Histoire d’une Rencontre

Auteur : Exserra
Check : Soreyawari


Salut à tous,

Première publication pour moi sur le site de la Soreyawari.
Ceux qui ont écouté le podcast me reconnaîtront, pour les autres…tant pis pour vous!

Reprenons donc, à vous chères lectrices, et vous chers lecteurs qui aimez le romantisme, je vous présente mon one shot, une love story.

J’espère que ça vous plaira, j’attends un max de commentaires pour pouvoir m’améliorer dans ce genre !

p.s : cette version est censurée ! j’en sortirai une non censurée plus tard pour satisfaire les coquines et les vilains garçons 😉

p.s 2 : Ce texte est aussi disponible sur mon site https://exserra.wordpress.com

Enjoy all !


Tu es arrivée dans ma vie comme les tempêtes tropicales balayent les terres australes. Un vrai ouragan de fraîcheur, tu m’as apporté le renouveau dont j’avais besoin.

Comme beaucoup de monde, j’étais monté sur la capitale pour accomplir mes ambitions. Dans mon cas, c’était l’univers fabuleux de l’édition qui allait m’ouvrir ses bras.

Enfin, c’était l’idée que je me faisais lorsque je posai mes valises dans ma petite chambre de bonne au rez de chaussée d’un grand bâtiment parisien du 19ème siècle.

Apparemment, c’était la chambre de l’ancien concierge. La pièce unique du studio était meublée de façon spartiate, mais je la préférais largement aux 6 étages d’escaliers à monter à pied dans le cas des chambres de bonne sous les toits. Seul inconvénient majeur, la vue imprenable sur les conteneurs à ordure.

Très vite, plusieurs années s’étaient écoulées depuis mon déménagement sur Paris. Le changement avait été brutal, au sortir de ma province, et je fus vite désabusé par la vie dans la grande cité parisienne.

Bien sûr, je m’étais émerveillé des monuments, de la culture, de la vie grouillante. Tous ces éléments qui font le charme de Paris m’avaient momentanément fait oublier la solitude ambiante, ces milliers d’individus noyés dans la masse, et la monotonie du quotidien.

Le monde du travail ne fit que donner le dernier coup de marteau sur la vis qui dépassait encore de mon cerveau retord. La petite maison d’édition dont je rêvais s’était métamorphosée peu à peu en usine de production monstrueuse, la loi du marché oblige. Plus je travaillais, moins je publiais les œuvres que je voulais voir sortir mais celles dont les patrons savaient qu’elles feraient gonfler les chiffres de vente. Et je mourais intérieurement un peu plus chaque jour.

Cependant, je ne me laissai pas aller. J’adoptai le style vestimentaire convenant aux attentes de mes patrons et des clients. Le résultat était un savant mélange de BCBG décontracté adapté à la météo automnale : un col roulé bleu marine, un pantalon blanc cassé, des chaussures en cuir d’une fabrique italienne et un cardigan noir. En homme avisé, un parapluie armé d’un bouton pression pour être dégainé plus rapidement venait compléter ma panoplie.

Il était d’ailleurs de service ce jour-là, quelques gouttes éparses avaient commencé à tomber avant de se mettre à pleuvoir de plus en plus fort sur les marches de la sortie de métro.

Je me tenais là, immobile sous mon bouclier de plastique, profitant d’un des derniers petits plaisirs de ma vie : observer les gens. J’ai toujours aimé ça, pourquoi se contenter des shows médiocres diffusés à la TV quand on peut regarder la vie en direct… Chacunes de ces sessions d’observations étaient pour moi une vraie bouffée d’oxygène, chaque regard échangés dans les transports en commun marquait la naissance d’une nouvelle idylle dans mon imaginaire.

Ce jour-là, je sentis juste les gens me frôler, le froissement de leurs vêtements alors qu’ils couraient se mettre à l’abri sous les devantures des magasins. Je fermai les yeux, me demandant si quelqu’un allait me bousculer, ou entamer la conversation… mais rien. Non, la foule malgré son besoin de s’abriter de la pluie à tout prix, prit grand soin de m’éviter, comme l’eau contourne les roches sur son passage.

