Volume 1 – Chapitre 3 : Maladie Inconnue

Un souvenir d’il y avait longtemps.

A l’époque, je m’apprêtais à entrer en primaire.

« Père. Pourquoi ne t’es-tu pas marié avec une seule fille ? »

Je venais d’apprendre que la monogamie était de bon sens dans presque tous les pays. Notre pays ne faisait pas exception à la règle. En d’autres mots, ma situation familiale était extraordinaire à un niveau national.

« Fiston. Tu ne comprendras pas, mais il existe des femmes exquises dans ce monde, bien que rares. Et d’autant plus rares sont les hommes bons. Si une femme bonne et un homme bon se rencontrent, il est inévitable pour eux de faire l’amour. »

Déclara mon père sans aucune honte.

Comme à son habitude.

« Oh ? Alors père a réussi à rencontrer 5 de ces ‘rares femmes exquises’ ? »

« Parce que j’ai été bon dans une précédente vie. »

« Peut-être que je devrais essayer de croire en Allah la prochaine fois. »

A l’époque, j’allais à l’Eglise toutes les semaines, et je priais constamment pour que la foudre s’abatte sur le crâne de mon père. Je ne sais pas trop pourquoi, mais mon père restait en forme. Peut-être que Dieu s’occupait d’affaires internationales. Il n’avait surement pas grand-chose à faire des prières d’un gosse de 8 ans. Je décidai de ne plus m’occuper des affaires de Dieu.

Donner et recevoir.

Il y avait toujours une raison pourquoi j’étais un athéiste.

« Mon malin de fiston. Garde en tête les prochains mots de ton père. »

« Bien que je pense que la raison pour laquelle ma personnalité est si tordue est 80% de ta faute, père. Qu’y-a-t-il ? »

« Si tu es assez chanceux pour rencontrer de bonnes femmes. Tu le sauras au moment où tu poseras les yeux sur elles. Peu importe ce qu’il se passe. Jamais. Ne les laisse jamais partir. »

« Tu aurais pu utiliser un terme singulier au lieu de pluriel, père. Grâce à cela, tout ce que j’entends sonne comme une déclaration bonne à mettre à la corbeille. »

« Corbeille, hein … Bien. Fiston. Prépare-toi. Peu importe tes choix, tu vivras une vie plus désastreuse que la mienne. »

« Pourquoi ? Ma personnalité est bien meilleure que la tienne, père. »

« Parce que tu es bien plus malin que moi. »

Il leva le coin des lèvres.

« Les gens malins ne se marient pas avec n’importe qui. Ils chercheront quelqu’un qui saura les comprendre. La seule personne qui peut comprendre un homme malin est une femme maline. Et alors, que se passera-t-il ? »

Mon père leva l’index.

« Lorsque deux personnes malines se rencontrent, ils accompliront de grandes choses. Une fois que tu obtiendras une position sociale plus élevée, tu rencontreras une autre femme aussi maline que toi. Vous vous complémenterez l’un l’autre, et vous finirez avec trois personnes. »

Il leva le majeur.

« A trois, vous atteindrez une position encore plus élevée. Au-dessus de tout, tu regarderas autour de toi et tu trouveras une autre femme maline. Vous serez 4. Et avant que tu ne le saches, vous serez 5. »

Il leva finalement son annulaire et son auriculaire.

Je fus éberlué et rétorquai.

« ……De toute ma vie, je n’ai jamais rien entendu d’aussi insensé que ça. Je pensais que la fécondation était impossible entre un chien et un humain, mais quand je te regarde, père, je crois que ma naissance est le résultat d’un miracle. »

« Tu es plus diabolique que moi. La limite de ton père était 4 femmes. C’est ma limite. Néanmoins, je suis impatient de voir jusqu’où tu iras. »

« Déchet de père. Je ne sortirai avec personne – »

Je le regardai droit dans les yeux.

« Et même si je sors avec quelqu’un, je sortirai avec une seule personne. Je ne la tromperai jamais et je ne ferai de mal à personne qui me soit importante. »

« Ce n’est pas une surprise, venant de toi. »

Il sourit.

De façon agaçante.

Même de la part de son fils, c’était un sourire rafraichissant.

 


Plus Faible Seigneur Démon, Rang 71, Dantalian

Calendrier Impérial : Année 1505, Mois 4, Jour 18

Château du Seigneur Démon Dantalian


 

La vie était magnifique.

Au point que même ceux qui se pensaient nihilistes devraient admettre que la vie était magnifique.

Suivant les réglages de Dungeon Attack, les Seigneurs Démons étaient des touffes d’énergie magique. Toutes les fonctions vitales étaient liées à la magie. En d’autres mots, même si vous ne mangiez pas et que vous ne dormiez pas, grâce à l’énergie magique, votre cerveau pouvait fonctionner.

Il n’y avait aucun souci même si je flemmardais dans mon lit pendant 4 jours.

Je n’avais pas à travailler pour me nourrir.

N’est-ce pas la vie qu’un NEET a toujours rêvé ? (NEET : Not in Education Employment or Training)

J’aimerais emprunter cette position et faire une déclaration.

Les Seigneurs Démons sont les meilleurs.

Vive les Seigneurs Démons.

Voici pour vous, les Seigneurs Démons.

« ……Votre altesse, Dantalian. »

Il y avait une époque où je pensais ainsi.

Je tournai ma tête lentement à cause de la voix abrupte.

J’étais allongé sur mon lit, si je voulais tourner ma tête, je devais tourner mon corps entier. C’était un gaspillage astronomique d’énergie. Comme si je regardais le Ministre de l’Environnement qui avait tout juste fini de lire les rapports sur la consommation d’électricité durant l’été, je regardais la personne d’un regard accusateur.

« Pourquoi m’appeler ? »

« Aujourd’hui est la date limite. Cette fois ci, peu importe vos excuses, je me dois de récolter dettes et intérêts de votre altesse. »

Ici une femme, avec deux tresses dans les cheveux, se tenait.

Elle avait l’air d’avoir l’âge d’une fille qui venait tout juste de sortir du lycée. Contrairement à son apparence, son visage était dénué d’émotions. Tel un trainard qui venait de revenir d’une guerre. La fille semblait avoir déjà brûlée depuis longtemps le carburant de cette chose appelée émotion.

Elle était ennuyeuse.

C’était l’expression normale de cette fille. Deux semaines s’étaient écoulés depuis ma rencontre avec elle, mais je n’avais encore jamais vu ne serait-ce qu’un semblant de sourire. Je commençais à suspecter qu’elle était atteinte d’une maladie. Peut-être un symptôme de à-jamais-en-période-de-règle. La maladie sonnait bien à l’oreille.

La fille parla.

« Les 100 Libres que votre altesse nous a emprunté il y a trois mois. Si votre altesse compte les intérêts de ce mois-ci, les intérêts seuls atteignent un total de 96 Libres. Celle-ci est présente pour récolter les 196 Libres de votre altesse. »

« Je le redis mais, je n’ai jamais emprunté cet argent. »

Je me décrottai le nez avec mon petit doigt.

« Comment suis-je supposé repayer l’argent que je n’ai jamais emprunté ? Abandonnez. »

« Vous avez tort. Votre altesse a certainement reçu un prêt de la Firme Keuncuska. Veuillez jeter un coup d’œil à ce reçu. L’empreinte digitale de votre altesse y est inscrite. »

La fille sortit un parchemin de son sac.

D’une écriture vintage, un contrat y était inscrit.

IOU

100 Pièces de Libre (40% d’intérêt chaque mois)

Rang 71, le Seigneur Démon Dantalian, a reçu un prêt d’un montant égal à ce qui est inscrit ci-dessus.
Les intérêts doivent être payés tous les 10èmes de chaque mois, le montant principal devra être repayé avant l’Année 1505, Mois 4, Jour 11. Au cas où les intérêts sont payés en retard, le créditeur peut demander à tout moment un remboursement des intérêts et du prêt. Le débiteur, le Seigneur Démon Dantalian, ne montera aucun signe d’opposition.

Année 1505, Mois 2, Jour 1

Rang 71, Seigneur Démon Sans Titre, Dantalian
Firme Keuncuska, Conseiller Exclusif, Lapis Lazuli

Jure sur Hermès et Hadès

« Comme vous pouvez le voir. »

La fille me montra le parchemin et parla méthodiquement.

« La date butoir était à l’origine le 11ème du Mois. Une semaine s’est déjà écoulée. Votre altesse a demandé un délai d’une semaine. Votre altesse. Le temps s’est écoulé. »

« Ai-je – fait cela -. Je ne m’en souviens pas -. »

« Il est inutile de feindre l’ignorance. »

J’étais sur le point de paraitre indifférent, mais la fille me coupa dans mon élan.

« Je ne peux pas repousser la date limite plus loin. »

« Vous ne pouvez pas la repousser d’une autre semaine ? »

« Impossible. »

Une réponse immédiate.

« Votre altesse nous a demandé la même chose il y a une semaine. Repousser la date limite une fois est possible, mais deux fois d’affilée ne sera pas autorisé. »

Une fille venimeuse.

Elle était le genre de personne à tuer sans cligner des yeux.

Une semaine auparavant.

Cette fille visita soudainement mon château en s’introduisant comme une employée d’une quelconque firme. Ce genre d’invité n’était d’habitude pas très bienvenue dans mon monde, et bien sûr, elle me montra un reçu de dette et me hâta de payer.

« Une dette……. ? »

« Correct, votre altesse. »

La fille baissa la tête et s’inclina. Comme une servante avérée. Chaque mouvement était discipliné.

Sauf que je ne pus ressentir aucune once de respect envers moi. Elle donnait l’impression qu’elle ne me saluait que par obligation sociale.

Bon, il fallait dire que je n’étais un Seigneur Démon que de nom. Je méritais encore moins de respect qu’un oryzias latipes, Dantalian. Je suis reconnaissant qu’elle m’ait montré la base de l’étiquette, au contraire, j’étais celui qui méritais de m’incliner, je n’avais aucune plainte.

« Votre altesse a emprunté 100 Libres de notre firme, Keuncuska, il y a deux mois. Le jour des intérêts est arrivé, votre humble serviteur est venu en personne pour rencontrer votre altesse. »

« Mon Dieu…… »

Je fermai les yeux de toutes mes forces.

Je ne pensais pas que la position du Seigneur Démon Dantalian pouvait être pire, mais il semblerait que j’avais été trop optimiste.

J’avais mis ma vie en jeu pour repousser ces aventuriers, mais une affaire de prêt frappait maintenant à ma porte. Agression économique après une lutte armée. Une politique coloniale normale. Admirable. Si besoin, j’avais envie d’applaudir cette fine méthode diplomatique. Si seulement la cible en question n’était pas moi. Putain de merde.

« Votre altesse ? »

Alors que le désespoir m’arrivait jusqu’au cou, la fille pencha la tête. Elle était surement une connaissance de longue date de Dantalian. Elle avait peut-être remarqué que j’agissais étrangement comparer à avant.

Pour l’instant, je voulais connaitre son nom. Je marmonnai dans ma tête.

‘Statut.’

Nom : Lapis Lazuli

Endurance : Rang E
Puissance : Rang D
Défense : Rang F

Affection : 0

Alors son nom était Lapis Lazuli.

Je me forçai à afficher une expression sérieuse. Il était l’heure de mentir. Ses points d’affection étaient à 0, ce n’était que naturel de lui parler un peu froidement.

« Lazuli. J’ai un secret à te confier. »

« …… »

Eh ?

Je ne sais pas pourquoi, mais la fille devant moi leva le cil. Elle semblait surprise par mes mots. Je n’avais encore rien dit d’étrange, et pourtant sa réaction était étrange.

« Quel est le souci ? »

« Mes excuses. Cette humble servante ne s’attendait jamais même dans ses rêves les plus extravagants à ce que votre altesse se souvienne du nom de cette servante. D’habitude, votre altesse s’adresse à celle-ci par métis, moins que rien, larve, ou prostituée…… »

Dantalian était un déchet sans comparaison.

Je m’éclaircis la voix et changeai de sujet.

« Ehem. Garde mes mots à l’esprit, c’est un problème qui te concerne aussi. Tu ne le sais peut-être pas, mais il y a exactement une semaine, un groupe d’aventurier m’a envahi. Alors que je me débattais contre ces aventuriers en question, je me cognai la tête sur le sol. Et tu sais quoi. J’ai perdu une partie de mes souvenirs. »

Puis je pointai mes jambes.

« Ma jambe a aussi reçu de sévères blessures et j’ai été guéri quelques jours auparavant. Si la tournure avait été mauvaise, je serais mort. Pour être honnête, autre que me souvenir de ton nom de Lapis Lazuli, le reste m’est vague et flou. »

« ……Ainsi soit-il. »

Lapis Lazuli me dévisagea avec des yeux remplis de doutes.

Bien sûr, ce n’était pas possible pour elle de croire les mots d’un homme qui proclamait avoir perdu ses souvenirs. Néanmoins je restai effronté. Pendant un moment, l’atmosphère se tendit, chacun essayait d’analyser l’autre.

Il semblait que Lapis Lazuli avait atteint une conclusion d’une façon ou d’une autre, elle s’inclina une nouvelle fois.

« Servir votre altesse serait un privilège pour celle-ci. S’il y a quoique ce soit que celle-ci puisse faire pour aider Votre Altesse, un mot, et celle-ci fera tout pour vous aider. »

« Bien. Alors j’aimerais te solliciter immédiatement. »

« Oui. »

« ……Tu pourrais repousser la date limite d’un cran ? »

Lapis Lazuli cligna des yeux.

« Pardon ? »

« Je n’ai aucun argent sur moi. Je vous repaierai avant une semaine, alors accordez-moi un peu plus de temps. D’accord ? Je t’en prie. »

« …… »

Son regard se refroidit.

Je parie dans le mille, elle avait probablement mal-interprété mes propos et présumait que ma perte de mémoire n’était qu’une ruse pour repousser la date limite. Malheureusement, je n’avais pas le pouvoir de dissiper ce malentendu……

Lapis Lazuli était une femme pondérée.

Si j’osais être subjectif, alors je dirais qu’elle était une femme démoniaque. Elle ne consentit pas pour une semaine. Malgré mes plaidoyers, elle ne me donna que 2 jours.

Depuis ce jour, je jouai à un jeu de chat de de souris avec cette usurière.

Le premier jour.

« Votre altesse. Les intérêts ont été reportés depuis deux mois. Le prêt originel était de 100 Libres, mais les intérêts additionnés atteignent déjà les 96 Libres. Veuillez payer. »

« En premier lieu, n’est-ce pas ridicule que les intérêts composés soient de 40% tous les mois ?! C’est excessivement cher ! »

M’exclamai-je en descendant l’un des chemins de la caverne.

A un coin de la caverne se trouvait un lac souterrain. Plus intéressant encore, le lac était chauffé tel une SPA. Mon plus grand plaisir était d’y aller chaque jour et de passer mon temps à me prélasser dans la chaleur de l’eau qui enveloppait mon corps. Cependant, cette huissière résolvait son problème de logement en s’installant dans cette caverne et m’ennuyait sans cesse. A cause de cela, je ne pouvais pas me relaxer.

« La Firme Keuncuska ou peu importe son nom, je vais vous poursuivre en justice ! Ce taux d’intérêt a économiquement et logiquement une influence négative sur cette société ! »

« C’est pourquoi nous avons averti votre altesse au départ. Que sauf en cas de situation désespérée, il ne faut jamais emprunter de l’argent à notre Firme Keuncuska. Mais celui qui ne cesse de repousser l’échéance depuis deux mois n’est d’autre que votre altesse, Dantalian. »

« Non. Je ne suis pas celui qui ai emprunté l’argent … ! »

Je serrais mes dents et hurlais.

Pourquoi devais-je rembourser l’argent que quelqu’un d’autre avait emprunté ?

C’était irrationnel. Une irrationalité sans comparaison. La beauté de la vie n’était, comme je le pensais, qu’une utopie. La vie était ignoble et sombre. Je maudis mon propre destin de posséder un Seigneur Démon.

Les Seigneurs Démons étaient les pires.

Mourrez, Seigneurs Démons.

« Je m’excuse, mais je ne suis pas en mesure de comprendre les paroles de votre altesse. »

« Je te dis que c’était ce poltron nommé Dantalian qui a emprunté de l’argent…… ! »

Lapis Lazuli me regarda comme si elle regardait une pourriture.

Dantalian est votre altesse, c’est ce que ses yeux me disaient. Oui. Les autres ne comprendraient surement pas mes propos. C’était évident……

« Si c’est vraiment trop difficile, il y a aussi l’option de déclarer faillite. »

« Je suis en faillite dès le début, hein. Ahahah. »

Bonjour, habitants de ce pays.

