Memento Mori, Chapitre 2 : Réveil Difficile

Auteur : Andecarus
Check : Samihuunter / Faust


Voila le deuxième chapitre de memento qui est plus long que le premier d’ailleurs, les autres restent sur le même modèle en terme de longueur. J’espère qu’il vous plaira et n’hésitez pas à laisser un commentaire pour me dire ce que vous en avez pensé, ça fait toujours plaisir même si je sais que memento mori a moins de succès que GBI ahah.


 

Le réveil fut désagréable, il sortit une main du lit pour enfin faire taire ce hurlement strident qui le harcelait et le forçait à émerger de ce rêve étrange.

Haiden était perturbé, non pas par le rêve mais par son réalisme : il avait vraiment cru pouvoir sentir le sang sur ses mains, la lame le trancher en deux.

Cette souffrance physique et mentale que le guerrier avait pu subir l’avait touché au plus profond de lui, comme s’ils partageaient la même vie..

Il savait tout de lui, beaucoup trop pour que ce soit un rêve comme les autres.

Une fois ces interrogations terminées, il remarqua enfin l’heure : 7h15. Ce fut un électrochoc pour lui.

Il réalisa enfin qu’il s’était réveillé plus tard que prévu, se releva d’un coup et prit dans son armoire de quoi s’habiller.

Rien de bien compliqué : comme toute personne de 20 ans, il faisait attention à son look.

Un jean et une chemise lui suffirent. En effet Haiden était une personne comme les autres, plutôt appréciée par la gente féminine.

Il était brun aux yeux verts avec un corps plutôt fin et une musculature peu sculpté, arborant des chemises permettant de le mettre en valeur, lui et son physique.

Une fois habillé, il sortit de sa chambre en coup de vent pour aller chercher ses affaires.

Malgré ses 20 ans, il était en première année de faculté d’histoire d’art et d’archéologie et son premier cours magistral était à 8h30. Il passa devant la cuisine et entendit une voix douce et féminine l’apostropher.

« Bonjour toi ! Toujours à te réveiller en retard ? Tu vas finir par avoir des problèmes à force de partir en coup de vent tous les matins » : c’était sa mère qui, dans la cuisine, s’était aussi réveillée il y a peu.

Haiden lui répondit avec une pointe d’ironie : « oui, et on se demande bien de qui je tiens cette mauvaise habitude ! », car en effet elle avait très souvent l’habitude de faire exactement la même chose.

Après un passage rapide par la cuisine pour prendre un morceau de brioche afin de l’engloutir comme petit déjeuner.

Il prit son sac à la volée, son portefeuille et ses clefs, et un au revoir crié dans le couloir tout en ignorant le rire qui retentissait derrière lui.

Il se retrouva enfin devant sa voiture et il ne tarda pas à prendre la route pour pouvoir profiter d’un petit moment tranquille avec ses amis.

Ce chemin était habituel, comme tous les jours, il voyait les arbres défiler sur le côté et le bitume sous ses roues, mais malgré ce rituel récurrent; Haiden ne pouvait pas s’empêcher de penser à cet étrange rêve qui l’avait tant perturbé.

Il sentait encore la lame traverser la chair de son buste et le déchirer en deux, il revoyait le sourire méprisant de cette femme et le soulagement et la joie incommensurables qu’il avait ressentis après avoir lancer son arme sur elle.

Cette joie sauvage et primaire qui avait précédé sa chute dans ce néant insondable, avant de se réveiller bien au chaud dans son propre lit.

En repensant à toute cette histoire, il eu un frisson incontrôlable, comme si son corps réagissait instinctivement contre ses pensées.

Sans s’en rendre compte, Haiden avait fini son trajet et se trouvait déjà devant sa faculté, ce qui fut un soulagement pour lui.

Enfin il pourrait oublier ce rêve, et donner autre chose à ressasser à son cerveau, afin que ce souvenir cesse de le hanter et de le perturber.

Une fois garé, il aperçut de loin sa bonne amie Rose, un nom fleuri pour une fille de caractère, comme si ses parents savaient que cette plante la représenterait parfaitement.