Je décidai de mettre fin à l’expérience. Au moment où je me remettais en mouvement, une voix m’interpella. C’est là que tu es entrée dans ma vie, par surprise alors que je ne t’attendais plus.

« Excusez-moi, vous me feriez une petite place là dessous? »

Je me retournai, le choc de ton arrivée sûrement visible sur mon visage.

Laisse-moi te dire que le choc laissa bien vite place à une agréable surprise.

Je pense t’avoir fixée plus longtemps que je n’aurais dû car je me rendis compte de ton regard, empreint d’un brin de soupçon, posé sur moi.

« Euh… oui bien sûr, balbutiai-je.

–  Merci beaucoup ! »

Tu t’es glissée sous le parapluie, et étant donné qu’il était assez petit, nous étions obligés de nous serrer l’un contre l’autre. Cette proximité soudaine avec une jolie fille était si inhabituelle pour moi que je sentis mon rythme cardiaque s’accélérer.

Visiblement beaucoup plus à l’aise que moi, tu t’es exclamée d’un ton enjoué :

« Et bien quel temps ! J’étais sur le chemin pour rentrer chez moi quand la pluie a commencé à tomber. Elle m’a prise complètement au dépourvu. J’aurais fini trempée en arrivant chez moi. Encore merci !

– Ce n’est rien, c’est normal… avais-je déclaré, embarrassé par tes remerciements.

– Vous rentriez chez vous aussi ? Avais-tu poursuivi avec un sourire.

– Euh, oui.

– Hé mais au fait, peut-être allons-nous dans la même direction ! J’habite dans le quartier là-bas, et vous, où alliez-vous ? »

Complètement déstabilisé par tant de désinvolture et de spontanéité, je mis quelques secondes avant de répondre.

« Hum, en fait je n’habite pas très loin non plus, dans le même quartier à vrai dire…

– Oh quelle chance ! Est-ce que ça vous embête alors si nous faisons un bout de chemin ensemble ?

– Non, pas du tout puisque nous allons au même endroit, finis-je alors par répondre avec un sourire timide. »

Nous nous sommes donc mis en route. Tu as continué de parler de la pluie et du beau temps pendant plusieurs minutes. Mes réponses étaient le plus souvent monosyllabiques mais ça ne semblait pas te déranger. Au bout d’un moment nous sommes passés devant un bistrot et là, d’un coup, tu t’es presque écriée :

« Mon dieu, je meurs de faim ! Et si nous allions manger un morceau avant de rentrer ? J’aimerais beaucoup vous remercier pour votre gentillesse et votre parapluie ! »

Une telle passion émanait de toi qu’il m’était pratiquement impossible de dire non, et pour tout t’avouer, je n’en avais pas non plus la moindre intention. Tu étais l’ouragan qui avait balayé ma vie et mes habitudes en quelques secondes, et j’ignorais encore à quel point j’allais tomber pour toi. Et puis après une journée intense au boulot, j’avais un peu faim moi aussi.

«  Oui, si vous voulez, pourquoi pas, t’avais-je donc répondu. »

Nous nous sommes dirigés vers le bistrot et après avoir suivi un serveur en tablier, nous nous sommes assis à une table pour deux située près d’une fenêtre donnant sur la rue d’où nous venions. Nos commandes ne furent pas longues à arriver, il n’y avait pas foule et nous n’avions rien pris de bien extraordinaire : une salade césar pour toi, un croque monsieur pour moi. Puis tu as poursuivi la conversation, comme si nous ne nous étions jamais interrompus. Tu m’as parlé de ton boulot, de tes collègues. Tu étais véritablement mon opposé. Aussi exubérante que j’étais discret. Aussi sociable que j’étais timide. Tu dirigeais toutes les conversations. Et contre toute attente, cela me plaisait beaucoup.

Puis vint le moment fatidique de l’addition.

