10;Drops 13 — [La Ville de l’Immense, pt.3]

Auteur : Mouton
Check : Faust


Une bonne rencontre pour l’un, une mauvaise pour l’autre.


– …… Je n’ai pas envie de visiter tout seul, uuugh…

Sahar lâcha un soupir en baissant la tête. Il s’était assis sur un banc en bois, dans une allée que personne ne semblait emprunter. Une femme était passée avec son enfant, cela s’arrêtait là. Comme la ville était toujours bercée par les ombres, il était plus ou moins impossible de deviner l’heure. Certes, quelques rayons de lumière traversaient les feuilles d’Imäa, mais cela n’était guère suffisant. Creel et Azgoria étaient partis moins de dix minutes avant, alors il savait qu’il avait le temps avant de rentrer, mais quand allait-il savoir à quelle heure partir… ?

Au pire, j’irai à l’hôtel plus tôt que prévu, je trouverai de quoi m’amuser… pensa le garçon en regardant le ciel.

Les feuilles devaient dominer les nuages, donc Sahar supposa qu’il était possible d’avoir de la pluie dans cette ville. Cela restait perturbant : Sahar ne pouvait toujours pas y croire.

C’était quelque chose qu’il ne pouvait pas considérer autrement qu’impossible.

C’était l’oeuvre de la magie, ça… Les yeux de Sahar s’illuminèrent en pensant aux pouvoirs de ce Monde. Même s’il était dénué, il ne pouvait qu’avoir hâte de découvrir la variété de ceux-ci ! Des statues de glace, des mains de feu, des pouvoirs gravitationnels… et ce n’était pas fini ! Il allait devoir trouver les pouvoirs les plus originaux possibles ! Peut-être allait-il en trouver qui n’existaient même pas dans les romans et les mangas ?!! Des pouvoirs… surpassant l’originalité de—

– Hey… lança timidement une personne à sa gauche.

Sahar se tourna vers l’origine de la voix.

Une fille.

Son âge était indéterminable, mais elle devait être jeune. Ses cheveux vert pomme très clairs lui arrivaient en-dessous des fesses et se balançaient au rythme de la brise. Sahar la fixa, comme hypnotisé par son physique. Ses yeux… étaient vairons. Son oeil gauche exhibait un rouge sang qui pouvait facilement mettre mal à l’aise, pire que ceux de Nyara, tandis que son oeil de droite s’ornait d’un magnifique jaune doré. Sahar la trouvait très jolie et le fait qu’elle rougisse faiblement ne faisait que lui rajouter des points dans la catégorie « mignonne ». La fille semblait avoir du mal à regarder le garçon devant elle, gênée. Sahar ne sut quoi dire. Que voulait-elle… ? En tout cas, il avait envie de la connaître plus. Elle était si belle… si…

Mignonne…

Elle avait un petit sourire aux lèvres qui adoucissait son visage déjà harmonieux.

– Je… Je peux m’asseoir… à côté ?

Elle détourna le regard tout en lui posant cette question.

Elle est réellement timide… Que veut-elle ? Juste s’asseoir ? Ou bien—

Sahar hocha la tête. Il ne devait pas penser à des choses aussi stupides… ! Il ne voulait pas recommencer à être stupide, et pourtant, il faillit refaire la même erreur. Les gens ne peuvent pas changer en un seul claquement de doigt, il le savait… mais il devait tout faire pour se débarrasser de cette mauvaise habitude. Les filles ne sont pas des cibles à romance. Il le savait très bien et ne les avait jamais réellement vu comme cela… sauf si on prenait la journée d’hier en considération.

– Heu… O-Oui.