Car c’était une très jolie fille, avec un caractère bien trempé, et comme l’expression le dit si bien : « qui s’y frotte s’y pique ».

Une grande brune aux yeux marrons, une peau légèrement mate mise en valeur par un maquillage léger mais de couleur plutôt clair, elle avait une silhouette svelte attirant le regard.

Haiden attira son attention en l’apostrophant, elle se retourna et il vit un sourire fleurir sur son visage.

Ce sourire qui avait fait chavirer tant de cœur, ce sourire qui illuminait son visage et qu’elle réservait aux personnes qu’elle appréciait ou qu’elle souhaitait séduire.

En trois foulées, elle se retrouva pendue à son cou. Haiden ne fut pas surpris, il était habitué à cette effervescence d’émotion; en effet c’était l’habitude de Rose de se jeter à son cou pour lui montrer son affection.

Une fois ce moment fini, Haiden pu enfin remarquer la personne juste derrière elle, qui lui souriait de même : c’était son autre ami de toujours, Guillaume. Un blond plutôt musclé, qui, malgré sa carrure impressionnante, avait le cœur sur la main, un grand timide, qui, à la différence de Rose, ne montrait jamais son affection.

Lui était plus discret, mais ça n’enlevait rien au fait que ces trois-là étaient très proches et avaient une profonde affection les uns pour les autres.

Cela faisait maintenant quatre ans qu’ils se connaissaient.

Ils s’étaient tous rencontrés au lycée et s’étaient suivis à la fac, en prenant tous le même cursus.

Ils avaient pu grandement se rapprocher à cause – ou grâce – au fait qu’ils avaient chacun très mal vécu l’hypocrisie qui régnait à l’époque dans leur lycée.

De plus ils avaient tous les trois eu des enfances plus ou moins difficiles, ce qui leur avait permis de mutuellement se comprendre et de se soutenir quand ils traversaient des phases de déprime ou d’abattement.

Chacun pouvait clairement dire qu’ils s’étaient mutuellement sauvés, car plus d’une fois, tous les trois avaient pensé à mettre fin à leurs jours pour échapper à leur peine et leur douleur.

Mais à chaque fois, les deux autres avaient été là pour faire rire le troisième et surtout lui faire oublier les mauvais moments; de ces expériences en était ressortie une confiance absolue entre eux et une connaissance parfaite de chacun de leurs caractères.

Les amis réunis, ils purent prendre la direction de leur amphithéâtre, tout en discutant de tout et de rien, comme tous les jours, ce qui permit à Haiden d’oublier pour un temps son obsession du matin, chose qu’il prenait avec un certain soulagement.

Le cours magistral de ce matin-là était un cours d’histoire de l’art médiéval.

La professeure qui dispensait ce cour n’était pas encore arrivée quand ils s’installèrent à une place, ce qui leur permit de continuer à discuter encore un peu en attendant son arrivée qu’ils savaient imminente.

Après quelques minutes de discussion sur des sujets qui n’avaient rien de bien sérieux, la professeure fit enfin son apparition en passant l’une des deux grandes portes.

Doucement et sans rien dire elle se dirigea tranquillement vers son estrade pour commencer à s’installer.

Elle faisait toujours ainsi, elle ne disait pas un mot avant d’avoir fini d’allumer le rétroprojecteur et le micro, et ce, malgré le bruit de bavardage des élèves.

Une fois qu’elle eut enfin fini, elle prit le micro et commença son cours sur les différentes enluminures des bibles du moyen âge, avec de nombreuse photos et images qu’elle montrait sur l’écran blanc du rétroprojecteur.

Elle insistait à chaque fois sur l’importance de l’iconographie et des significations que l’on pouvait trouver derrière chaque image.

Haiden trouvait le cours très intéressant, mais quand elle partit sur une longue tirade sur une enluminure de la bible de Charles le Chauve, lui et ses 2 acolytes commencèrent à trouver le temps légèrement long.

Même s’il savait pertinemment que ses deux amis étaient là et qu’ils prenaient des notes, Haiden tentait de ne pas s’endormir, mais la cause était bien dure à défendre, ainsi, après une bataille acharnée, il commença à s’endormir sur sa chaise.

