10;Drops 22 — [L’incident de Kassumi, pt.3]

Auteur : Mouton
Check : Faust


Cette présence est dangereuse. Cependant, est-ce un piège… ?


Nyara courait après son frère. Elle aurait facilement pu le rattraper si elle n’avait pas dû surveiller ses arrières.

Creel était plus sensible qu’elle à la présence des autres. En réalité, c’était Az le plus doué d’entre eux pour le repérage, mais parfois il ne disait rien. Même Nyara ne savait pas pourquoi il restait silencieux dans ces moments. Elle était certaine qu’il avait senti cette présence meurtrière avant eux, pourtant… La fille décida de ne pas y penser plus que cela et resta sur ses gardes tout en suivant son frère. Pourquoi était-il parti aussi soudainement ? Croyait-il qu’il s’agissait de Virus ? C’était peut-être lui, mais ses tripes lui dirent que non… Un criminel qui tuait discrètement avec autant de facilité ne se laisserait pas repérer aussi facilement. C’était comme si… la personne les invitait. Il y avait des chances pour que ce fût un piège, mais Creel semblait vouloir vérifier. Nyara n’était pas contre, mais elle ne voulait pas laisser son frère seul. Elle avait une totale confiance en lui, mais elle savait pertinemment qu’il y avait des gens dont il fallait se méfier. Nyara n’avait rencontré que trois personnes dont elle avait eu réellement peur. Ce n’était pas parce qu’elles étaient plus puissantes qu’elle avait ressenti une telle chose.

C’était parce qu’elles étaient BIEN TROP puissantes.

Elle ne voulait pas repenser à ces trois personnes, mais la silhouette d’un d’entre eux revint à son esprit, bizarrement. Alors qu’elle coursait son frère, elle repensa à lui.

Stelios.

Pourquoi sa silhouette lui hantait-elle encore les esprits ? Elle ne l’avait vu à peine qu’une seule fois, il y avait désormais un an… Elle soupira et tenta de reprendre son calme. Elle devait se concentrer sur ce qu’il se passait.

Nyara remarqua que devant elle, devant son frère, se trouvait une forêt aux arbres vert clair. Ils étaient à la frontière de Kassumi. La présence meurtrière se faisait de plus en plus proche.

Ah…

Si la silhouette de Stelios lui était revenu en tête—

— c’était parce que cette présence lui ressemblait.

Elle était certaine que ce n’était pas lui, mais son cœur commença à battre plus rapidement. Le stress prit possession de esprit, ce qui ne lui plaisait pas. Elle devait rapidement se calmer !

Creel ne s’arrêtait pas. Il devait rapidement trouver cette présence. Qu’elle soit Virus ou non, il n’aimait pas cela. Il fronça les sourcils en voyant la forêt devant lui. Ils sortaient de Kassumi… L’homme était certain qu’il courait dans un piège, mais il n’en avait rien à faire. Ce n’était pas comme s’il en avait quelque chose à faire qu’une présence malsaine soit dans les parages, mais il n’aimait pas qu’on les observe. Il voulait éliminer cette personne le plus rapidement possible. Si on les visait, il y avait probablement une raison. Il voulait en savoir plus. Si les habitants de Kassumi avait été les cibles de cette présence, il aurait juste prévenu la cheffe qu’on les observait, mais c’était EUX, Nyara et les autres, qui en était la cible. De plus, il avait bien envie de se battre. La personne qui les attirait semblait être puissante. Qu’elle le soit ou non, il voulait juste échanger quelques coups si possible. Il était content que cela se passât en dehors de Kassumi, mais mécontent de la forêt. Il n’était pas à son avantage, dans un endroit pareil… Il ne pouvait qu’espérer que la personne ne soit pas TROP puissante…

Nyara suivait son frère sans trop réfléchir, désormais. La silhouette de Stelios avait disparu de sa tête. C’était une bonne chose… Elle regarda aux alentours. Il n’y avait personne, excepté Creel, la présence et elle-même. C’était une bonne nouvelle, mais elle savait que cela pouvait annoncer du mauvais aussi : s’ils n’étaient pas seuls, alors les autres étaient forcément puissants. Nyara était entièrement sur ses gardes : parvenir à tromper ses sens signifiait que c’était elle, la plus faible d’entre tous. Il fallait faire attention et ne jamais sous-estimer ses adversaires.

