Premier sang pour les Malouines (oneshot)

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Origine de l’histoire

Ce court texte a été écrit à l’origine pour le site uchronique suivant où je suis inscrit :

http://1940lafrancecontinue.org/

La CED décrit dans celui-ci consiste en une force conjointe sous commandement des gouvernements d’Europe de l’Ouest.

Pour ceux qui sont intéressés, l’histoire se situe sur le fil suivant, « la construction européenne FTL » :

http://www.1940lafrancecontinue.org/forum/viewtopic.php?t=805&start=60&postdays=0&postorder=asc&highlight=


Préambule uchronique

Mai 1940, le gouvernement français décide de continuer la lutte contre l’Allemagne depuis l’Afrique du Nord. La Seconde Guerre mondiale se termine en Europe à la fin de l’année 1944.

La fraternité d’armes entre les nations françaises et britanniques durant ce titanesque conflit et la réalité de l’Entente Cordiale depuis la précédente Grande Guerre font que Londres place désormais la politique de coopération avec l’Europe continentale au même rang que les relations spéciales avec les États-Unis.
Des projets d’alliances militaires renforcées d’après-guerre se mettent en place en plus des accords économiques en Europe de l’Ouest. En complément de l’OTAN se mettant en place face au bloc de l’Est, la France, le Royaume-Uni et les états du Benelux(1) décident de fonder, après de longues négociations, la Communauté Européenne de Défense en 1953.

(1) Belgique, Pays-Bas et Luxembourg.


 

Préparatifs

Suite à la course à l’armement accélérée avec le Chili et le Brésil depuis les années 1970, l’Argentine décide, malgré le marasme économique que connaît le monde suite aux crises pétrolières, d’avancer son programme d’accroissement de sa puissance militaire dont l’achat de sous-marins.

Le premier sous-marin de la classe TR1700, le ARA Santa Cruz (S-41)  (66 m de long, 2100 tonnes de déplacement, 37 membres d’équipage), voit donc sa construction accélérée dans le chantier naval ouest-allemand de Nordseewerke et sort en mer en janvier 1982. Une période d’entraînement  »plus » qu’intense a lieu pour qu’il soit opérationnel le plus tôt possible vu les objectifs que la junte au pouvoir a à cette époque et, surtout, compléter les livraisons d’autres armements tels que les avions Super Etendart et les missiles antinavires Exocet.

L’invasion des Malouines programmée à l’origine le 1er avril 1982 est retardée pour prendre en compte ces impératifs et améliorer l’équipement des troupes et a lieu finalement le 15 juin 1982. L’effet de surprise est total malgré ce retard. Buenos Aires avait estimé que le coût financier d’un conflit pour récupérer cet archipel sans réel valeur à plus de 10 000 km de l’Europe pour une Grande-Bretagne subissant également un marasme économique ferait reculer celle-ci.
Mais Londres devant ce coup de force obtient le soutien politique, puis militaire de ses alliés de la Communauté Européenne de Défense dans ce conflit. Paris décide d’engager la Marine Nationale dans l’opération de reconquête pour démontrer qu’une tentative de ce genre sur ses propres territoires d’outre-mer ne resterait pas impunie.

Premier combat

Le 1er septembre 1982, le Santa Cruz est à 1000 km au large de Buenos Aires pour compléter son entraînement et surveiller l’avancée de l’armada européenne dont la position est donnée régulièrement à l’État-major argentin par l’ambassade soviétique. Il est accompagné par le ARA San Luis (S-32) du Type 209 (55 m de long, 1000 tonnes de déplacement, 31 membres d’équipage) qui est à 30 km de lui.

La frégate britannique HMS Scylla (F71) de classe Leander (113 m de long, 2500 tonnes de déplacement, 260 membres d’équipage), sortant directement du chantier naval après des travaux de remise à niveau (antinavire Exocet et SAM Sea Wolf) lancée en 1980 bâclés dans l’urgence, est en conserve avec l’escorteur d’escadre anti-sous-marin français La Galissonnière (D638) (113 m de long, 3750 tonnes de déplacement, 275 marins) et le destroyer HMS Sheffield (D80) de lutte antiaérienne (128 m de long, 4820 t de déplacement, 287 marins) en avant du gros de la flotte en mission d’éclairage encore loin de la zone d’exclusion qu’un sous-marin nucléaire d’attaque britannique et le premier SNA Rubis français doivent sécuriser.