C’est un citoyen exemplaire qui s’est transformé en Seigneur Démon.

Quand on parlait de Seigneur Démons, vous pensiez probablement qu’ils commandaient des armées de démons et qu’ils dévastaient le monde humain, mais pour une raison ou une autre, je semblais n’avoir absolument rien.

Je pensais déjà que c’était injuste d’être sur le point de mourir devant des aventuriers dès l’ouverture de mes yeux, mais maintenant je devais aussi repayer une dette ? Qui devais-je appeler pour cette injustice ? La police ? La cour ? Ou un hôpital psychiatrique ?

Mon seul désir était de vivre confortablement une vie de NEET le restant de ma vie dans ma maison. Paisiblement. Sans aucun tapage. On me retirait même ce petit souhait ? Le monde se foutait de moi ? Je voulais me suicider…….

« Votre altesse. Il ne faut pas être embarrassé de ne pas pouvoir payer la dette. Cependant, essayer d’éviter le paiement de la dette est gênant. Qu’est-ce que Votre Altesse veut dire par perte de mémoire ? Comment est-ce qu’un Seigneur Démon, tel que Votre Altesse, peut avoir recourt à une telle excuse enfantine. »

« J’ai vraiment perdu partiellement la mémoire ! »

« …… Aaaah. Bien sûr. »

« Tu as vraiment le don pour énerver les gens, hein ?! »

Le coin de mes lèvres convulsa.

« Bref, une semaine. Juste une semaine. Une fois la semaine passée, je ferai ce que tu me diras de faire. »

« Celle-ci vous accorde une journée de plus. »

« Tellement frugale…… ! »

Deuxième jour.

La matinée était arrivée, je venais de me lever du lit. Comme si elle m’attendait, Lapis Lazuli entra dans ma chambre. Je rajouterais aussi que j’avais pour habitude de dormir nu.

D’une conclusion logique, quand Lapis Lazuli envahit mes quartiers, je m’essayais à un nouveau style d’habit, à savoir, sans habits. Aussitôt que je la vis, je poussai un cri perçant.

« Sors d’ici ! J’ai dit sors ! »

« Votre Altesse. Les intérêts…… »

« Je ne porte rien en-dessous en ce moment ! »

« Ce n’est rien. Celle-ci n’a que peu d’attention pour le corps de votre altesse. »

« Je m’en fous ! »

De toutes mes forces, je jetai un coussin sur elle.

Lapis Lazuli ne bougea pas d’un pouce et autorisa le coup à l’atteindre. Bien sûr, l’attaque était inefficace. Son visage était toujours calme et dénué d’émotions.

« Celle-ci le redit, mais déclarer faillite est une bonne idée. Si Votre Altesse ne peut pas payer ses dettes, veuillez prendre en compte cette option.

« ……Dis m’en plus. »

Parlai-je en m’habillant.

Cette huissière me donnait mal à la tête.

« Que se passera-t-il si je déclare faillite ? »

« Pour commencer, notre firme viendra reprendre les droits du château du Seigneur Démon. »

Ils vont s’emparer de ma demeure.

Une vie d’enfer s’étalait déjà devant moi.

« Après cela, notre firme sollicitera de temps à autre Votre Altesse. Tout ce que Votre Altesse devra faire, sera de nous rendre service sans poser de questions. »

« Donc je serai rétrogradé au rang de marionnette pour votre firme…… »

« Mes excuses, mais c’est correct. »

J’avais déjà trempé dans ce genre d’entreprise, j’étais bien au courant des procédures.

C’était comme une grande compagnie qui utilisait un pauvre politicien pour bouger les pions sur l’échiquier. Dans ce monde, c’était une grande firme prenant avantage d’un pauvre Seigneur Démon.

« Regarde autour de toi, Lazuli. Je suis un Seigneur Démon sans rien. »

Lui dis-je sérieusement.

« Vous n’en tirerez rien d’une marionnette telle que moi. »

« Ce n’est rien. Il y a une quantité infinie d’utilisation économique rien qu’avec le statut de Seigneur Démon. Les cadres de notre firme en espèrent beaucoup de Votre Altesse, Dantalian. »

« T’es beaucoup trop honnête ! »

« Malheureusement, le seul produit que Votre Altesse peut acheter de celle-ci est l’honnêteté. »

Mais vous n’avez rien, donc vous ne pouvez rien acheter d’autre de toute façon.

Etait la nuance qu’elle mettait en mots.

Je ne l’aimais pas.

Je ne l’aimais vraiment pas.

Je ne l’aimais pas au point de vouloir lui marcher sur les pieds.

« ……Votre Altesse ? »

« Qu’y-a-t-il ? »

« Votre Altesse marche sur le pied gauche de celle-ci. »

« Quelle rodomontade, mes pensées et mes actions sont en phase. »

« Ça fait mal. »

« Tu n’as pas l’air de souffrir. »

« Je m’excuse…… Mais je ressens plus du plaisir. »

« Etais-tu en réalité un pervers ?! »

« Malgré les apparences, le sang d’une succube est mixé dans l’organisme de celle-ci. »

« C’était toi qui disais que la perversité d’une succube n’est qu’un préjugé la dernière fois qu’on s’est vu ! Tu l’as dit toi-même. »

« S’il vous plait, débarrassez-vous du préjugé que tous les préjugés ne sont rien que des préjugés. »

« Regarde-toi agir de façon hautaine et érudite…… ! »

« Je m’excuse, mais je suis en réalité une personne très compétente. » (TL Note : Elle arrête de parler d’elle-même en utilisant le terme ‘celle-ci.’)

« Agaçante ! Tu es vraiment agaçante ! »

« Je suis d’origine mêlée humain et succube. Ma naissance est tellement inférieure que je suis considéré comme une marginale de la société. Née orpheline, j’ai vagabondé les ruelles pendant 20 ans. Mais j’ai réussi ma vie par ma force seule. Je suis maintenant un col blanc travaillant pour la plus grande firme du continent des démons, Keuncuska. De plus, je suis ici en tant que consultante exclusive de votre altesse Dantalian. »

« T’es vraiment compétente…… ?! »

« Correct. C’est à un niveau complètement différent de votre altesse, né Seigneur Démon. De plus, Votre Altesse est un Seigneur Démon mais n’a encore rien réussi, tandis que celle-ci a grimpé aussi loin par la seule force de la volonté. »

« Tu as beau être compétente, tu es aussi super agaçante ! C’est quoi le problème. »

« Mes excuses. Celle-ci sera toujours honnête en présence de votre altesse. »

« Si c’est ça l’honnêteté, alors le monde se porterait mieux si tout le monde était un menteur. »

Je me demande pourquoi.

Cette personne ne m’insultait pas moi, elle insultait Dantalian, mais pour une raison ou une autre, je me sentais offensé. Cette fille qui ne crachait que des remarques insultantes sans aucune trace d’émotion me poignarda droit dans la poitrine.

« Je vais me faire clair. Je n’ai pas l’intention de devenir la marionnette de quelqu’un. »

« Compris. »

Lapis Lazuli hocha la tête.

« Alors veuillez payer la dette. »

« Désolé, mais je n’ai pas non plus d’argent. Tsk tsk, c’est dommage. Je veux te donner l’argent mais il semble que mes poches soient vides, donc je ne peux pas ! Ahah ! Ahahahah ! »

« …… »

En vérité, j’avais 80 Libres cachés sous mon lit dans les Quartiers du Seigneur Démon.

C’était l’argent que j’avais récupéré des aventuriers en risquant ma vie. Comme si j’allais donner l’argent à une quelconque frugale succube à-jamais-en-période-de-règle.

« Votre Altesse. Avez-vous vraiment la volonté de repayer la dette ? »

« En effet. Je suis un homme débordant d’énergie. Aah, quelle tragédie. Je veux sincèrement te donner l’argent, mais hélas, je suis sans sous, je n’y peux rien. Restrictions. Ces restrictions. »

« Alors travaillez pour payer la dette. »

« ……Eh ? »

La main droite de Lapis Lazuli scintilla brillamment.

Un cercle de magie rose se forma pendant un moment et bientôt, une pioche apparut dans les mains de Lapis Lazuli.

Une pioche.

C’était quelque chose que seul un grossier ouvrier utilisait dans une mine.

« ……Pourquoi tu me donnes ça ? »

« Votre Altesse n’est pas au courant ? Comparé aux autres zones, les châteaux des Seigneurs Démons ont une haute concentration d’énergie magique. Par chance, le château de Votre Altesse est de la forme d’une caverne, si Votre Altesse choisit une location et commence à miner, Votre Altesse devrait pouvoir miner immédiatement des pierres magiques. Les pierres magiques contenant une énorme quantité d’énergie magique peuvent se vendre à un prix très élevé. »

« Me dis-tu de devenir un mineur et de travailler ? »

« Oui. »

« Etes-vous sérieuse. »

Parlai-je avec les formules de politesse par mégarde.

C’était un tel choc que j’avais oublié pendant un moment que j’étais un Seigneur Démon.

« Votre Altesse a dit qu’il débordait d’énergie. »

Lapis Lazuli me remit la pioche.

Je fixai éperdument le bout de bois sur lequel un autre bout de fer était attaché.

« Maintenant, Votre Altesse n’a plus qu’à utiliser cette énergie à bon escient. »

« …… »

CLANG !

[Vous avec extrait 1x Morceau de Fer.]

CLANG!

[Vous avec extrait 1x Morceau de Fer.]

CLANNG !

[Vous avec extrait 1x Morceau de Fer.]

CLANG……

[Vous avec extrait 1x Morceau de Fer.]

CLAAANG……

Et ainsi, au troisième jour.

Je regardai furieusement Lapis Lazuli d’un regard plein de mépris.

« – Je déclare faillite. »

« Mais ça ne fait qu’un jour. »

« C’était un miracle que j’effectue 30 minutes de travaux manuels. »

Je jetai la pioche aussi loin que je le pus.

Mon corps criait à cause de mes muscles. Pour une personne qui avait pour but de devenir un NEET sans pareil, cette grande quantité de travail manuel était trop rude. Il n’y avait pas non plus de profit. Même si je balançais cette pioche toute la journée, je pourrais au plus gagner une seule pièce d’argent.

« Comment pourrais-je continuer ainsi ! »

« C’était juste que Votre Altesse se vantait tellement que celle-ci avait nourri de hautes espérances. »

« Le rendement est le pire !? Le rendement ! Si je gagne 1 pièce d’argent chaque jour, même si je travaillais un mois entier, tout ce que je gagnerais serait 6 pièces d’or ! L’intérêt seul est atteint déjà les 80 Libres ce mois-ci, et c’est 10 fois le montant que je gagne. Comment veux-tu que je perde mon temps à miner ! » (TL Note : 5 pièces d’argent = 1 pièce d’or. Une pièce d’or et un Libre ont la même signification. Les pièces d’argent sont les pièces d’argent.)

« …… »

Lapis Lazuli s’arrêta abruptement de parler.

Ses pupilles bleues s’écarquillèrent légèrement. Pour une raison quelconque, je pense qu’elle était surprise. C’était incroyablement rare pour Lapis Lazuli de montrer une émotion.

C’était étrange.

Rien de ce que j’avais dit était étrange. De ce que je pouvais dire, il n’y avait aucune raison d’être surprise. Je me demande pourquoi Lapis Lazuli, dont le défaut était d’être dénuée d’émotions, était surprise.

« Pourquoi me regardes-tu ainsi ? »

« ……Je m’excuse. Celle-ci ne s’attendait pas à ce que Votre Altesse soit capable d’effectuer des opérations mathématiques simples. C’était tellement inattendu que celle-ci était devenue interloquée. »

C’était une réponse outrageuse qui dépassait l’entendement !

« La déduction de Votre Altesse est correcte. Ce serait difficile de repayer la dette rien qu’avec le minage. »

« Oui. Si c’était toi, je ne doutais pas que tu accepterais…… Attends. Si tu savais qu’il serait difficile de repayer la dette avec ça, pourquoi m’as-tu incité à miner en premier lieu ? »

« Celle-ci ne comprend pas les paroles de Votre Altesse. Comment un être aussi inférieur que moi pourrait inciter un Seigneur Démon à faire quelque chose. Tout ce que celle-ci a fait, était d’offrir une pioche à Votre Altesse. »

Je regardai Lapis Lazuli d’un regard incliné.

« Lazuli. C’est la première fois que je rencontre une femme telle que toi. »

« Je ne mérite pas de si hauts éloges. »

« Je ne blague pas. »

Une vie de plus de 20 ans.

La seule femme à s’être un jour moquée de moi, à part ma mère, était ma deuxième demi-sœur. Mettant de côté son origine mixte et sa situation marginale, c’était incroyable que Lapis Lazuli ne soit pas encore tombée.

Par exemple.

Je traitais délibérément Lapis Lazuli avec affection. Mon but était les points d’affection. Un Seigneur Démon tel que moi traitait une personne d’une situation sociale aussi inférieure d’égal à égal. J’avais jugé que ce fait seul était assez pour me gagner quelques points d’affection.

Cependant, les résultats se solvèrent par un échec.

Si je lui parlais sournoisement, elle se mettait sur la même longueur d’onde et me répondait sournoisement. Si je blaguais avec elle, alors elle, d’un visage inexpressif, me répondait par une blague.

C’était tout.

Elle donnait l’impression que ‘puisqu’un Seigneur Démon tel que moi voulait ce genre de dialogue, alors ce n’était que naturel de se plier à mes désirs.’ Résultats, elle ne s’était pas ouverte à moi.

Comme le besoin de saluer dans les interactions sociales.
Lapis Lazuli me traitait avec une attitude sèche et commerciale.

……Et alors, le temps s’écoula indubitablement.

 

Finalement, aujourd’hui était le 7ème jour.

Afin d’observer les résultats de ma semaine d’acharnement, je fixai Lapis Lazuli et murmurai dans ma tête.

‘Statut.’

Bientôt, les caractéristiques de la personne apparurent dans les airs.

Nom : Lapis Lazuli

Endurance : Rang E
Puissance : Rang D
Défense : Rang F

Affection : 2

« Aah…… »

Un soupir s’échappa contre mon gré.

Après la défaite du groupe d’aventuriers, j’avais perdu tous les accès aux systèmes.

Je ne pouvais plus voir l’état du château, j’avais perdu vision de la carte de la zone, et je n’avais plus le pouvoir de retirer et déposer de l’argent comme il me plaisait. Sauf une chose, j’avais encore l’accès aux fonctionnalités me permettant de voir les statistiques et l’affection des autres.

Je pouvais savoir si l’autre personne avait un réel intérêt envers moi…… C’était un pouvoir précieux. Surtout pour une personne telle que moi qui se reposait sur l’élocution et le mensonge.

Les points d’affection de Lapis Lazuli étaient seulement de 2.

Si je n’avais pas ce pouvoir, je présumerais probablement ‘Je suis en terme amical avec Lapis Lazuli maintenant.’ Je n’aurais pas réussi à comprendre les émotions se cachant sous ce visage stoïque.

Mais j’en étais maintenant sûr.

Cette personne avait un cœur de glace.

Je n’étais rien de plus qu’un objet de commerce pour cette fille succube. Le fait que les points d’affection n’aient presque pas bougé durant toute cette semaine le prouvait. Elle était une fille formidable.

Me rapprocher d’elle puis l’utiliser…… Ce plan était ruiné. J’avais échoué en toute beauté.

Néanmoins, cela ne voulait pas dire que toutes mes méthodes avaient disparu.

Il y avait une méthode qui permettait de manipuler ceux qui écoutaient plus leur tête que leur cœur. Je savais exactement ce qu’il en était.

Cependant, c’était la plus drastique des autres méthodes drastiques.

Si vous vouliez chasser un tigre, vous deviez prendre le fusil et vous diriger dans les montagnes. Dans le pire des cas, je devais me préparer à être déchiqueté par des bêtes sauvages. Cette préparation mentale n’était pas quelque chose que vous pouviez simplement commander au fast food puis digérer.

Ma propre résolution.

Si je ne les tuais pas, je serais celui tué. Cette façon de penser était vitale.

« Votre Altesse. »

M’informa calmement Lapis Lazuli.

« Si Votre Altesse ne repaie pas les dettes et intérêts ou ne déclare pas faillite, notre firme Keuncuska n’aura d’autre choix que de prendre possession de vos objets personnels et de votre corps de force. »

« Je suis un Seigneur Démon. Une personne de la plus haute noblesse parmi les démons. Qui pourrait capturer de force ce Seigneur Démon ? »

« Un nombre incalculable de partisans soutiennent notre Firme Keuncuska. Parmi eux, se trouvent de nombreux Seigneurs Démons tels que Votre Altesse. Rang 5 Seigneur Démon Marbas et Rang 9 Seigneur Démon Paimon inclus. »

Les plus hauts rangs des Seigneurs Démons.