Il bougea de quelques centimètres pour la laisser s’asseoir à ses côtés. Elle lui sourit plus intensément, les joues toujours teintées de rouge. Elle se baissa et le remercia avant de se poser sur le banc. La fille regarda devant elle, silencieuse, tout comme Sahar. Ce dernier voulait commencer une discussion avec elle, mais comment faire cela… ? Devait-il parler du temps ? Parler d’Imäa… ou même dire qu’il était nouveau à Provinäh ? Il n’avait pas envie de rester silencieux et de ne rien lui dire… Il l’observa à la dérobée. Son visage était marqué de peintures rouges plutôt différentes de celle de Nyara à celles de Nyara, mais la couleur était presque la même. Deux boucles pendaient à ses oreilles : une chaînette retenant… quelque chose. Son vêtement était blanc comme neige et s’arrêtait aux épaules, laissant ses bras nus. Elle portait des bracelets au poignets ainsi qu’une jupe grise très claire. Elle avait des bas noir très foncés qui partait probablement des pieds jusqu’à la fin de ses cuisses. Enfin, fait notable, elle portait sur la tête une sorte de « couronne » d’un rouge sang très vif. Au milieu de celle-ci se trouvait un objet qui pourrait faire penser à un oeil entouré d’un jaune doré… On aurait dit du vrai or, ceci dit. Sahar trouvait la fille très stylisée ainsi que très jolie. Se sentant observée, elle tourna ses yeux vers le garçon, qui détourna le regard d’un coup sec à s’en faire mal à la nuque. Elle esquissa un petit sourire avant de regarder le ciel.

– Imäa… est vraiment un arbre étrange.

Sahar se tourna vers elle, la bouche semi-ouverte. C’était donc elle qui commençait la conversation… Sahar avait honte de lui, mais il n’en pouvait rien, si lui aussi, était assez timide. Il leva les yeux vers le ciel et acquiesça.

– C’est vrai…

Elle garda son sourire et ne bougea pas la tête d’un poil, les yeux toujours rivés sur quelque chose que Sahar n’avait pas la possibilité de voir.

– Je me demande pourquoi… il a été créé.

Le garçon se posait la même question, mais ne connaissant pas le contexte dans lequel l’arbre immense avait été fabriqué, il ne pouvait même pas faire de théorie. Elle baissa le regard.

– Il n’y a aucune raison de faire cela, pourtant, une d’elles l’a créé.

– Une… d’elles… ?

Sahar ne savait pas de quoi parlait la fille. Peut-être pouvait-elle lui donner des informations sur le contexte ? La fille sembla un peu surprise qu’il ne sache pas de quoi elle parlait, mais son étonnement s’effaça rapidement.

– Rien, je pense tout haut. J-J-Je ne voulais pas déranger.

Elle se gratta les cheveux et s’excusa à nouveau. Il hocha la tête.

– N-Non, j’aime bien discuter…

– Ah, parfait…

Elle semblait heureuse d’apprendre cela. Le garçon laissa un petit rire s’échapper en même temps que la fille, avant que le silence ne reprenne son règne. Il fallut quelques secondes avant que Sahar réussisse à parler à nouveau.

– Tu… Tu t’appelles comment ?

C’était une question plutôt directe, mais il avait envie de connaître son prénom. Elle continua à lui sourire.

– Je m’appelle Tornade, et toi ?

Tornade…

C’était un prénom peu commun, mais Sahar l’adorait tout de même. Il aurait bien voulu avoir un prénom pareil !

– Je m’appelle Sahar, personnellement !

Elle lui sourit.

– Enchanté, Sahar. Tu viens d’où ?

Le garçon, qui avait un air calme sur le visage, prit un air moins décontracté.

Devait-il mentir ? Devait-il lui dire, à elle aussi, qu’il vient de l’autre continent… ? Sahar n’avait pas envie de mentir. Il n’avait pas le choix, certes : il ne pouvait pas dire qu’il venait d’un autre Monde, on le prendrait pour un fou. Cependant, d’un côté, il avait envie de tester… S’il lui disait la vérité ? Soit elle le prendrait pour un fou, soit elle allait rigoler, comme s’il n’avait juste dit qu’une blague, et à ce moment-là, il…

Il ne pouvait pas dire cela. Il ne pouvait pas… De plus, qu’allait-il faire, si elle devient son amie… ?! Si elle rencontrait Nyara et qu’elles aussi, devenaient amies ?!!! Elles allaient avoir deux versions différentes de ses ori—

– Tu ne viendrais pas d’un autre Monde, par hasard ?

