Les mésaventures d’un homme pas si ordinaire 2 – Chapitre 3


Auteur : Henri

Check : Nekoyashiki-san


“Madame ? Madame ? 

– Mh ? Oui ? 

– Maman ? Ma maman est où ? 

– Ta maman ? demandai-je à moitié endormie. Mmh, je ne sais pas, moi. Il est quelle heure ? 

– Je ne sais pas. Ma maman est où ? 

– Attends deux secondes, dis-je en baillant. 

– J’ai faim. Maman est où ? 

– Oui, oui, je t’ai entendu. Attends mais qui es-tu ? 

– Je m’appelle Ange. Maman est où ? 

– Ah oui, c’est vrai. Je ne sais pas où est ta mère. Je ne sais même pas où est celui qui t’a emmené ici pour tout te dire, rouspétai-je en regardant ma montre. Il est déjà sept heures. Il exagère. Va falloir que j’y aille à un moment.

– Aller où ? Voir ma maman ? 

– Non, Ange, je dois aller donner cours. Viens, assieds-toi, je vais te faire à manger. 

– D’accord madame, dit-il en prenant la chaise à côté de moi.” 

  J’avais un horrible torticolis. Je ne pensais pas que j’allais m’endormir sur la table de la cuisine en l’attendant. Ce salaud m’avait posé un lapin, en plus de me refiler un enfant. Je n’étais pas une nounou.

  J’ouvris le frigo avant de soupirer à nouveau. C’était lui qui s’occupait des courses. Il achetait des aliments frais tous les jours pour les cuisiner le jour même. Tant pis, je pris deux paquets de nouilles instantanées. 

“Tiens.

– Merci, bon appétit.

– Bon appétit.

– Comment vous vous appelez madame ? 

– Tu peux m’appeler Athéna.

– Vous êtes une maîtresse ? 

– Oui, une maîtresse pour les grands en quelque sorte. 

– Wow, ma maman est maîtresse aussi. Elle gagne pas beaucoup d’argent mais elle est contente. 

– Je peux comprendre ta mère sur ce point-là. Et ton papa ? 

– Mon papa ? Je n’ai pas de papa. Maman a dit que papa est parti il y a longtemps. Mes amis, eux, ont un papa, pas moi. Mais, je ne suis pas triste. J’ai déjà maman. 

– Elle doit être géniale ta maman. 

– C’est la meilleure ! Tout le monde le dit ! 

– Allez, finis de manger, cela va refroidir, dis-je en esquissant un sourire.” 

  Il n’avait pas l’air de vouloir revenir. J’appelai l’université pour leur dire que j’allais être absente aujourd’hui pour raisons médicales. Mes élèves étaient sûrement déjà en train de fêter mon absence. Peu importe, il fallait bien que je surveille le petit garçon. Je n’allais pas le laisser tout seul à la maison. 

  J’appris ainsi qu’il avait cinq ans et qu’il habitait à Durban, en Afrique du Sud avec seulement sa maman. Il aimait beaucoup une fille dans sa classe. Elle s’appelait Léa mais que ce sentiment n’était pas réciproque vu qu’elle l’évitait. Il aimait aussi les dinosaures et les dragons. Il trouvait que bien qu’ils puissent faire peur, ils méritaient également d’être aimés. C’était un jeune garçon tout à fait adorable, tellement adorable, que je me demandais si la Mort ne l’avait pas enlevé pour son plaisir personnel.

  Il n’aurait pas fait ça, cela ne lui ressemblait pas. Il préférait traîner tout seul dans sa chambre à lire ou à écrire. Puis après toutes ces années avec lui, je n’avais pas eu l’impression qu’il avait un faible pour les enfants, pas dans le sens romantique évidemment. Il n’avait pas spécialement l’air d’avoir la fibre paternelle. 

  Quelle est ta vraie identité, petit garçon ? Comment as-tu attiré l’attention de ce cœur de pierre ? 

  Le lendemain arriva et toujours aucune trace de lui. Je n’avais pas de cours ce jour-là donc je pouvais rester à la maison pour le garder sans problèmes. J’apprenais même petit à petit à mieux le connaître. 

  Heureusement que le petit n’était pas trop méfiant sinon cela aurait été plus dur de s’occuper de lui. Il mangeait ce que je lui préparais sans rechigner et faisait ce que je lui demandais de faire sans me poser trop de questions. De plus, il pouvait faire sa toilette tout seul. 

  Par contre, je me demandais bien ce que pensait sa mère actuellement. J’espérais qu’elle n’était pas trop inquiète pour son fils. Je ne dirais pas qu’il était entre les meilleures mains mais ma foi, je faisais de mon mieux. 

  J’avais essayé de la retrouver sur les réseaux sociaux mais Ange ne connaissait pas le prénom de sa maman, rendant la recherche impossible. Nkosi avait l’air d’être populaire dans son pays. 

  Le temps passa plus vite que prévu et monsieur n’était toujours pas arrivé. Il devrait s’acheter une nouvelle mémoire à ce rythme-là. Et un nouveau téléphone également, j’essayais de le contacter depuis hier mais il ne répondait pas. Je tombais toujours sur le répondeur.  

  Mercredi arriva et le travail m’appela. Que faire ? Je n’allais pas sécher un deuxième jour de travail, si ? Je regardai Ange lire calmement un manga que j’avais dépoussiéré. Ma décision était prise. 

“C’est l’enfant de la prof ? 

– Mais non, tu vois bien qu’il n’a pas du tout la même couleur de peau.

– Elle l’a peut-être adopté.

– Elle est mariée même ? 

– Elle n’a pas l’air d’avoir un anneau à son doigt en tout cas.

– Bizarre, tu ne veux pas aller lui demander ?

– Bien sûr, sale con. D’ailleurs, tu vas à la soirée de samedi ? 

– Hein ? Il y a une soirée samedi aussi ?

– Chuuut ! dit un élève.” 

  Mon cours n’intéressait qu’une petite partie de l’amphithéâtre, comme d’habitude, en fait. Je regrettais d’avoir séché mon cours finalement. 

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