10;Drops 11 — [La Ville de l’Immense, pt.1]

Auteur : Mouton
Check : Faust


Il est important d’en connaître plus.


Sahar entra dans la chambre et ferma la porte derrière lui. Cette pièce était plutôt spacieuse. Les lits étaient séparés : un à gauche, un à droite. Az lui demanda lequel il voudrait prendre et Sahar choisit celui de gauche. Il alla s’y asseoir et posa les sacs par terre en prenant une grande inspiration. Az se mit sur le lit qui lui était attribué et regarda Sahar.

– Confortable ? demanda-t-il.

Sahar était déjà couché. Il souffla du nez et acquiesça.

– Yep.

– Le mien aussi, comme la dernière fois. Parfait.

Ils étaient tous les deux allongés. Ils profitaient de la douceur des draps et du moelleux des oreillers. Ils restèrent silencieux pour une bonne minute. Sahar finit par lever la tête et regarda la pièce. Une sorte de petit lustre pendait au plafond et, accompagné du soleil, il éclairait la pièce. Les murs étaient d’un agréable gris argenté. Les lits douillets étaient accompagnés de tables de nuit sur lesquelles se reposaient de petites lampes. Deux autres portes jouxtaient l’entrée et s’ouvraient probablement sur la salle de bain et les toilettes. Az finit par briser le silence.

– Je suppose qu’on va devoir aller parler avec Nyara, pas vrai ?

– C’est ce qu’elle m’a demandé, oui, répondit Sahar.

L’homme invisible se leva d’un bond et se craqua la nuque. Sahar l’imita.

– Elle ne devrait pas trop parler, elle va t’expliquer les missions et peut-être te parler un peu de la capitale. Ça ne devrait pas durer des heures, tenta de rassurer l’homme.

Le garçon hocha la tête et sortit de la pièce, accompagné de l’homme. Sahar se dirigea vers la chambre de Nyara avec la hâte d’en apprendre plus. Depuis qu’il était arrivé sur ce Monde, il avait eu beaucoup de discussions, mais cela ne le dérangeait pas : l’action suivra.

Arrivé devant la porte, Sahar toqua. Il ne fallut qu’un quart de seconde pour que Nyara lui ouvrit avec un grand sourire. Ses oreilles de renard s’agitaient de nouveau sur sa tête tandis que les marques rouges avaient repris leur place habituelle. Elle était vraiment mignonne, comme cela. Elle invita les deux garçons à entrer dans la pièce et ils acceptèrent. Fermant la porte derrière eux, elle les dépassa en courant vers son lit. Creel était assis sur l’autre Creel. Il avait un bras posé sur son genou gauche et fermait les yeux. En sentant que les invités étaient déjà là, il regarda Sahar avec un petit sourire. Ce dernier lui fit un signe de main par réflexe.

– Tu es prêt à m’écouter parler, Sahar ?! lui dit Nyara avec un grand sourire.

– Je suppose… répondit Sahar en s’asseyant à côté de Creel.

Azgoria rejoignit la jeune fille. Nyara s’étira et commença donc à parler.

– Avant de t’expliquer en détail les deux missions qui nous sont confiées, il faudrait que je te fasse un petit cours de géographie… Pas trop long, promis !!

– Moi, je dors, lâcha Creel en fermant à nouveau les yeux.

– On n’a pas besoin de tes commentaires !!

Elle soupira et regarda Sahar de ses beaux yeux rouges.

– Désolé de te faire subir ça, mais je pense que c’est pour le mieux.

– Non, non, ça ne me dérange pas, au contraire !

Sahar aimerait élargir ses connaissances sur Duzmog. Nyara s’installa plus confortablement et commença à parler de son mondet.

– Je suppose que tu le sais déjà, mais tu es sur Boskow, le seul continent qui se trouve sur Duzmog, avec le vôtre, bien sûr ! Il n’y a pas d’autres continents, si ?

A peine avait-elle commencé à parler qu’elle posa déjà une question au garçon. Ce dernier ne voulait pas mentir, alors il répondit sérieusement.

– Aucune idée…

Elle pensait qu’il venait de l’autre continent. Cependant, c’était un mensonge qu’il avait inventé : il ne pouvait pas dire qu’il venait d’un autre monde, ils ne le croiraient pas… Mais surtout, ils n’accepteraient plus de lui faire confiance ou de se lier d’amitié avec lui… Il ne voulait pas mentir davantage, mais il ne pouvait rien dire. Il allait devoir vivre dans ce mensonge… Peut-être qu’un jour, il pourrait avouer la vérité à Nyara et les autres. La fille ne sembla pas déçue ; elle était même soulagée.

