Les mésaventures d’un homme pas si ordinaire 2 – Chapitre 7



Auteur : Henri

Check : Nekoyashiki-san



“Tu vas vraiment y retourner ? 

– Il le faut, oui. 

– Tu es sûr que ça va aller ?

– Je pense que cela ira mieux maintenant. Je ne m’y habituerai jamais mais tant mieux. Je reviendrai si j’ai un autre jour de congé.

– D’accord, courage. 

– Oui, à la prochaine.

– À la prochaine.

– Merci. Cela m’a fait du bien cette journée, dis-je rapidement.

– Moi aussi, monsieur Mort, pouffa-t-elle. 

– Impossible de dire des choses sincères avec toi.

– Reviens vite, dit-elle en souriant.

– Oui, je vais essayer.

  Malheureusement, le destin en avait décidé autrement. Une guerre s’annonçait entre les deux Corées. J’allais être monstrueusement occupé. J’allais envoyer un message quand Hadès m’enleva mon téléphone de mes mains. Il me pria de me dépêcher car je n’avais pas une seconde à perdre.

   Il me mit également en garde d’éviter d’agir comme j’avais fait précédemment, c’est-à-dire de trop m’impliquer dans les conflits des mortels même si j’étais aussi, un mortel, sinon il allait devoir me sanctionner. Tuer des gens en tant que dieu de la mort les envoyaient directement aux Enfers de leurs religions et on commençait à manquer de main d’œuvre. 

  En même temps, qui voudrait travailler aux Enfers ? 

  Je mis mon costume et partai aussitôt. Désolé Athéna, ne m’attends pas trop.

  Arrivé sur le champ de bataille, je fus comme paralysé. Les explosions et les cris me frappèrent comme une vague d’hiver. Les souvenirs de ces dernières années mélangés à ceux de toutes les guerres que j’avais vécues m’assaillirent. Je pris une grande respiration. Il fallait que je garde mon sang-froid, pour elles, ces âmes qui m’entouraient. 

  Je me mis au travail en ignorant tout ce qui m’entourait. Ma carte était peinte en rouge. Il ne restera plus rien d’humain ici. 

  Je guidais un par un les soldats vers leurs lumières ou ténèbres en les rassurant. Ils me prièrent de veiller sur leurs familles et de protéger leur pays que ce soit du côté Nord ou du côté Sud, mais je ne pouvais pas accepter, pas cette fois. Non seulement, je préférais éviter les conflits politiques mais en plus s’il y avait bien une chose que j’avais apprise pendant ces douze dernières années, c’était que je ne pouvais pas me permettre de toujours accepter des promesses sous prétexte que mes sentiments se balançaient. Sinon, j’allais finir par devoir élever une centaine de milliers d’Ange. 

 Ainsi, je me contentais de bénir leurs familles si je jugeais leurs âmes suffisamment pures. 

  Au bout de plusieurs dizaines d’années de dur labeur, mon travail se finit. La guerre s’était arrêtée. Qui avait gagné ? Cela m’importait peu, pour moi, tout le monde avait perdu, ici. 

  Je pouvais enfin prendre le temps de regarder autour de moi, même si je ne voulais pas. Oublier la réalité était la pire des choses qui pouvait m’arriver. 

  Pyonggang, Cheorwon, Kaesöng, Paju, etc… toutes ces villes qui bordaient la frontière avaient disparu. Il ne restait plus que de la poussière, du sang, des membres déchiquetés, et du métal. J’essayais de me dire que j’avais l’habitude mais cela ne fonctionnait pas. Mes tripes firent un tour complet. 

  L’humanité que j’avais enfoui refit surface d’un coup. Au bout de quelques minutes, je m’assis et m’essuyai la bouche avec ce costume de malheur. Au milieu des ruines, je repensais à toutes ces âmes torturées par le destin de leurs pays respectifs. 

  La plupart seront oubliées dans quelques vingtaines d’années, par la terre qu’elles avaient juré de protéger. D’autres n’auront même la chance d’avoir leurs noms inscrits sur une pierre tombale.

“Relève-toi, jeune dieu de la mort.

– Yeomra ?

– Oui, je suis sorti de mon trou. Ils m’y ont forcé. Je prends ma pause là, continua-t-il en sortant une pipe. Juger les défunts est déprimant à la longue.

– Je peux comprendre. 

– Alors comprends que ce n’est pas ton travail. Ne t’inquiètes pas pour eux. Ils seront traités avec justesse là où ils seront. Qui aurait cru que tu finirais dieu de la mort ? Tu es beaucoup trop compatissant pour ça. 

– Je ne pense pas que cela soit le mot pour me décrire. C’est très bien, égoïste et hypocrite. 

– Comment tu te portes sinon ? Tu veilles encore sur elle ?

– Non, elle a décidé de prendre son indépendance, récemment. 

– Elle a donc récupéré ses pouvoirs. Cela s’annonce excitant pour le prochain tournoi des dieux, déclara-t-il en se caressant la barbe.

– Elle n’a pas vraiment récupéré ses pouvoirs mais on va dire qu’elle a de quoi faire, grommelai-je en pensant à tout le travail que j’avais dû fournir.

– Sinon, quand est-ce que tu l’épouses ? 

– Pardon, je crois que j’ai mal entendu, dis-je en faisant apparaître un coton-tige. Tu peux répéter ? 

– Toi. Elle. Ensemble.

– Tu ne veux pas t’occuper de tes affaires, le vieux ? rétorquai-je.

– C’est parce que tu es trop jeune. Regarde, par exemple, hey, reviens, ne pars pas.

– J’ai du travail. J’y vais. À plus, le vieux. 

– Aucun respect pour ses aînés !” 

  Les dieux et leurs potins, une longue histoire d’amour les reliait. En même temps, si seulement, ils étaient tous plus fidèles, il y aurait moins d’histoires à raconter, oui, je pensais à toi, dieu des cieux. 

  Faites que je ne croise plus de dieux pendant mes missions, priai-je. 

  Quel con, je faisais. 



Et c’est ainsi que se finit le 2ème arc !  Une petite pause peut-être ? 

Merci aux rares lecteurs ayant suivi la publication de ma petite histoire et à mon checkeur !  N’hésitez pas à me donner vos avis, c’est toujours enrichissant ! Encore merci pour votre temps et votre curiosité ! Et encore merci à Nekoyashiki-san ! 

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