L’emballement dont avait été victime mon cœur tout au long du repas se propagea en un temps record à mon cerveau. Le temps s’étira et ma conscience se fendit en deux, une partie t’écoutait avidement, guettait tes faits et gestes pour y déceler un signe pendant que la moitié rationnelle analysait la situation. Devrais-je payer pour toi, faire preuve de galanterie comme à la belle époque ? Ou peut-être allais-tu te vexer ? En femme indépendante que tu étais, tu refuserais poliment mon geste, et cela risquait fort de jeter un froid entre nous…

Oui, je sais ! Tout ça pour une addition… mais je ne voulais pas faire de faux pas, je voulais être certain de te revoir, que ce moment ne soit pas le dernier passé en ta compagnie.

Finalement, je me décidai, tendant la main pour me saisir du ticket de caisse.

« Je vais vous invi—

– Et si on se tutoyait ? Intervins-tu. »

Je me figeai un instant, la main en l’air à mi-distance de mon objectif. J’étais tellement concentré sur mes prochaines paroles que ta question m’avait désarçonné, puis après une pirouette mentale, je retrouvai l’usage de mon corps.

« Oui, faisons cela. Et pour fêter l’occasion, je T’invite, dis-je en souriant, pas peu fier de l’assurance que j’avais réussi à faire paraître.

– Non, je ne peux pas te laisser faire ça ! me rétorquas-tu d’un air outré. »

Ma confiance vola en éclats alors que mes certitudes se dispersaient aux quatre vents. L’erreur avait été commise, un échange gênant allait s’en suivre, à base de faux-semblants jusqu’à ce que nous reprenions chacun notre chemin.

Puis les coins de tes lèvres remontèrent timidement, dessinant un sourire de plus en plus expressif.

« Quinze euros pour un croque-monsieur, ce n’est pas moral, et vingt encore moins pour une salade, ajoutas-tu en me jetant un regard entendu. »

Il est vrai que ces prix paraissaient exorbitants, encore plus lors de mon arrivée sur Paris, mais j’avais fini par digérer la pilule. Après tout, que pouvais-je bien faire d’autre ?

Et je compris ; transcendé par la révélation, je te retournai ton sourire, accompagné d’un mouvement de menton pour confirmer ma complicité dans le crime à venir.

Ni une ni deux, nous nous sommes levés en vitesse, et nous mîmes à courir vers la sortie. Heureusement pour nous, celle-ci n’était qu’à deux grandes foulées de notre table.

Il pleuvait encore à verse, et dans la précipitation je n’avais pas pris mon parapluie, la seule victime à déplorer lors de notre fuite effrénée.

Nous courions à travers la pluie, et quelques minutes plus tard, nous arrivâmes devant mon immeuble, à bout de souffle.

« Et voilà, j’habite ici, dis-je après une grande inspiration. »

Tu m’as fixé pendant quelques secondes, sans doute pour vérifier si j’étais sérieux, puis quand tu as compris que c’était le cas, tu as éclaté de rire tout en lançant :

« J’habite la rue d’en face. Et dire que pendant tout ce temps nous nous sommes peut-être croisés sans nous voir ! La vie est dingue quand même ! »

Ton rire était si communicatif que je me mis à rire moi aussi.

« Au fait, avec tout ça je ne me suis même pas présentée ! Je m’appelle Alicia, avais-tu repris une fois le calme retombé. »

J’ai pris la main que tu me tendais et l’ai serrée, scellant ainsi, d’un geste en apparence anodin, le début de notre histoire.

Ta main dans la mienne, le contact de ta peau m’ancra dans notre réalité. À nouveau, je t’observai toute entière, à l’ombre des nuages noirs et trempée par la pluie. Tes cheveux alourdis par l’eau, reposaient sur tes fines épaules, gouttant sur ton chemisier blanc détrempé. Le tissu rendu transparent, j’eus un aperçu de ta peau au teint halée, de ta poitrine qui se soulevait au rythme régulier de ta respiration.

Sans voix devant le spectacle sous mes yeux, un sentiment d’angoisse m’envahit et dans l’urgence, je laissai s’échapper ce que j’aurais dû laisser mourir sur le bout de ma langue, la tirade d’un homme désespérément séduit.