– Je vois, je vois ! dit-elle. Autour de notre continent se trouvent trois océans : l’océan Merasique, qui se situe au nord, l’océan Boskowique, qui se situe à l’est et au sud-est, et le dernier se trouve tout le long de la côte ouest et sud-ouest, l’océan Sarmatique. Nous avons aussi découvert un autre endroit, où l’eau est bizarrement mauve, on l’appelle l’océan Tectrique. Je suppose que vous n’avez pas les même noms, chez vous…

Sahar ne répondit pas. Il voulait mentir le moins possible. Nyara continua sans attendre.

– Ce que je vais te dire, tu n’es pas obligé de le retenir, mais c’est toujours intéressant à savoir ! Boskow se compose de six pays. Nous nous trouvons actuellement dans Zorepli. C’est le pays central et c’est ici que se trouve la capitale du monde. C’est comme ça qu’on l’appelle, même si pour être plus exacte, c’est la capitale du continent. Bref, je te parlerai plus de ce pays quand on le visitera.

Nyara fit une pause pour reprendre sa respiration.

– Au nord-ouest du continent se trouve « Jarnou-Sar ». Je n’y suis jamais allé, alors je n’ai pas grand-chose à dire… C’est un pays plutôt riche et qui s’entend particulièrement bien avec Zorepli. C’était dans ce pays que se trouvait originellement la capitale du Monde, qu’on appelait « Ashäar ». Enfin, elle… Bref, je ne vais pas aller trop dans les détails.

Sahar voulait en savoir plus, pourtant, mais Nyara continua sans se préoccuper de la curiosité du garçon. Creel dormait toujours.

– En-dessous se trouve un pays minuscule qui s’appelle « Oulriäh ». J’y suis déjà allée quelques fois et c’est un pays plutôt tranquille, mais ça se voit qu’ils aimeraient devenir plus puissants. Il faut dire que c’est un pays assez nouveau. En-dessous d’eux, c’est « Revenuy ». Ils entourent presque entièrement Oulriäh. Je n’aime pas forcément y aller, parce que les gens là-bas sont beaucoup plus violents et ils aiment le pouvoir… Il faut faire attention en y allant, surtout quand tu es un « étranger ».

Un peu comme du racisme… ? se demanda le garçon.

– A côté de ce pays, celui qui se trouve le plus au sud, s’appelle « Sar-Suüoh ». Ils sont les plus puissants militairement, mais ils sont plutôt… gentils. Après, tous les autres pays font attention à eux : on a tous peur qu’ils attaquent un jour, sans prévenir. Pour le dernier pays, c’est le plus grand du continent : « Balaho ». Ils ont un jour annoncé qu’ils aimeraient recouvrir le continent entier, mais comptaient le faire pacifiquement. C’est le pays que je visite le plus en dehors de Zorepli, parce que c’est un pays très agréable. En plus, leur plages sont magnifiques… ! Je ne vais pas aller dans les détails de chaque pays, je n’ai pas le temps ou l’énergie… Tu apprendras cela au fur et à mesure !

Sahar acquiesça. Il voulait en apprendre au maximum, mais si elle rentrait dans les détails, cela pourrait prendre des heures… ! Az continua les explications.

– Chaque pays est divisé en plusieurs « provinces », et ici, nous sommes à Provinäah. Ce qui est facile à retenir avec Zorepli et ses provinces, c’est qu’elles se finissent toutes par « äah ». Provinäah est la province la plus centrale et celle qu’on appelle la capitale du monde, comme tu as entendu… Pour ce qui est de la géographie, je pense que c’est plus ou moins tout, non ?

Nyara leva le doigt.

– C’est aussi ici qu’on élabore la plupart des lois et qu’on juge les plus grands criminels, rajouta Nyara. Il y a aussi quelque chose de « très spécial » à Provinäah… L’as-tu vu, Sahar ?

De quoi parlait-elle ? Il n’avait rien remarqué d’anormal. La seule chose qu’il avait trouvé plutôt bizarre, c’était à quel point Provinäah était sombre : mais ce n’était probablement qu’une journée nuageuse, rien d’autre.

Sahar n’avait rien vu. Il secoua de la tête et Nyara haussa les épaules.

– Quand on sortira à nouveau, tu t’en rendras compte, de toute façon, dit-elle. Bref, je pense pas avoir plus à te dire, pas pour l’instant, en tout cas… Euuuh… Bon, bah, passons aux détails des missions que nous avons reçues.

