Pérégrinations en Monde Inconnu 7 : Là où on se prépare à voyager

Auteur : SamiHuunter


Hello~
C’est SamiHuunter ! (oui, je sais que vous pouvez lire mon pseudo juste au dessus, mais j’ai le besoin de vous le rappeler !)

On se trouve en présence d’un chapitre que j’avais pris plaisir à écrire (pas autant que le 9 par contre :D) mais qui au final paraît un peu débile quand je le relis XD

Sur ce, bonne lecture !


–     Ça, c’est un oiseau. O-i-s-e-a-u !

Tendant devant lui une feuille d’arbre sur laquelle était gribouillée une forme stylisée d’un volatile, Tom essayait d’apprendre à son petit compagnon vert des mots de la langue de Molière.

Il avait déménagé dans une des petites maisons prototypes. Garder une chose potentiellement dangereuse loin des dortoirs était vital, et Tom le savait plus que quiconque. Joseph avait gravé ‘NE PAS ENTRER’ en gros sur la porte et avait ajouté une barre pour la bloquer de l’intérieur.

Sa réaction en voyant le gobelin avait été… indifférente. Il avait simplement dit ‘Tant que c’est pas un loup, ça me dérange pas.’ et il avait commencé à travailler en sifflotant.

Cela faisait plusieurs heures qu’ils communiquaient au travers de dessins, mais malgré cette méthode primitive, Tom avait enrichi son vocabulaire de la langue Gobeline d’un grand nombre de mot.

Il avait compris assez rapidement que cette langue était très rudimentaire. Les mots qui désignait des actions ou des noms utilisés dans la vie de tous les jours employait principalement une dizaine de syllabes et était très court. Moins le mot était utilisé, plus il était long.

Les distinctions entres les espèces et les genres n’était pas non plus indiqué. C’était ‘un truc qui vole’ ou ‘un champignon comestible’.

–     Ouago ?

Tom hocha la tête.

–     C’est ça, un oiseau, dbulgulu.

Le petit gobelin sourit et sautilla en répétant « ouago, ouago ! » tout en imitant les battements d’ailes d’un oiseau avec ses bras.

Un sourire flottait aussi sur le visage de Tom.

En toute honnêteté, il était réellement surpris de voir à quel point ce petit gobelin pouvait apprendre vite. Il n’avait besoin que de répéter une ou deux fois un mot pour qu’il s’en souvienne. Cependant, comme il pouvait s’y attendre, les choses moins évidentes comme l’algèbre par exemple étaient incompréhensible pour le Gobelin.

Sans s’en rendre compte, Tom avait commencé à planifier l’éducation de Bulgulglu.

Il avait déjà examiné sous toutes les coutures le corps du gobelin, et à part ses oreilles pointues, quatre doigts aux pieds et mains et une petite queue qui allongeait sa colonne vertébrale sur une dizaine de centimètre à partir du coccyx, juste au-dessus de son postérieur, rien ne différait entre un humain et un gobelin, si ce n’était la taille.

Autre qu’enfoncer un couteau dans son ventre et l’éventrer pour le disséquer, Tom n’avait aucun moyen d’observer l’organisme interne du gobelin, mais ce n’était pas une chose qu’il était pressé de faire. Il ne savait pas s’il était quelqu’un capable ou non de tuer de sang-froid une créature intelligente, mais mettre fin à une vie innocente juste pour satisfaire sa soif de savoir lui laisserai un horrible bout dans la bouche.

Quand Tom avait découvert la queue de Bulgulglu, il venait de soulever le pagne du gobelin pour connaitre son sexe. Le gobelin n’avait pas l’air embarrassé et pensant que c’était un jeu, il essaya de faire de même avec le t-shirt de l’adolescent.

Tom l’avait soulevé pour le faire cesser et il remarqua la queue derrière lui.

Avec curiosité, il l’avait attrapé et les mouvements de Bulgulglu avaient immédiatement cessé. Il poussa un petit cri apeuré et se mit à pleurnicher.

Cette réaction n’avait fait qu’aiguiser sa curiosité et il continua de l’observer jusqu’à ce que ce qu’il comprenne comment elle fonctionnait.

Après qu’il l’ait libéré, le gobelin s’enfuit dans un coin où il se mit en boule et pleurnicha.

Voyant qu’il refusait de bouger quand il lui parla gentiment, il dut l’appâter avec un bout de poisson pour qu’il se remette à se comporter normalement.

En le regardant grignoter, il repensa aux informations qu’il avait obtenues. Il fit le point :

Primo, le gobelin avec lequel il conversait, Bulgulglu, était très certainement un enfant.