Sahar s’arrêta et tourna le regard vers elle, les yeux grand ouverts. La bouche bée, une goutte de sueur tomba de son front. Le garçon fixa la fille avec effroi, tandis qu’elle souriait, un air semi-interrogateur sur le visage. Elle n’avait rien de menaçant et ne semblait pas vouloir tuer qui que ce soit, mais Sahar… avait peur d’elle. Les yeux de Tornade fixèrent le garçon.

Sahar ne savait quoi répondre. Qu’est-ce que—

*****************************************

L’homme avançait sans regarder derrière lui. Il manquait de temps. Il devait rejoindre son frère sans attendre. Les pavés sur lesquels il marchait augmentèrent l’intensité de leur craquement au fur et à mesure que l’homme marchait. Ce dernier ne regarda même pas le beau ciel dans lequel Etholys brillait de sa plus grande intensité, tout cela pour réchauffer les humains et la nature. L’homme ne devait pas perdre de temps, il n’aimait pas arriver en retard. De plus, s’il n’arrivait pas à temps, son frère allait dire « Hé bah Collin, on ne sait pas arriver à temps ? ». Il ne voulait et devait pas arriver en retard. Et pourtant…

Il s’arrêta et se tourna.

Un poing fonçait sur lui à toute vitesse.

Il l’évita avec facilité et se retrouva sur le bord du trotoire. Il regarda l’homme aux yeux rouges sang. Il avait un regard menaçant… comme s’il voulait tuer la cible qu’il avait dans le viseur. Comme s’il avait soif de sang.

– …… Dégoûtant.

Collin ne dit rien de plus. Il joignit les mains avant de les éloigner, laissant apparaître entre eux un bâton doré à l’allure unique. L’ennemi n’attendit pas que sa cible finisse son tour de magie : il attaqua à nouveau à l’aide de ses poings.

– ……. Je n’ai pas le temps.

L’homme se força à prendre le bâton dans les mains et esquiva l’attaque en sautant dans les airs. L’ennemi aux yeux de sang sourit. Dans les airs, sa cible n’avait aucune chance d’échapper ce prochain coup !! Il fonça le plus rapidement possible… cependant, pas sur sa cible.

Mais à l’endroit où il allait tomber.

Collin plissa les yeux. Malheureusement, son adversaire ne semblait pas être le pire des idiots. Néanmoins…… Alors que l’ennemi était certain d’avoir prévu les mouvements de sa cible, cette dernière disparut. Il ouvrit grand les yeux et tourna le regard dans tous les sens. Il ne devait pas se laisser impressionner. Il avait quelque chose à faire : tuer Collin.

– Pardon, pardon monsieur !!

L’homme aux yeux rouges tourna sur lui-même et fit face à Collin.

Mais n’eut pas le temps de répondre qu’il se prit son poing dans le visage et s’envola bien plus loin. Collin soupira, le bâton toujours dans la main gauche. Il regarda son adversaire ricocher contre les pavés avant de se remettre debout. Il s’essuya la lèvre inférieure et sourit.

– Tuer. Toi. Collin. Mourir.

– Et pourquoi me tuer ? Je dois rejoindre mon frère.

Collin montra du pouce le décor derrière lui. Il n’avait pas le temps de fricoter avec un type comme ça. Il voulait juste arriver le plus rapidement possible à l’endroit prévu. Malgré tout, il était quand même intrigué. Il voulait apprendre la raison de cette attaque surprise. L’ennemi fonça à nouveau sur Collin à une vitesse fulgurante. L’homme réussit à esquiver facilement ses coups des poings, mais…

Il n’arriva pas à esquiver le rocher qui vint lui fracasser la tête.