Elle posa devant elle deux morceaux de papiers. Sahar ne put voir ce qui était écrit, mais il remarqua qu’un des deux morceaux de papier était recouvert d’écritures, mais le second presque vierge. Elle tapota ce dernier.

– Cette mission est celle que je vais faire aujourd’hui, toute seule, commença la fille. Tu visiteras Provinäah sans moi, en fin de compte…… Aaaaah… Pas grave, pas grave.

Elle semblait triste.

– Bref. Cette mission est relativement simple, elle est juste longue et semée d’embûches. Il me faudra probablement sept, voire huit heures pour la terminer et revenir, si tout se passe bien.

Creel, qui n’avait fait que dormir pendant toutes les explications de Nyara, commença à se réveiller. Sahar le regarda, les oreilles toujours attentives aux mots de la jeune fille.

– Celui qui nous envoie cette mission nous est connu, puisque c’est la personne qui nous demande le plus notre aide. Il nous a rendu plutôt célèbre dans la région, même si ce n’est rien de bien… Woaw ? D-Dans tous les cas, je dois simplement aller chercher un ingrédient pour un thé.

Sahar était choqué d’entendre cela. Une mission qui allait prendre environ huit heures… tout cela pour un ingrédient de thé ?! Cela devait être un ingrédient rare. Creel, les yeux encore fermés malgré son réveil, bougea la main.

– Il veut encore sa fleur du Mal ? demanda-t-il.

– Exact, répondit Nyara en acquiesçant.

– Fleur… du Mal ?? demanda Sahar.

– La fleur du Mal est une fleur aux pétales bleues et rouges qui possède une tige épineuse dont les épines peuvent t’assomer en moins de dix secondes. Pour la cueillir, il vaut mieux s’y connaître. Elle est très demandée par les riches, et les boissons qui sont distillées à partir de cette fleur coûtent très chères. La fleur du mal a un effet euphorique, comme si on était dans un état d’extase. Elle se trouve dans les régions du nord, surtout à Jarnou-Sar, mais il y a une colline élevée à Albeinäah sur laquelle les fleurs du Mal poussent aussi. Cependant, c’est plutôt risqué d’y aller sans préparations : il y a beaucoup de malfrats, là-bas. Nyara y est déjà allée une bonne dizaine de fois, cela ne sera pas une tâche compliquée pour elle.

Azgoria finit son explication avec un petit rire. Sahar avait l’impression d’avoir entendu une explication orale d’un article de Wikipédia ! Ne sachant pas quoi dire, il acquiesça pour montrer qu’il avait compris. Nyara ne fit que lâcher un petit « Oui, c’est ça » après l’explication claire et précise d’Azgoria. La fille agita sa main devant le garçon aux cheveux blancs.

– Il veut faire un nouveau thé avec cette fleur du Mal. Ironiquement, le thé qui est composé de cette fleur s’appelle « Thé du Bien », héhé. Il lui faudrait trois fleurs pour la semaine prochaine, mais j’aimerai faire cela le plus rapidement possible…

– Pourquoi donc ? A cause de l’autre mission ? demanda Sahar.

Elle acquiesça et prit l’autre bout de papier dans les mains. Le sérieux remplaça sur son visage la douceur qui l’habitait jusqu’alors. Sahar était impatient d’en savoir plus sur la mission impliquant le criminel. Nyara commença ses explications en agitant le bout de papier dans ses mains.

– Ceux qui nous ont envoyé cette demande sont des personnes que nous ne connaissons pas, mais nous avons l’adresse et le prénom de celui qui nous offrira la récompense. Notre paiement sera proportionnel à la durée de la mission. Après, nous n’avons pas assez d’informations pour faire quoi que ce soit maintenant.

Pour se rendre utile, Sahar comptait depuis le début aller chercher ces informations auprès des habitants, qu’on le lui demande ou non. Il ne voulait pas être une épine dans le pied ou un simple boulet : il voulait se rendre utile. Il savait qu’il n’était pas fait pour l’action, alors il allait devoir faire de son mieux pour avoir sa place auprès d’eux.

– Ce criminel n’a aucune description physique, étant donné que personne ne l’a vu ; ou en tout cas, personne de vivant, continua la fille. Il peut donc s’agir de n’importe qui.

C’était un réel problème. Et de plus, il pouvait être n’importe où.

– Ce tueur est surnommé « Virus », tout simplement parce qu’au fil des jours et au fil des victimes, il y en a de plus en plus… Par contre, l’auteur de la lettre nous dit qu’il y aurait bel et bien une seule et unique personne derrière les meurtres.

