10;Drops 2 — Love Interest

Auteur : Mouton
Check : Faust


Chapitre 2 de « 10;Drops » !! (Arc 1)


– Sahar… Sahar.

Le garçon regarda sa mère en souriant.

– ………. Est-ce que tu nous aimes ?

– Mama’ et Papa’ sont les plus meilleurs !! J’aime Papa’ et Mama’ !!

L’innocent garçon lâcha gentiment ces mots plein de sincérité. La femme sourit, les mains tremblantes.

– …… N-N-Nous aussi, nous t’aim——

Sahar avait mal à la tête ; beaucoup trop mal. Pourquoi est-ce qu’il ressentait tant de douleur ?

– …… Tsk.

Il ouvrit doucement les yeux et les cligna quelques fois, puis se mit une main sur la tête, tentant de se rappeler ce qu’il s’était passé… Il était sorti pour avoir des informations, quand—

Je n’aime pas ton regard.

On l’avait frappé sans raison. Il était juste en train de marcher, et on l’avait… frappé. Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il avait, son regard ?! Le garçon prit du temps pour remarquer que quelque chose clochait : Il ne voyait pas le ciel. Il voyait…… un toit ? Il s’était évanoui dans la rue, cela voulait donc dire…

On m’a récupéré… ?

Il sentit le sol sous lui bouger d’un coup, ce qui le fit glisser quelques centimètres sur le côté, mais il réussit à garder l’équilibre. Il ne savait pas où il se trouvait. Il s’assit sans trop de difficultés et tourna la tête dans tous les sens.

Il était dans un carrosse.

– ……. Eh ?

Son siège n’était pas des plus agréables et Sahar reconnut du cuir. Le reste était principalement fait en bois, mais il ne sut pas dire lequel, car tout était peint pour former des motifs incompréhensibles. Des sortes de rouages, et des formes… des formes sans aucun sens. Il remarqua enfin que le carrosse bougeait comme s’il était en mouvement. Il regarda par la fenêtre et remarqua qu’il n’y avait pas de vitre. Il s’approcha alors de la portière et fixa le paysage. Il défilait plutôt lentement et laissait voir ses détails. Enfin, il n’y avait pas grand-chose à dire : ce n’était que des arbres et des buissons. Cependant, quelque chose était différent des forêts de la Terre : ici, les arbres étaient tous roses.

Les écorces étaient plus orange que bruns, ce qui rendait bizarrement bien. Pour les buissons, ils avaient pris la couleur rose, imitant le feuillage des arbres au-dessus d’eux. Il était en train d’observer le paysage calmement quand il sursauta et recula tout au fond du carrosse. Quelque chose s’était rajouté dans le décor, et cela n’était rien d’autre que—

– OOow !! Tu es réveillé !

La tête d’une fille.

Mais à l’envers.

– …… !!

Sahar se redressa au fond du carrosse, une main sur son coeur battant la chamade. Soufflant un bon coup, le garçon ferma les yeux tout en se calmant. En les rouvrant, il remarqua que la fille avait disparu…… Il allait passer la tête par la fenêtre quand il entendit des bruits au-dessus de lui, sur le toit du carrosse. Elle était donc en haut……

Mais qui c’est… ?

Déjà, il ignorait où il se trouvait, et vers où on l’emmenait. L’avait-on sauvé…

… ou kidnappé ?!

Commençant à se poser une multitude de questions, Sahar regarda de gauche à droite, hésitant à sauter par la fenêtre, ou bien à faire quoi que ce soit…… Il pourrait aussi juste tenter de parler à la fille, mais était-ce la meilleure solution… ?

– SaluuuUUUuut !

Sahar se retourna d’un coup, s’accrochant avec force à la portière derrière lui. Il avait lâché un cri de surprise quand elle lui avait crié dans l’oreille, vu qu’il ne s’y attendait absolument pas. La portière derrière la fille était grande ouverte, ce qui fit comprendre à Sahar qu’elle était rentrée par là. Il ne l’avait pas du tout entendue, pourtant……

– Sa…. salut……

Son cœur toujours affolé, Sahar réussit à lui dire bonjour. Ce fut quand elle lui sourit en penchant la tête que le garçon remarqua à quel point la fille devant elle était—

—super belle.

Ses cheveux couleur menthe qui tombaient jusqu’en bas de son dos donnaient envie à Sahar de les sentir et de les toucher, tellement ils avaient l’air…. doux. Les yeux rouge foncé de la fille étaient bizarrement menaçants, et pourtant si calmes. En revanche, le reste du visage de la fille donnait une toute autre impression. Ce qui étonna Sahar le plus, ce sont ses habits :

Un pyjama avec des têtes de filles-moutons dessus.

Sahar était sans-voix, ne sachant pas quoi dire. Frappé par sa beauté, il avait simplement perdu ses mots. C’était la première fois qu’il trouvait quelqu’un aussi beau. Dans sa classe, sur Terre, il y avait bien une « Amanda » qui était sublime, mais la fille aux cheveux menthe devant lui, ELLE, était à un niveau bien trop supérieur. Le cœur du garçon, qui s’était calmé, battit de nouveau à la chamade, une musique mélodieuse arrivant alors jusqu’à ses oreilles. Il ouvrit la bouche, mais resta muet, ce qui intrigua la fille, qui l’interrogea du regard.

– Mmmh~ ? Tu as perdu ta voix ? demanda-t-elle avec un air innocent.

– ….. N-No…..

