Les mésaventures d’un homme pas si ordinaire – Chapitre 6


Auteur : Henri

Check : Nekoyashiki-san


Avec un peu de retard, voici la suite !


“Tu aurais pu l’aider”, pensait-elle sûrement en me fixant avec ses yeux de jade. J’aurais pu, en effet. Mais un dieu de plus ou de moins ne changerait rien à ce monde, donc autant limiter mes efforts. 

  L’aiguille m’indiquait malheureusement la gauche. Après avoir remercié Charon, je pris sur mon épaule le corps inerte de notre guide. Il trouvera son utilité, j’en étais sûr. 

  Au bout de quelques minutes, une seule pensée me traversait l’esprit : marcher sur cette terre me gavait. J’avais l’impression qu’elle aspirait espoir et énergie. C’était d’ailleurs le cas. J’aurais voulu éviter de vivre ça une quatrième fois, soupirai-je en regardant Athéna qui gardait son sourire serein. Il y avait du bon à être un dieu parfois.

  L’entrée principale nous faisait face et quelque chose manquait à cette image. Je me tournais vers Athéna, elle comprit aussitôt ce à quoi je pensais. Pourquoi est-ce que Cerbère se trouvait à la porte, en fait ? Je fronçais les sourcils et continuais d’avancer. 

  Je ne pouvais pas reculer. Je n’avais plus assez de pièces pour faire l’aller-retour pour demander directement au principal concerné. 

  Hadès ne laissait rien au hasard donc il y avait un remplaçant qui devait se cacher quelque part. La question était où ? 

 

  Comme pour répondre à ma question, une tempête de sable se leva devant moi, dévoilant une silhouette titanesque. Je retirai ce que j’avais dit sur le hasard. C’était de la folie pure. La cuisine, encore, pourquoi pas, mais là, Hadès avait définitivement perdu la tête. 

  Cerbère était un adversaire de taille mais lui, je n’avais même pas un pourcent de chances de le battre. Il fallait que l’on s’enfuie et vite. Ce n’était pas de la malchance à ce niveau-là.

  J’invoquai mon épée de bois et je traçai une ligne verticale. 

“Troisième Art de l’Univers, Espace.” 

   Le sable se dispersa. D’énormes fissures dans le ciel infernal apparurent autour de nous, et le sol se sépara en deux. Mais cela n’avait pas suffi.   

 

 Leur légende n’était pas infondée. Avoir été emprisonné dans le Tartare pendant des éternités n’avait pas l’air de l’avoir affecté. Je sentais le pouvoir de son histoire déborder. La force d’un mythe me faisait face, et je n’avais qu’une épée en bois et une déesse sans Divinité. 

  Fendre l’espace n’avait pas suffi à effacer son existence. Que faire ? Le monstre grandeur nature me fixait l’air intéressé. Peut-être que des négociations étaient possibles ? 

« Pas mal pour un humain. Et impoli comme un humain en plus. Un vrai humain”, dit-il en provoquant une bourrasque d’un coup de main. 

 

  J’essayais de lever le bras, sans succès. Je l’avais cassé. Le manque d’entraînement et la vieillesse me rattrapaient. Le temps n’avait aucune pitié. 

 

“Aegis !” rugit Athéna. 

 

  Un énorme bouclier apparut devant mes yeux fatigués. La tête de gorgone et les plumes de pégase avaient donc servi.

 

“Nous sommes venus en paix ! En paix ! 

– Je sais, je suis celui qui sait après tout, puis Hadès m’a prévenu de votre venue. Je sais, j’ai ce que tu cherches, protectrice d’Athènes, déclara-t-il calmement en sortant une cage de nulle part.

– Que veux-tu en échange ? demandai-je.

– Ton nom. Je sais, pourtant, quand je te vois, la seule chose que je sais est que je ne connais pas ton nom. Comment est-ce que cela se fait ? 

– Je ne pense pas que cela soit un échange équitable, remarqua Athéna.

– Je sais ce que tu vas dire. Tu allais dire que ton Symbole est en mauvais état et que ce serait plus rentable pour toi d’en créer un nouveau. Je sais, je sais. En plus, de te le rendre, je te dirais ce qui l’a frappé, et je le guérirai. Cela te va ? 

– Tu ne connais pas ma réponse ? s’interrogea Athéna.

– Non, car elle dépend de ton Héros. Par contre, je sais que toi aussi, tu meurs d’envie de savoir comment s’appelle celui qui veille sur toi. 

– Mon nom ? Il n’a pas d’importance. Propose quelque chose d’autre, Céos, dis-je en reprenant mon souffle.

– Je sais, dis-moi d’où tu viens dans ce cas-là.

– Je ne peux pas répondre à cette question.

– Dans ce cas-là, comment s’appellent tes parents ?

– Non plus.

– Je sais, je sais ! Cette fois, je sais que tu peux y répondre, j’en suis sûr. Seras-tu sanctionné si tu réponds à l’une de mes questions ? 

– Oui. Maintenant, file-nous cette chouette.

– Voilà qui est intéressant, murmura-t-il. Sois guéri, chouette. Elle sera un peu confuse les premiers jours mais elle s’en remettra, tenez. 

– Alors, qui a fait ça ? questionna Athéna.

– Demandez à celui qui va bientôt se réveiller. Il saura répondre mieux que moi. Humain, tu es sûr que tu ne peux pas m’en dire plus ? 

– Titan, je préfère éviter de me frotter aux lois de causalité de ce monde.

– Causalité ? dit-il en riant. 

– On a ta chouette, partons. 

– Tenez, prenez ce cristal de téléportation, ça vous évitera de marcher sur ce sol de tortionnaire. 

– Merci, Céos. Et désolé, je crois que je me suis trompé sur ton compte, avouai-je.

– Non, tu as raison de te méfier. Mes frères et sœurs ne sont pas si délicats ! À la prochaine, Héros de la Malchance, et déesse de la sagesse.” 

 

  Nous pouvions enfin quitter cet endroit de mort. Heureusement que nous n’avions pas dû aller plus loin, je préférais éviter les lieux où la misère est monnaie courante. Voir des gens souffrir n’était pas mon passe-temps préféré. 

 

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