– Comment peut-elle être certaine de cela ? demanda Creel, désormais attentif.

Nyara secoua la tête en haussant les épaules.

– Ici, on nous dit que toutes les personnes assassinées par ce criminel ont la même blessure : le coeur transpercé par une lame. Cependant…

– Rien ne nous dit qu’il n’y a pas d’autres victimes… ?

Nyara se tourna vers Sahar. Ce dernier baissa un peu la tête, gêné. Elle plissa les yeux et lui demanda de détailler.

– B-Ben, si ça se trouve, ce « Virus » ne serait pas le seul criminel et serait aidé d’autres gens, et peut-être qu’il y a d’autres morts… ? Je veux dire par là, Virus est peut-être aidé par d’autres personnes et qu’eux aussi, tuent de leur côté, mais n’ont pas la même façon de tuer.

Nyara acquiesça.

– C’est ce que je me disais aussi. Après, toutes les assassinées par ce Virus sont bel et bien par lui, personne n’imite son style : les blessures sont identiques sur chaque corps retrouvé : c’est trop précis pour être de l’imitation.

Sahar avait l’impression d’être dans un roman policier. Il n’y avait pas d’action, mais c’était excitant ! Il avait hâte d’arrêter ce criminel ! Az se mêla à la discussion.

– Donc il est possible que Virus agisse avec d’autres personnes, mais que les corps soient introuvables, soit qu’on ne les lie pas à Virus, c’est bien ça ?

Nyara acquiesça à nouveau et regarda le morceau de papier.

– Exact, mais l’auteur de la lettre nous dit en fin de message que, pour eux, Virus agit seul et que d’autres morts n’ont aucune chance de lui être liées.

– Ils sont pas un peu trop sûrs d’eux… lâcha Creel.

– Emettre des hypothèses telles que « Ils connaissent Virus » ou « Celui qui nous a envoyé la demande est Virus » serait, à mon goût, trop rapide, répondit Az. Je ne pense pas non plus que ce soit un piège.

– Je ne faisais que penser tout haut…

Sahar était étonné de leur discussion. On aurait dit de vrais pros ! Silencieux, il ne savait quoi dire. Il ne faisait que les laisser parler entre eux. Nyara s’adressa de nouveau au garçon.

– Pour ce qu’on sait d’autre, c’est qu’il y a presque mille morts à son actif. C’est déjà… beaucoup trop. De plus, tous les morts se trouvent ici, à Provinäah. Aucun mort en dehors de la capitale ne semble lui être attribuable.

Sahar ouvrit grand les yeux. Autant… ?

– C’est bien trop… ! s’écria-t-il. Comment… Comment les habitants osent-ils encore sortir ?!!

Cela surprenait le garçon. En arrivant à l’hôtel, il avait pourtant bel et bien vu une centaine de personnes dehors !! Il ne pouvait pas en croire ses yeux. Sur Terre, il fallait un simple petit attentat pour effrayer tout le monde — ici, mille morts ne semblaient pas suffire. Ce fut Creel qui répondit à sa question.

– Ce n’est pas la première fois que le continent rencontre un criminel aussi dangereux. On ne peut pas arrêter de vivre pour autant. Il y a des habitants qui ne peuvent pas vivre sans leur travail, d’autres sont bien obligé de faire les courses. Ils ne peuvent pas rester chez eux, sans bouger, rongé par la peur de ce Virus.

– Mais c’est certain qu’il y en a qui ne sortent pas, continua Nyara. Les gens faibles, que cela soit d’esprit ou physiquement, n’osent pas sortir. On a déjà eu des cas pareils auparavant, mais ce qui est spécial ici, c’est… que ça ne touche QUE la capitale.

– En voyant que personne ne s’occupe de ce Virus, certains vont fuir cet endroit, parla Az. J’en suis certain qu’il y en a déjà pas mal qui ont émigré, j’en mets ma main à couper.

Nyara acquiesça et regarda Sahar.

– La capitale est une ville dans laquelle tout le monde voudrait vivre, surtout dans le centre. La plupart des gens ne partiront pas, même si leur vie est en danger. Et puis, ne crois pas que la peur ne règne pas non plus. Tous les meurtres de Virus ont un autre point de commun : il les commet le soir. En tout cas, c’est ce qui est écrit dans cette lettre. Les gens, le matin et l’après-midi, ont moins peur de sortir parce qu’ils se sentent plus en sécurité. Il y a des gardiens de la loi et de la protection qui font des rondes, alors il est presque impossible à ce Virus de tenter quoi que ce soit tant qu’Etholys ne se couche pas.