Des personnalités qu’un rang 71 tel que moi ne peux pas affronter.

« Notre firme est célèbre dans le milieu pour être sans merci aux débiteurs qui faillissent à payer. Par le passé, Rang 25, le Seigneur Démon Glasyalabolas a reçu un prêt de 20.000 Libres et n’as pas repayé les intérêts pendant 2 ans. A l’époque, notre firme a embauché un petit nombre de 9,000 mercenaires et a laissé les commandes au Rang 12, le Seigneur Démon Sitri. Votre Altesse. Le Seigneur Démon Glasyalabolas n’a pas tenu 3 semaines avant de capituler. »

Lapis Lazuli poussa un soupir.

« ……C’est la force de la Firme Keuncuska. Une violence rationnelle. C’est aussi la raison pour laquelle notre firme est restée aussi prépondérante parmi les démons durant ces 500 dernières années. Votre Altesse Dantalian, celle-ci vous le suggère sincèrement. S’il vous plait, veuillez déclarer faillite une journée plus tôt. »

Je poussai les draps sur mon lit.

« …… »

C’était bon.

Je pouvais encore gagner.

Si les choses se déroulaient comme prévu, je pourrais ruiner cette fille devant moi et la faire mienne.

Je réaffirmai ma résolution et –

lentement, ouvris ma bouche.

« Lazuli, je vais te faire une offre qui ne pourra que t’avantager. »

« Oui, Votre Altesse. Dites tout à celle-ci. »

« Vu comme c’est parti, au temps emprunter plus d’argent à ta firme. »

Lapis Lazuli resserra les sourcils.

Même si elle entendait que le monde était sur le point d’imploser, elle répondrait probablement en disant, ‘Qu’il soit détruit en un seul instant.’ Pour Lapis Lazuli, resserrer les sourcils étaient déjà une des plus grandes réactions possibles.

« Celle-ci désapprouve. »

Sa voix était devenue plus sèche.

« Votre Altesse Dantalian nous doit déjà une reconnaissance de dette. Mais avec de la volonté, Votre Altesse pourrait nous rembourser. Cependant, si Votre Altesse reçoit encore un prêt…… »

« Alors je m’enfoncerai encore plus profondément dans le marécage. »

Je souris.

« C’est ce que je veux. »

« Pardonnez ? »

« Lapis Lazuli. Ne soyons pas prudes et parlons en toute honnêteté. »

J’arborai un léger sourire sur mes lèvres.

« Même si tu déclares être ma consultante exclusive, tu n’es qu’un pion pour la Firme Keuncuska. Du profit pour ta firme deviendra, à la fin, du profit pour toi aussi. »

Selon elle, les Seigneurs Démons jouissaient de toute sorte d’utilisation politique.

Réussir à obtenir une marionnette aussi influente, Lapis Lazuli recevra de hauts éloges des cadres. Elle avancera plus vite que n’importe qui. Elle devancera d’un pas, non, 20 pas, tous les autres consultants.

« …… »

La succube au sang mixte garda son visage impassible.

Elle prétendait peut-être ne pas comprendre ce que je disais.

« Ne pas pouvoir payer la dette ne sera que bénéfique pour toi. »

« C’est un malentendu. Celle-ci vous a toujours, pour Votre Altesse……. »

« Je connais très bien les habitudes des marchands. »

Si l’autre personne s’aventure dans un terrain désavantageux, alors redirigez son attention.

Nous ne nous combattions pas avec des armes, mais avec nos mots. Je devais attaquer sans répit. Il n’y avait pas besoin d’écouter ses excuses infondées.

« Depuis les temps ancestraux, les marchands n’ont jamais investi dans des commerces sans profit. Cependant, pour une raison quelconque, la Firme Keuncuska m’a prêté 100 Libres… »

L’incompétence de Dantalian était déjà une évidence pour ce monde.

Même s’ils lui prêtaient de l’argent, il y avait zéro chance de récupérer quoique ce soit. Il ne faisait aucun sens. C’était comme si une banque prêtait des millions de won à un créditeur dans le rouge.

Il n’y avait qu’une seule explication, ils n’avaient pas l’intention de récupérer cet argent dès le départ.

« Me mettre un collier autour du cou. »

Je ricanai.

« Faire de moi une marionnette sous prétexte de dette. Depuis le début, c’était le but de ta firme. Ai-je tort ? »

« …… »

« Tu l’as dit toi-même. Que si c’était trop difficile, j’avais ‘l’option’ de déclarer faillite. Mais dans ta tête, tu voulais dire autre chose. »

Que la faillite était ma seule option.

Le choix n’avait jamais existé.

Le prêt lui-même était un piège, et deux mois auparavant, le Seigneur Démon Dantalian était tombé dans ce piège de la façon la plus stupide.

Maintenant, ma succube sans expression. Vas, et réponds.

Tu étais comme une forteresse dans les montagnes. Construite dans les montagnes accidentées, le mur était difficile à conquérir. C’était fâcheux pour les envahisseurs de s’approcher.

Cependant, si la forteresse était assiégée, alors c’était la fin. Je ne te laisserai aucune échappatoire. Je capturerai ta forteresse dans un instant…….

 


Marchand de Keuncuska, Sang Mêlé, Lapis Lazuli

Calendrier Impérial : Année 1505, Mois 4, Jour 18

Bureau de la Firme Keuncuska


 

Le Seigneur Démon Dantalian souriait devant mes yeux.

……Je devais l’admettre, je l’avais sous-estimé.

Il faisait 1 an depuis que j’étais devenue la consultante exclusive du Seigneur Démon Dantalian.

Je pensais qu’il n’était qu’un déchet bon à rien, mais il semble que je me trompais. Pour dire la vérité, j’étais surprise. L’air intimidant et perçant dans ses yeux et son regard qui me scrutait comme pour me tester.

Ses pupilles étaient aussi sombres.

Je ne pouvais pas en voir le fond…… C’était le sentiment que j’avais naturellement. Dantalian avait toujours été ce personnage ?
Quelqu’un qui était chanceux et qui était né Seigneur Démon et qui par conséquent pouvait vivre une vie paresseuse et débauchée. Je n’en pensais pas plus de lui……

‘Ah’

Pour la première fois, je réalisai mon erreur.

A cause du coup inattendu que je pris, je m’arrêtai involontairement de parler.

Faire une telle erreur. Rester silencieuse revenait à admettre qu’il était correct. Je devais changer de sujet.

« Présumons que Votre Altesse dit vrai. »

« Je ne veux pas connaitre les hypothèses. Ce que je veux connaitre est la simple vérité. »

……Même pas un coin où me cacher.

Le dos de ma nuque se refroidit.

Le Seigneur Démon Dantalian avait très certainement changé.

Deux semaines auparavant, Dantalian était menacé par un groupe d’aventuriers. Curieusement, ce groupe d’aventuriers possédait une carte du château du Seigneur Démon. Ce groupe d’aventurier était du même niveau qu’un petit groupe de justiciers dans une quelconque vallée lointaine, mais le Seigneur Démon Dantalian était dans une situation très sérieuse…… Alors quoi ? Etre proche de la mort peut changer à un tel point une personne ?

Dantalian était un Seigneur Démon dont j’étais responsable. Si la personne devenait soudainement compétente, alors je devrais accueillir la situation avec des bras ouverts. Mais honnêtement, c’était difficile d’être joyeuse.

Je voulais un Seigneur Démon du niveau d’un renard. Je ne voulais pas d’un Seigneur Démon du niveau d’un tigre. Ce serait troublant si la marionnette était trop intelligente. Qui aurait pu penser que ça arriverait.

Le Seigneur Démon me dévisagea hardiment.

« Lala. Vas à la Firme Keuncuska et dis leur. »

Lala ?

Je clignai des yeux.

« Lapis Lazuli raccourci en Lala. Un surnom des plus pertinents. »

« ……Votre Altesse donne un surnom à cet humble serviteur ? »

« Tu ne l’aimes pas ? »

« Celle-ci ne peut qu’être reconnaissante. »

Le monde des démons était une société hiérarchique.

Même si la race était la même, si les tribus étaient différentes, alors votre statut l’était aussi. S’il existait des orcs dans la noblesse, il y avait aussi des orcs dans l’esclavage. Si on essayait de compter tous les rangs existants, on devrait compter parmi les centaines, sinon milliers de tribus et de races.

J’étais un déchet de la société. Une métisse d’un succube et d’un humain. Les succubes recevaient déjà du mépris, on disait d’eux qu’ils étaient une race de prostituées. Mais parmi eux, la personne à être née de l’un d’entre eux et d’un vulgaire humain, n’était d’autre que moi…… Ainsi, j’étais une sang-mêlé.

La lèpre de la société.

Je n’étais pas autorisée à entrer en contact avec d’autres personnes avec ce corps crasseux. Par chance, si je touchais une personne d’un statut social supérieur à moi, je devrais me couper un doigt, si j’entrais dans un temple, mes orteils seraient amputés, et si je récitais une écriture d’un des Dieux, ma langue serait tranchée.

C’était pourquoi, lorsque le Seigneur Démon Dantalian m’avait marché sur le pied, j’étais devenue nerveuse. Heureusement, ce n’était qu’une blague, mais si quelqu’un avait vu la scène, mon pied aurait été tranché. En y repensant, c’était probablement sa façon de me menacer.

Comme je l’attendais, j’étais tenue de danser au rythme du Seigneur Démon.

Je baissai ma tête immédiatement.

« Quel message celle-ci devrait délivrer à la firme ? »

« Le Seigneur Démon Dantalian a finalement perdu la tête. Il n’avait personne sur qui compter, il finit par te confier son corps et son esprit, à toi, une succube. Toi, utilisant pleinement ton charme, réussis à séduire le Seigneur Démon. ».

« …… »

Quelles étaient ses intentions.

Ses pensées m’étaient inconnues. Cependant, si j’exprimais pleinement mes pensées et que je lui disais honnêtement que son idée était insensée, je perdrais probablement la bataille de vigueur. Pour l’instant, je vais répondre comme si je comprenais complètement ses intentions et comme si l’idée sonnait intéressante. Quelques fois, le bluff était la meilleure stratégie.

« Et. Une simple paysanne telle que celle-ci deviendra la concubine de Votre Altesse…… ? Une histoire intéressante. »

« Depuis longtemps, il n’y a rien de plus romantique qu’une histoire d’amour entre un prince et un paysanne. Une histoire qui survie malgré les rouages du temps. Dis aux cadres de ta firme que je suis tellement fou amoureux que tu me tiens dans le creux de ta main. »

« Un bien grand rôle attribué à celle-ci. C’est plus que ce que celle-ci mérite. »

« Aah. Dantalian, désespéré par l’argent, commença à raconter sottises sur sottises. Il déclare qu’une épidémie se répandra d’ici deux mois, et qu’il connait la façon de la guérir. Il veut monopoliser les ingrédients pour la guérison avant que l’épidémie se déclare et il se fera une petite fortune. Dis à la firme que je veux un autre prêt. »

« …… »

Je vois.

Je ne comprenais que de justesse.

A l’instant, Dantalian prétendait être un clown. Un Seigneur Démon tombé amoureux d’une vulgaire succube. De plus, pour se voir prêter de l’argent, il fabriqua un mensonge ridicule……

« Le montant du prêt, hein. Disons, 10,000 pièces d’or suffiront. »

« Dire 10,000 pièces d’or……. »

C’était un montant impossible à payer même s’il travaillait pendant 130 ans.

Si on incluait les intérêts, la somme était encore plus grande.

Les cadres de la firme accepteraient probablement les bras ouverts.

C’était évident. Plus la dette était considérable, plus serré était le collier autour du cou de Dantalian. C’était comme si un Seigneur Démon fonçait droit dans un piège pour s’auto-détruire.

Je serais alors celle qui aurais appâté le Seigneur Démon jusqu’à sa propre destruction dans cette comédie, récoltant ainsi tous les mérites. Peu importe ma basse naissance, les gens ne pouvaient pas ignorer ma contribution. D’un seul coup, je deviendrais une candidate pour faire partie des cadres de la firme.

« Alors ? Ça attire ton intérêt ? »

« Oui. »

Une offre des plus alléchantes.

Peu importe de quel angle on la regardait, c’était une opportunité de faire d’énormes profits.

……C’était si tentant que j’en devenais suspicieuse.

Comment Dantalian tirait son épingle du jeu ? L’histoire ne se finissait bien que pour moi. Je ne m’attendais pas à ce qu’il me donne une réponse en bonne et due forme, mais je devais lui poser la question.

« Votre Altesse. Celle-ci ne comprend pas. Quels avantages en tirerez-vous de cette grande mascarade ? »

« Tu es une marchande. »

Son Altesse Dantalian me répondit calmement.

« Les marchands vérifient à deux fois s’il y a du profit à faire et s’il y en a, ils se jetteront dessus. Si tu vois du profit dans mon offre, accepte-la sans poser de questions superflues. »

« Votre Altesse a raison. Cependant, être prudent devant une proie excessivement appétissante, est aussi une attitude normale de marchand. Si celle-ci se réveillait et voyait un renard étalé devant la porte d’entrée, elle n’en croirait pas ses yeux. »

A mes mots, son altesse sourit.

« Pourquoi pas ? Le renard aurait pu avoir le coup de foudre pour toi. »

« …… »

Il était beau parleur.

Son élocution n’était pas d’un niveau ordinaire.

Il avait beau être aux portes de la mort, était-il possible pour une personne de changer aussi drastiquement ? C’était étrange. D’un point de vue normal, c’était incompréhensible.

« Lala. Quand un chasseur attrape un renard, le chasseur ne prend jamais en compte les sentiments du renard. Ce serait risible. Le rôle d’un chasseur est simple. D’abord, tu sors ton arbalète – »

Son altesse Dantalian mima avec ses mains.

Comme s’il tenait vraiment une arbalète.

« Vas chercher le renard avec la résolution de le tuer. Si tu tires avec maladresse, tu ne feras que le surprendre et il s’enfuira. Vise au milieu de son front. Et puis…… »

La fléchette invisible de l’arbalète visait mon front.

Son altesse Dantalian appuya sur la gâchette.

« Thac. »

Enjoué, il tira.

« Finis le splendidement d’un seul tir. »

« …… »

« Vas à la firme et dis leur. Que Dantalian est devenu fou. Que c’est l’opportunité rêvée d’enchainer pour toujours ce pathétique Seigneur Démon. »

Son altesse Dantalian me tapota les épaules.

Une partie de moi se sentait agitée. D’un côté, ma rationalité me disait que son altesse était correcte, de l’autre côté, mon cœur agitait des drapeaux rouges.

C’était un piège.

Un traquenard cruel placé devant moi.

Si j’y mettais mon pied, la mort m’attendrait.

……Chaque fois que mon cerveau et mon corps réagissaient différemment, j’écoutais toujours le cerveau. Le problème dans cette situation était que mon cœur battait à une vitesse sans précédent.

En mettant de côté le pressentiment sinistre.

J’écartai mes lèvres.

« Votre altesse. Celle-ci a peur de cette situation. Elle a peur que la chasse au renard ne se transforme en chasse au tigre. Une flèche n’est pas assez pour capturer un tigre. »

« Dans ce cas, je suppose que tu n’as pas d’autre choix que de te faire manger par le tigre. »

Son altesse Dantalian tendit la main.

Ne comprenant pas ce que le geste signifiait, je le regardai éperdument.

Son altesse, se sentant impuissant, sourit ironiquement.

« Combien de temps comptes-tu laisser ma main ainsi ? »

« …… »

Je réalisai finalement que son altesse sollicitait une poignée de main.

Demander une poignée de main, je ne savais pas comment répondre.

Je n’avais jamais tenu la main de quelqu’un auparavant. Que nos pieds se soient touchés était excusable, mais si nos mains se touchaient, ce serait un acte criminel.

« ……Une personne de naissance obscure telle que celle-ci n’ose pas salir les mains de votre altesse. »

Son altesse Dantalian le savait certainement.

Il était une personne orgueilleuse quand il s’agissait d’aristocratie. Après tout, il ne me considérait même pas comme une personne. Je n’étais pas rancunière. Il serait étrange pour un Seigneur Démon de traiter une métisse succube/humain d’une autre façon.

Je n’avais aucun désir d’amputer mes mains.

« Pardonnez l’opinion de celle-ci, tandis que celle-ci est reconnaissante, celle-ci ne pourra que troubler la dignité de votre altesse. Veuillez retirer la main de votre altesse. »

« Comme il est étrange de s’inquiéter de perdre la face sur un point aussi trivial lorsqu’on discute de sujets aussi audacieux. »

Son altesse Dantalian gloussa de rire.