Un appui aérien est programmé de la part des porte-avions franco-britanniques mais le délai d’arrivée sur place est de plusieurs dizaines de minutes au minimum pour les Alizés de lutte anti-sous-marine qui sont en permanence en vol, soit pour des faux buts engendrés par des cétacés, soit le plus souvent pour surveiller les 2 SNA soviétiques de classe Victor II et November (assez facilement repérés grâce aux informations des  »cousins » d’Outre Atlantique) et la flottille de pêche du COMECON (2) qui colle aux basques de la flotte depuis Gibraltar.

Les officiers de la flottille sont fébriles. Ils ont reçus au cours de la traversée des dossiers sur la marine argentine qui bien que modeste par rapport aux vieilles puissances d’Europe s’est modernisée depuis les années 1970 et suite aux accrochages avec le Chili à un personnel ayant connu le baptême du feu.

Le Lynx HAS1 du Sheffield plus performant que l’Alouette III de La Galissonnière est l’hélicoptère mis en alerte en ce jour ou l’ultimatum des Européens demandant le retrait des forces argentines des îles occupées se termine.

Le sonar DUBV 43 de La Galissonnière détecte un contact sur son bâbord à 20 km, il s’agit du Santa Cruz qui manœuvre ne pensant pas que l’avant garde était si proche. La petite flottille naviguant loin de la force principale en zigzaguant a échappé ce jour là au repérage satellitaire.

Le Lynx décolle quatre minutes après et les équipages des navires sont mis en alerte. Toute l’attention est dirigée sur bâbord alors qu’à tribord, le San Luis qui a repéré également la flottille se met silencieusement en position.

Les capitaines des sous-marins sont également inquiets avec l’expiration de l’ultimatum. Le Lynx arrivé sur zone, lance son sonar et tente de repérer ce contact inconnu. Le Santa Cruz tente de se dérober mais, malgré les travaux continus depuis sa livraison, a toujours des soucis; lors d’une plongée à grande vitesse, une pièce métallique se détache lourdement de la coque le faisant signaler à tous les sonars du secteur.

L’équipage du Lynx lance des grenades d’exercice pour le harceler et l’obliger à faire surface pendant près d’une heure. Le San Luis de l’autre côté de la formation entend ces détonations et le vacarme du sous-marin, l’équipage pense que le Santa Cruz subit une attaque en règle de la part des franco-anglais.

Le capitaine du San Luis, qui a réussi pendant que tout le monde se focalisent sur son confrère, à se placer à portée de tir du HMS Scylla (F71) qui est l’arrière de la formation, décide de lancer une salve de quatre torpilles SST-4. L’une de celles-ci arrive à toucher la poupe et à détoner, des vérifications sur les torpilles ont eu lieu au début des opérations et quelques anomalies – pas toutes- ont été réparées. Les cloisons étanches mal fixées ne remplissent que partiellement leur rôle et le navire commence à s’enfoncer lentement. 14 machinistes meurent à leur poste, une dizaine d’autres sont blessés.

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Pris par surprise, le commandant de La Galissonnière riposte en tirant un missile porte-torpille Malafon sur le sous-marin déjà repéré. Le Santa Cruz qui est arrivé en larguant tous ses leurres a évité la torpille lâchée par le Lynx mais n’a pas le temps de se retourner que la torpille L4 lâchée par le Malafon entre dans l’eau à moins d’un mille marin et percute son hélice.

Il parvient à faire surface et à évacuer 20 de ses 29 membres d’équipage avant de sombrer par le fond. Le capitaine, le timonier et des mécaniciens s’étant sacrifiés pour maintenir le bateau en surface le maximum de temps permettant cette évacuation.

De son côté, le San Luis en immersion périscopique voyant arriver les Alizés décide de plonger profondément et d’évacuer la zone avant que les recherches ne s’organisent…

Le Sheffield aide son compatriote et le prend en remorque tandis que La Gallissonière monte la garde et que les avions de lutte ASM traque le San Luis. Les survivants du Santa Cruz sont secourus et deviennent les premiers prisonniers de guerre argentins de ce conflit.
Le premier sang a coulé, chacun pensant que l’autre camp a tiré le premier…

(2) Conseil d’assistance économique mutuelle, organisme de coopération économique des États communistes durant la Guerre Froide.

(3) Dans notre réalité, aucune de la dizaine de torpilles ouest-allemandes tirées par la flotte argentine durant le conflit n’a fonctionné.

 

 

 

 

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5 commentaires sur “Premier sang pour les Malouines (oneshot)

  1. Le San Juan est porté disparu aujourd’hui. Il n’a pas donné de nouvelle depuis mercredi 😦

    Il est resté en cale sèche des années pour une rénovation mais les coupes budgétaires on réduit la maintenance au strict minimum… Croisons les doigts pour qu’il ne s’agisse que d’une panne radio.

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