***

Après quelques secondes pour reprendre ses esprits, il rouvrit les yeux.

Malgré ce qu’il pensait, aucune douleur persistait, lui qui était persuadé d’avoir succombé aux sirènes de la mort; cet abysse insondable qui l’avait accueilli n’était que l’inconscience.

Cette douce amante qui vous permet, une fois entre ses bras, de tout oublier, de la douleur et du désespoir.

Une fois que son cerveau put assimiler ces nouvelles informations, il fit enfin attention à là où il se trouvait.

Une pièce toute blanche avec des moulures finement exécutés, en or, sur le plafond et les murs.

La pièce était d’une taille impressionnante, au point qu’au centre du plafond pendait un lustre démesuré composé d’une multitude de saphirs qui tombaient en cascade.

Cette décoration magnifique nimbait les murs de petit voile de couleur bleuté et permettait à elle seule de rendre une pièce simple en un véritable décor angélique.

Le mobilier, lui, ne dérogeait pas à cette simplicité : les meubles était fait en bois clair et restaient très neutres.

Le guerrier, de son lit, pouvait voir au fond deux énormes armoires imposantes mais très épurées. Les seuls autres meubles étaient à sa droite, une table de chevet et à sa gauche dos à lui une banquette tournais vers la cheminais.

Le lit à baldaquin était énorme, dissimulé par des tentures d’un blanc pur, rehaussées par des armoiries brodées de fil d’or.

Ce n’est qu’une fois qu’il eut fini d’inspecter l’ensemble de la pièce qu’il remarqua enfin l’homme qui se dissimulait dans l’ombre.

Il était vêtue d’une longue robe de moine, d’un noir profond, à tel point qu’il se fondait quasiment dans l’obscurité.

La seule chose qui pouvait le trahir, c’était le bas de son visage, qui restait visible sous son capuchon.

Le guerrier se maudissait lui-même d’avoir été assez stupide pour s’être laissé distraire par la riche décoration de l’endroit où il se trouvait, au point d’en oublier les questions les plus importantes : « Où se trouvait-il ? » et surtout, « Qui avait bien pu le ramener ici ? ».

Mais le plus impardonnable à ses yeux avait été de ne pas avoir senti plus tôt la présence de cette homme étrange.

Lui qui se considérait comme étant devenue un grand guerrier, ou tout au moins comme ayant la puissance nécessaire pour pouvoir repérer, et surtout, éviter, que quiconque puisse le prendre par surprise.

Mais il se rendit bien compte, avec beaucoup d’amertume, qu’il lui restait encore bien trop de lacunes à combler avant de pouvoirs penser d’une telle façon.

L’homme encapuchonné, qui n’avait pas bougé depuis qu’il était arrivé dans la pièce, et avait attendu patiemment que le guerrier perçoive enfin sa présence, fit enfin un pas en dehors de l’ombre.

Puis comme si cet homme étrange pouvait lire dans les pensées du guerrier il dit d’une voix grave et moqueuse.

« Ho ! Le grand guerrier daigne enfin sentir mon humble présence et porter son regard sur moi ! J’en suis flatté. »

le guerrier fut décontenancé.

Non pas par le fait que l’homme, par ces paroles venait de faire écho à ce qu’il pensait, mais surtout par le ton moralisateur qui se cachait derrière l’ironie de l’homme.

Malgré tout, il savait qu’il ne pouvait en aucun cas se permettre d’offenser cet homme assez puissant pour réussir à le surprendre, surtout car il était complètement désarmé et n’était clairement pas en position pour se défendre contre une personne de ce niveau.

Donc, pour lui répondre avec toute la courtoisie dont il pouvait encore faire preuve, il  se força à contenir sa colère.

« Je suis bien peiné de vous avoir fait cette offense, mais suite à un séjour par les limbes de l’oublie je ne pus être en pleine possession des capacités dont je fais preuve habituellement. »

L’homme eut un sourire et un air amusé qui lui donna une impression malsaine

« Certes je te le concèdes, tu viens de revenir à toi. Mais passons sur ce débat stérile. Je suis ici car ton exploit est revenu jusqu’à nos oreilles. »

Le guerrier mit quelques minutes à comprendre et à associer cette information avec ses souvenir précédant sa perte de connaissance..