« Si tu me serres la main, est-ce que ma main sera souillée, est-ce que j’attraperai froid et est-ce que mon statut social chutera ? Je ne souhaite qu’une poignée de main pour sceller notre collaboration. »

« Même si votre altesse dénigre maintenant le système hiérarchique, la majorité des gens ne partagent pas cette opinion. Si un être inférieur elle n’est pas paysanne tel que celle-ci entre en contact avec le corps de votre altesse, les punitions légales seront…… »

« Ooh. Et où est cette ‘majorité’ ? »

De mouvement exagérés, son altesse Dantalian regarda autour de lui. Naturellement, il n’y avait que son altesse et moi, nous deux.

« Le Seigneur Démon Dantalian est un déchet de toute façon. Je ne suis un Seigneur Démon que de nom. Je ne possède rien. Lala. Tu ne veux toujours pas me serrer la main ? »

« …… »

Après toutes ces belles paroles, je n’avais pas le droit de refuser.

Avec prudence, je tendis la main pour toucher la sienne.

La première main que je n’avais jamais touchée était froide. Je sentis furtivement sa paume. Lorsque nos mains se rencontrèrent, son altesse Dantalian prit ma main fermement.

« Heureux de te rencontrer. »

« ……Oui. Heureuse de vous rencontrer aussi, votre altesse. »

Je sentais que notre relation allait durer.

Je n’avais aucune preuve, mon intuition me le criait.

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Cadre de Keuncuska, Gobelin Avare, Torukel

Calendrier Impérial : Année 1505, Mois 4, Jour 20

Quartier Général de la Firme Keuncuska, Chambre de Conférence


 

« Que toute l’assemblée soit présente. Une occasion plutôt rare, keruk. » (TL Note : Keruk est le son qu’il fait, le mot n’a pas de sens.)

Un ordre du quartier général était tombé, tous les hauts cadres de la firme étaient tenus de venir à la réunion.

Les cadres de Keuncuska étaient éparpillés dans tout le continent. Moi aussi, aujourd’hui j’avais prévu d’aller à Bataafse par bateau. Cette réunion d’urgence n’était clairement pas planifiée.

Soudainement appeler tous les hauts cadres à se réunir…… Ce n’était pas une occurrence quotidienne. J’avais un mauvais pressentiment. Quelque chose de gros s’était produit quelque part, peut-être.

Dissimulant mon anxiété, je me dirigeai vers le quartier général. Dans une grande salle de conférence, tous les hauts cadres s’y trouvaient.

« Keruruk. »

Des vampires, des loups-garous, des hommes lézards. Une belle exhibition de races……. Hm ? Dans un coin de la salle de conférence se trouvait une fille que je n’avais jamais vu. Ses cheveux étaient d’un rose léger. Les races avec une telle couleur de cheveux étaient rares.

Ce fut alors que nos regards se croisèrent.

« Hm…… ! »

Je ravalai ma salive.

Les yeux venimeux sur son visage dénué d’émotions sortaient de l’ordinaire. C’étaient des yeux de meurtrier. Et pas qu’une seule personne ou deux, mais des yeux qui avaient assisté à la mort d’innombrables personnes. Heureusement, la durée de notre échange de regard fut courte. La fille tourna la tête.

Keruk.

Je ne la connaissais pas, mais cette réunion d’urgence était probablement pour elle. Les événements se précipitaient toujours avec l’arrivée d’invités malvenus. Je n’avais jamais vu cette fille, je pouvais facilement en déduire la suite des événements.

Les cadres exprimant leur mécontentement.

« Maintenant qu’Avare Torukel est arrivé, commençons la conférence. »

« Savez-vous combien de clients m’attendent ? »

« Oui, vraiment. Les affaires iront mal si je ne peux pas vendre tous mes harengs séchés aujourd’hui. »

Quelles personnes impatientes.

J’avais aussi une audience à tenir avec les marchands de Phrygia au port. J’étais une personne relativement occupée. Le temps était essentiel pour les marchands. Que ce soit une réunion ou autre, pouvons-nous commencer. Et si possible, qu’elle soit rapide.

« Eh bien. Calmez-vous tous. »

Le vieux vampire assis sur la chaise centrale calma les cadres.

« Il y a une raison à cette réunion des cadres. Nous ne perdrons pas votre temps, ne vous inquiétez pas. »

Ivar Lodbrok.

Ce vieil homme à la longue barbe blanche était le plus haut cadre de notre firme. Il était l’homme qui contrôlait la firme entière.

Fidèle à ses origines de vampire, il avait vécu plus de 600 ans. Au fond de moi, j’avais envie de lui dire de ramper jusqu’à son cercueil pour ses funérailles. Il avait une bien longue longévité.

« Très bien, Lapis Lazuli. Explique. »

« Oui, monsieur. »

Répondit la fille au centre de la salle de conférence.

Lapis Lazuli ? …… J’avais déjà entendu ce nom.

« C’est celle qui est née d’une lignée maudite. »

« Pourquoi une telle chose se tient dans cette salle de conférence ? »

Plusieurs des cadres avaient reconnu l’identité de la fille. Les sourcils froncés, ils murmurèrent entre eux. Ils exprimaient ouvertement leur dégoût.

Aah. Je m’en souviens. C’était la gosse, l’exilée qui avait réussi à prendre racine dans notre firme.

A l’époque, les rumeurs sur cette fille sans talent qui avait franchi la barrière de la situation sociale se répandait comme une trainée de poudre. Keruruk, alors cette fille était le personnage principal de ce conflit.

Certainement, sa voix était claire. Elle était calme bien qu’elle se tînt devant autant de cadres. Son courage était louable, c’était certain.

« Patron, elle ne fait même pas partie des cadres. N’est-elle pas qu’une employée de bureau ? Qu’est-ce ? Il y a une limite aux exceptions. »

« Respirer le même air que cette sang-mêlé irrite mes narines. »

Les cadres la submergèrent de plaintes.

Comme c’était idiot.

Le système hiérarchique n’était rien de plus qu’une antiquité inutile. Un outil que les stupides nobles utilisaient pour éduquer leurs fils et filles encore plus idiots qu’eux. Et pourtant, vous méprisez ce rebut. Et puis en premier lieu, nous autres les marchands étions dans le bas du classement. Tsk tsk, c’était l’hôpital qui se foutait de la charité.

Ivar Lodbrok sourit sarcastiquement.

« Allons, écoutons d’abord ce qu’elle a à dire. Il y a du profit à faire. De l’or sorti de l’estomac d’un porc et de l’or baigné dans de l’eau sainte ont la même valeur…… Lapis Lazuli. »

« Oui. Le Seigneur Démon Dantalian sollicite un autre prêt. »

Parla Lapis Lazuli calmement.

« Actuallement, le Seigneur Démon Dantalian a une dette de 196 Libres. Même s’il doit augmenter sa dette, il espère obtenir un revirement de situation en investissant son argent. »

« Hm. »

Les cadres se regardèrent l’un l’autre.

En dépit de leur attitude précédente, ils avaient tous la tête sur leurs épaules. Ils réalisèrent aussitôt que l’affaire était d’une grande ampleur. Ignorant le statut social de Lapis Lazuli pour l’instant, les cadres commencèrent à murmurer entre eux.

« Il espère utiliser une dette pour rembourser une dette. »

« Quel degré de stupidité est-ce. »

« Le lapin saute volontairement dans la cage, il n’y a aucune raison de le relâcher. »

« Et ? Combien veut-il ? »

Mes pensées rejoignaient les siennes.

Les Seigneurs Démons étaient des outils politiques, même s’il était au rang 71. C’était une bonne occasion de l’enchainer.

Cependant, après la réponse, tous les cadres se turent.

« Le montant demandé par le Seigneur Démon Dantalian est – 10,000 pièces d’or. »

Quoi ?

L’expression de tous les cadres se figea.

« Est-il sain d’esprit ! »

« Ah, pour un bleu qui ne peut même pas rembourser 100 pièces d’or. »

Il était malade, il était fou. Ces mots circulèrent librement dans la salle. Nous insultions un Seigneur Démon, un personnage au summum de la hiérarchie sociale, mais cela ne faisait aucune importance. Personne ne nous écoutait.

« Es-tu certaine. 10,000 pièces d’or. Il l’a dit de sa propre bouche ? »

« Juré sur la Rivière de Styx, j’en suis certaine. »

« Il a vraiment perdu la tête…… »

Les cadres firent un sourire narquois.

10,000 pièces d’or était le montant qu’un Comte gagnait annuellement si la population de son territoire atteignait 50,000. L’année dernière, le budget traité par les Impériaux de l’Empire de Habsourg était d’environ 500,000 Libres.

Pour le Seigneur Démon Dantalian, qui n’avait ni territoire, ni citoyens, il voulait se voir prêter 1/50ème du montant touché par le grand empire en un an ? Avait-il un limon pour cerveau ?

« Mes chers camarades de Keuncuska. »

Il avait probablement jugé l’atmosphère ambigüe. Ivar Lodbrok ouvrit sa bouche.

La salle de conférence se tut. Si ce vieux vampire parlait, même le plus orgueilleux des cadres fermait leur bouche.

« Je pense personnellement que c’est une bonne opportunité. Bien sûr, 10,000 pièces d’or sont une fortune. Toutefois, si elles permettent d’acheter un Seigneur Démon et de le transformer en animal de compagnie, je pense que la dépense vaut le coup. »

« Keruruk. »

Je rigolai un coup.

Des représentants sacrés et inviolables qui symbolisaient la dignité absolue, l’un des 72 seigneurs qui commandaient des armées de démons. Faire référence à une telle noblesse en parlant d’animal de compagnie…… Il était à la hauteur de son identité d’un des trois anciens vampires encore vivants dans ce monde. Une attitude arrogante qui seyait à Ivar Lodbrok.

Je me sentirais mal de laisser la réunion entière à Ivar Lodbrok. Démarquons-nous un peu.

« Attendez, patron. J’ai une question de mon côté. »

« Mm. Ne mâchez pas vos mots et parlez en toute franchise. »

Ivar Lodbrok me dévisagea.

Des pupilles d’un rouge pur. C’était une couleur qui rappelait le sang. Certains cadres chuchotaient aux oreilles des autres que ces yeux étaient effrayants. Toutefois, pour une raison quelconque, je ne pouvais que les qualifier de magnifiques. Un cœur froid, un vampire cynique et indomptable……. Ivar Lodbrok ferait de la firme une compagnie perpétuelle. Si possible, je voulais être vivant à ce moment. C’était mon humble rêve.

« Se pourrait-il que ce soit un piège ? »

« Un piège ? »

« Pas une ou deux pièces d’or, mais pas moins de 10,000 pièces d’or. Keruk. Si le Seigneur Démon Dantalian n’était pas fou, il aurait un plan. »

Je ne croyais pas que le Seigneur Démon Dantalian était en mesure de gérer une telle somme. Mais un homme prudent considérait toutes les possibilités dans ce monde. C’était primordial.

« Une bonne remarque. »

Hm ?

Ivar Lodbrok souriait légèrement. Il affichait la même expression lorsqu’il réfléchissait à des plans tordus. Il était aussi vieux que le monde, mais ses rides faisaient son charme.

« Lapis Lazuli vous expliquera cette partie. »

« Oui, patron. J’aimerais informer les piliers de Keuncuska. Le Seigneur Démon Dantalian me considère comme sa concubine. »

« ……Qu’as-tu dit ? »

« Excusez l’impudence de celle-ci, mais de mon propre accord, j’ai décidé d’utiliser mes charmes pour séduire le Seigneur Démon Dantalian. »

Cette fois-ci, les cadres ne se retinrent pas d’exprimer leur étonnement.

De son côté, Lapis Lazuli gardait un visage impassible. Toujours calme.

Non, je n’appellerais pas cela calme. Il manquait un quelconque signe de tension sur son visage. Qu’une employée de bureau ne cligne même pas le cil devant tous ces cadres ? Calme ou non, c’était clairement étrange……

« Lapis Lazuli. Que veux-tu dire par charme ? »

Parlai-je d’un ton grincheux.

« Dis-tu que tu as capturé le Seigneur Démon avec ton corps ? »

« Comme vous le dites, monsieur Torukel. »

Lapis Lazuli dirigea son regard vers moi.

Des pupilles bleus azures.

Son regard transparent me transperçait.

« J’ai eu des relations avec le Seigneur Démon Dantalian. »

« Mon dieu. »

Quelques cadres murmuraient entre eux.

Une malédiction divine s’abattait sur quiconque forniquait avec une sang-mêlé. Ce n’était qu’une superstition mais 90% de la population de ce continent y croyait dur comme fer. Qu’un Seigneur Démon sacré et inviolé soit déchu par un sang-mêlé. C’était un problème obstiné en soi. Il y aurait des répercutions.

« Comprends-tu ce que tu as fait ! »

« Nous pourrions être excommuniés par le temple ! »

Les cadres montraient Lapis Lazuli du doigt.

Si vous vouliez vendre et acheter des produits sur ce continent, vous deviez avoir une permission du temple. En dehors du temple d’Aphrodite et d’Artémis, tous les autres temples interdisaient les relations sexuelles entre les rebuts de la société et les personnes ordinaires……

Les cadres, d’un visage rouge, s’exclamèrent.

« Patron ! Renvoyez cette prostituée tout de suite ! »

« Non seulement elle est allée à l’encontre des lois divines, mais elle a aussi mis en danger notre firme ! Nous n’aurions jamais dû accepter cette existence maudite dans notre firme ! »

« Ordure de lèpre…… ! »

Les critiques submergèrent la salle tel un ouragan.

Les prostitués du monde des démons, les succubes.

Parmi eux, les outrageux sang-mêlé.

Même moi, qui rejetait le système hiérarchique, n’avais plus de mots. De son côté, Ivar Lodbrok était assis calmement sur son siège et regardait la succube.

« Ce n’est pas tout. Tu dois encore expliquer un autre point aux cadres. Que fais-tu ? Dépêche-toi et dis-leur. »

Un rire enfantin sortit de la bouche d’Ivar Lodbrok…… Il savourait la farce ? Même si, en exagérant un peu, la vie et la mort de notre compagnie reposait sur la balance ? Les vampires n’étaient vraiment pas sains d’esprit. Leur tête était désordonnée parce qu’il ne recevait aucun rayon de lumière. Le manque de nutrition affectait sérieusement le cerveau. De la part d’un gobelin brusque et ordinaire, je n’arrivais pas à le suivre.

« Oui. Je n’ai pas encore tout dit aux cadres. »

Lapis Lazuli continua à parler à voix basse.

Elle avait reçu toute sorte de malédictions et d’insultes il y avait une seconde. Me dites-vous qu’elle n’est pas perturbée ? Elle n’était vraiment pas normale.

« Comme vous le savez tous, notre firme ne faisait pas affaire avec les Seigneurs Démons d’un rang inférieur à 60. Puisque la réputation de notre firme en prendrait un coup. Néanmoins, j’ai été la conseillère exclusive du Seigneur Démon Dantalian durant cette dernière année. Il n’y a qu’une seule raison. »

Lapis Lazuli reprit son souffle et annonça.

« J’ai, personnellement sollicité la position de conseillère. »

« Comment ? »

« Depuis le début, j’avais pour cible de devenir la maitresse du Seigneur Démon Dantalian. »

Les cadres commencèrent à ruminer.

Ceux qui critiquaient la succube il y avait une seconde était surpris. Lapis Lazuli avait parlé d’une manière digne et élégante. La situation échappait au contrôle des cadres.

A cet instant, quelqu’un rit.

Je tournai ma tête et entendis le rire d’Ivar Lodbrok. Il rigolait à une telle situation. Il ignorait les regards perdus des cadres. Ivar Lodbrok rugit.

« Camarades. Ne comprenez-vous pas ? Le Seigneur Démon Dantalian n’est pas devenu fou. Tout est grâce à cette succube. En moins d’un an, cette fillette a fait de Dantalian un esclave de la passion. »

Alors c’était cela. Tout s’alignait !

Tout faisait sens.

Le statut social de Lapis Lazuli était inférieur aux autres, elle n’avait que son corps et son visage comme arme. Elle avait captivé le Seigneur Démon avec son apparence. Et sans prendre consultation avec nous, elle avait réussi à inciter le Seigneur Démon à emprunter une grande fortune à notre firme……

Les autres cadres avaient surement réalisé la vraie nature de la situation. Leur visage pâlit. Leur regard hostile disparut.

« Mais…… Pourquoi une telle témérité…… ? »

« Pour réussir. »

« Réussir ? »

« Le Seigneur Démon deviendra le pion de notre firme. Ma contribution sera reconnue. »

« ……. »

Tous. Tous les membres dans la salle de conférence perdirent les mots.