Creel entra dans la lisière de la forêt. L’ambiance changea comme par magie. Plus humide, plus doux et un air totalement pur, cette forêt était un endroit agréable. Il ne devait pas se laisser déconcentrer pour autant. La présence n’avait toujours pas bougé, ce qui inquiétait de plus en plus l’homme…

Il nous invite carrément… !

Une personne qui avait une telle présence savait forcément la cacher. Creel était certain que ce n’était pas par mégarde que cette personne s’était révélée. Il n’aimait vraiment pas cela, mais il était trop tard pour reculer.

Nyara sentait qu’elle se rapprochait de plus en plus de leur cible. Elle jeta un coup d’œil rapide par-dessus son épaule. La fille se demandait comment allait Sahar et Az… Ils les avaient laissé seuls en ville. Certes, il y avait les habitants, mais elle avait peur… Si c’était un traquenard pour les éloigner de Sahar, alors ils avaient réussi leur coup… Les pensées négatives vinrent envahir son esprit tandis qu’elle essayait de s’en débarrasser. Elle avait… confiance en Az ! Les habitants pourraient, eux aussi, protéger le garçon ! Elle… Elle… Elle en était certaine !!! Nyara entra à l’intérieur de la forêt et fut étonnée du changement climatique soudain. Il y faisait plus frais, c’était bien plus agréable… Elle avait perdu de vue son frère. Heureusement, vu qu’elle connaissait très bien sa présence, elle pouvait toujours le sentir. Tout comme la fille, l’homme cachait son Aura pour qu’on ne le repère pas. Même si la personne qui les attirait devait savoir qu’on lui fonçait dessus, il était préférable de ne pas se montrer.

Je devrais peut-être retourner avec Sahar…

Elle devenait de moins en moins confiante quant à son idée de rester avec son frère. Il était assez puissant pour se défendre et se battre seul… Il n’avait pas besoin de sa sœur pour combattre. Que devait-elle faire… Elle se frappa les joues sans s’arrêter de courir.

C’est trop tard, tu as déjà dit que tu avais confiance en Az et aux habitants ! Tu le sentiras, s’il se passe quelque chose.

Son lien avec Az était spécial : s’il y avait un problème, elle le saurait. Malheureusement, elle n’arriverait jamais à temps pour les aider…

Ses pensées furent interrompues quand elle remarqua que son frère était juste devant elle. La fille s’arrêta d’un coup pour ne pas lui rentrer dedans et le questionna du regard.

– Je ne le sens plus.

La fille ouvrit la bouche, choquée. Elle non plus… Nyara avait tellement hésité intérieurement qu’elle avait arrêté de prêter attention à la présence qu’ils poursuivaient… !! Quelle idiote ! Elle regarda son frère avec un air confus.

– On… On fait quoi ? demanda-t-elle. On retourne à Kassumi ?

– Tu penses qu’il nous a attirés ici pour aller attaquer Kassumi, tant que nous ne sommes pas là-bas ?

– C’est une possibilité… Il est peut-être bien plus rapide que nous…

Nyara sentit une boule se former au niveau de son ventre. Elle savait que le stress n’était pas une bonne chose, mais elle ne put s’en empêcher. Elle savait que c’était un piège ; elle n’aurait jamais dû quitter Sahar et Az !!! Que faire ?! Creel soupira.

– Je ressentais la présence un peu devant, tu ne veux pas aller vérifier ? proposa l’homme.

Nyara secoua la tête.

– Si c’est pour se retrouver au milieu de la forêt tandis que Kassumi se fait attaquer, cela ne sert à rien, dit-elle.

Creel leva un sourcil.

– Tu n’as pas à t’inquiéter pour eux. Emilia est plutôt forte, en plus. Ils n’ont pas grand-chose à craindre.

– Mais— !!

– DE PLUS, j’étais bien concentré sur la présence, si elle s’était enfuie d’ici, je pense que je l’aurais senti. Si on s’amuse à se demander quoi faire ici, on va perdre trop de temps. Si tu veux retrouver Sahar le plus vite possible, soit tu pars maintenant, soit tu me suis.

Creel tourna les talons et courut sans écouter ce qu’avait à dire sa sœur. Cette dernière grinça des dents et serra les poings furieusement. Il n’en faisait qu’à sa tête, cela l’irritait… !! Que devait-elle faire ? Que devait-elle faire ?!!

… Je dois…

Elle ferma les yeux et soupira dans le vide.

– Leur faire confiance. Tu te poses trop de questions et tu reviens trop sur tes décisions, Nyara. Cela ne te ressemble pas.