« Mais vous voulez dire que j’ai réussi à tuer cet infâme sorcier, ce monstre ? »

L’homme rit à gorge déployer, d’un rire tonitruant qui blessa encore une fois l’égo du guerrier, déjà bien assez maltraité.

Ce rire était bien plus acide que tous les poisons, et bien plus tranchant que les meilleures lames. Il aurait détruit l’amour propre de n’importe qui, et ce en quelques secondes.

Mais une fois son rire fini, il reprit d’une voix emplie de bonne humeur.

« Que tu es drôle ! Je ne suis pas déçu du voyage ! Enfin, passons. Pour te répondre, non ! Tu ne l’a pas tuée, mais clouée à son trône, et tu as réussi à la blesser, chose que personne avant toi n’avait fait. Ce qui a attiré l’attention et la bienveillance du vieux roi à la lumière perforante, qui a ordonné à tous ses médecins les plus qualifiés de vous soigner. Je pense qu’il a de grands desseins pour toi. C’est là ou moi et mes frères intervenons. Je suis ici pour vous rappeler votre promesse et votre devoir envers nous »

Le guerrier fut choqué, non pas par son discours – il avait vite reconnue en cet homme un prêtre sombre – mais par son changement de ton : il était passé de la voix d’un homme enjoué et de bonne humeur à celui d’un être calculateur et froid en quelques secondes, ce qui l’effrayait.

Il sentait en cette personne une aura destructrice et puissante qui intime la terreur et  qui dissuadait toute personne de manquer à une promesse.

« Je sais ce que je vous dois et ce que je dois faire. Vous aurez ce que je vous ai promis mais pas avant d’avoir eu ce pourquoi j’ai fait cette promesse »

L’homme le regarda avec un sourire carnassier et se rapprocha de lui. Pendant toute la discussion, il s’était tenu juste à la limite de l’ombre, comme si à tout moment il était près à y replonger.

« Bien, je me doutais que tu me répondrais ça ! C’est pour ça que je suis pas venu les mains vides, mais avec de quoi vous améliorer. J’espère juste que tu ne regretteras pas tes paroles car le processus est légèrement douloureux. »

Et d’un geste fluide et souple il sortit un petit sac et une dague noire.

Avant que le guerrier ne puisse réagir ou comprendre ce qu’il se passait, il se retrouva plaqué contre son lit, paralysé par une force invisible et ballonné par la même puissance.

Il avait l’impression qu’une multitude de lanières le maintenait en place sur son lit.

Là, il vit l’homme se rapprocher de lui lentement, avec un sourire sadique plaqué sur son visage, et une fois qu’il fut juste à côté de lui, d’un coup de dague bien placé, il coupa net sa chemise de lin et commença avec beaucoup d’application à appuyer sa lame sur son torse.

Une douleur insoutenable l’étreignit mais il résista : il ne voulait pas le laisser gagner ni lui laisser le droit d’apercevoir sa douleur et son désarroi.

Sur son torse fut gravé dans sa chair un cercle de runes étranges et inconnues au guerrier. Une fois le cercle fini il ressentit la brûlure des plaies mais aussi l’influence malsaine des sombres runes.

Il sentait une énergie sombres et corrompue s’insinuer dans son corps à travers ses plaies.

Par la suite, il pensa vainement que sa souffrance était finie et qu’on allait le laisser en paix, mais c’était une pensée bien naïve, car l’homme vida son sachet et déversa plusieurs pierres luisantes de différentes couleurs. Le guerrier put en apercevoir 7 différentes qui donnaient toutes une sensation différente quand il les observait.

L’homme en prit une entre ses doigts, et en regardant le guerrier droit dans les yeux, il commença à l’enfoncer dans la première rune gravées.

Le guerrier ressentit la pire souffrance de sa vie. Même la potion injectée la dernière fois par les frères de cet homme lui avait moins causé de souffrance.

Au bout de la quatrième pierre, il laissa la douleur le submerger et son amante de toujours lui ouvrit les bras :  là, il pourrait oublier cette douleur.

 

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