Tom en était persuadé quand il le voyait agir et ses réactions typiques d’un jeune garçon qui découvre de nouvelle chose. Il s’excitait facilement et apprenait rapidement.

Secundo, il ne possédait pas que quatre doigts. Chacun de ses doigts comprenaient deux rangées de phalanges. Il avait en fait huit doigts, et ils avaient plus ou moins fusionné par deux pour en faire des doigts plus épais. On pouvait sentir toutes les phalanges quand on touchait la main du gobelin.

Tom était persuadé qu’il avait également deux paires de bras et qu’ils avaient fusionné de la même manière, mais tant qu’il ne pouvait pas disséquer le cadavre d’un gobelin, sa théorie restera une théorie et non une affirmation.

De la même manière, il remarqua que la structure osseuse de son crâne était parcourue de protubérances. Au niveau des pommettes, de la mâchoire, du menton, de l’arcade sourcilière et même du front, il pouvait sentir un léger renflement en passant ses doigts.

Encore une fois, il ignorait si sa supposition était correcte, mais peut-être qu’en grandissant, ses ‘cornes’ allaient grandir aussi, ou alors elles étaient les vestiges atrophiés qui venaient de ces ancêtres allaient rester ainsi. Avec une créature fantastique, il était difficile de dire si ses hypothèses tenaient la route.

Tertio, il possédait une petite queue au bas de son dos.

C’était simplement une extension osseuse recouverte de peau. Il ne sentait pas de muscle et c’était certainement la raison pour laquelle elle était inanimée. Étant la continuation de sa colonne vertébrale, sa queue était composée de petites vertèbres caudales.

Il pouvait plus ou moins comprendre que c’était l’équivalent d’un point faible chez un gobelin.

Le fait d’avoir ses vertèbres dépasser ainsi à l’extérieur de son corps sans rien d’autre que de la peau pour se protéger était extrêmement dangereux. La colonne vertébrale est la charpente du corps humain, parcourue d’innombrable terminaisons nerveuses.

La réaction que le jeune gobelin avait confirmé son hypothèse. Il lui restait à découvrir si cet individu-là était un spécimen spécial ou mutant ou si tous les autres gobelins avaient le même point faible.

Tom ne savait même pas si cette espèce était un gobelin, mais il l’appelait ainsi parce que c’était le seul nom qui lui venait à l’esprit quand il le regardait.

Quelques coups donné sur la porte le sorti de ses pensées.

–     Oui ? C’est qui ?

Tom s’approcha de la porte et l’entrebâilla. Il fit en sorte de cacher l’intérieur de la pièce avec son corps afin de dissimuler la présence du gobelin.

Anthon se tenait raide comme un piquet devant la porte.

–     Joseph m’a dit que tu voulais me voir.
–     Ah, Anthon, tu tombes à pique ! Entre !

En haussant un sourcil devant l’attitude étrange de Tom, Anthon s’exécuta.

Le comportement de Tom lui faisait penser aux scientifiques fous que l’on voyait dans les films, souvent à parler tout seul et à inventer des choses inutiles jusqu’à ce que leurs laboratoires explosent.

Quand il lui fit part de son impression, Tom fit un grand mouvement de main comme s’il balayait ses arguments.

–     Tu crois sincèrement qu’un scientifique serait assez stupide pour faire des expériences où aucunes protections nécessaires ne sont prisent ? Ou même qu’un être humain et capable de survivre une explosion qui désintègre un laboratoire ? Ou simplement qu’il ne serait pas mort empoisonné par les vapeurs toxiques qui se dégagent des produits chimiques ? Non, bien entendu, je suis presque vexé que tu me compare à une tel image de scientifique… de toutes manières, les expériences qu’ils font sont des choses inutiles puisqu’ils se contentent de mélange des fioles emplit de liquides colorés sans but précis, et puis, qui se met à crier ‘Eureka’ quand il se rend compte que mélanger de l’eau et du sucre ça fait de l’eau sucré ? Je te le demande ! Une bien piètre image, en effet…

Avec une grimace, Anthon leva une main devant lui.

–     C’est bon, ça va, j’ai compris, toutes mes excuses !

En hochant la tête, Tom afficha un sourire moqueur.

–     Tant que tu comprends, c’est l’essentiel. Mais cessons cette plaisanterie pour parler de la raison pour laquelle tu es ici, peut-être que Nathan t’as mis au courant ?
–     Au courant de quoi ?
–     Je vois, il s’est sans doute dit que ça serait trop compliqué pour lui, ou il voulait simplement se venger… Ok Anthon, il y a quelqu’un dans cette pièce que je veux te présenter, mais avant tout, je veux ta promesse que tu ne feras rien d’irréfléchi, d’accord ?