La fille, qui semblait amusée, lâcha un soupir. Le sourire fuit son visage, qui se transforma totalement. Elle continua à le regarder, mais se mit au fond du carrosse et ferma la portière. La fille croisa les bras et mit le pied sur son genou, ses yeux se détournant du garçon.

– Tch. T’es vraiment pas bavard, comme mec.

Montrant sa déception, elle se détacha totalement du garçon et regarda devant elle. Sahar ne savait pas quoi dire. Comment pouvait-il être autre chose que silencieux ?! Il ne savait pas où il était, où il se dirigeait, pourquoi était-il ici et encore moins qui était cette fille !! Elle voulait quoi ? Qu’il soit super joyeux et qu’il parle comme s’ils se connaissaient depuis des années ??? Il ouvrit la bouche, un sourire un peu forcé sur le visage.

– Ouuuaaaais….. Excuse-moi, je suis encore fatigué…….

Il ne voulait pas l’énerver d’avantage, donc il se contenta de s’excuser. La fille le regarda rapidement avant de soupirer une nouvelle fois.

– Ouais, j’espère que tu parles plus, car sinon, ce n’est pas drôle. C’est juste embêtant, les gens silencieux.

– ……… Ouais……

Il n’avait aucune idée de discussion. Il avait envie de lui demander qui elle était, où est-ce qu’ils allaient et tout ce qui va avec, mais sa gorge s’y refusait. Pourquoi donc ?

– Bref.

Sahar garda son regard sur la fille.

– Tu es qui, alors ?

– …… Hein ?

Quoi ? se dit-il. Elle est sérieuse ? C’est ELLE qui me demande cela… ? Sahar regarda par la fenêtre et puis revint sur la fille qui patientait. Il ferma brièvement un œil et répondit comme il put.

– Je m’appelle Sahar…… mais, ce n’est pas plutôt…. moi, qui devrais demander ça ? répondit-il.

La fille, qui l’avait écouté, reprit un air plus amical sur le visage, même si son beau sourire n’était pas revenu. Elle se passa la main dans les cheveux pour les mettre correctement et posa la main sur sa propre cuisse.

– Sahar, hein….. Moi, c’est Nyara.

C’était un beau prénom ; Sahar l’appréciait bien, en tout cas. Souriant, le garçon avait enfin appris quelque chose. Enfin, ce n’était que son prénom, pas grand chose en fait ; voir rien. Le carrosse commença à trembler de plus belle, ce qui surprit Sahar. On aurait carrément dit qu’il y avait un tremblement de terre, tellement c’était violent.

– …. !!!

Il s’accrocha à la portière, passant la main par la fenêtre sans vitre.. Il regarda la fille pour voir si elle avait besoin d’aide, mais….

Elle avait les bras croisés et les deux pieds par terre.

Nyara agissait comme s’il ne se passait absolument rien.

Cela ne pouvait que surprendre Sahar, qui la fixait avec des yeux étonnés. Les tremblements étaient vraiment violents, au point d’en vomir.

Mais Nyara, elle, s’en fichait. Se sentant observée, elle tourna le regard vers le garçon, les yeux un peu fatigués.

– QqqUuuoOooiIIii ??

Les vibrations étaient audibles dans sa voix. Fermant un œil, elle bâilla en se déboitant un peu l’épaule, ce qui lui fit du bien. Le garçon, lui, resta là, accroché à la portière comme si sa vie en dépendait. Il soupira quand tout se calma et que le monde redevint tranquille. Sahar se posa dans le siège et regarda la fille aux cheveux menthe.

– On se dirige où ? demanda-t-il brièvement.

– Vers ma maison, répondit-elle instantanément.

– On va… chez toi ? Pourquoi ?

La fille allait répondre quand—

– Hey ! Nyara, viens !

Elle roula des yeux et ouvrit la portière. Sahar hésitait à la suivre. Il ne connaissait rien de ce monde, ni rien sur Nyara ou encore moins sur l’autre homme qui venait de l’appeler. Il ne savait toujours pas quoi faire quand elle le regarda, bien campée sur le sol.

– Attends juste là, j’arrive.

Même si elle avait un sourire au visage, elle lui avait lancé ces mots comme un avertissement. « Si tu sors, t’es mort. »

En tout cas, ce fut comme cela qu’il le comprit. Il ne voulait pas créer d’ennuis, alors Sahar lui montra son pouce, ce qui fit grimacer Nyara. Le garçon l’interrogea du regard, ne comprenant pas sa réaction, mais elle haussa des épaules et ferma la portière.

Il était désormais seul dans le carrosse à l’arrêt. Il resta plus ou moins immobile, attendant le retour de la fille.

Elle est vachement jolie, quand même…

Ses cheveux menthe avaient vraiment l’air doux. Il aimerait les caresser, mais à quel point serait-il étrange s’il lui demandait ?? Ils ne se connaissaient absolument pas ; ils ne savaient rien d’autre que leur prénom ! Soupirant de ses propres bêtises, il hocha la tête en regardant le plafond. Il était un homme après tout…

Se tournant les pouces, il remarqua qu’il n’entendait rien. La fenêtre laissait passer l’air extérieur vers l’intérieur, et pourtant, il n’entendait pas Nyara ou l’autre homme parler. Le vent était la seule chose audible, mais c’était si faible que ça l’était à peine. Ne voyant rien d’autre à faire, Sahar s’imagina juste comment le monde pouvait être.

Déjà, un monde où la magie existe. Des mages de feu, d’eau, et tous ces trucs basiques, se dit-il. En vrai, ça serait cool qu’il y ait des guildes, je pourrais me faire plein d’potes puissants, et tout ça…….. M’enfin, ouais….

