Les mésaventures d’un homme pas si ordinaire 2 – Chapitre 6



Auteur : Henri

Check : Nekoyashiki-san



“Vous me rappelez quelqu’un, dit le jeune garçon, en mangeant le petit déjeuner que j’avais préparé. En tout cas, vous cuisinez beaucoup mieux qu’Athéna.

– Tu te feras à dîner tout seul alors.

– Il a raison, le petit, dis-je en cachant mon sourire.

– Explique-toi plutôt.

– Là, maintenant ? 

– Oui, comme ça, il saura tout sur son passé.

– Hein ?! Vous savez quelque chose sur mon passé ?

– Tu es sûre que c’est la chose la plus sage à faire ? Ah oui, pardon. Déjà comment t’appelles-tu ? 

– Ange. 

– Ange, je vais être direct. Je pense que tu es assez grand de toute façon. C’est moi qui t’ai amené ici, après que ta mère soit décédée. 

– Donc vous êtes bien celui qui m’a sauvé. Merci beaucoup, dit-il en baissant la tête.

– Je suis désolé pour ta mère. 

– Je m’en doutais un peu, cela fait quand même une dizaine d’années maintenant. C’est ici chez moi, depuis, ajouta-t-il en jetant un coup d’œil à Athéna. 

– Content que tu te plaises ici, j’ai pris la bonne décision alors.

– Comment est-ce que vous vous appelez monsieur ? 

– Tu peux m’appeler… monsieur Mort. 

– Mort ? Bizarre comme nom de famille. Merci encore, monsieur Mort, de m’avoir sauvé, répéta-t-il en regardant sa montre. Il faut que j’y aille, j’ai cours. À ce soir Athéna, et à ce soir peut-être monsieur Mort.

– À ce soir, dirent deux voix simultanément pendant que la porte se refermait.

– Comment ça, à ce soir ? demanda-t-elle. 

– J’ai un jour de congé entier, je repars demain matin vers 3h. 

– C’est vrai ? Pour de vrai.

– Oui. 

– Mais je donne cours aujourd’hui. 

– J’ai dit congé. Pas sortie crevante avec la déesse de la guerre.

– C’est vexant. Et c’est déesse de la stratégie de la guerre. 

– De la guerre quoi.

– Tu ne veux pas venir à mon cours ? 

– Hein ? Pourquoi ? Cela ne m’intéresse pas trop… ta matière.

– Attends, tu ne sais même pas ce que j’enseigne alors que cela fait presque deux cents ans que je fais la même chose ? 

– Tu ne me l’as jamais dit.

– Tu aurais pu demander.

– Tu enseignes quoi ? Ô grande Athéna ? 

– J’enseigne l’histoire des arts. Ô mon brave Héros.

– Tout ça pour ça. Non merci. 

– S’il te plaît. Je te paierai à manger.

– Avec quel argent ? 

– Vu que je traîne moins à la bibliothèque donc que j’achète moins de livres, j’ai économisé de l’argent et des Crédits. 

– C’est vrai ce mensonge ?

– Oui, absolument. Je suis responsable, quand même.

– D’ailleurs, il est où le roman que tu m’as promis ? 

– Quel roman ? 

– D’accord pour cette fois. 

– Le roman ?

– La fac. Tu as intérêt à me divertir.

– À te divertir ? Sale porc. Tu me prends pour qui ? Ou plutôt pour quoi ?

– Je me suis mal exprimé, pardon, pardon.

– En échange, tu dois m’inviter à manger, ce midi.

– Stratégie de la guerre, mon cul. De toute façon, c’était ce que j’avais prévu de faire.

– Eh bien, on part dans trente minutes. 

– Hein ? Mais je n’ai même pas encore fait la vaisselle.

– Dépêche-toi de le faire alors, répliqua-t-elle en partant. 

– Pourquoi est-ce que tu ne la ferais… pas.

– Trop tard ! répondit-elle de sa chambre en riant.” 

  L’université, lieu de toutes les fantaisies, les histoires d’amour, m’accueillait en son cœur. Les couloirs bruyants remplis de jeunesse et de rêves me rappelaient l’époque où j’étudiais encore. 

   J’espérais que je ne faisais pas trop tâche avec mes trois couches de rides. Enfin, c’était trop tard pour dire ça vu que je marchais à côté d’elle. J’avais oublié qu’elle avait toujours été populaire. 

  J’aurais dû mieux me coiffer, mes cheveux avaient poussé comme ma barbe durant ces dernières années. Je devais sûrement ressembler à un porc-épic sauvage. 

  Les chuchotements autour de nous confirmaient mes craintes. Voyant qu’elle ne réagissait pas, je fis de même. Cependant, je ne pouvais pas éviter le fait que mes joues rougissaient à vue d’œil. 

  Le cours d’aujourd’hui était sur l’art égyptien et leur rapport avec leurs croyances. Je n’étais pas un bon élève mais je fis des efforts pour être plus concentré possible, ou du moins de paraître le plus concentré possible. 

  Elle enseignait bien. Il y eut une époque où je voulais enseigner également. Mais en la regardant, j’avais eu raison de ne pas me lancer. Je n’aurais pas pu garder la même passion qu’elle dégageait au bout de deux siècles. J’aurais nui à mes élèves plus qu’autre chose. Elle était une professeure géniale, géniale par la simplicité et la précision de son cours mais aussi et tout simplement par son envie de transmettre son savoir. Chacun de ses gestes, chacune de ses paroles, transpirait ce sentiment brûlant.

  C’était fou quand même. Cela faisait environ quelques centaines de milliers d’années que l’on se connaissait et je n’avais jamais vu cette partie d’elle. 

  Comme quoi, on ne connaît jamais parfaitement une personne, me dis-je en lui rendant son sourire étincelant.

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