Après avoir jeté un rapide regard circulaire dans la pièce, Anthon vrilla ses yeux sur Tom et le regarda avec suspicion quand il ne vit personne.

–     Pourquoi je ferai quelque chose d’irréfléchi en voyant cette personne, est-ce qu’elle dangereuse ou terrifiante ?
–     Non, si elle était dangereuse, tu te doutes que je ne te la présenterai pas. Terrifiante, pas selon moi. Allez Bulgulglu, vient dire bonjour à Anthon.

La tête du petit gobelin apparu timidement de sous la table en bois contre le mur. Il extirpa son corps de sa cachette et s’approcha lentement. Arrivé près de Tom, il attrapa le bout de son pantalon et resta là, la tête baissé.

–     Bulgulglu… Tu peux répéter ce que je t’ai appris tout à l’heure quand on rencontre quelqu’un ?

En relevant la tête, le gobelin parla lentement.

–     Bongour, ge être Bulgulglu…
–     C’est bien ! Tu as bien fait !

En tapotant gentiment la tête chauve du petit gobelin, Tom lui donna un morceau de poisson en guise de récompense.

Anthon était stupéfait.

En voyant le gobelin, il n’en cru d’abord pas ses yeux, puis réalisant qu’il était bien réel, il s’était apprêté à se jeter sur lui et le réduire en bouilli d’un coup de poing mais il s’était arrêté au dernier moment en se souvenant de la promesse qu’il avait faite. Il avait serré les poings et il remarqua que ses gantelets étaient apparus sans même qu’il s’en rende compte.

–     Anthon, voici Bulgulglu, un aimable gobelin qui s’est faufilé dans le campement ce matin quand toi et ton groupe assuriez la protection des autres étudiants.

En entendant les conditions de sa découverte, Anthon se raidit. Il s’apprêta à donner ses excuses mais Tom le stoppa en levant une main ouverte.

–     Non, je ne t’ai pas fait venir pour entendre des excuses et surtout, je ne te fais pas de reproches. Je présente simplement l’information telle qu’elle est. Je pensais que toujours laisser un groupe serait suffisant, mais il faut se rendre à l’évidence, c’est complètement inutile.
À partir de maintenant, je veux que vous cessiez de monter la garde la journée et que vous réduisez le nombre de personne de garde la nuit. Trois élèves qui patrouillent la nuit autours du dortoir et un sur le toit pour prévenir le reste est suffisant. Au lieu de rester de garde, vous allez aider à la construction. Le mieux et de finir le premier rempart, après ça, les gardes seront facilités.

Anthon serra les dents mais ne dit rien.

Il se sentait humilié par les paroles de Tom.

Qu’il l’ait fait exprès ou non importait peu. Les faits étaient là, la garde de son groupe avait fait du mauvais travail, c’est tout ce qu’il retenait. Il voyait les consignes de Tom comme la preuve de son inaptitude à ordonner et à faire son travail correctement. Comme un soldat que l’on rétrogradait à un rôle plus ingrat à cause de son incompétence, il serrait les dents et acceptait les nouveaux ordres sans rien pouvoir dire en retour.

Tom comprenait plus ou moins comment Anthon fonctionnait. Il réfléchissait comme un soldat, il s’en était rendu-compte bien plus tôt mais cette scène lui donnait réellement l’impression d’être un supérieur humiliant une personne de plus bas rang. Il ne voulait pas le laisser avec la mauvaise impression de l’avoir convoqué pour lui remonter les bretelles, alors il lui fit part du plan qu’il avait planifié.

–     Pas la peine de te monter la mayonnaise tout seul, je te dis que c’est pas des reproches, le plus important c’est pas d’avoir fait du mauvais travail, c’est de s’être rendu compte que la sécurité que l’on avait pensé avec Nathan était mauvaise avant qu’un accident ne survienne. Il n’y a pas de punition, on est tous dans le même merdier, hein !
D’après moi, le temps que vous fassiez le premier rempart, il va vous falloir au moins deux ou trois jours minimum. D’ici là, je pense que j’aurais réussi à en savoir plus sur Bulgulglu et s’il y a un village de gobelin. Si c’est le cas, je veux que tu penses à deux Guerriers et deux Mages qui viendront avec toi et moi. Ne leurs parle pas de Bulgulglu jusqu’à ce que l’on soit sûr qu’il existe un village gobelin. C’est clair ?
–     Comme de l’eau de roche…

Anthon hocha la tête pour appuyer son affirmation.

–     Parfait, ah, et passe voir Nathan pour lui parler de ce que je t’ai dit et attend qu’il approuve, et s’il est pas content, qu’il passe me voir. Ça sera tout.