« Alicia, ne rentre pas chez toi ce soir. Si tu rentres, peut-être nous croiserons-nous, peut-être partagerons-nous d’autres moments. Prends-moi pour un fou mais cette attente me tue déjà. Et plus que tout, l’incertitude, le regret de ne jamais savoir ce que cette nuit nous aurait donné me hantera. »

Un silence profond s’installa, et l’expression sérieuse que tu arboras ne me rassura pas.

Pourtant, tu te rapprochais, lentement mais sûrement, tes lèvres à quelques centimètres des miennes quand tu répondis.

« Dans ce cas, voyons ce que cette nuit nous réserve, m’as-tu murmuré dans un souffle, l’air mutine. »

Alicia, depuis ce jour, celui de notre rencontre et notre première nuit, j’ai su que nous passerions le reste de nos jours ense—

« Alicia ?

– Je suis là, maman… dans la chambre.

– Oh, chérie… tu sais que relire ces lettres te fait du mal.

– Je sais maman… c’est juste que je n’arrive toujours pas à croire qu’il nous ait quitté… »

La mère étreint sa fille qui éclate en sanglots.

Dans les bras de sa mère, Alicia lâche la lettre.

Celle-ci tombe sur le parquet, et dans sa chute, se déplie, libérant le contenu caché dans la pliure.

p.s : bon anniversaire mon amour, voilà les cartes d’embarquement vers notre destination rêvée.

Signé Nathan.

 

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14 commentaires sur “Histoire d’une Rencontre

      1. Ouais pas faux, en attendant on attend toujours la version non censurée :3
        Je dit ca mais je l’ai pas encore lu lol, j’attend d’avoir rattraper toute mes series en cours avant de me lancer dans les oeuvres originale, j’ai juste lu les 3 premier chapitre de serment avant qu’ils soient postés sur ton site

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        1. Ah ouais, bin mon copain, t’es pas rendu parce que vu le nombre de séries originales ici!
          Pour la version non censurée, j’hésite encore lol, pas évident de se lancer dans du dorian grey…

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          1. Ouais je sais, surtout qu’en ce moment j’ai moins de temps pour lire a cause du taffe, et puis j’ai grave du retard sur panlong orz, j’ai rattrapé RG la semaine derniere, j’ai encore quelques chapitre de retard sur Le heros est un demon, et death march j’ai pas encore commencé l’interlude du livre 5… C’est a cause de wuxiaworld que je prend du retard, ils sortent trop de chapitre. Heureusement que j’ai pas encore commencé i shall seal the heaven, parce que une fois rattrapé la traduction francaise je me serais sentie obligé de lire la va, et vu que deathblade c’est une machine a traduction, là je serais vraiment pas rendu lol

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  1. Salut j’ai beaucoup apprécier la lecture.
    Je trouve dommage la façon de parler des scène qui fait qu’on devine facilement que l’un des protagoniste est mort et je pense que tu devrais donné un ordre d’idée sur le temps entre la fin de leurs premier journée au jours ou elle discute avec ça mère pour donne une idée du temps passer ensemble et de l’amour que peu portée Alicia envers la personne qui lui a laisser cette lettre.

    J’espère que mon point de vue personnelle pourra t’aider et je ne pense pas qu’un version non censurés irais beaucoup avec cette histoire, du moins pas avec une fin comme celle là.

    Sinon j’espère pouvoir lire d’autre histoire comme ça et donc bonne continuation.

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    1. Pour la version non censurée, je suis d’accord et je ne pense plus la faire.
      Après les scènes au passé, je trouve ça normale vu que Nathan raconte un événement, ça veut pas forcément dire qu’il va mourir…même si c’est le cas XD
      Hmm je pense que donner une idée du temps casse le rythme du récit et surtout en dit trop au lecteur qui va se douter de quelque chose. Alors je sais qu’on ne sait pas ce que ressent Alicia (pcq j’écris du point de vue de l’homme et que je suis un homme haha), mais rassure-toi elle l’aime vraiment 😉
      Très content de ton commentaire, très constructif pour moi! je pense d’ailleurs qu’il me faudra plus de relecteurs avant de publier.

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