Sahar n’aimait pas le « Pouvoir de l’amitié » et tout ce qui allait avec quand il lisait des mangas ou regardait des animes, mais si cela devait lui arriver, il ne dirait pas non. Être sur le point de mourir, mais avoir foi en ses amis et se relever… Sahar trouvait cela vraiment « badass » ; mais plutôt enfantin. Il regarda par la fenêtre et profita de la vue. Les arbres n’étaient pas si grands, mais vraiment beaux et agréables à l’œil. Ils étaient apaisants à observer, les feuilles tombant de leurs branches doucement, lentement, calmement.

– Quel doux paysage, quand même……..

Pensant à voix haute, il posa sa tête sur son bras ; ce dernier posé sur la portière. Contemplant le monde devant lui, les yeux dans le vague, il continua à rêvasser.

……. Est-ce que j’arriverai à me faire un Harem, en vrai… ?

Il avait d’abord lancé ça par excitation, mais maintenant qu’il y repensait, cela arrivait dans les mangas, dans les œuvres de fictions ; pas dans la réalité. Certes, on pourrait dire la même chose avec les téléportations dans les autres mondes.

En vrai, si on peut se faire téléporter dans d’autres mondes et que je rencontre une fille superbe comme ça directement, peut-être que ma vie sera pareille que celle d’un protagoniste cliché de Shônen? se demanda-t-il.

Il s’agissait là de fantasmes ; Sahar le savait très bien. Si les protagonistes vivaient comme cela, c’était parce que l’auteur le décidait et qu’ils étaient souvent très forts, avaient un talent caché ou quoi que ce soit. Sahar allait faire de son mieux pour être le plus « fort » possible, mais d’abord, il devait au moins vérifier avoir un pouvoir, ou quoi que ce soit.

– Si ça existe….

Sahar ne savait toujours rien. Il voyait que le Soleil existait aussi ici, que la plupart des matériaux utilisés étaient les mêmes que sur la Terre et que les habitants de ce monde parlaient aussi le français. C’était peu, mais c’était quelque chose.

Si ça se trouve, il ne va rien se passer d’intéressant, et je vais vivre comme si je vivais…. je sais pas, un Shojo ?

Il n’avait rien contre les histoires d’amours, et tous ces « trucs », mais il était plus fan d’action, d’aventure, de secrets et de combats. Les lire, les regarder ou les vivre, ce n’était pas la même chose ; et Sahar le savait. La seule fois où il avait voulu se bagarrer contre quelqu’un, il s’était pris une pêche telle qu’il a dû rater l’école pendant quatre jours ; et même après cela, il avait gardé le bleu. Il était plutôt faible physiquement, et ses muscles inexistants en étaient une preuve concrète. Il n’avait jamais appris de sport de combat, et ses seules connaissances sur le sujet se limitaient à ce qu’il voyait dans les animes…

Il allait devoir s’entraîner.

Toujours dans ses pensées, Sahar n’avait pas bougé la tête d’un millimètre. Le paysage devant lui n’avait plus d’importance ; il ne le voyait plus réellement, tellement il était concentré sur son imagination.

Ah oui, c’est vrai qu’ici, les filles-chats existent….. J’espère que j’en aurai dans mon Harem…….

Il comptait réellement avoir un Harem. Même s’il préférerait n’avoir qu’un seul amour, il ne disait pas non à avoir des filles autour de lui voulant se nourrir de « lui ». Bref, un rêve. Fermant les yeux doucement, un sourire sur le visage, il imagina comment cela pourrait être…… d’avoir son Harem………

– ………

Le garçon dormait paisiblement. Sahar, la tête posée contre son bras, avait fermé les yeux et s’était endormi.

– …… On le réveille ? demanda quelqu’un.

La fille sourit et hocha la tête.

– Non, non, laissons-le dormir. Sur la route, on va avoir de nouveau de telles secousses ?

L’homme haussa des épaules.

– Tu devrais le savoir mieux que moi.

Nyara soupira et l’observa, un regard mi-amusé, mi-ennuyé.

– Je sors rarement en ville, moi. Enfin, je ne viens jamais ici, hein ! répliqua-t-elle. Qu’est-ce que j’en sais ?

– Pas besoin de t’énerver, princesse. S’il y en a, tant pis pour lui.

Sur ces mots froids, l’homme ferma la portière sur la fille qui comptait l’insulter. Nyara souffla et se posa dans le siège, les bras croisés. Lâchant un regard rapide vers l’endormi, elle finit par sourire à nouveau.

– Héhé.

Sur cela, ils reprirent la route.

– T’imagines, on pourrait réellement se faire téléporter dans un autre monde ??!

Le garçon aux cheveux bruns lança cela en frappant les poings sur la table. Sahar rigola et le calma en même temps.

– Max, ne crie pas comme ça, mec. On est à l’école, pas chez toi, dit-il.

– Ouais, ouais, rien à foutre. Si on peut plus discuter de ce qu’on veut, à quoi bon sortir ?

– Ouais, mais si les gens nous trouvent bizarres, ça sera de ta faute.

Les yeux de Maxime roulèrent dans leurs orbites tandis que le garçon aux cheveux blancs prit une bouchée du délicieux sandwich qu’il avait en main. Mâchant avec soin la nourriture dans sa bouche, Sahar regarda son ami en esquissant un sourire.

– Mais j’avoue, ça serait sympa de se faire invoquer dans un autre monde.

– Ouais, je sais ! cria Maxime. Franchement, ne nous mentons pas, je dis absolument pas non à avoir une tonne de filles fantasmant sur moi.

