui sans relâche lorsqu’il était malade, ou bien quand elle était partie chercher de la nourriture toute la journée quand bien même elle n’était pas au mieux de sa forme.

« Seulement, quelques mois après l’arrivée de Gregar et ses hommes, le désespoir s’installa rapidement dans la cité. Malgré tout, Mireille n’a pas abandonné. Elle a sans cesse tendu la main pour aider son prochain. Elle était devenue un support et un exemple pour nous tous. J’étais si fier d’elle. Malheureusement, les choses n’ont pas continué ainsi… »

Yanro marqua une pause. Les prochains mots avaient du mal à sortir de sa bouche.

« Elle était notre support moral, mais elle n’avait personne sur qui se reposer, pas même moi. J’aurais dû l’arrêter quand je voyais qu’elle en faisait trop. J’aurais dû prendre sa place quand c’était trop difficile pour elle. Mais malgré tout elle gardait le sourire, et je me voilais la face en me disant que tant qu’elle souriait, tout allait bien. J’ai rejeté l’idée qu’elle puisse sourire pour masquer sa souffrance et j’ai fermé les yeux parce que, comme les autres, je dépendais aussi d’elle. »

Des larmes coulaient désormais sur les joues du vieil homme. Maintenant qu’il avait vu cette facette de lui ainsi que celle de Lysha la nuit dernière, Fang réalisa alors pleinement la peine et la souffrance qui se cachaient derrière leurs sourires.

« Elle était épuisée mentalement et physiquement. Ça n’a fait qu’empirer au fil du temps jusqu’à ce que, finalement, son corps ne puisse plus le supporter. L’image d’elle allongée sur son lit, avec seulement de la peau sur ses os, restera gravée à jamais dans ma mémoire. Même au moment de partir, elle le fit avec un sourire aux lèvres. Mais ce sourire était plus douloureux que tout autre chose pour moi… et également pour Kuzu. »

« … »

Fang ne trouvait pas les mots. Il ne savait pas quoi dire et il doutait que quoi que ce soit puisse soulager sa peine. Il se contenta donc de rester silencieux en attendant que celui-ci finisse de sécher ses larmes. Après un moment long et pesant, Yanro reprit finalement son expression habituelle.

« Merci d’avoir écouté l’histoire d’un vieil homme, Fang. Bon, je vais préparer le dîner. Lysha ne devrait plus tarder. Elle a dit qu’elle avait quelque chose à faire avant de rentrer. »

Yanro s’attela ensuite à sa tâche. Comme il l’avait annoncé, Lysha fut de retour peu de temps après. Cependant, Fang et lui furent étonnés en voyant l’état dans lequel elle se trouvait.

« Pourquoi tu es recouverte de terre ? » Demanda Fang en premier.

« Pardon, Fang. J’ai fouillé l’endroit où je t’ai trouvé mais j’ai pas pu trouver ton anneau. Je sais que c’était un objet important pour toi. »

Lysha avait la tête baissée comme si elle s’excusait d’avoir fait quelque chose de mal. Fang et Yanro échangèrent un bref regard avant de sourire faiblement.

« Lysha, viens par ici. »

La jeune fille se rapprocha d’un pas lent et hésitant et, une fois suffisamment près, Fang lui caressa doucement la tête.

« Ce n’est pas grave si tu n’as pas pu trouver mon anneau. Mais la prochaine fois, ne te mets plus dans cet état pour ce genre de choses. S’il t’était arrivé quelque chose en chemin, on se serait inquiété Yanro et moi, tu comprends ? »

« Ah, je suis désolée. Désolée aussi, Oncle Yanro. »

Lysha s’empressa de s’excuser envers Fang avant de se tourner vers Yanro et d’en faire de même.

« Fang a raison. Si tu veux faire ce genre de choses, tu aurais dû me prévenir d’abord et j’aurais pu t’aider. Bref, je pense que tu as retenu la leçon. Le dîner sera bientôt prêt alors dépêche-toi d’aller te laver. »

« Yup. »

Lysha sortit alors sagement de la maison pour aller se laver. Yanro l’accompagna un instant pour l’aider à chauffer de l’eau avant de retourner à l’intérieur. Tandis que la mélodie que Lysha fredonnait leur parvenait à l’oreille, Fang et Yanro discutaient de sujets plus sérieux.

« C’est donc à cause de ces colliers que vous êtes à la botte de Gregar ? » Demanda Fang.

« Ces colliers nous empêchent de quitter la cité. Ce sont des artefacts rudimentaires utilisés sur les prisonniers en temps normal. C’est leur seule fonction mais c’est plus que suffisant pour nous tenir en laisse. »

Yanro expliqua alors plus en détail comment les événements avaient transpiré jusqu’ici. Il y a un an de cela, Gregar et ses hommes ont soudainement débarqué sans crier gare. Même si Drouma était qualifié de « cité », en réalité, elle était loin de valoir Lasfalle.

Le terrain complexe de Drouma faisait qu’il était difficile pour un grand nombre de personnes d’y habiter. Vu qu’il était cloîtré chez Lysha, Fang n’avait pas pu encore voir la cité de ses propres yeux. Cependant, avec la description de Yanro, il estima que Drouma était à peine plus grand que Mura.