Elle courut après son frère. Avec Az et les habitants à ses côtés, Sahar était plutôt en sécurité en réalité. Elle n’avait aucune raison d’avoir peur à ce point…

****************************************************************

– Tiens, n’est-ce pas Tornade ?!!

La fille aux cheveux verts se tourna vers la femme qui venait de l’interpeller. Elle fut surprise de voir cette personne ici.

– Tiens, tu fais quoi à la capitale ?! demanda Tornade.

La femme aux longs cheveux rigola en se frottant la joue.

– Rien de bien spécial, de base je voulais juste trouver un nouveau pyjama. Les magasins de vêtements à Provinäh sont si agréables !!!

– Pourquoi tu mens ?

La femme, les yeux fermés, continua de sourire à la fille. Elle soupira en secoua la tête, ce qui n’amusait pas pour autant Tornade.

– Je viens juste te surveiller.

– De ton plein gré, ou c’est—

– Elle ne m’a pas parlée depuis quelques jours, elle a des affaires à régler, la coupa la femme. Je suis venue ici juste parce que je n’ai rien à faire et que je veux voir si ma petite Tornade se comporte bien !!

– Tu m’espionnes pendant que je me repose, t’es vraiment une… chipie.

– Une chipie, tu dis ? Qu’y a-t-il de mal à vérifier si sa sœur se comporte bien ?!!

La femme aux longs cheveux soyeux rigola en regardant sa petite-soeur. Tornade n’était pas vraiment amusée, mais elle sourit. La fille aux yeux vairons appréciait sa sœur, mais c’était une personne qu’elle ne pouvait pas comprendre.

– Dis-moi, cette personne qui était avec toi, hier soir, c’est bien—

– Fais ce que tu veux, je ne peux pas t’en empêcher.

La femme regarda Tornade, qui venait tout juste de la couper. Ses yeux menaçaient sa sœur et ne laissaient pas la place pour la compassion. Que cette femme soit sa soeur ou non, elle n’accepterait pas qu’on la dérange.

– Mais ne te mêles pas de cette affaire. Tu sais très bien ce qu’il se passe.

La femme aux longs cheveux roses rigola à nouveau.

– Des menaces ? Pourtant, ça me concerne aussi, hein !! lâcha la femme.

– Pas encore, Star.

La femme aux cheveux mauves, yeux bleus, grande-soeur de Tornade… Star. Cette dernière fit la moue.

– On peut forcer les choses, s’il faut…

– Star…

Tornade ressentit quelque chose de… malsain. Elle grinça des dents en regardant sa sœur. Elle avait beau l’adorer, la fille ne la supportait pas toujours. Star fixait sa sœur en souriant. Elle pencha la tête faiblement vers la gauche.

– D’accord, d’accord ! Je voulais juste voir comment tu allais, rien d’autre !!

Star fit signe à sa sœur et continua son chemin. Tornade la fixait, immobile. La femme s’arrêta et se retourna sans prévenir.

– Tiens, il est où, le petit Sahar ? demanda-t-elle.

Tornade haussa les épaules.

– Qu’est-ce que j’en—

– Menteuse.

Tornade fronça les sourcils. Star lui tira la langue.

– Mentir à sa propre sœur, tu es vraiment insolente, Tornade !!

Tout en rigolant, elle disparut dans le milieu de la foule.

Sans laisser une trace de son existence.

****************************************************************

Creel s’arrêta quand il remarqua qu’il n’était plus à l’intérieur de la forêt. Nyara arriva à ses côtés et fut surprise quand elle observa les lieux.

La forêt continuait devant eux, mais il leur fallait traverser une grande clairière au cœur de laquelle reposaient des ruines. Vu la taille de l’endroit, il devait y avoir une ancienne petite ville dans cette forêt. Les ruines semblaient être vieilles, Creel supposa que la destruction de cet endroit datait d’il y a quelques dizaines d’années. Nyara sonda la zone, mais elle ne ressentait rien. Il n’y avait personne dans les parages, ou alors il était très fort pour cacher sa présence. Cela ne l’étonnerait pas. Creel fit quelques pas en avant et entra dans la clairière. Il était sur ses gardes et ne laissait aucune ouverture possible. Nyara ne bougea pas, prêtant attention aux détails qui l’entouraient. Aucun bruit, rien ne bougeait… Elle voulut se joindre à son frère, mais il lui fit signe de rester là où elle se trouvait. Sans se retourner, il lui parla.

– Si je me fais prendre dans un piège, je préfère être le seul à en souffrir, expliqua-t-il. Reste en dehors de la plaine au cas où, tu pourras me sauver plus facilement si tu es en dehors du piège.