Qu’étaient-ils supposés dire à une employée de bureau qui venait de confesser d’un visage impassible, ‘J’ai vendu mon corps pour monter dans la hiérarchie.’

Ivar Lodbrok, seul, riait continuellement.

« Alors, mes camarades. N’est-ce pas un chef d’œuvre ! »

« ……Un chef d’œuvre ? »

Je finis par répéter la question.

Ivar Lodbrok était cloué à sa chaise. Il tendit les bras larges comme s’il présentait une œuvre. Comme s’il présentait le prochain acteur à monter sur la scène.

« Oui. Un chef d’œuvre. Cette sang-mêlé est un déchet de la société. Née d’un rat rampant sur le sol. Depuis le début, elle était destinée à vieillir silencieusement et à mourir dans une ruelle sombre…… Et pourtant, regardez-la ! Cette succube a non seulement intégré la plus haute firme du monde des démons, mais elle est aussi devenue la maitresse d’un Seigneur Démon ! »

« …… »

« Si ce n’est pas un chef d’œuvre, qu’est-ce ? Ce désir de succès est magnifique. Ce pur désir pour le pouvoir est éblouissant. Ooh, quand je vois une jeune fillette au pareil tempérament, je ne peux m’empêcher de verser une larme et d’applaudir. Le pouvoir est une demoiselle ! Il n’aime que les guerriers ! »

dd2

 

Les cadres furent accablés par la folie d’Ivar Lodbrok.

Mais j’étais différent.

Mon cœur ne battait pas.

C’était la folie que j’aimais.

Tel un moustique né d’un marécage sombre et humide qui aspirait à atteindre le soleil glorieux. Je, qui étais toujours normal et qui suivait le bon sens, étais attiré par Ivar Lodbrok situé à l’opposé de ma position.

« Lapis Lazuli. Vas et dis au Seigneur Démon ! Que nous serions ravis de lui prêter 10,000 pièces d’or à tout moment ! »

« Je suivrai vos ordres, patron. »

« Et ce grand désir de succès que tu nous as montré, que tu as offert ta virginité à notre firme. Vraiment, je t’apprécie. Keunscuka est un endroit qui ne s’occupe que du talent et des contributions. Tu as plus que prouvé ta valeur. Tu mérites une récompense, dis-moi ce que tu désires. »

Parla froidement Ivar Lodbrok.

« De l’or ? De l’honneur ? Je pourrais même t’adopter et faire de toi ma fille. Ta plus grande faiblesse est ton statut social, n’est-ce pas ? Si tu deviens mon enfant, cette faiblesse disparaitra considérablement. »

« Patron ! Peu importe ce qu’elle a fait – »

« N’interromps pas la conversation d’une autre personne, camarade. »

Quand les cadres essayèrent de résister, Ivar Lodbrok les mit au silence.

« J’essaie de savourer une conversation avec ce rebut de la société qui a réussi à séduire un Seigneur Démon. »

Il dévisagea les cadres avec des yeux aussi rouges que le sang.

Une forte intention meurtrière. Les cadres rétractèrent leur tête dans leurs épaules. L’air de la salle se refroidit instantanément.

« Alors, Lapis Lazuli. Dis-moi ce que tu désires.

« S’il vous plait, préparez un siège pour moi parmi les cadres. »

Les autres cadres tremblèrent nerveusement.

Un col blanc normal venait de demander une promotion au poste de cadre. Incroyable. Cependant, le plus incroyable restait à venir. Ce qui choqua encore plus les cadres fut la réponse d’Ivar Lodbrok.

« Pas d’or ou d’honneur, mais de l’autorité. D’accord. »

« Pa-patron…… ! »

« Si tout se passe bien, je te promouvrai au poste de cadre en charge de la région de Dolstat. Avec la Rivière du Rhin au centre, Cologne, Xantène, Wirthène, Strasbourg, Duisbourg, Worms et Mainz seront sous ta juridiction. Qu’en dis-tu ? »

Ivar Lodbrok examinait la fille. Il mettait à l’épreuve l’audace dans ses yeux.

« Ce serait un honneur. »

« La puissance de l’Empire s’est affaiblie, en réponse à cela, l’autonomie de ces villes n’a jamais été aussi développée. Un changement aussi drastique n’est pas sans prix, les faibles d’esprit seront mis de côté et seuls les plus talentueux survivront. Lapis Lazuli. Je me demande si tu satisferas ces conditions. »

« Je prouverai ma valeur avec mes compétences. »

« Bien sûr que oui. Sans tes compétences, tu n’aurais rien. »

Pour la deuxième fois, Ivar Lodbrok s’exclama.

Dans la sombre salle de conférence, tous les cadres étaient éberlués. Ce vieux vampire et cette froide succube étaient dans un monde à part.

Je devais l’admettre, cette situation était absurde.

Faire d’une succube sans aucune expérience, et une sang-mêlé par-dessus tout, une administratrice. Il y avait une limite à une ascension fulgurante. Ce sera une première dans l’histoire de Keuncuska, ainsi que la dernière.

« Keruruk. »

Mais, le Seigneur Démon Dantalian, hein, j’avais le sentiment qu’on le sous-estimait trop…… Oh et puis zut. Il n’était qu’un vulgaire rang 71. Un minimum précaution était suffisant.

Ça devenait intéressant. Je devenais excité aussi.

Jouons un peu avec son altesse le Seigneur Démon.

 


Plus Faible Seigneur Démon, Rang 71, Dantalian

Calendrier Impérial : Année 1505, Mois 6, Jour 20

Château du Seigneur Démon Dantalian


 

« …….Votre Altesse a l’intention de rester au lit toute la journée une fois de plus ? »

« Si tu penses que je flemmarde parce que je suis allongé sur le lit, alors tu te trompes gravement. Malgré ma position, le destin de l’univers se défile dans mon esprit. »

Deux mois s’étaient déjà écoulés.

Depuis mon emprunt, j’avais passé deux mois à mon rythme. C’était déjà une routine quotidienne pour Lapis Lazuli de venir me voir et de soupirer.

« Les intérêts accumulés ne sont pas moins de 2,000 Libres. »

« Ah, ce livre est vraiment intéressant. »

Je tournai les pages du livre tandis que j’étais allongé. Le titre du livre était ‘Chroniques des Grands Seigneurs Démons et des Lois Coutumes dérivées d’eux.’

La raison pour laquelle je lisais ce genre de littérature était simple.

L’information que j’avais de ce monde penchait lourdement d’un seul côté.

‘Dungeon Attack’ était un jeu dans lequel vous incarniez un jeune héros humain. Je possédais des connaissances à propos des humains et de leur société, mais j’étais ridiculement ignorant sur le monde des démons.

Tout au plus, il y avait une héroïne vampire qui était tombée amoureuse du protagoniste et qui s’était offerte à lui. Mais c’était tout. L’héroïne ne rentrait pas dans les détails du monde des démons.

Je suppose que je devais étudier de moi-même.

« Oh. Dans ce monde, quand un Seigneur Démon attaque un autre Seigneur Démon, il doit envoyer au moins deux fois une déclaration de guerre, hein. Quelle formalité inutile. M’enfin, c’est un moyen intelligent d’empêcher la guerre. Mmh, mmh. »

« Si votre altesse continue à ne prendre aucune mesure, votre altesse fera faillite dans trois mois. Veuillez prendre conscience, votre altesse.

« Je veux manger de la glace – »

« …… »

Elle avait probablement réalisé que ce côté l’ignorait complètement.

Lapis Lazuli pressa son front avec son index et son pouce. Bien que son visage était dénué d’émotions, je devinais de par son humeur qu’elle stressait énormément.

Je lui souris de façon arrogante.

« Ne t’inquiète pas. Toutes les préparations sont déjà finies. »

« ……Mes excuses, votre altesse. A part l’ordre que votre altesse a donné à celle-ci il y a deux mois, est-ce que votre altesse a fait quoique ce soit d’autre ? »

« Je n’ai besoin que de ces préparations. »

Il y avait 50 jours.

J’avais ordonné à Lapis Lazuli d’acheter une certaine herbe en masse. Pour le moment, c’était une plante que la plupart considérait comme une mauvaise herbe. Mais je connaissais le futur.

La date actuelle était l’année 1505 du calendrier Impérial.

Cet été, une épidémie infectieuse se propagera à travers tout le continent.

Dans le futur, cette épidémie sera connue sous le nom de la Faucheuse Noire, un symbole de crainte. Près de 40% de la population totale du continent périra, un cauchemar est un terme trop doux pour décrire cet événement. Dans Dungeon Attack, le jeu commençait peu après la fin de la Faucheuse Noire……. Pour être exact, l’histoire du jeu commençait en l’an 1515 du calendrier Impérial.

Une tragédie qui n’avait pas encore vu le jour. Quelque chose dont je n’avais pas besoin de m’en préoccuper, n’est-ce pas ? Mais la partie intéressante était encore à venir.

Cette épidémie, contre toute attente, avait un antidote.

Le nom de cet antidote était tout simplement ‘l’Herbe Noire.’ Elle soignait la Faucheuse Noire, d’où son nom, l’Herbe Noire. Les habitants de ce monde avaient une esthétique du nom horrible. Ils donneraient probablement un meilleur nom à un enfant illégitime.

‘L’Herbe de l’Ange,’ ‘La Grâce de la Déesse,’ ‘Le Foi d’Apollon,’ tous ces noms avaient dérivé un peu plus tard. Mais c’était dans le futur. L’été de l’année 1505 du calendrier Impérial, avant l’arrivée de l’épidémie, cette Herbe Noire n’était qu’une mauvaise herbe. Dans plusieurs régions, cette plante n’avait ni honneur, ni même de nom.

C’était tout ce qu’il en était.

Une mauvaise herbe.

Une poignée de verdure sans aucune valeur monétaire –

J’avais, utilisant 10,000 pièces d’or, investi dans cette plante.

Pour dire la vérité, c’était facile.

D’abord, je signai un contrat avec les petites firmes de marchands à travers tout le continent. Puis, à travers ces petites firmes, je réussis à contacter les pharmaciens éparpillés dans le monde. Finalement, les pharmaciens embauchèrent des ramasseurs d’herbes des villes et villages. Instantanément, un contrat à trois échelons fut signé. Les informations et les frais de transportations des petites firmes, 2,000 pièces d’or. Les frais de pharmaciens et les dépenses personnelles des ramasseurs d’herbes, 6,000 pièces d’or. De plus, afin de garder les herbes au frais aussi longtemps que possible, j’avais acheté un moyen de conservation semi-transparent de la plus haute qualité.

Je n’étais pas encore familier avec les habitudes de ce monde, mais je prévoyais toujours grand peu importe où j’étais. Toutes les procédures administratives (fatigantes) étaient sous les soins de Lapis Lazuli qui agissait en tant que proxy.

La personne qui voyageait de ville en ville pour signer les contrats avec les petites firmes et les pharmaciens n’était pas moi, mais Lapis Lazuli. En quelques sortes, nous formions un beau couple. Nous formions une combinaison incroyable.

Ceux qui n’étaient pas au courant de mes pensées rigoleraient un bon coup s’ils voyaient cela.

Il avait emprunté 10,000 Libres et nous étions tous curieux de voir ce qu’il en ferait, mais regardez-moi cela. Il achetait des touffes de plantes non comestibles, et les gardait en réserve comme s’il s’agissait d’un trésor. Lapis Lazuli me racontait ce que les cadres de la firme disaient, ‘La plus grande blague que j’ai entendue de toute l’année,’ rigolaient-ils à en perdre la tête. C’était ce qu’elle me disait.

Les bouffonneries du Seigneur Démon Dantalian arrivaient même aux oreilles des habitants de la ville.

‘La folie du plus faible et fou Seigneur Démon.’

’10,000 pièces d’or de merde.’

‘Gâcher sa vie pour un peu d’attention !’

etc etc

J’étais incroyablement satisfait.

Faire rire les autres avec une affaire aussi futile. N’était-ce pas les fruits de la vie ? Nous vivions tous une vie dure et monotone. Si j’arrivais à faire afficher un sourire au visage de ces personnes, j’étais plus qu’heureux.

Etais-je sérieux ?

Voici la raison pour laquelle je rendrai l’affaire encore plus intéressante.

Non pas la meilleure blague que vous avez entendue cette année, mais la meilleure blague que vous entendrez dans toute votre vie. ‘La plante qu’on croyait n’être qu’une mauvaise herbe était en réalité aussi rare qu’une pierre précieuse !’, c’était la conclusion que j’espérais. Si vous aviez du bon sens, alors vous ririez jusqu’à en recracher vos intestins.

« Je suis curieux sur la face que tu me montreras dans un mois. »

« Pardon ? »

« Tu n’affiches aucune expression toute l’année. Tu as le droit d’être impatiente. Je te ferai certainement rire. »

« ……Celle-ci ne comprend pas les paroles de votre altesse. »

« Attends patiemment et tu connaitras la finalité. »

Alors que j’enroulais mon corps sur mon lit, je pouffai de rire.

Peut-être l’avais-je trop taquinée. Une notification apparut.

[Les points d’affection du marchand Lapis Lazuli baissent de 1.]

Oh mon cher. Les points d’affection de Lapis Lazuli finirent par descendre à 0. Ils chutaient depuis 2 mois, et ils avaient finalement atteint le fond du trou. Un étranger me traiterait probablement mieux qu’elle à l’heure actuelle.

« Mes excuses, celle-ci prend congé. Beaucoup de paperasse de la firme attend encore mon approbation. »

Lapis Lazuli se retourna froidement.

« Ah, Lala. »

« Qu’y-a-t-il ? »

« Prends ça avec toi. »

Je lui donnai un bout de parchemin.

Lapis Lazuli reçut la note avec les deux mains.

« ……votre altesse. Qu’est-ce ? »

Je lui fis un clin d’œil espiègle.

« Ne reviens pas au château pendant un moment. Vas à cet endroit et observe la situation. Tu pourras découvrir quelque chose d’intéressant. »

Lapis Lazuli me dévisagea d’un regard suspicieux avant de partir.

Ce bout de papier était le dernier piège. Lapis Lazuli prendra conscience de l’existence de ce piège un peu plus tard. Je suis impatient de voir ce jour arriver.

 


Marchand Keuncuska, Sang-mêlé, Lapis Lazuli

Calendrier Impérial : Année 1505, Mois 6, Jour 27

Les Sources Chaudes Relaxantes de Syracuse


 

« Aah…… »

Des soupirs s’échappaient constamment de ma bouche. Je me demande c’était la combientième fois.

La candidate au poste de cadre du grand Keuncuska, Lapis Lazuli, était actuellement dans une source chaude. C’était un endroit où les citoyens prenaient du plaisir à se baigner. Les hommes et les femmes marchaient fièrement devant moi tous nus.

Je parlais, mais j’étais aussi sans habit. Les hommes marchaient dans la salle et regardaient par-là d’un regard obscène. Leurs yeux étaient terriblement déplaisants…… Je voulais écraser les yeux de chaque homme présent.

Les sources chaudes n’étaient pas uniquement un endroit pour se relaxer, mais étaient aussi une zone d’érotisme. En d’autres mots, ceux qui venaient dans une source chaude se donnaient rendez-vous dans la nudité.

Un homme dans une source chaude n’avait pour but que de courir après les jupons des femmes. C’était presque une tradition. A l’heure où je parlais, j’entendais des gémissements de l’autre côté…… J’essayais désespérément de tourner ma tête.

« Aah. »

Un autre soupir.

Il y avait une raison, une raison si simple que ça en était choquant, pourquoi j’étais ici à Syracuse, le territoire le plus au sud du continent. Dans la note que son altesse Dantalian m’avait passée se trouvait quelques mots étranges.

Royaume de Sardinie, Syracuse, Salle de Bain Publique, Clinique
Point de départ
Douleur articulaire, haute température, peau qui noircit

A première vue, si personne n’avait de contexte, les mots apparaitraient comme un code.

Son altesse Dantalian parlait d’épidémie depuis deux mois. A l’époque, je pensais que son altesse déclarait délibérément des absurdités. Cependant, il semblait sérieux avec cette note…… C’était une blague, pas vrai ? Peu importe qui, s’il vous plait, dites-moi que c’était une blague.
Etait-ce ainsi. Il n’y avait personne.

« Aah. »

Je soupirai pour la troisième fois déjà.

Les épidémies n’étaient pas rares. Néanmoins, prédire où et quand une épidémie se déclarait était une autre histoire. En plus, il connaissait déjà le remède à cette épidémie ? C’était impossible. Ce n’était que naturel pour les cadres d’appeler son altesse un homme fou à lier.

Honnêtement, ne serait qu’un peu, j’avais de l’espoir.