Sahar pouffa.

– Ouais, mais qui dirait « non » à un Harem, mec ?

– Tu serais étonné !

– Je suppose, ouais.

– Hé, les garçons, parlez moins forts !

La fille aux cheveux blonds à côté d’eux leur râla dessus, une joue un peu plus gonflée que l’autre. Maxime lui tira la langue, ce qui l’énerva encore plus.

– T’es vraiment un gamin, c’est pas possible ! Sahar, je comprends pas comment t’es pote avec ce genre de…. truc.

– Je suis pas un « truc », madame-je-nude-pour-mes-potes !

– T’es mort, Maxime.

La fille lui jeta une boulette d’aluminium et se leva, changeant de place. Elle passa à côté de Sahar et se baissa au niveau de son oreille.

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OH, SAHAR !!

Se réveillant en sursaut, le garçon regarda autour de lui, pour voir qui criait son prénom avec tant de force. Se prenant une gifle, il s’arrêta complètement, comme si on l’avait mis sur « Off ». Il cligna des yeux et secoua la tête, regardant devant lui. Des yeux rouges le fixaient attentivement, et il y voyait son reflet.

– Hé bah, t’es réveillé, pas trop tôt.

Nyara lui lâcha cela en reculant la tête. Sahar se tint la sienne en se posant au fond du siège, fermant les yeux. Une sensation dérangeante au niveau du bras droit, il le regarda avec des yeux encore fatigués. Il avait dormi sur son bras, c’est vrai. De la bave était observable sur sa veste qui n’avait plus de marque de transpiration constatable….. mais qui le sentait toujours. Il espérait que Nyara ne sentait rien. Elle l’interpella et Sahar la regarda. Il vit derrière elle que le paysage défilait toujours, ce qui voulait dire qu’ils n’étaient toujours pas arrivés.

– Désolé de te réveiller comme ça, mais je préfère qu’on en parle maintenant, s’excusa-t-elle.

– ……….

– Franchement, j’ai des trucs à te dire.

***

– J’avoue que je veux bien…… des explications.

Enfin.

Enfin le moment qu’attendait Sahar : le moment des explications. Il se posait trop de questions pour survivre plus longtemps sans en connaître les réponses. Le réveil avait été violent, mais ça en valait la peine. Il avait les oreilles grandes ouvertes et fixait maladroitement la fille assise à côté de lui. Elle laissa son regard croiser le sien et commença à parler.

– Bon…… Bon, bon, commença-t-elle. Tu te souviens de pourquoi tu étais évanoui par terre, déjà ?

Sahar leva brièvement les yeux au ciel avant d’acquiescer.

– Une femme m’a frappé sans aucune raison, répondit-il sincèrement. Va savoir.

– Ah bon ? Pourquoi t’assommer sans raison, ce n’est pas logique. A moins que t’aies fait quelque chose que tu ne veuilles pas assumer…

Sahar agita ses mains devant lui avec un « Non, non ».

– Je crois bien qu’elle a dit qu’elle n’aimait pas mon regard, avant de me frapper, ajouta le garçon. Je ne comprends pas bien, mais c’est vrai qu’on s’est toujours moqué de mes yeux.

Le garçon avait des yeux crépuscule, ce qui était probablement une couleur qu’on ne retrouvait que dans les mangas ; mais c’était la sienne. Ses parents lui avaient dit que cela devait être un problème génétique et il avait dû porter des lentilles bleues pendant très longtemps. Ce n’était que depuis ses 17 ans qu’il avait osé montrer ses yeux…… spéciaux. Nyara plissa les siens et finit par les fermer.

– ………

Elle ne répondit rien à cette remarque et finit par pencher un peu la tête vers la droite, le coin droit de ses lèvres se levant.

– Boh, je ne vois pas pourquoi elle a dit ça. Peut-être qu’elle n’aime pas la couleur du crépuscule ? lâcha Nyara.

Sahar haussa les épaules, n’en sachant rien non plus. Ce qu’il savait, c’était qu’il avait été assommé en un seul coup de poing. Enfin, il n’était pas préparé, aussi…

– Bref.

Sahar se concentra de nouveau sur Nyara. Elle continua à parler.

– Si tu es ICI, dans ce carrosse, c’est évidemment parce qu’on t’a récupéré dans la rue. Je suppose que tu as assez de neurones pour le comprendre. T’étais dans la rue, par terre, et je me suis dit que je n’allais pas laisser un pauvre garçon évanoui par terre, sans défense, seul au milieu de cette foule, alors je t’ai pris pour te soigner, expliqua-t-elle.

Une petite lueur s’alluma dans les yeux de Sahar, qu’il ouvrit grand. Il fixait Nyara, qui rayonnait devant lui. Voyant qu’on la regardait comme cela, elle se détourna, puis soupira.

– Aahhh…… ça ne le fait pas, lâcha-t-elle.

– Hein ?

Elle se gratta les cheveux en le regardant.

– Uuugh, si tu me regardes comme ça, je n’ai pas le droit de te mentir.

– ……..

Sahar ne dit rien. Elle soupira encore une fois.

– Bon, en vrai. C’est quand Az….. quand NOUS sommes passés par cette rue pour prendre un raccourci qu’on t’a trouvé. Il m’a proposé de te prendre, mais j’en avais vraiment pas envie, en fait. J’en avais vraiment rien à faire. Il a juste insisté et il m’a dit qu’il « sentait » quelque chose en toi, mais franchement, je crois QU’IL EST JUSTE TROP GENTIL, HEIN, AZ ?!!