Sahar les écouta avec frayeur. Si ces gardiens faisaient des rondes la journée… pourquoi ne pas en faire le soir aussi ?!! Ainsi que la nuit ??!!!

– Il y a très peu de monde qui doit sortir le soir, c’est certain. Après, n’oublies pas que nous sommes au centre de la capitale, alors nous sommes plus en sécurité ici. La plupart des meurtres se déroulent en périphéries ou proche du centre, mais rarement au coeur de Provinäah. Même si je ne te le conseille pas, on peut se promener la nuit sans aucun souci. Si tu es avec un de nous, ça ne me dérange pas forcément.

Sahar acquiesça, mais la peur le pénétrait. S’il sortait avec Nyara, Creel ou Az, il se sentirait plus en sécurité, mais…

– Personnellement, j’aimerais qu’on visite la capitale la nuit une fois, lâcha Nyara. Pas envie d’attendre qu’on trouve Virus avant de faire cette balade. On ne risque rien et à mes côtés, tu es à 100% protégé !!

La fille était confiante en ses capacités. Nyara sourit et Sahar l’imita. Il ne comprenait pas entièrement la situation, mais il faisait confiance à Nyara et les autres. Si elle disait que c’était bon, alors il pouvait la croire. Elle prit un air désormais plus sérieux.

– Malgré le fait que cette demande soit remplie du recto au verso, on ne sait pas grand-chose sur ce criminel… Sa façon de tuer, son nombre de victimes, où il tue, son surnom et depuis quand il est actif… C’est plus ou moins tout, expliqua Nyara. Le reste, ce sont des notes qui expriment leurs pensées ou alors l’itinéraire pour aller voir l’intermédiaire qui nous donnera notre récompense. Ils aimeraient qu’on aie le voir à l’avance, aussi. De ce que je comprends, ils souhaiteraient savoir quand on est arrivé à Provinäah…

– Je veux bien y aller.

Sahar avait levé la main par réflexe et la baissa tout de suite. Creel lui lança un regard indescriptible, alors que Nyara semblait être… amusée, voire soulagée.

– Tu me fais plaisir, mais c’est à nous qu’on demande tout ça…

– Et si c’est un piège ? demanda Sahar.

– On n’a plus de chance de s’en sortir que toi, idiot, lâcha Azgoria.

Sahar ne répliqua pas. Il était vrai que lui, sans pouvoir, n’allait sûrement pas survivre à un piège. Même s’il voulait se rendre le plus utile possible, il serait stupide de sa part de se frotter à la mort. Il devait faire avec.

– Courageux et idiot, deux synonymes…

Creel avait parlé tout bas, mais Sahar avait entendu. Le garçon baissa faiblement la tête tandis que Nyara rangea les papiers dans le tiroir de sa table de nuit. Elle s’étira et se leva de son lit. Elle fixa Sahar avait un beau sourire.

– Bref, voilà, tu sais tout. On n’en sait pas plus, sur les missions.

– Merci… de m’avoir tout expliqué.

– Il faut bien ! Bref, moi, je vais partir chercher cette fleur, je te laisse avec Az et Creel pour visiter la capitale, ça te va ?

– Yep.

– Si ça te va, ça me va ! Creel, ne violen-

– Arrête de me prendre pour un bourreau.

Le frère de Nyara se leva et sortit de la pièce avec Az. Nyara les suivit et derrière se trouvait Sahar. Quand ce dernier arriva à la hauteur de l’homme, il lui fit un sourire gêné.

– J’ai hâte de voir la capitale, héhé……

– Promis, elle vaut la peine d’être vue ! lâcha Az.

– Je l’ai déjà tant vue, même si ça ne me dérange pas, j’aurai préféré siester…

Avec un soupir à la fin de sa phrase, Creel prit la tête du groupe. Sahar se retourna et regarda Nyara partir du côté opposé. Sa queue et ses oreilles de renard avaient disparu, ne laissant voir à personne qu’elle faisait partie de ces personnes qui possédaient des attributs d’animaux. Sahar ne comprenait pas pourquoi elle faisait ça. Pourquoi elle ne montrait pas aux autres qu’elle était une femme renard…. Si elle ne voulait pas montrer aux gens qu’elle l’était…

Alors pourquoi ne s’était-elle pas cachée à Sahar, lors de leur première rencontre… ?

 

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