Elle acquiesça et resta sur ses gardes. Creel, sans pour autant se relâcher, avança plus vite. Il avait le pressentiment qu’on l’observait, et ce n’était pas sa sœur. Si en arrivant au bout de la plaine il ne sentait rien, alors il retournerait à Kassumi avec Nyara. Il voulait être certain que la présence n’était plus dans les parages.

– CREEL !!

L’homme se retourna d’un coup. La présence… !!

Hey, hey !!

Tout autour de la plaine se forma un mur de feu. Nyara dut reculer pour ne pas se faire brûler au troisième degré et serra le poing gauche, l’autre main sur le fourreau de son katana. Elle claqua de la langue et recula d’un autre pas. La chaleur du feu qui se trouvait devant elle l’embêtait fortement… Elle cria le prénom de son frère, mais aucune réponse ne vint. Comme ils avaient prévu, c’était bel et bien un piège !!! Elle devait secourir son frère… mais comment ? Le mur de feu avait l’air épais, courir à travers allait certainement résulter en sa mort lente et douloureuse. Elle ne comptait pas faire quelque chose d’aussi stupide. Nyara courut et décida de faire le tour de ce mur. Peut-être allait-elle trouver quelque chose d’intéressant…

Creel se tourna dans tous les sens et observa le mur de feu. Il s’élevait très haut dans le ciel, on pouvait probablement le voir depuis Kassumi… Les arbres cachaient probablement la vue, cependant…

Yo.

Creel se retourna. Sur une ruine de bâtiment était assise… une personne. Sa silhouette était trop lointaine pour que l’homme aux cheveux mauves sachent la décrire. S’il se fiait à la voix qu’il avait faiblement entendue, il pouvait assumer que c’était un homme. La silhouette, qui était la présence qu’ils avaient senti, sauta de la ruine et toucha le sol d’un seul pied. Elle s’avança vers le piégé lentement.

Ne me regarde pas comme ça, ce n’est pas toi que nous visons.

C’était définitivement un homme. Cheveux bruns courts, yeux verts perçants, grande taille et habits courts, il était musclé et son Aura était puissante. Ce n’était pas un adversaire qu’il fallait sous-estimer. Creel sourit en regardant le piégeur.

– Oh, alors pourquoi nous attirer ici ?

L’homme aux cheveux bruns haussa les épaules.

De base, je m’attendais qu’un seul d’entre vous vienne, pas deux… avoua-t-il.

Il se craqua les doigts et se prépara à se battre. Creel fronça des sourcils.

– Je vois qu’on veut se battre…

Mon seul but est de te retenir un maximum. Ni toi, Creel, ni elle, Nyara, ne sont nos cibles.

Creel secoua la tête.

– Pourquoi Sahar serait une cible, je ne comprends pas… soupira-t-il. M’enfin, s’il faut se battre, je ne dis pas non. Ça fait un petit temps que je ne me suis pas défoulé !!

L’homme devant lui rigola et s’enflamma — littéralement.

Sahar ?!! On ne sait même pas qui c’est !!

Creel plissa des yeux. Leur cible était donc—

– Az ?

L’homme regarda la fumée qui provenait de l’explosion tout en courant derrière Emilia. Il se tourna vivement vers Sahar.

– Quoi ?

– Tu crois… que c’est une bonne idée que Nyara et Creel nous laissent seuls avec les habitants ? demanda le garçon.

Az ne répondit pas directement. La femme devant lui ne cachait pas sa peur. Elle n’accepterait pas de nouveaux morts. Azgoria hocha la tête, mais personne ne le vit.

– C’est une très mauvaise idée, mais on est certain qu’ils battront leur ennemi… répondit-il.

– ……

Ils arrivèrent devant la maison de Mathéo…

… qui n’était plus qu’une ruine en feu.

La fumée noire de mort s’élevait dans le ciel bleu nuageux tandis que les flammes mangeaient les parois du bâtiment éventré. Emilia s’arrêta d’un coup. Sahar, qui ne l’avait pas vu s’immobiliser, entra en collision avec elle. Il tomba par terre et s’excusa auprès de la femme, mais elle ne disait rien.

Elle ne faisait que fixer quelque chose avec terreur.

Sahar suivit son regard. Quand ses yeux arrivèrent au même endroit qu’elle, il ouvrit sa bouche tremblante.

Sur le sol jonchait un cadavre brûlé.

Celui de Mathéo.

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