Collin tomba au sol et roula un peu plus loin, immobile. L’homme aux yeux rouges fixa le cadavre de cette cible. En tout cas, il aurait aimé dire que c’était un cadavre, mais Collin ne pouvait pas être si… faible. Il était vrai que le rocher qui venait d’être balancé était très gros et très lourd, mais l’homme aux yeux rouges ne pensait pas que cela pouvait tuer Collin.

Et il eut raison.

L’homme se leva, se tenant la tête.

– Tsk… Tu fais chier.

Il ouvrit son oeil droit et fixa son ennemi. Que voulait-il… ? L’attaquant se mit en position d’attaque et la terre trembla d’un coup. Des morceaux de roche, les pavés et des bouts de murs des maisons commencèrent à se détacher de leurs places initiales et volèrent vers l’homme. Collin garda le bâton en main, prêt à l’utiliser s’il le fallait. Cet homme… ne semblait pas être une réelle menace, mais il n’avait pas le temps de jouer. Il n’avait pas le temps de se battre. Il tourna les talons et laissa l’homme jouer tout seul. Ce dernier cligna des yeux, étonné.

– Toi… Partir ?

– Moi ne pas avoir temps battre avec toi, moi retrouver frère.

Collin continua à avancer, comme si de rien n’était, mais il finit par faire deux pas à gauche et éviter l’énorme rocher. Il soupira et se retourna. Il esquiva à nouveau les coups physiques, mais comme la première fois, il ne fit pas assez attention : une des attaques rocheuses de son adversaire vint se fracasser contre sa jambe. Il tomba en grinçant des dents et serra plus fortement l’objet qu’il tenait dans la main. L’homme allait l’attaquer de toutes ses forces quand Collin comprit qu’il ne pouvait pas faire autrement que de se battre. Il bloqua l’attaque avec son bras droit, mais il venait encore de sous-estimer son ennemi : celui-ci ne voulait pas le frapper, ce n’était qu’un leurre. Il frappa le sol en-dessous et créa un pilier qui fit s’envoler Collin dans les airs. Ce dernier n’eut pas le temps de penser à quoi que ce soit que des rochers et des blocs formés de pavés et briques lui foncèrent dessus tous en même temps. Il allait devoir se battre sérieusement. L’homme aux yeux rouges le fixa depuis en bas, les deux pieds sur terre. Collin réussit à tout esquiver seulement à l’aide de son agilité et retomba sur le sol, faisant le même coup qu’avant : il se « téléporta » plus loin, évitant l’attaque de l’homme. Ce dernier baissa un peu la tête, les yeux toujours rivés sur la cible.

– Toi. Mourir. Toi. Pas. Battre. Vraiment.

– Je vais me battre, il faut bien.

Collin n’avait pas envie de s’amuser. Plus précisément, il n’avait pas le TEMPS. Il leva son bras gauche vers les airs, l’objet toujours dans sa main. Le bâton visa le ciel et réfléchit les rayons d’Etholys. L’homme ne voulait pas lui laisser le temps de faire quoi que ce soit, alors il créa à nouveau des rochers fait de pavés et de briques, ainsi que de la terre sous lui. Cependant……

Toutes ses attaques vinrent se désintégrer contre une barrière invisible. Aucun des rochers ne réussit à atteindre leur cible. Collin, toujours debout, garda son bras levé, les yeux rivés vers son ennemi. Croyait-il vraiment qu’il allait se laisser faire… ? Il n’avait pas que cela à foutre. Son frère l’attendait, il… l’attendait. L’objet dans la main de Collin vint à s’illuminer.

La pression autour d’eux commença à changer. L’air s’alourdit. La terre trembla. Le ciel se secoua. Les maisons frissonnaient de peur. L’homme aux yeux rouges les ouvrit en grand, ses iris pétillaient d’une émotion qu’il n’aurait jamais voulu ressentir une deuxième fois. Collin leva la tête et regarda le ciel qui prit un teint noir. Il n’avait…

… pas le temps…

de jouer.