Son altesse, qui était autrefois incapable, avait survécu à une situation de vie ou de mort, le tout pour renaitre en un vrai Seigneur Démon…… Un conte de fée. Ne serait-ce qu’un peu, j’avais de l’espoir.

Mais rang 71.

Il n’était qu’un idiot dont la stupidité était incurable.

Le Seigneur Démon Dantalian ne faisait absolument rien de ces plantes. Il ne faisait que flemmarder dans son nouveau lit tel un enfant. Il était pathétique.

« Ooh. Mademoiselle, tu es vraiment jolie. »

Un pedestrian qui utilisait le bain essaya de me parler.

J’utilisais la magie pour me déguiser en humain. C’était de la magie mais ce n’était rien d’impressionnant. Je n’avais fait que changer la couleur de mes cheveux en rouge. Les succubes était une race de démon, mais leur apparence était très similaire aux humains. Il était facile de masquer mon identité.

« Qu’dis-tu d’aller dans un bain ensemble pour 3 pièces d’argent…… euut ?! »

« …… »

Je fixai les yeux de l’homme un moment.

Il m’avait probablement pris pour une prostituée travaillant dans ce bain, je lui lançai un regard glacial. Aussitôt que nos regards se croisèrent, il recula d’un pas.

Il semble qu’une curieuse intention meurtrière s’échappa de mes yeux. Pas grand monde supportait mon regard yeux dans les yeux. Etant celle qui projetait ce regard, j’étais perplexe quant au pourquoi du comment.

« Dé-désolé. Je vous ai prise pour quelqu’un d’autre. Passez une bonne journée. »

L’homme partit la queue entre les jambes.

Sa taille pleine de gras se balança de droite à gauche dans sa course. C’était pathétique. Comment espérait-il m’acheter avec 3 pièces d’argents avec un tel corps. Au moins 10 pièces d’or. S’il n’offrait pas ce montant, il n’y avait même pas besoin de parler. Peu importe comment je les regardais, les hommes qui n’arrivaient pas à juger mon apparence objectivement étaient minables.

Je dirigeai mes pas vers la clinique des sources chaudes. Beaucoup de patients s’y trouvaient, ils croyaient fermement aux effets curatifs des sources chaudes Peut-être, une chance sur un million, si les prédictions de son altesse Dantalian étaient correctes, alors c’était le point de départ.

« Ah. Qu’est-ce que je peux faire pour vous, mam’selle ? »

Les docteurs me firent bon accueil. Ils pensaient que j’étais la fille d’une quelconque famille noble. Une demoiselle pure, loin des affaires mondaines, et qui était venue en guise de bénévolat. Oui, j’avais utilisé mon charme et une magie de suggestion pour délibérément les tromper.

« Comment vont les patients ? »

« Eh bien, la même chose. Tous les jours ils gémissent et grognent, disant qu’ils ont mal. Mais en vérité, la majorité des patients est en bonne santé. »

« J’aimerais voir les patients récents. »

« Il y a ce type qui vient d’arriver hier. Mais je ne vous conseille pas d’aller le voir, mademoiselle. »

« Y-a-t-il une raison ? »

« Ouais. La maladie imaginaire de cet homme est grave. Mes aisselles me font mal, j’ai l’impression que mon aine se déchire, etc. Il parle pour rien dire. Vous n’allez pas le supporter, mademoiselle. »

« …… »

Douleur articulaire

« ……Non. S’il vous plait. Si c’est un patient, j’aimerais avoir confiance en ses mots. J’aimerais le voir. »

« Aah. Quelle bonté. Je suis un docteur sans importance, mais il fait longtemps depuis que j’ai rencontré quelqu’un d’aussi sincère que vous, mademoiselle. »

D’une humeur joviale, le docteur m’amena dans la salle des patients. Aussitôt que nous ouvrîmes la porte, un patient au fond commença à brailler.

« Aaah, je me meurs ! Ce marchand du grand territoire de Syracuse va mourir à cause de ce charlatan de docteur ! Habitants de la ville ! Que quelqu’un aille tabasser ce charlatan pour moi ! »

« Gah. On dirait un porc en chaleur. »

Le docteur soupira.

Je compris l’avertissement à propos de visiter ce patient. Le docteur, après m’avoir jeté un coup d’œil, approcha du patient.

« Et c’est quoi le problème cette fois, qu’est-ce qui provoque tes crises épileptiques ? »

« Le problème ? Quel est le problème ? D’accord je vais te l’expliquer une nouvelle fois, alors grave ces mots dans ta tête. Premièrement, le lit est si dur que ma colonne vertébrale est sur le point de s’aplatir. Deuxièmement, je ne sais pas si les servants m’apportent du pain ou des pierres, mais mes dents sont sur le point de se briser. Troisièmement, cet ami docteur de longue date continue de soupirer dès qu’il voit mon visage et ça ne fait que rendre ma vie encore plus misérable. »

« Toi, sale idiot. Ma vie devient misérable à cause de toi. »

« Ah ouais ? Bien fait. Nous sommes finalement arrivés à un stade où nous rendons la vie de l’autre misérable. Et c’est la même chose avec ma femme. Ma femme et moi nous sautons à la gorge depuis un bon bout de temps, et nous ne pensons plus qu’à déconner avec l’autre. Hey, mon gars. Si tu n’as pas l’intention de devenir ma seconde femme, alors merde ! Dépêche-toi et agis en docteur. Guéris-moi ! »

« Mon dieu. Cet homme ne sert à rien. »

Il semblait que ces deux personnes étaient des amis d’enfance.

Ils étaient assez proches pour s’insulter directement en présence de l’autre.

C’était une scène étrange pour moi. Amitié. Existait-elle ?

D’habitude, on disait que l’amitié durait pour toujours. C’était douteux. Peu importe la phrase, lorsque l’adverbe ‘toujours’ était inclus, je devenais méfiante. Je me félicitais de mon habitude.

Il n’existait que des traitres ou des traitres potentiels dans ce monde. C’était mon opinion. L’amitié se référait à une personne qui ne vous avait pas encore trahi.

« Désolé, mademoiselle. »

Le docteur s’excusa abruptement.

« Ce gars a toujours eu une bouche grossière. Pensez-y comme une limite à son éducation et essayez de l’ignorer. »

« Ce n’est rien. Veuillez poursuivre l’examen. »

« D’accord. »

Le docteur plaça ses mains sur le front du patient.

« Ici et là, c’est chaud. Mais peu importe comment je regarde, ce n’est qu’un rhume d’été. Je vais te prescrire quelques médicaments, si la situation s’aggrave, prends les médicaments. Sinon tu devrais aller bien, ne t’inquiète pas. »

« …… »

Haute température

Pendant un instant, mon cerveau refusa de coopérer.

……Impossible. J’y pensais trop. Des douleurs articulaires et une fièvre, c’étaient des symptômes ordinaires. Vous ne pouviez pas considérer ces symptômes un signe d’épidémie.

« Eh, comment puis-je croire en les mots d’un charlatan ? »

« Si tu continues à m’appeler charlatan, je vais te prescrire du poison. Si tu continues à crier ce mot, tu vas froisser ma dignité. Sale bâtard. Tu veux ruiner le travail de ton ami d’enfance ? »

« Ça fait hyper mal ! Regarde ça ! »

Le patient retira son haut.

Le docteur paniqua et se tourna vers moi, mais j’étais la même que toujours, me tenant debout calmement. Je n’en avais que faire du corps nu d’un homme. Plus que cela, quelque chose attira mon regard.

La poitrine gauche de l’homme.

Une tâche noire de la taille d’un pouce s’y trouvait.

« ………… »

Mon corps entier se raidit.

Telle une personne pétrifiée.

« Ara, qu’est-ce ? »

« Il n’y a aucune raison d’avoir une telle blessure si ce n’était qu’un rhume. »

« Ce, et bien. Je suppose que tu as raison…… »

Les deux ne remarquèrent pas mon changement soudain d’attitude.

Le docteur et le patient étaient occupés à parler entre eux.

« C’est bizarre. Quelqu’un t’a peut-être refilé une maladie endémique ? »

« C’est ce que toi, le docteur, devrais me dire. Pas le marchand, sale charlatan. Si tu ne veux pas changer ton boulot en pompe funèbre, alors soigne-moi. Si je deviens un cadavre d’ici demain, tu n’auras plus à te soucier de ta réputation, parce que ta vie de docteur sera finie. »

« Bah, cracher des mots aussi contrariants, cet idiot. »

La peau qui noircit.

« ……Je me rappelle avoir quelque chose à faire. Je vais prendre congé. »

« Ah ? Oh, bien sûr. Faites attention à vous. »

En pressant le pas, je me précipitai hors du quartier.

Je n’avais pas le temps de faire des adieux pour le moment.

Cette situation.

Je ne comprenais pas cette situation.

Le désarroi s’empara de moi et je secouai violement la tête. Que se passait-il ? Vous ne me disiez pas qu’une épidémie se déclarait tout de même ? Et en plus, selon les prédictions du Seigneur Démon Dantalian ?

Impossible. Absolument impossible. Le pouvoir de prédire le futur ne se manifestait que parmi une minorité de la minorité des saintes. Pour couronner le tout, la dernière prophétie à se réaliser remontait à 210 ans. Il n’y avait aucune chance pour son altesse Dantalian de posséder un tel pouvoir. Ou du moins il n’était pas supposé le posséder. Mais pourquoi ?

……Je devais garder mon calme. Il était trop tôt pour tirer des conclusions hâtives. Ce n’était rien de plus qu’un patient. Ce n’était peut-être qu’une coïncidence et les symptômes du patient correspondaient miraculeusement aux absurdités de son altesse Dantalian. Pour commencer, une visite chez les autres docteurs de Syracuse s’imposait.

Au moins 2, non, au moins 4 patients devaient posséder les mêmes symptômes avant de considérer l’éventualité d’une épidémie. Je ne devais pas paniquer. Les prophéties n’étaient que des fantaisies sorties de contes de fée. La réalité était toute autre.

‘Mais, si son altesse Dantalian était correct…….’

Une simple spéculation.

La pensée ne fit que me traverser l’esprit, mais ma nuque s’était déjà gelée.

Son altesse Dantalian, qui proclamait connaitre le remède à l’épidémie, avait acheté une certaine herbe en masse. Naturellement, le prix de la plante était incroyablement bas. La plupart de l’or avait été dépensée sur le personnel. Grâce aux ressources d’or exorbitantes, cependant, le montant qu’avait acheté son altesse Dantalian……

N’était pas moins de 30,000.

Si la plante était vraiment le remède, même au prix le plus bas, elle se vendrait au moins 2 pièces d’or. Par un calcul simple, 60,000 pièces d’or. Les bénéfices transcendaient le montant emprunté initialement par son altesse.

Non, ce n’était que dans la situation où l’argent gagné était au plus bas. Si la contagion se répandait à travers tout le continent, le prix monterait à au moins 5 pièces d’or…… Une situation absurde. Un chaos inégalable s’abattrait sur le monde.

Personne dans la firme n’aurait pu prédire un tel revirement de situation. Une bévue parmi les bévues. Ils chercheront probablement un responsable à blâmer, et ma main à couper, je serai le bouc émissaire.

Le but de devenir un cadre de Keuncuska.

La promesse de me confier toute la région de Dolstat, aussi.

Tout éclaterait telles des bulles.

« ……. »

Je me mordis doucement les lèvres.

Née dans une ruelle sombre, j’avais vécu ma vie charognant les égouts et les poubelles. Je venais de saisir cette opportunité de sortir de l’enfer. Pas question de tout laisser tomber.

Parfaitement, j’espérais que son altesse Dantalian renaitrait en un vrai Seigneur Démon. Toutefois, cette renaissance avait pour seul but de paver ma voie au succès et à ma croissance. Je n’avais jamais envisagé une telle situation.

Mes pieds s’accélèrent de leur propre gré.

Cette journée, je visitai chaque docteur dans la cité de Syracuse. Et je n’avais pas d’autre choix que de tirer une conclusion objective.

Une sévère fièvre.

De la douleur au niveau des articulations.

Un symptôme où la peau noircissait par endroit.

« …… »

Dans mes mains se trouvait un bout de parchemin que son altesse m’avait donné. Me tenant au centre du forum de la ville, je continuai à fixer la note un long moment.

16 cliniques dans la cité de Syracuse.

29 patients aux symptômes similaires.

Le jour suivant, les patients augmentèrent au nombre de 56.

25 patients qui se plaignaient d’une douleur aiguë moururent.

10 jours plus tard, tous les patients de la source chaude que j’avais visitée moururent. Deux semaines plus tard, la cité entière se remplit des cris douloureux des citoyens.

La prédiction de son altesse était correcte.

 

Une épidémie.

Une épidémie sévissait.

 


Cadre de Keuncuska, Gobelin Avare, Torukel

Calendrier Impérial : Année 1505, Mois 7, Jour 16

Firme Keuncuska, Branche d’Amstel


 

« Monsieur Torukel, un rapport urgent est arrivé. »

« Keruruk. Individu discourtois ! Ne t’ai-je pas dit que peu importe ce qu’il se passe, de ne jamais me déranger quand son altesse Paimon me rend visite ! »

Une salle de réception luxueuse.

Je m’étais énervé à cause d’une secrétaire qui frappait soudainement à la porte.

Son altesse Paimon était assise devant moi, quel idiot. Elle était l’une des invitées les plus importantes de notre Firme Keuncuska. Quand cette personne ne rendait visite, que ce soit le travail ou des contrats, je repoussais tout. Ce n’était que bon sens de se montrer courtois.

« Oh mon cher. Ne vous dérangez pas pour cette dame, Torukel. »

Heureusement, son altesse se montrait compréhensive.

« L’affaire doit être importante s’il se précipite à votre rencontre immédiatement. »

« Je m’excuse sincèrement. Ce secrétaire n’agit pas ainsi d’ordinaire…… »

« J’ai dit de ne pas vous dérangez. Cette dame appréciera le parfum du thé, prenez votre temps. »

Son altesse Paimon sourit gentiment.

Je me demande jusqu’où allait la bonté de cette personne. Elle me traitait toujours, moi, un vil marchand, avec gentillesse. Touché du fond du cœur, je me courbai plusieurs fois.

Une fois que je sortis de la salle de réception, mon expression se déforma.

« Imbécile. Qu’y-a-t-il, keruk ? »

« J-je suis désolé. »

Le secrétaire baissa la tête nerveusement.

Même avec ces gestes, je n’étais pas prêt à le pardonner. Comment osait-il interrompre ma rencontre avec son altesse. Arrivé à un tel point, lui couper la tête n’était pas suffisant. Il faisait mieux de se préparer.

« Un message urgent est arrivé du quartier général de notre firme. Un mage a écrit les informations sur une note et nous l’a délivré. »

« Peu importe l’urgence du message, la personne dans cette pièce est son altesse Paimon. Si le message est sans importance, je te couperai personnellement la tête. »

« Mon-monsieur Torukel……. ! »

« Hm. »

Je dérobai en vitesse la note du secrétaire et la scrutai. Notre firme mettait le point sur l’efficacité, seuls de brefs mots y étaient écrits. De plus, c’était écrit avec un code que seuls les cadres comprenaient. J’étais la seule personne présente à pouvoir le lire.

Un début d’épidémie.
Autour des ports, l’épidémie s’est propagée dans toute la région du Royaume de Sardinie.
Assurément, l’épidémie se propagera dans les pays voisins très bientôt.
Taux de mortalité : 80%

« Quoi…… ? »

Au fur et à mesure que je décodais, mes sourcils se fronçaient.

Dire que le taux de mortalité était de 80%. N’était-ce pas équivalent à dire que si 10 personnes attrapaient la maladie, 8 parmi les 10 mourraient ? Ce n’était pas une maladie contagieuse ordinaire.

Il y était aussi écrit ‘qu‘assurément,’ la maladie se propagera dans les pays voisins. C’était sérieux. Il y avait une règle qui interdisait les marchands d’exagérer l’information transmise. Dans ces situations, il était plus habituel d’écrire qu’il était ‘probable’ que l’épidémie se propage.

Il était impensable pour Ivar Lodbrok de faire une erreur sur cette partie……
Assurément ? N’était-ce pas pour dire que l’épidémie se propageait à un rythme ahurissant ? Ça ne présageait rien de bon. Un sinistre présage se tissait autour de moi…….

Les prochaines phrases m’arrêtèrent net dans ma réflexion.

Le remède à l’épidémie est en possession du Seigneur Démon Dantalian.
Valeur estimée, 1,200,000~3,000,000 pièces d’or.
Tous les cadres sont tenus de revenir au quartier général immédiatement.

« ………… »

C’était absurde.