Les deux endroits n’étaient pas seulement similaires par leur taille, leur puissance militaire l’était également. Gregar n’avait pas perdu de temps, à peine était-il arrivé qu’il élimina l’ancien dirigeant de Drouma. Ensuite, avec ses hommes, il se débarrassa sans difficulté de ceux qui s’opposaient à lui et le reste plia rapidement le genou.

En à peine quelques jours, Drouma n’était plus capable d’opposer la moindre résistance. Tout s’était passé si vite que les habitants n’avaient même pas eu le temps de réagir. Avant qu’ils n’aient pu découvrir les véritables intentions de Gregar, il était déjà trop tard. Celui-ci avait fermé tous les accès menant à la cité et força tous les habitants à revêtir ces fameux colliers, marquant ainsi le début du cauchemar.

« Lasfalle n’a rien fait pour libérer la cité ? »

Quand Fang posa cette question, Yanro ne put que répondre par la négative.

« Peut-être que le nom de Baltio les effraie ou bien alors ils n’en ont rien à faire de notre situation. Gregar limite nos contacts avec l’extérieur, c’est donc difficile de connaître la véritable raison. En tout cas, on a pas vu le moindre signe de Lasfalle ni de qui que ce soit d’autre depuis que ça a commencé. »

Fang se rappela du dirigeant de Lasfalle, Artig, ainsi que de son comportement avec Vesley. Il n’avait pas du mal à imaginer Artig courber l’échine en apprenant que c’était un noble influent qui avait pris possession de Drouma. Si celui-ci n’avait encore rien fait jusqu’à aujourd’hui, il était prêt à parier que Lasfalle ne se mouillerait pas dans cette affaire.

Fang demanda ensuite à Yanro plus de détails sur ces fameux colliers. Il devait admettre qu’il était assez curieux de connaître le fonctionnement de ces artefacts.

« Je ne pourrais pas te dire comment ça marche exactement », avoua Yanro. « Tout ce que je sais, c’est que si on essaie de quitter la cité, le collier explose. Pareil si on essaie de l’enlever. »

« Est-ce que je pourrais regarder de plus près ? » Demanda Fang.

« Bien sûr. Pas de problème », répondit Yanro en s’approchant de lui.

Yanro tendit son cou et Fang toucha brièvement le collier. L’objet était fait dans un métal de couleur noire. Il n’était pas très épais bien qu’il semblait assez robuste. En tout cas, avec sa force actuelle, il n’aurait aucune chance de le briser à mains nues.

Comme Yanro l’avait indiqué, c’était un artefact plutôt banal dans l’ensemble, même la qualité du métal ne semblait pas extraordinaire. Cependant, quelque chose attira le regard de Fang. D’étranges motifs étaient gravés sur un bon quart de la surface externe du collier.

« Des symboles ?! »

Ce fut la première pensée qui lui vint à l’esprit. Le souvenir de sa participation au rituel de Lasfalle remonta alors à la surface. Il se rappelait encore parfaitement des nombreux symboles qui dansaient avec grâce autour de Vesley. Ce spectacle auquel il avait assisté resterait probablement gravé dans sa mémoire jusqu’à la fin de ses jours.

« Yanro a dit que si on essayait de quitter la cité ou bien d’enlever le collier, celui-ci explose. Ce serait donc ces symboles qui assurent ces fonctions ? » Spécula-t-il.

Après avoir vu de quoi Vesley était capable, Fang ne doutait pas que les symboles puissent être utilisés de cette manière. Cette découverte éveilla un sentiment de curiosité chez lui. Malheureusement, et à son grand regret, il n’avait pas le loisir d’étudier davantage la question.

« Si je veux pouvoir analyser en détail ces symboles, il faudrait que j’utilise mon énergie spirituelle. Mais vu mon état, c’est impossible pour l’instant… »

Autrement dit, il fallait qu’il repasse au stade guerrier s’il voulait trouver un moyen sûr de retirer ces colliers. Seulement, il aurait probablement déjà quitté cette cité bien avant qu’il atteigne de nouveau ce stade.

« Un problème ? » Demanda Yanro en voyant le jeune garçon marmonner.

« Non, ce n’est rien. Merci de m’avoir montré ce collier », répondit Fang.

Il était redevable envers Yanro et Lysha pour l’avoir secouru et il voulait donc les aider à quitter Drouma si possible. Seulement, la réalité n’était pas aussi simple. Il avait un mauvais pressentiment au sujet de cette cité et plus tôt il s’en irait et mieux ce serait. Une fois qu’il aurait suffisamment récupéré, il ne serait pas trop tard ensuite pour leur venir en aide.

Lysha rentra dans la maison après avoir fini de se laver. Ignorante de la nature sérieuse de la conversation entre Fang et Yanro, elle s’immisça entre les deux sans aucune gêne.

« Hé ! De quoi vous parlez ? Ah ! Vous jouez à un jeu sans moi, c’est ça ? C’est pas juste ! Je veux jouer aussi ! »

Fang et Yanro se mirent alors à éclater de rire tandis que Lysha faisait la moue en pensant qu’ils se moquaient d’elle. L’intervention de la jeune fille permit de détendre rapidement l’atmosphère et c’est sur une note joyeuse qu’une nouvelle journée prit fin pour eux.

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