L’objet qu’il avait dans les mains commença à briller si fortement que presque rien ne fut observable : tout était bien trop lumineux. L’homme aux yeux rouges les ferma, dans l’impossibilité de faire quoi que ce soit. Même bouger était trop difficile. Il était… dans l’incapacité de mouvoir un seul muscle. Il allait—

SANKA—

Collin cria dans les ténèbres qui l’entourait. Personne ne les voyait, excepté lui. Il n’avait qu’à crier, et l’homme devant lui ne survivrait pas.

Mais.

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Collin se retourna d’un coup et envoya son poing sur ———————

– Grand-frère.

Son poing s’arrêta d’un coup devant quelque chose. Le sol sous eux éclata dans un bruit à briser les tympans. Les débris s’envolèrent partout, vinrent s’écraser contre les maisons et cassèrent les vitres environnantes. Les arbres de la forêt tremblèrent par la violence du coup de poing de Collin et les nuages qui volaient au-dessus d’eux se firent transpercer. Le ciel reprit sa couleur azur et l’air qui les entourait reprit son calme, petit à petit.

Cependant.

Collin avait les yeux ouverts à un tel point qu’ils pourraient tomber et il retenait sa respiration. Ses iris tremblaient dans leur orbite et tous ses sens étaient en alerte maximale. Son coeur aurait pu s’arrêter tellement le choc avait été brutal. Il n’avait pas été blessé ou encore touché, on ne lui avait rien fait.

Mais la pression avait été tellement puissante qu’on aurait pu lui mettre dix tonnes au-dessus de sa tête qu’il aurait été dans un meilleur état.

On aurait pu lui confronter à la mort elle-même qu’il aurait eu moins peur.

Collin grinça des dents et cria de toutes ses forces.

– JE T’AI DÉJÀ DIT D’ARRÊTER DE FAIRE CA !!!!!!

Devant lui ne se trouvait qu’une simple fille. Son regard ne comprenait aucune hostilité. Elle n’inspirait ni crainte, ni peur, ni méchanceté. Elle avait juste l’air d’une fille majeure totalement normale. Elle soupira et tourna le dos à son frère.

– Shall t’attends. Arrête de jouer.

– JE NE JOUAIS PAS, ON M’A ATTAQUÉ !!!!

– Ah, pourquoi donc ?

La fille regarda son frère avec des yeux calmes et doux. Son air mignon et interrogateur calma Collin. Il se gratta les cheveux en se tournant vers son ennemi.

Vers le cadavre de son ennemi.

– Je comptais lui demander après cette attaque, mais on dirait qu’il est mort…

– Je me demande pourquoi.

Collin serra le poing et frappa sa soeur en lui criant « IDIOTE ».

– COMMENT faire pour savoir ce qu’il me voulait, maintenant !!!

Elle le regarda avec un air de chien battu, les larmes aux yeux. Collin soupira.

– Laisse. Si on m’attaque à nouveau, je ferai en sorte d’en apprendre plus.

Elle sourit.

– On n’a pas le temps, on doit aller voir Shall !! Je me disais bien que quelque chose n’allait pas, tu n’es pas du genre à arriver en retard !!

– J’aurai voulu ne pas avoir d’embrouilles sur le chemin, urrrgh. Désolé, Star.

Ils laissèrent le cadavre derrière eux et ne s’occupèrent pas des dégâts monstrueux qu’ils avaient laissés. Ils marchèrent vers l’endroit où attendait leur frère. Normal, après tout…

Ils n’avaient pas le temps.

*****************************************

Sahar n’arrivait toujours pas à bouger devant la fille aux cheveux vert pomme. Il ne savait quoi dire et n’osait rien faire. Savait-elle ? Sahar… Son secret avait-il été percé à jour en si peu de temps ?!! Comment… Comment quelqu’un pouvait-il savoir qu’il venait d’un autre Monde ? Etait-ce… normal ? Peut-être que les gens savaient qu’il y avait plusieurs mondes ?