« Je-je suis désolé. Monsieur Torukel. Je suis vraiment désolé. Moi aussi, je voulais attendre le départ de son altesse Paimon avant de vous remettre ceci. »

Impossible.

« Pour dire la vérité, la lettre a été délivrée il y a une heure. Mais la lettre était sous un sceau classifiée de première classe. Je pensais troublant pour Monsieur Torukel si la lecture de la lettre était retardée davantage…… »

Impossible.

« Mon-monsieur Torukel ? M’écoutez-vous ? Monsieur Torukel ? »

 


Directeur de la Firme Keuncuska, Vampire de pur-sang, Ivar Lodbrok

Calendrier Impérial : Année 1505, Mois 7, Jour 16

Quartier Général de la Firme Keuncuska, Etage Supérieur


 

Nous avions été piégés.

Honnêtement, je m’étais complètement trompé.

« Hmm. »

Dans une salle noire, je buvais du vin seul.

Mon verre continuait à se vider. J’étais plongé dans mes pensées. J’avais le pressentiment que j’allais boire jusque tard la nuit, ce soir……

Qui était-ce. Cette personne à avoir pris Ivar Lodbrok pour un imbécile.

Le Seigneur Démon Dantalian n’était qu’un amuse-bouche. Il n’avait pas les facultés pour comploter un plan aussi grandiose. Alors qui était-ce.
Il n’y avait qu’une seule réponse. Cette sang-mêlé de succube, cette fille était celle qui avait tout comploté……

« Lapis Lazuli. »

Sniffant le parfum du vin près de ma bouche, je prononçai le nom de la fille. Etait-ce mon imagination. L’alcool semblait plus sucré.

Le désir de succès était magnifique. Ne pas se complaire dans sa position et viser toujours plus haut. C’était l’attitude que chacun devrait avoir. C’étaient mes pensées.

Cependant.

Si vous me montriez vos crocs, l’histoire devenait toute autre.

Je vais enseigner les bonnes manières à Lapis Lazuli.

Je regrettais devoir écraser une cadette au futur si prometteur. Je le pensais vraiment. Si vous me demandiez ce que je voulais dire, c’était parce que Lapis Lazuli allait devenir une poupée vivante mais pas vraiment.

Je tins mon verre.

« Un autre verre. »

« …… »

Une servante me versa du vin sans aucun mot.

A un certain moment, cette fille aussi était une candidate prometteuse au poste de cadre. Elle était telle Lapis Lazuli. Un statut social humble, mais une soif de pouvoir fascinante. La beauté de ses yeux était sans pareille. Toutefois, elle n’était qu’une imbécile. Elle s’était révoltée contre ni l’un ni l’autre que moi.

Ces yeux qui brillaient d’intelligence ne reflétaient plus qu’une couleur achromatique et brumeuse.

Ayant perdu sa volonté et sa conscience, elle n’était plus qu’une esclave-marionnette qui obéissait à tous mes ordres.

« Quel dommage. Pourquoi les talents prometteurs ne résistent jamais la tentation de me confronter ? »

Un soupir sortit contre mon gré.

J’avais ma tête tournée d’un côté, et sur les fenêtres, mon visage s’y reflétait. Contre toute attente, je souriais. Une joie incontrôlable flottait autour de ma bouche. J’apparaissais prendre énormément de plaisir.

C’était vrai.

La partie où j’exprimais mes regrets n’était qu’une mascarade.

Qu’y-avait-il à cacher.

Personnellement, je ne m’étais pas autant amusé depuis une éternité.

Qu’une mégarde imprévisible se glisse dans nos plans, c’était une des joies de la vie.

Pouvoir écraser une cadette à la carrière promettante, c’étaient les fruits de la vie.

Transformer une cadette en marionnette, tel un amateur de vin qui conservait sa boisson, je conservais les poupées dans ma collection personnelle –

Un des plaisirs les plus exaltants.

« Lapis Lazuli. »

Une fois de plus.

Je murmurai le nom de cette belle fille.

Je couperai toute espoir sur lequel tu t’attacheras.

Je te souillerai de la tête jusqu’aux orteils.

Une fois que tu seras plongée dans le désespoir et que tu commenceras à patauger, j’enfoncerai mes crocs dans ta nuque blanche et je ferai de toi une esclave pour l’éternité.

« Mmh. »

J’avais du mal à contenir mon excitation.

Je plongeai mes dents dans la nuque de la servante.

« ……Ah, aah…… aaaah…… »

La servante trembla légèrement.

Sa conscience s’était beau éteinte, son sens de la douleur était resté.

Le parfum de son sang était similaire à un vin mature de haute qualité.

J’avais récolté des poupées de vin telle qu’elle pendant ces derniers siècles.

Durant ces 60 dernières années, le nombre de poupée s’était arrêté au nombre de 32. Ceux qui me montraient de l’hostilité s’étaient assagis. Une époque ennuyeuse.

Le vrai propriétaire de la Firme Keuncuska. La personne la plus riche du monde des démons. L’un des trois vampires authentiques à habiter ces terres. Tous ces titres pour moi. Les jeunes assez vaillants pour m’affronter se faisaient rares.

En d’autres mots, Lapis Lazuli était le premier obstacle à apparaitre en 60 ans. Elle m’était très précieuse, et était probablement aussi mon précieux 33èmevin.

……En y repensant, dans ma collection se trouvaient une elfe, une sorcière, un loup-garou, un centaure, une sirène, et bien d’autres. Je possédais toutes les races mais pas une succube. La valeur de Lapis Lazuli était d’autant plus estimée.

Je me demande quel parfum de vin elle émettra.

Je suçai le sang de la servante jusqu’à sa perte de connaissance et ricanai.

Keuncuska, oh mon grand Keuncuska.

Tu repaieras le sang par le sang.

 


Plus Faible Seigneur Démon, Rang 71, Dantalian

Calendrier Impérial : Année 1505, Mois 7, Jour 16

Château du Seigneur Démon Dantalian


 

La vie était magnifique.

A un tel point que, moi, la personne la plus pessimiste de l’histoire, commençait à admettre la beauté du monde.

Suivant les réglages de Dungeon Attack, les Seigneurs Démons n’avaient pas de parents. Vous ne compreniez surement pas où je voulais en venir, je faisais simplement référence au fait que les Seigneurs Démons naissaient suite à une convergence anormale d’une grande énergie magique. Par chance. Leur naissance n’avait rien à voir avec leur personnalité ou leurs talents, ils naissaient par chance……

C’était la raison pour laquelle les autres les dénigraient.

Tel un habile paysan méprisant un noble arrogant. Ceux qui se hissaient en haut de l’échelle grâce à leur talent et leurs compétences méprisaient aussi les Seigneurs Démons. ‘Ils sont Seigneurs Démons par un coup du sort. Ils ne feraient même pas office d’adversaire si vous les affrontiez,’ qu’ils disaient.

Ils furent négligents de laisser tomber leur garde.

La négligence leur fut fatale, surtout pour quelqu’un d’aussi vilain que moi.

Il n’y avait que deux cas où je trouvais le monde magnifique.

Le premier, quand je ne faisais rien et que je flemmardais dans mon lit.

Le second, quand je poignardais le dos de ceux qui me sous-estimaient. Durant ces moments, je comprenais toute l’essence de la vie.

……Ma chère sœur me critiquait souvent et violemment. Elle disait que j’avais des goûts pervertis. Mais je ne la comprenais pas. La personne à laisser tomber sa garde était la fautive.

Quand un lion chassait un lapin, il chassait sérieusement. C’était la raison pour laquelle la chasse était une activité exténuante. Si vous n’étiez pas prêt à tout donner depuis le début, vous n’auriez jamais dû commencer. A travail insatisfaisant, résultat insatisfaisant. Il aurait été plus efficace d’être comme moi et de flemmarder tous les jours pour économiser de l’énergie.

Si vous deviez lutter contre la fatigue et que vous alliez chasser, alors en un coup.

Tuez la proie sans lui donner la chance de résister.

A cet instant précis, le résultat de cette chasse se trouvait devant moi.

« Ooh, Lala. Tu m’as l’air bien sombre aujourd’hui. »

« …… »

Lapis Lazuli se tenait silencieusement devant moi.

Son expression n’était pas aussi glaciale qu’elle l’était auparavant. Ces yeux, qui étaient aussi transparents que du verre, étaient teintés d’une brume. Ces yeux étaient les yeux que j’avais déjà vus maintes fois, les yeux d’un perdant.

« Est-ce peut-être, cela ? Cette magie qui frappe les femmes chaque mois ? Vous aussi, avez la vie dure. »

« ……Comment votre altesse a prédit cela. »

« Oh ma chère, Lala. J’entends l’impatience dans tes mots. »

Telle la statue allongée de Bouddha, j’étais allongé, mes bras soutenant ma tête.

« Toujours calme et d’un sang-froid à toute épreuve, c’est ton charme. Je t’en prie, fais preuve de prévenance envers ta beauté. »

Le visage de Lapis Lazuli s’assombrit de nouveau.

Un individu pitoyable.

Pour tout dire, j’aimais mettre mentalement au supplice le perdant. S’il te plait, supporte mes moqueries encore un peu.

« Quelle est la réaction de la Firme Keuncuska ? »

« ……Un nid d’abeille qu’on aurait agité. Un ordre d’appel pour tous les cadres a été envoyé il y a quelques heures. Celle-ci a aussi reçu la convocation de revenir au quartier général immédiatement. »

« Oh non. Alors pourquoi n’es-tu pas à la firme ? »

« …… »

Lapis Lazuli ne répondit pas.

Non, il serait plus correct de dire qu’elle ne pouvait pas répondre.

Je souris sournoisement.

« Laisse-moi deviner ce que tu penses. Tu as jugé que ta vie serait en danger si tu étais à la firme à l’heure actuelle. Les cadres de la firme n’ont pas idée que je suis le vrai cerveau de toute cette opération. Dans leur esprit, la coupable de cet incident est toi, Lapis Lazuli. »

Lapis Lazuli me fixa du regard.

Tel un animal blessé qui fixerait leur chasseur dans leurs derniers moments.

« Est-ce la raison pour laquelle votre altesse a envoyé celle-ci à Syracuse ? Afin de mal orienter les cadres de la firme. De piéger celle-ci, intentionnellement. »

« Correct. »

Si vous y pensiez logiquement, prédire une épidémie était impossible. Quelqu’un, d’une façon inconnue, avait répandu l’épidémie intentionnellement. C’était la conclusion auquel tous arriveraient.

Qui était cette personne.

Qui les cadres de la firme pointeraient du doigt, qui serait le criminel.

« La personne à être devenue la concubine du Seigneur Démon et à le séduire, était toi. »

Il n’y avait qu’une seule femme qui avait captivé Dantalian avec son corps.

« Celle à inciter le Seigneur Démon à emprunter un grand montant d’or de la firme, était aussi toi. »

La femme qui avait passionnément convaincu les cadres que c’était l’opportunité rêvée de mettre un collier autour du cou du Seigneur Démon.

« Bizarrement, la personne qui était dans la zone de départ de l’épidémie, pendant une semaine en plus, était aussi toi. »

Il n’y avait qu’une seule femme à signaler le départ de la Faucheuse Noire -.

« Enfin, la personne à avoir acheté plusieurs milliers de la plante qui pouvait soigner l’épidémie, n’était personne d’autre que toi. »

Oui.

Pour cet unique but, j’avais laissé tous les détails administratifs à Lapis Lazuli. La réunion avec les petites firmes et pharmacies, et aussi le processus d’achat de la plante. Tous les travaux administratifs passaient par Lapis Lazuli.

Et maintenant.

« A l’heure actuelle, les cadres de la firme n’ont d’autre choix que de te suspecter en premier. »

Le Seigneur Démon Dantalian n’était rien de plus qu’une marionnette contrôlée par la succube. Celle qui maniait les fils était cette sang-mêlé, Lapis Lazuli, c’était la conclusion que tous les cadres avaient tirée.

Ils se trompaient lourdement.

Je ricanai.

« Lala, tu as pensé la même chose que moi. C’est pourquoi tu es venue ici au lieu de retourner au quartier général. Un bon jugement. Si tu étais retournée au quartier général, tu aurais été punie, sans question. »

Le silence perdura un moment.

Dans une chambre de Seigneur Démon en ruine, précédemment détruite par des aventuriers, sauf pour le lit, le reste de la chambre était grise et pleine de poussière. Dans cette chambre grise, Lapis Lazuli fut la première à briser le silence.

« ……Pourquoi ? »

Lapis Lazuli ouvrit lentement la bouche. »

« Pourquoi votre altesse révèle tout à celle-ci ? »

« Parce que je te tiens en haute estime, Lala. »

Je me levai de mon lit.

« Tu es magnifique. Je ne complimente pas ton apparence. Je me réfère à ta beauté intérieure. »

Enroulant ma langue venimeuse, j’approchai de Lapis Lazuli.

« Tu es née, exilée de la société, mais tu n’as pas perdu ta passion pour l’autorité. Tu as même essayé de sacrifier un Seigneur Démon pour ton propre succès. Un pas de plus. Si tu avais mis ce pied, tu serais devenue une cadre à Keuncuska. »

Une soif insatiable pour le pouvoir.

Un sang-froid qui ne craignait pas les sacrifices.

Pour couronner le tout, un talent qui surpassait les origines et les rangs.

« Je veux t’obtenir. »

Je levai la tête de Lapis Lazuli.

Des yeux bleus inépuisables me regardèrent.

« Abandonne la Firme Keuncuska et viens sous mon aile. Keuncuska, dans le monde, n’est rien de plus qu’une firme. L’argent est grandiose, mais pas aussi grandiose que l’autorité. La chose qui excite vraiment et qui enthousiasme les gens est l’autorité. »

« ……Votre altesse vient seulement de réussir. »

Parla paisiblement Lapis Lazuli.

Nos visages étaient si proches que nous entendions le souffle de l’autre.

« Bien sûr, votre altesse se fera énormément d’argent. Cependant, il n’y a aucune autorité. Votre altesse est encore au rang 71, le plus faible des Seigneurs Démons, sans aucune fondation adéquate. Comment est-ce que votre altesse compte présenter l’autorité à celle-ci ? »

« Je vais laisser le commerce du remède à toi. »

« …… »

Lapis Lazuli hésita.

Je bougeai lentement mon visage près de la sienne. Je ne m’impatientai pas. Elle était déjà piégée au centre de la toile d’araignée. Elle n’avait aucun moyen de fuite.

« Ferme les yeux. Imagine. Le continent hurlera du cauchemar de l’épidémie. Peu importe sa durée, au moins 2 ans. Sinon, 5 ans. Des centaines de milliers, des centaines de milliers mourront. Parmi eux, les nobles et les riches. Eux, afin de rester vivants, feront ce qu’ils peuvent pour se débattre. »

Lapis Lazuli, écoutant mes ordres, ferma les yeux.

D’une voix douce, je murmurai dans ses oreilles.

« Ce remède qui permet de contrôler la vie des gens. Je te le donne. »

« …… »

« D’innombrables personnes courront vers toi pour acheter. Si tu vends le remède, ils vivront. Sinon, ceux au pouvoir accueilleront leur fin. Un seul mot, et tu plongeras de nombreuses autorités dans l’euphorie, le désespoir, la tristesse, et le regret pour l’éternité. »

Je caressai ses hanches d’une main.

Lapis Lazuli, bien que faiblement, fronça les sourcils.

De ma paume, je sentis faiblement sa peau. Si lisse, sans aucune graisse. Comme si j’explorais l’inconnu, je baladai ma main ici et là sur son corps.

De sa poitrine à son estomac.

De son estomac à sa taille.

« Sang-mêlé. Le déchet des démons. Fille d’une prostituée. Un rebut. Toi, qui se faisait calomnier par ces noms et qui était méprisée, saisiras instantanément la vie de centaines de milliers de personnes. Comment te sens-tu, Lala. Comment est ce sentiment, Lapis Lazuli. »

Ce fut alors, je sentis quelque chose de dur entre mes doigts.

Je le trouvai.

« Cette chose que tu ressens actuellement, c’est l’autorité. »

J’envahis audacieusement ses habits avec ma main.

Lapis Lazuli fronça encore ses sourcils. Pensait-elle qu’elle se ferait violer ici ? D’un visage souriant, je sortis un objet métallique dissimulé sous les habits de Lapis Lazuli au niveau de la taille. Une fois que je la sortis, Lapis Lazuli laissa échapper un son ‘ah’ tout en ouvrant sa bouche. Un regard empli de surprise.

Un objet métallique argenté.

A première vue, on dirait une montre de poche. Mais cet objet n’avait pas d’aiguilles.

« C’est pourquoi je t’évalue hautement. »

Je jouai espièglement avec l’objet métallique devant ses yeux.

