Les mésaventures d’un homme pas si ordinaire 2 – Chapitre 4



Auteur : Henri

Check : Nekoyashiki-san



“Le taux de criminalité chute encore une fois après la disparition d’un énième gang. La police, bien que soulagée, est dans l’incompréhension totale. Alors que l’impact aurait dû être positif, de nombreuses familles se retrouvent fragmentées. En effet, beaucoup de personnes se reposaient sur les gangs pour subsister dans cette région. 

  Pour nous en parler, un spécialiste des conséquences sociales et économiques des gangs, M. Juther. Bonjour M. Juther.

– Bonjour. Oui, c’est vrai que les gangs ont une certaine mauvaise influence sur le pays, mais il ne faut pas oublier que certains d’entre eux protègent les citoyens et créent de l’emploi. Il s’agit en fait d’une sorte de relation symbiotique. Comme en Italie, où le travail au noir est une des seules manières de survivre en tant qu’immigré. 

– Êtes-vous en train de dire qu’il faut pleurer la disparition des gangs ? 

– Absolument pas, j’explique juste la complexité de la situation. Dans des pays fragilisés où la police n’a pas beaucoup d’influence, les gangs sont ceux qui font la loi et certains sont presque justes.”

  Je changeai de chaîne mais une discussion similaire prenait place. Il semblait que les gangs étaient pris pour cible par une entité vengeresse depuis quelques années. Bien que moins médiatisé, un autre crime était puni dans l’ombre : beaucoup de réseaux de trafic d’humains et d’organes avaient été démantelés. 

  Tant mieux, ce genre de choses me dégoûtait au plus haut point. 

  Il était bientôt l’heure de dîner. J’avais commandé quelque chose, cette fois-ci. Les cours m’avaient fatigué. Ce soir, je n’avais absolument pas envie de cuisiner quoi que ce soit. 

  Dring, dring, cela devait être le livreur de pizzas. 

“Merci beaucoup, tenez, votre pourboire, dis-je en refermant la porte. Ange, à table ! 

– Pizza ! Oui ! 

– Tu as fini tes devoirs ? 

– Oui, bien sûr, tu me prends pour qui ? 

– C’est bien, gentil garçon.

– Je ne suis plus un enfant maintenant.

– Mais oui, mais oui, bon appétit !

– Bon appétit !” 

  Au début, j’avais beaucoup hésité à garder Ange. Un orphelinat se serait sûrement mieux occupé de lui, puisque j’étais toujours noyée dans mes corrections et mes cours. 

  Mais au bout d’une semaine, j’avais conclu que ce n’était pas une bonne idée. Certes, à l’orphelinat, il aurait été avec des professionnels mais au moins, ici, il avait toute l’attention dont il avait besoin. J’étais avec lui, à la maison. 

  J’avais fait en sorte que mes horaires concordent avec ses cours, car, oui, je l’avais inscrit à l’école primaire, puis au collège, ensuite au lycée, et maintenant à l’université. 

  L’éducation était primordiale chez un jeune enfant, si jamais il ratait cette étape à ce stade de sa vie, il serait dur pour lui de rattraper son retard. J’avais également réduit le temps que je passais à la bibliothèque pour pouvoir m’occuper des corvées et de la cuisine. 

  Bien que sa présence comblait en grande partie ma solitude, sa présence à lui, me manquait. Cela faisait combien d’années déjà ?

  Je me demandais bien comment se passait son travail. Depuis son mot, il ne m’avait plus envoyé de nouvelles, à croire que l’on ne se connaissait plus. Quel ingrat. Il aurait pu au moins m’envoyer un texto, comme disaient les jeunes. Je savais que je n’aurais pas dû le croire quand il m’avait dit qu’il allait passer de temps en temps. 

“C’était comment à l’école ? 

– Comme d’habitude, rien de nouveau. 

– Arrête de mentir, je sais bien qu’aujourd’hui, c’était la Saint-Valentin. Alors, tu lui as dit ? 

– À qui ? dit Ange en feignant l’ignorance.

– Tu sais que tu ne peux pas me mentir.

– Oui, je lui ai dit. 

– Qu’est-ce qu’elle a répondu ? 

– Pourquoi est-ce que je te le dirais ? 

– Parce que je t’ai éduqué ? 

– Ce n’est pas une raison de fouiller dans ma vie privée. C’est injuste.

– Avoue, elle t’a mis un râteau.

– Oui, répondit-il en grimaçant.

– Champion ! m’exclamai-je.

– C’est ça, moque-toi de moi !

– Mais non, tu sais bien que je ne ferai jamais ça. De toute façon, la Saint-Valentin est une fête commerciale et démodée.

– Tu dis ça parce que tu es célibataire.

– Tu veux dormir dehors ? 

– C’était une blague, ça va, ça va, dit-il en levant les mains comme pour calmer le jeu. Allez, il faut que j’aille me coucher, demain, je dois aller à la bibli. 

– Oui, c’est vrai, tes partiels vont bientôt commencer. 

– D’ailleurs, il va falloir que tu me donnes le nom de ta crème. 

– Pourquoi ? 

– Mes amies me demandent toutes comment tu fais pour maintenir une peau aussi jeune. Elle a l’air d’avoir vingt-cinq ans. Wow, elle n’a pas vieilli depuis. Blablabla.

– C’est vrai ? Invite-les à la maison.

– Ton sourire leur ferait trop peur… Je, je blaguais, ça va. Bonne nuit.

– Bonne nuit.” 

  Alors que je dormais à poings fermés, des bruits de pas familiers me sortirent de mon sommeil enchanté. Une dizaine d’années n’était rien pour une déesse mais pourtant, celle-ci m’avait paru si longue. 

  Il se tenait là, devant moi, l’air sombre.

“Pardon. J’ai un peu de retard. Je ne t’ai pas trop manqué ? 

– Connard, lâchai-je.

– Désolé, me dit-il avant de me prendre dans ses bras. Aïe, arrête de me frapper.” 

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