Ce n’est peut-être pas inconnu, le fait qu’il y a plusieurs mondes… pensa le garçon. Si c’est le cas, alors je peux avouer tout à Nyara tant que notre relation ne s’est pas approfondie… !!!

Cela soulagerait la conscience de Sahar, s’il pouvait arrêter de mentir. Il voulait vivre avec eux sans leur mentir sur lui-même à chaque fois. Il n’aimait pas cela. S’il avait la possibilité de leur dire la vérité, alors il la prendrait.

Malgré cela. Il hésitait.

Peut-être ne faisait-elle que de se moquer de lui et blaguait. Peut-être était-ce une blague commune, ici, à Duzmog. Peut-être avait-elle eu le trac et avait lâché quelque chose au hasard.

Peut-être que je me prends trop la tête.

Sahar décida. Il allait lui dire que c’était le cas. Qu’il provenait réellement d’un autre Monde. Soit elle disait ça sérieusement et alors il n’allait plus être dans l’obligation de mentir, soit elle blaguait et Sahar dirait qu’il provient de l’autre continent, comme il avait dit aux autres. Il ne voulait pas faire une telle chose, mais s’il inventait plusieurs mensonges, il allait s’y perdre et il ne pouvait pas se le permettre. La fille souriante devant lui ouvrit la bouche en même temps que Sahar.

– Exa—

Sahar se fit couper la parole.

– Pardon ! Je rigolais, je rigolais ! Je-Je savais pas quoi dire, alors…

Elle s’excusa en joignant les mains. Sahar, qui remarqua qu’il avait réfléchi tout ce temps pour rien, sourit aussi.

– Pas de souci. Je viens de l’a—

– AAAH !!!

Sahar allait dire qu’il venait de l’autre continent lorsqu’elle cria et se leva. Elle ne semblait pas avoir peur ou quoi que ce soit, elle était juste affolée. La fille… regardait le ciel. Elle regarda le garçon à nouveau et, les joues rouges, s’excusa à nouveau.

– J’ai oublié que j’ai quelque chose à faire !! dit-elle. J’ai envie de parler plus avec toi, alors… Heuuuu…

Elle semblait stressée. Sahar voulut lui dire de se calmer, mais elle leva le doigt et se rapprocha de lui, le faisant rougir à son tour.

– On se revoit ici, demain, vers vingt heures, ça te va ??

Sahar acquiesça rapidement et fit sourire la fille. Elle courut vers la gauche, de là où elle était arrivée, et lui fit au revoir en agitant la main. Sahar fit pareil, mais bien plus doucement, confus. Il soupira et baissa la tête.

– Au moins, elle veut me revoir, héhé…

Sahar était content qu’elle ait proposé qu’ils se revoient. Il ne devait pas oublier : demain, vingt heures, ici. Avant de rentrer à l’hôtel, il allait faire en sorte de se souvenir de l’endroit où il se trouvait et comment y arriver. Ce n’était pas si loin, donc cela devrait aller ! Il se leva et se promit de devenir ami avec cette Tornade !! Il regarda autour de lui, un grand sourire sur le visage, avant de cligner des yeux à multiples reprises.

– Tiens…

Il lâcha un petit rire nerveux.

– Comment je rentre à l’hôtel, moi… ?

Il avait oublié le chemin.

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3 commentaires sur “10;Drops 13 — [La Ville de l’Immense, pt.3]

  1. Merci pour le chapitre, j’indique une faute de frappe à trottoir :

    il l’évita avec facilité et se retrouva sur le bord du « trotoire ». Il regarda l’homme aux yeux rouges sang. Il avait un regard menaçant… comme s’il voulait tuer la cible qu’il avait dans le viseur. Comme s’il avait soif de sang.

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