Lapis Lazuli se mordit les lèvres.

« ……Votre altesse le savait depuis le départ ? »

« Eh bien, une simple déduction. »

Archive de Mémoire, un artéfact magique.

Un outil d’enregistrement qui enregistrait l’audio et qui la sauvegardait. Si la qualité était assez bonne, il pouvait aussi faire office de vidéo-caméra.

Un objet vendu à un prix exorbitant dans Dungeon Attack. Probablement la même dans ce monde.

Lapis Lazuli voulait probablement prouver son innocence aux cadres de la firme. Le problème était qu’elle n’avait aucune preuve. Ainsi, Lapis Lazuli se construisait sa nouvelle preuve……

Quelle preuve pourrait prouver son innocence. La façon la plus efficace serait bien évidemment d’obtenir une confession du coupable. Il n’y avait aucun doute sur l’utilisation de l’artefact d’Archive de Mémoire.

« C’est triste. Mmh, ce n’est vraiment pas de chance. Si tu avais réussi, tu serais devenue une fière administrative de la Firme Keuncuska, mais. Oh, bon dieu. Regarde -. »

Je laissai tomber l’objet argenté sur le sol.

Puis je levai mon pied droit, j’écrasai l’objet avec le talon.

D’un ‘crack,’ vous pouviez entendre le son particulier des parties mécaniques se briser. Je répétai l’action 5 fois. Puis je ramassai l’objet détruit et le jetai au mur aussi fort que possible.

Je haussai les épaules.

« Il semble que ta dernière possibilité se soit brisée. »

« …… »

« Lala. Tu as deux choix devant toi. Des choix que tu ne peux pas refuser. Premier choix. Tu obéis à ta convocation et tu y retournes sans preuve. Tu plaides en toute honnêteté ton innocence. Hm, et…… Si tu as de la chance, tu garderas la vie sauve. »

Je lui tapotai doucement les épaules.

« ……Quel est le second choix ? »

Parla Lapis Lazuli. Splendide. Le dos au mur, sa voix était encore froide. Peu importe combien la situation était désespérée, même si sa vie était en jeu, il était clair qu’elle garderait son calme.
Comme je l’avais fait trois mois auparavant.
Entouré d’aventuriers.

« Réfugie-toi sous mon aile. Lapis Lazuli. Oh, ignoble sang-mêlé. Si tu me dévoues ton talent, je te fournirai le statut social. Si tu me dévoues ta loyauté, je te donnerai du pouvoir. Je ferai réalité tes espoirs et tes désirs contenus dans ta poitrine, et tu me protégeras des espoirs et des désirs des autres. »

En bref, donner et recevoir.

Une logique des plus aimables.

« Que fera votre altesse si celle-ci trahit votre altesse. »

« Ah, mais ne te méprends pas. Je ne demande pas une loyauté absolue. Si tu veux me trahir, alors à tes aises. Si tu penses que quelqu’un d’autre te sera plus utile, alors tu as raison. »

Je ne croyais pas en l’amitié.

Je ne croyais pas en l’amour.

Similairement, je ne croyais pas en la loyauté.

« Mais, je te promets, tu ressentiras au plus profond de toi la plus haute notion de pouvoir et d’autorité. »

Je ne croyais qu’à l’échange équivalent.

L’acte d’échanger des objets de valeurs égales.

« …… »

« …… »

Lapis Lazuli me fixa du regard. Je n’évitai pas son regard. Le silence n’était gênant que si les yeux de l’autre n’avaient rien à dire. Nous avions tant à comprendre du regard de l’autre.

J’avais quelque chose au fond de moi.

Elle aussi, avait quelque chose au fond ‘elle.

Il n’y avait aucune raison de craindre le silence.

Enfin.

« Je comprends, votre altesse. »

Lapis Lazuli s’agenouilla.

Elle regarda le sol et voua.

« Moi, Lapis Lazuli, née d’une succube Humbaba et élevée dans les ruelles sombres des villes et cités, une personne ayant travaillé au poste de marchand de degré trois pour la Firme Keuncuska pendant 10 ans, oubliera son passé et vivra uniquement dans l’objectif de servir le Seigneur Démon Dantalian. Ce cœur. Cette tête. Cet âme, appartiendra pour toujours à votre altesse. »

Peu après son serment de loyauté, plusieurs notifications apparurent.

[Lapis Lazuli a été recrutée et est votre subalterne.]

[Le degré de loyauté apparaitra au statut de Lapis Lazuli.]

[Loyauté instable. Ce parti ne vous considère son seigneur que contractuellement. Ce parti peut vous trahir à tout moment.]

Je souris.

J’adorais tout particulièrement ce sentiment de trahison à tout moment. Que ce soit une amitié inébranlable ou une affection éternelle, plutôt qu’une de ces notions, cette notion était plus digne de confiance.

L’amour immortel que mon père avait voué à mes mères, au final n’était qu’un échec. Les humains n’avaient pas la force de vénérer ce genre d’amour. Décharger des émotions que ni l’un ni l’autre ne peut contrôler au visage de l’autre ne fera que vous agenouiller.

Décisif.

Plutôt que d’être embêté par des sujets insignifiants, je préfèrerais être paresseux.

Plutôt que d’être grossièrement sérieux, je préférerais être simple.

C’étaient mes principes, mes règles d’or.

Tout d’un coup, de mes souvenirs, je vis clairement les épaisses lèvres de mon père.

‘Fiston. Prépare-toi.’

‘Peu importe tes choix –‘

‘Tu vivras une vie plus désastreuse que la mienne.’

Désolé, père.

Je n’ai pas l’intention de suivre tes pas.

Tu avais réussi à te faire une place dans la société. Mais tu avais terriblement échoué en tant qu’époux. J’étais mécontent depuis un long moment. Pourquoi t’obséder à continuer si tu savais que tu allais échouer ?

Si tu n’es pas certain de réussir, ne plonge pas. C’était ma réponse. Personne n’aurait à souffrir par ma faute. Tu étais le seul regret de ma vie, père. Je ne veux pas devenir le regret de quelqu’un d’autre……

« Bien. Lapis Lazuli. »

Je m’agenouillai aussi pour me mettre au niveau de ses yeux.

Nous n’étions pas simplement seigneur et vassale. Contracteur et contractuelle. Nous étions des partenaires sur un pied d’égalité. Je voulais faire passer le message avec mon corps.

« Moi, Dantalian, ne répondrai pas à tes conseils par le silence et ne répondrai jamais à tes suggestions par du mépris. Si tu sues et saignes pour moi, je rendrai chaque goutte de sueur et de sang. »

Je tins sa main fermement.

Je l’avais déjà sentie auparavant, mais sa main était vraiment douce.

Lapis Lazuli me regarda intensément. Légèrement, bien que légèrement, elle hocha la tête.

« ……Mes services pour vous, votre altesse. »

Trois mois après mon arrivée dans ce monde.

J’avais finalement recruté mon premier vassal.

 


Cadre de Keuncuska, Gobelin Avare, Torukel

Calendrier Impérial : Année 1505, Mois 7, Jour 20

Quartier Général de la Firme Keuncuska


 

Le quartier général de la firme grouillait de monde.

Des gobelins étaient penchés sur leur boule de cristal et déchiffraient des codes. Une fois ces codes déchiffrés, ils retranscrivaient le message sur un bout de parchemin avant de le passer à une fée.

Des fées de la taille d’une main grognaient alors qu’elles transportaient les parchemins. Du département d’exploitation au département des contre-mesures, au département de la distribution, et au département des haut-officiers. Le quartier général était situé dans un grand bâtiment, et pourtant les fées bougeaient tellement que la congestion du trafic allait jusqu’au plafond.

« Rapport d’un patient découvert en Cologne ! »

« Nous sommes certains que l’épidémie suit la Rivière Rhine et se répand au nord. »

« La quarantaine du Royaume de Sardinie est inutile. »

« La jeune demoiselle de la Maison Sforza est morte de maladie……. »

Des rapports de tout le continent affluaient en masse. Les employés commençaient à avoir la migraine. Parmi eux, se trouvait un gobelin qui n’avait pas dormi depuis quelques jours à en voir ses yeux gonflés et rouges de sang. Je le plaignais.

Me faufilant dans la foule, je me dirigeai vers le bureau personnel d’Ivar Lodbrok. Pendant une seconde, je crus entrer dans la mauvaise salle. Des tas de papiers étaient entassés, la silhouette d’Ivar Lodbrok n’était nulle part. Si je n’avais pas entendu sa voix morne, j’aurais quitté la salle.

« N’est-ce pas Torukel. »

« Quelle horreur. Keruk. »

« Oho, c’est horrible. Ça le sera encore plus dans un avenir proche. Assis-toi. »

« …… M’asseoir, où ? »

Bien sûr, le bureau était hors de question, mais des tas de parchemins parsemaient le sol aussi.

« N’importe où. J’ai déjà toutes les informations dans ma tête, de toute façon. »

« Une mémoire monstrueuse, comme toujours…… Alors, l’épidémie montre des signes de halte ? »

« Pas du tout. »

Répliqua instantanément Ivar Lodbrok.

« L’épidémie se répand à une vitesse incroyable. L’Union de Karlmar et le Royaume de Moscou, en excluant Venetia, sont tous corrodés par l’épidémie. Les pays restants affronteront l’épidémie très bientôt. Les analystes de notre firme prédisent un taux de décès de 30%. »

« 30% du continent mourra ? C’est une blague ? »

« Si j’ai déjà blagué dans ma vie, alors rappelle-moi quand. »

Je marmonnai involontairement. 30%. C’était inimaginable. Des millions de démons et d’humains allaient mourir. Je n’arrivais même pas à spéculer l’étendue des dégâts.

« Tous les seigneurs ont cessé leur commerce avec notre firme. »

Parla Ivar Lodbrok comme s’il prenait du plaisir.

Gardait-il son humeur joviale même dans une telle situation ? Il n’était pas sain d’esprit. Attendez, plus important, avait-il dit que tous les seigneurs avaient cessé leur commerce avec nous ?

« N’est-ce pas super grave ?! »

« Aah, c’est grave. Ils ont peur qu’en plus de la marchandise, nous délivrons aussi l’épidémie. Les aliments que nous avons préparés attendent dans les cargos et pourrissent peu à peu. »

« Ne me dites pas que les autres firmes aussi…… »

« La même. Tout commerce s’est figé. »

C’était une crise sans précédent.

Cette épidémie ne nuisait pas uniquement à l’humanité. L’économie elle-même se gelait. Peu importe si vous attrapiez l’épidémie ou non, nous courrions droit à notre perte.

Mon visage vira au bleu, le ton d’Ivar Lodbrok se fit plus sérieux.

« Nous autres les démons nous en sortons mieux. Différents des humains, nous avons étudié la magie noire pendant des centaines de milliers d’années. Nous savons comment gérer l’épidémie et restreindre les dégâts à un minimum. Cependant, les humains sont différents. Ils ont interdit l’usage de la magie noire à un niveau national. Ils manquent cruellement d’expérience et d’information. Pour eux, non pas 30% ou 40%. Le taux de décès pourrait dépasser les 50%. »

« Oh, Seigneur. Déesses……. »

« Le problème est comment Lapis Lazuli a réussi à prédire cette épidémie. »

Ivar Lodbrok sortit une pipe sous ses habits.

Il murmura des mots tout en accumulant du tabac dans la chambre de la pipe.

« Connaitre le remède de l’épidémie et le monopoliser. Ce n’est pas une coïncidence. Il ne fait aucun doute que cette épidémie a été causée artificiellement. »

« Me dites-vous que…… Quelqu’un a répandu l’épidémie intentionnellement ? »

Ivar Lodbrok hocha la tête.

Mais était-ce possible ? Lapis Lazuli n’était qu’une succube au sang-mêlé. Elle n’avait pas le pouvoir de fabriquer une épidémie de toute pièce. Non, personne sur ce continent n’était capable d’une telle prouesse.

Comme s’il avait lu mes pensées, Ivar Lodbrok parla.

« Si tu y penses linéairement, l’histoire n’a ni queue ni tête. Cependant, pour le Seigneur Démon Barbatos, l’histoire fait sens. »

« Le Seigneur Démon Barbatos…… »

Rang 8 parmi les Seigneurs Démons.

Elle était connue pour être la plus grande nécromancienne du continent, son surnom était la Monarque Immortelle.

L’armée du Seigneur Démon Barbatos était composée entièrement de 5,000 morts-vivants. Des corps qui étaient morts depuis longtemps. Pour Barbatos, la maestro de la magie noire et des épidémies, créer une épidémie n’était pas une impossibilité. Voici ce qu’Ivar Lodbrok en avait déduit……

Alors Lapis Lazuli était la marionnette de Barbatos.

Dantalian n’était qu’un appât, le bouc émissaire sur lequel rejeter la faute.
Alors le vrai coupable était Barbatos ? Etait-ce ainsi. Etait-ce la vérité…….

« Ce n’est pas une hypothèse sans fond. Le Seigneur Démon Barbatos a toujours détesté les humains. Si une épidémie fait rage, les dégâts du côté des humains l’emporteront sur les dégâts du côté des démons. Une évidence. »

Ivar Lodbrok continua à parler d’une manière composée.

« Je ne serais pas surpris si le but du Seigneur Démon Barbatos était d’exterminer la race humaine avec une épidémie. Ce serait plus approprié de nourrir cette hypothèse rationnelle. »

« ……C’est horrible. »

Je comprenais maintenant quand Ivar Lodbrok disait que ce serait encore plus horrible dans un avenir proche.

Répandre une épidémie pour décimer une race. Une irrationnalité sans nom, c’était un crime impardonnable. Je pensais, ‘Existait-il des personnes aussi infâmes.’ J’avais envie de vomir.

« Les Seigneurs Démons, au final, sont de tels personnages. Afin de faire de leur rêve une réalité, ils ne se soucient pas de l’honnêteté ou de la corruption. Ils ont toujours été ainsi depuis des millénaires. »

« ……Devrions-nous nous tenir ici sans dire un mot ? Alors que des millions de personnes hurlent d’agonie, Barbatos, Dantalian et Lapis Lazuli complotent dans leur coin. La vengeance est de nom. »

« Je partage cette opinion. Torukel. Jette un coup d’œil à ceci. »

Ivar Lodbrok claqua des doigts.

Un certain parchemin sur son bureau flotta dans les airs et vola vers moi. Je reçus le parchemin et le déroulai de gauche à droite.

Sur le parchemin, il était écrit que dans un mois, tous les Seigneurs Démons se réuniraient pour une conférence. Le nom était la Nuit de Walpurgis.

La localisation, Niflheim – pour ainsi dire, c’était la ville où était située le quartier général de notre Firme Keuncuska. Cette opportunité était en or.

« Keruk. Une grande conférence qui ne prend place qu’une fois en quelques années. »

« Probablement pour contrecarrer l’épidémie. Le Seigneur Démon Dantalian fera une apparition. Je parie que cette petite succube viendra avec lui. Nous en finirons avec eux. »

Mais.

Nous évoquions l’hypothèse que le Seigneur Démon Barbatos était la véritable coupable, mais nous n’avions aucune preuve. Mais si nous menacions ou torturions soit Dantalian ou Lapis Lazuli, nous réussirions à rassembler les preuves.

« Dites-moi ce que je dois faire, Lodbrok. »

Surtout Lapis Lazuli. Cette fille, je ne pouvais pas la pardonner.

Malgré notre convocation, Lapis Lazuli ne répondit jamais. Tout contact fut coupé. Il n’y avait pas d’autres choix que de voir cela comme une trahison envers la firme.

Elle avait oublié notre grâce lorsque nous l’avions acceptée.

Elle méritait une punition.

« Pour l’instant, je rentrerai en contact avec Dantalian. Torukel. Tu vas aller voir son altesse Paimon pour la solliciter. »

« ……Son altesse Paimon ? »

« La coupable est Barbatos. Seule son altesse Paimon peut faire face à elle. »

Je hochai ma tête.

Il était reconnu que Barbatos et son altesse Paimon étaient comme feu et eau. Si elle pouvait frapper gratuitement Barbatos, son altesse Paimon n’avait aucune raison de refuser.

Oh, grand Keuncuska.

Tu repaieras le sang par le sang.

 


dd3

 

Nom : Lapis Lazuli
Race : Succube – Sang-mêlé humain
Profession : Marchand (B)
Réputation : Chef de village

Charisme : Rang E / Pouvoir : Rang D / Intelligence : Rang A-
Politiques : Rang B / Charme : Rang E / Technique : Rang F

Titre : 1. Rebut 2. Orpheline née d’une prostituée
Pouvoirs : Comptable A, Marchand B+, Magie F
Talents : Baiser de Judas (B+)

 

[Haut faits : 1]


 

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