Le garçon aux cheveux blancs cligna plusieurs fois des yeux. Pendant un temps, elle avait rayonné, mais désormais, la lueur s’était… perdue. Sahar baissa un peu le regard.

Donc, s’il comprenait bien, elle l’avait sauvé uniquement parce qu’on l’avait forcé à le récupérer… Il n’eut pas la force de serrer les poings, alors il accepta simplement la réalité. Dans sa tête, il avait vu cette fille comme sa « Love Interest ». La fille principale qui aurait pu devenir son amoureuse et qui aurait été sa compagne à la fin de l’aventure.

Mais bizarrement, pour une raison ou une autre, son émerveillement avait disparu. Il était probablement… juste déçu. Elle était passée de « Je ne veux pas voir les autres souffrir » à « Je m’en fiche de voir les autres par terre, évanouis. »

Après, Sahar savait que c’était juste son imagination. Elle ne l’avait jamais formulé comme cela. Dans son cœur se trouvait juste un sentiment…… se trouvait de la déception. Il ne devrait pas être aussi sentimental, surtout pour aussi peu. C’était juste ridicule, et il le savait très bien. La fille, voyant que le garçon avait baissé le regard, se mordit la lèvre inférieure.

Je l’ai blessé ?

Ce n’était pas son intention. Après, elle venait de lui mentir littéralement sans aucune raison. Elle allait dire quelque chose puis se ravisa. Ses yeux fixant le sol, elle les ferma et posa de nouveau son regard sur le garçon.

– Désolée d’avoir dit ça comme ça. Il ne faut pas que tu le prennes comme ça, hein… Si j’ai décidé directement de ne pas mentir, au fond, c’est parce que j’aimerais avoir… ta confiance.

Le garçon leva la tête et la regarda à nouveau. Un air désolé s’était peint sur le visage de la jeune fille, rehaussé d’une petite pincée de sourire mignon. Elle avait l’air sincère, Sahar le voyait bien… Le pincement qu’il ressentait dans son cœur ne disparut pas, mais il répondit :

– Pas… de souci. Pas de souci…

– Tant mieux, alors !

Elle agrandit son sourire et posa la tête sur le siège, regardant vers l’avant du carrosse.

– Bref. On faisait des courses, QUI NOUS ONT SERVI À RIEN, HEIN, AZ, et on t’a vu dans la rue, c’est clair, je pense, dit-elle à nouveau en criant la moitié de sa phrase. Le truc, c’est que tu n’as pas vraiment de blessures, excepté….. Enfin, tu verras ça dans un miroir, ce n’est pas dérangeant, ça partira avec le temps.

Un homme rigola à l’avant du carrosse. Le garçon aux cheveux blancs se toucha le visage et sentit « quelque chose » sur le côté gauche. Il n’avait jamais eu de blessures ou de marques sur lui, donc c’était nouveau. Était-ce la femme qui lui avait fait cela… ? Plausible. Posant, lui aussi, la tête sur le siège en cuir, il soupira.

– A peine arrivé, déjà blessé, uuugh…… lâcha-t-il doucement.

– A peine arrivé ? répéta la fille.

Sahar ouvrit ses yeux, comprennant sa bêtise. Il ne pouvait pas dire qu’il venait d’un autre monde appelé « la Terre » ou « planète Terre », quand même ? Cherchant une excuse le plus rapidement possible, il remarqua qu’il n’avait aucune idée. S’il disait quelque chose qui n’était pas cohérent avec ce monde, il allait se retrouver dans de beaux draps. Il n’avait qu’à être vague et bref, puis suivre le courant de la conversation… C’était la meilleure solution.

– Aaah, oui, je-je ne viens pas d’ici, de base, héhé… hé………

Il prit un air gêné. Nyara, elle, haussa un sourcil.

– Ah bon ? C’est vrai que tes vêtements sont…… bizarres. Je veux dire, ce pull est en laine, n’est-ce pas ? Ou en polar ? C’est quelque chose que les riches se permettent, ça. En plus, ta veste, elle a un style… particulier.

Sahar portait un pull en laine que lui avait fait sa mère, il y a trois ans. Il le toucha et serra le poing, se rappelant que de l’autre côté, il avait laissé tout le monde… sans nouvelles. Il espérait que ses parents n’allaient pas… Il secoua la tête, ne pouvant pas y penser maintenant. S’il commençait à culpabiliser comme ça, il n’allait pas avancer. Il acquiesça.

– On me l’a offert, j’y tiens beaucoup. J’aurai été très ennuyé s’il était abîmé… dit-il avec sincérité.

– Tu m’étonnes. Du coup, tu viens d’où ? Du Sud ?

– Pas de ce continent…

Sahar s’arrêta entièrement. Un sourire idiot gelé sur le visage, il venait de remarquer sa bêtise : il n’avait aucune idée de s’il y avait des continents, ici. Et si c’était comme la Pangée ?? Et s’ils n’appellent pas ça « continents » ? Il fit tout pour le cacher, mais il stressait. Il recommençait à suer, sous ses vêtements. Il regarda Nyara, effrayé de sa réaction, et vit—

—qu’elle semblait heureuse… ?

– C’est vraiiii ??!!!!

Rapprochant sa tête si proche qu’ils avaient failli s’embrasser par mégarde, Sahar recula jusqu’au fond du carrosse, surpris de cette réaction. Il remarqua que dans les yeux de Nyara se trouvaient des cœurs et des étoiles. Pourquoi était-elle au septième ciel comme cela ??! Il acquiesça timidement. Le vent caressant ses cheveux, Sahar sentit la chaleur du soleil au-dessus d’eux. Nyara lâcha des petits bruits mignons.

– C’est….. génial !! Enfin quelqu’un qui vient de « en dehors du continent » !! Dis-moi comment c’est, je suis toute excitée, maintenant !!

Et ses regrets explosèrent. Le stress lui donna mal au ventre. Il n’avait aucune idée de comment c’était « en dehors du continent » et il ne savait pas s’il avait le droit d’inventer. S’il se trompait, elle allait comprendre qu’il mentait et qu’il tentait de cacher quelque chose ; et dès cet instant, il serait VRAIMENT dans de beaux draps. Après, ce n’était qu’une hypothèse, mais vu la réaction de Nyara, elle avait l’air de ne rien savoir sur les autres continents. Peut-être pouvait-il lui mentir et qu’elle ne remarquerait rien.

– ……………..

Et ce fut là qu’il comprit l’autre raison de cette boule dans le ventre.

Il allait encore mentir.

Alors qu’elle venait littéralement de dire qu’elle voulait avoir sa confiance.

…… Je suis pitoyable.

Cette fille devant lui, Nyara, était probablement sa « Love Interest ». C’était ce qu’il se disait, au fond, avec son esprit de « fan d’anime ». Pourtant, ils ne se connaissaient qu’à peine, et ils se mentaient déjà ? Allaient-ils réellement commencer une relation amicale basée sur des mensonges ?

Non. Allait-il, LUI, commencer une relation avec ELLE grâce à des mensonges ? Sahar trouvait cela pitoyable. Peut-être devrait-il juste avouer qu’il vient d’un autre monde. Au fond, il n’y allait rien se passer, s’il l’avouait…… n’est-ce pas ?

Il avala sa salive, voyant vite l’impatience de la fille devant lui.

– ……..

Mentir ou dire la vérité ? Ou……

– M-Malheureusement, je ne peux pas dire grand-chose sur l’endroit d’où je viens, pour certaines raisons…..

…… ou juste éviter la question. Il ne mentait pas, vu que c’était vrai : il ne pouvait – probablement – pas parler de son monde, et en même temps, il n’inventait rien. C’était la meilleure solution. Nyara, qui était excitée jusqu’aux os, prit un air déçu et soupira, puis leva les yeux au ciel.

– Allez…. !

– Je…. Je ne peux pas.

– Allez !!!

– Mais…

– Ne fais pas ton chiant, pourquoi tu ne pourrais rien dire ?!!!! Allez, dis-moi au moins quelque chose !!! On n’a pas le droit d’aller sur l’autre continent, celui en dehors du continent, alors j’aimerais en savoir plus !!!! Allez !!!

– Mais, il y…. il y a une raison, pour laquelle vous ne pouvez rien—

– J’en ai rien à foutre, de tout ça, tu peux m’en raconter plus sur d’où tu viens, non ??!!!!

Commençant à s’énerver, la fille insista encore. Le garçon, n’ayant aucune idée de comment réagir correctement, fini par se dire qu’il devait écarter le sujet. A ce rythme, la conversation allait finir par exploser.

– ……. Je ne te fais pas encore assez confiance pour ça.

Nyara recula la tête avec un air choqué.

– Tu m’as sauvé, et je t’en remercie, mais on ne se connait pas. C’est vrai que j’ai nulle part où aller, mais nos chemins vont peut-être se séparer….

– Justement !!!

La fille cria, retrouvant son dynamisme. Le garçon eut un point d’interrogation au-dessus du visage.

– Si on t’amène chez moi, c’est parce qu’on ne savait pas si tu avais « quelque part » où aller ! Je pensais de base que tu étais sans abri, mais vu tes vêtements, ça me paraît bizarre…. Même maintenant. Comment ça, tu n’as nulle part où aller ?

– …… Disons juste, qu’il y a eu des « soucis »…

– … Oh… He bien, faisons un accord.

– Mmmh ?

Sahar fut tout ouïe.

– Je t’héberge chez moi, et tu me diras ce que tu sais sur le dehors du continent.

– ……..

Cela semblait acceptable. Sahar aurait bien voulu dire « Oui » sans penser au reste, mais—

– …. N-Non….

—son cœur refusa.

Elle avait l’air d’être gentille et attentionnée ; il ne voulait pas avoir un « deal » pareil. Se faire héberger puis mentir à la personne qui l’a sauvé ? Quel genre de connard ferait ça ? Il n’était pas une de ces personnes là, en tout cas. Nyara sembla surprise, lâchant un petit « Oh… ? » Sahar se rattrapa le plus vite possible.

– J’ai peur……. peur de ne pas pouvoir tenir cet accord, expliqua-t-il. Je ne suis pas certain de pouvoir parler de mon continent comme ça, et donc, si au final, je ne peux rien dire, je préfère ne pas risquer ça. Enfin, tu me comprends……

– ……. Ouais… ouais.

Un air déçu apparut délicatement sur son visage de jeune femme, mais elle garda son sourire, même s’il baissa en intensité. Sahar baissa un peu la tête, déçu de lui-même.

– Alors, tu n’as qu’à nous aider à la maison en attendant.

La voix de l’homme qui se faisait appeler « Az » se fit entendre. Nyara acquiesça.

– C’est moins avantageux pour moi, mais j’avoue que cela ne serait pas de refus. C’est un accord plutôt correct, non ? lâcha-t-elle en souriant.

Sahar avait toujours détesté les tâches ménagères. Ce n’était pas qu’il trouvait cela fatiguant, mais cela prenait du temps, et quand on rate, il faut recommencer. C’était vraiment ennuyant. Cependant, cet accord semblait plutôt parfait, au premier coup d’œil. Il était possible qu’il y ait un piège derrière : la maison faisait peut-être des kilomètres carrés et il lui faudrait trente heures pour nettoyer tout. Il pouvait se faire piéger et l’accord n’aurait plus été équitable ; mais cela ne changeait rien. Il demanda au cas où.

– La maison est très grande ? interrogea Sahar, fixant du regard la fille aux cheveux menthe.

L’homme rigola, ce qui fit peur au garçon, mais—

– T’en a entre trois à quatre heures de ménage pour le premier jour ; après, je pense que c’est en fonction des intervalles que tu prends.

– Intervalles ?

– Si tu nettoies tous les six jours, ou toutes les semaines, ou blabla, ou blablo, expliqua Nyara. Aussi, si on part, tu auras moins à faire, voire rien, si cependant on a des invités, et tout ça.

– Je vois. Alors, cet accord me va plutôt bien ; j’accepte.

Nyara eut un sourire qui ressemblait beaucoup au smiley chat « :3 ».

– Parfait, alors ! Marché conclus!

– Nous qui nous fallait un homme de ménage, ahah ! lâcha Az.

Ils rigolèrent tous, à trois minutes de carrosse de la maison.

***

– Voiiiiiiilà !

Nyara ouvrit grand les bras et montra la pièce gigantesque devant elle. Les murs étaient tapissés d’une rose magnifique, qui était une jouissance visuelle pour les yeux du garçon. Sur le plafond était peinte une fresque qui représentait un homme au milieu de plein de corps morts, mais c’était peint d’une façon… bizarre et “violente”, voire incompréhensible. Il n’avait aucune idée de ce que cela représentait ; un massacre ? Pourquoi peindre ça dans un salon ? Sahar laissa ce détail de côté et se dit que cette peinture était vraiment belle et bien faite. Sur le sol, un tapis rose de la même couleur que les murs. Dessous, un plancher encore un peu visible aux coins. Sur le tapis était posé une table qui avec huit chaises autour. Elle était ronde, faite d’un bois qui commençait à s’user. La table semblait avoir vécu beaucoup d’aventures qu’il ne pouvait pas imaginer. Un des pieds était tellement abimé que Sahar se demanda s’il n’allait pas rompre d’un moment à l’autre. Nyara lui donna un coup de coude, ce qui le fit sortir de ses pensées.

– La table est comme ça depuis dix ans, environ ; elle tient bon, dit-elle.

C’était comme si elle avait lu dans son esprit. Sahar acquiesça sans rien dire, la bouche semi-ouverte, et avança derrière Nyara. Son pyjama était un peu trop grand pour elle, ce qui était vraiment mignon. La suivant de près, Sahar se tourna, mais il ne vit personne. Au moment de sortir du carrosse, l’homme nommé « Az » avait disparu ; mais Nyara ne semblait pas s’en soucier.

Le garçon trouvait cela étrange. Il avait réellement disparu sans aucune trace, sans aucun bruit. La fille devant lui s’arrêta d’un coup, devant une porte en bois. Elle se retourna et lui dit d’attendre, tout en lui expliquant brièvement que cette pièce était SA chambre – la chambre de Nyara, à elle seule. Sahar n’était pas assez stupide et courageux pour demander de dormir avec elle ; il aurait eu une baffe avec un « T’es fou, toi ?! » Cette situation aurait pu être drôle, mais il préférait ne pas faire de conneries. Peut-être était-ce mal vu, dans ce nouveau monde ; dont il ne connaissait toujours pas le nom. Comment devrait-il l’appeler ? « Nouveau Monde » ? C’était plutôt… nul ? Nyara allait fermer la porte quand Sahar l’interpella.

– Mmmh ? fit-elle.

– Je… Comment appelez-vous ce monde, ici….. ? demanda Sahar.

C’était une question “spéciale” à poser, mais il le fallait. Elle secoua brièvement la tête en clignant des yeux et sembla surprise, mais finit par répondre.

– Bah, on dit le Monde, ou tu l’appelles Duzmog, je ne sais pas, fais… comme tu veux ? répondit-elle avant de fermer la porte.

« Duzmog ». Sahar trouvait ce nom….. assez sympathique. Le Monde ou Duzmog, alors. Le garçon sourit et attendit devant la porte, se posant contre le mur rose. Il avait retiré ses chaussures et ses chaussettes, parce que Nyara le lui avait conseillé ; et il comprit pourquoi maintenant.

Le tapis était SI agréable au toucher !! Il lui chatouillait calmement et doucement les pieds et en même temps, c’était si doux…… Il regarda à gauche, puis à droite. Sahar, voyant qu’il n’y avait personne, se mit à genoux et ensuite…

– …… Aaaaah~~

Mit sa figure contre le tapis, ainsi que ses mains. C’était si……

– Qu’est-ce que tu fais ???

– UwaaaA !!

Il avait à peine commencer à s’y frotter que la voix de Nyara retentit d’au-dessus de lui. S’empressant de se relever, il faillit tomber comme un idiot, mais réussit à rester debout. Il la regarda avec un air gêné, mais ne réussit pas à parler, fixant les deux oreilles de renard qui étaient sur sa tête. Sahar cligna des yeux à multiples reprises, les lèvres serrées. Nyara, voyant cet air idiot, rigola.

– Ahahah, tu fais cette tête à cause de ça ??

Elle se toucha une oreille en continuant de rire. Contrairement à ses cheveux, les oreilles étaient d’un noir très…… noir. Cela lui allait très bien, et c’était vraiment beau. Sahar était immobile, son cerveau n’arrivant pas à suivre.

– …… Je ne l’avais pas vu venir, ça.

Imprévisible : il avait rêvé qu’elle soit une fille-chat, mais cela n’avait été qu’un rêve ; qui était presque réalité. Elle n’était pas une fille-CHAT, mais une fille-RENARD ; ce qui était mieux, car leurs queues étaient encore plus douces. Nyara, toujours amusée, pencha un peu la tête vers Sahar, ce qui le fit reculer contre le mur. Toujours souriante, Nyara lâcha :

– Tu veux toucher ? Elles sont vraies, hein !

Le cœur du garçon se remplit de tellement d’amour qu’il crut qu’il allait vomir des arcs-en-ciel. Déglutissant son reflux d’amour, il dirigea maladroitement sa main droite vers les oreilles noires de la fille. Il allait les toucher quand l’oreille « battit ». Cela surprit Sahar, qui recula la main. Nyara se moqua de lui en rigolant.

– Peur de ça, sérieusement ? Vous n’êtes pas habitués à ça, dans le continent en dehors du continent ??

– N-Non…..

Il ne pouvait pas louper cette chance. Il avait TOUJOURS rêvé de toucher des oreilles de renard ! Mettant la main gauche sur l’oreille gauche et la main droite sur l’oreille droite, il commença à les frotter doucement, ce qui fit rougir Nyara. Assumant de moins en moins, Sahar ne savait pas s’il allait s’en sortir vivant. Son cœur n’était pas si fort ; il n’arriverait pas à supporter cette sensation… !! Les touchant depuis dix secondes, Nyara lâcha un « Fufu~ » et se dégagea de l’emprise de l’amoureux en pouffant.

– Héhé, je vois que tu apprécies cette sensation…~ !

– J’adore.

Nyara coiffa un peu ses cheveux et commença à avancer. Sahar remarqua qu’elle avait bel et bien une queue de renard dans le dos. Elle était de la même couleur que ses cheveux ; elle se finissait sur une fourrure noire. Vraiment… si beau. Si… hypnotisant. Les mouvements que la queue de renard produisait donnait à Sahar l’envie de dormir dessus ; mais il n’aurait pas cette occasion avant un petit temps.

Probablement.

Nyara tourna la tête vers Sahar.

– Si je t’ai laissé les toucher, c’est pour te montrer qu’elles sont vraies et parce que j’adore cette sensation ; ne pense pas plus loin, hein !! lâcha-t-elle.

Sahar secoua la tête.

– Je ne pensais pas plus loin…

– Mouais. Bref, voici ta chambre.

Nyara s’arrêta devant une autre porte en bois, quasiment identique à l’autre. La poignée dorée sembla faire un clin d’œil à Sahar ; mais cela n’était que la réflexion de la lumière. Le garçon pensa à une question, mais la fille parla avant.

– C’est la chambre invitée, mais on ne l’utilise jamais, et on ne garde jamais d’invité ; donc, oui, c’est ta chambre.

Insérant une clef métallique dans la serrure de forme losange, elle finit par produire un clic plaisant à entendre. Nyara ouvrit la porte sans trop de douceur. Elle fit cependant attention à ce que la porte ne s’éclate pas contre le mur. Sahar rentra dans la pièce comme un touriste et s’émerveilla de la grandeur de celle-ci. Les murs étaient tapissés de façon différente, le bleu roi cette fois étant la couleur dominante. Un lit trois places se trouvait au milieu de la pièce, touchant le mur derrière lui avec délicatesse. Les meubles étaient disposés de façon logique et plutôt symétrique, qui donnait à la pièce un air agréable et rangé. Une odeur de vieux bois pénétrait les narines de Sahar, mais ce ne n’était pas désagréable du tout. Fermant les yeux pour profiter de cette odeur, il ne vit pas que Nyara s’était posée dans le lit, en se couchant et s’étirant.

– MMmmmph…~ ! C’est une chambre plutôt grande, mais un peu moins que la mienne, héhé !

Lâchant un petit rire mesquin à la fin de sa phrase, Nyara se mit en position assise sur le gigantesque lit. Sahar la regarda, souriant, content de savoir que sa chambre était aussi spacieuse. Nyara se leva du lit et passa à côté du garçon.

– Mets-toi à l’aise, on ne va pas te faire faire le ménage aujourd’hui, je t’appelle dans cinq à dix minutes, on a deux – trois trucs à voir, lui dit-elle.

Et sur ce, Nyara sortit de la chambre en fermant la porte, laissant Sahar seul. Il cligna des yeux et fonça sur son lit, se couchant dedans avec vivacité. Il prit un coussin dans les bras et sentit qu’il était d’une douceur à faire tomber par terre. L’odeur était aussi très agréable pour son petit nez. Voyant que le matelas était d’un mou abasourdissant, il lâcha un soupir de soulagement.

Ce lit était parfait. Il devait le tester en dormant dedans, maintenant.

Il regarda le plafond en souriant et remarqua qu’il n’y avait pas de fresque ici, mais juste de la peinture bleu roi.

– Bon, on dirait que mon aventure commence ici…. pensa-t-il, rêveur. Je me demande comment ça va se passer……

Fermant les yeux, il profita du temps qu’il avait pour imaginer tout ce qu’il pourrait se passer dans ce nouveau Monde, que cela soit trop fou pour être vrai ou non.

Nyara quant à elle était dans la cuisine, tandis qu’une silhouette se tenait debout devant la porte de Sahar. Cette dernière souriait.

…… Je vois.

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