Tom était sur le point d’ajouter un ‘tu peux disposer’, mais il se retient. Il était persuadé qu’Anthon serait du genre à faire un salut militaire, et même si c’était une blague, ça l’aurais mis mal à l’aise.

Bulgulglu, qui était resté silencieux jusqu’à-là, agita sa main devant lui.

–     Aurgebouar !

Anthon agita sa main en retour d’un air mal-assuré. Il ne savait pas trop comment agir avec le gobelin.

Tom barra la porte après que son camarade gigantesque soit sorti et se retourna vers Bulgulglu qui cessa de triturer son pagne sale en le regardant de ses grands yeux noirs. Il afficha une expression apeurée en le voyant se frotter les mains d’un air machiavélique.

–     Hé hé, si tu retiens bien ce que je vais t’apprendre, je te donnerai du poisson !

Le gobelin parut comprendre et se tint droit.

–     Glu gul glulbu !

Apparemment, c’était facile de corrompre un gobelin avec de la nourriture.

 

–     Tom ! C’est ton cher ami Jo ! Ouvre donc la porte que je vois ta vile fripouille !

Après son cri, Joseph entendit quelque chose se mouvoir derrière la porte de la petite maison. Il attendit quelque secondes et elle s’ouvrit, dévoilant Tom, les cheveux en batailles et de grandes cernes sous les yeux.

–     Ah… Joseph… Oui c’est vrai, je t’ai demandé de me faire des trucs hier… C’est terminé ?

Joseph hocha lentement la tête. Il se demandait si la santé de Tom ne se dégradait pas, mais à peine lui avait-il posé la question qu’il s’affala sur la chaise inconfortable qu’il ne quittait presque plus depuis deux jours et poussa un soupire qui s’éternisa.

–     J’ai trop de chose à faire, j’espère que ce que je t’ai demandé a été correctement fait parce qu’on peut pas se permettre d’être en retard sur le planning… Argh j’en peux plus, j’ai encore tellement de choses à écrire et je suis obligé d’utiliser des morceaux de charbon ! Ah, et il me faudra encore des planches, aussi fines que les précédentes mais plus grandes, une bonne centaine. J’ai déjà utilisé toute celle que tu m’as faite.

Attrapant une planche en bois recouverte dans sa totalité d’une écriture élégante qui traînait sur le sol, il essaya de comprendre ce que les formules et les schémas pouvaient bien signifier, mais il abandonna presque aussitôt en se rendant compte que cela le dépassait complètement.

Charlotte, qui l’accompagnait, essaya elle aussi de déchiffrer les plaques de bois, mais elle eut plus de succès que son élève.

–     Tu as calculé la constante gravitationnelle de cette planète ?

Tom ne se retourna même pas mais agita sa main libre dans la direction de son professeur, l’air de lui dire de laisser la planche au sol.

–     Pas du tout, c’est impossible, déjà que sans les outils précis moderne ce serait compliqué, mais alors sans connaitre la masse exacte de l’objet et le mouvement des ressort… En plus ce n’est pas la constante gravitationnelle mais la constante de l’accélération de pesanteur. Mais non, je me contente de tout mettre au propres dans le cas où quelque chose m’arrive et que vous ayez besoin de tel choses… Et qu’est-ce qu’elle fait là elle ?

Tom fit face à Joseph en pointant du doigt le professeur.

Après avoir effacé l’expression admirative qu’il affichait sur son visage, le garçon leva ses deux mains en l’air.

–     On se calme, mon gars ! C’est toi qui m’as demandé de ramener quelqu’un avec des petites mains, alors je te l’ai ramené ! J’ai pensé que tu préférerais l’avoir elle qu’Eva

Tom se pinça l’arête du nez en imaginant la scène.

–     Oui, je suppose que c’est mieux que rien

Il se tourna vers Charlotte qui les regardait avec reproche mais se retenait de parler. Elle avait toujours sa fierté de professeur, mais elle avait compris que désormais, chercher à leur imposer le respect était devenu une utopie à laquelle elle n’aspirait même plus.

–     Tiens, tu vas prendre ce que Jo a fait et tu vas les monter d’après ce plan.

Tom tendit à Charlotte une plaque de bois avec un plan inscrit dessus.

Il expliqua à Joseph, qui essayait de regarder par-dessus l’épaule de Charlotte, à quoi correspondaient les dessins.

–     C’est un plan pour faire une horloge primitive. Elle va nous permettre de savoir à quelle heure Zoé prendra de nos nouvelles. J’aurais aimé pouvoir faire une montre à ressort, mais tu n’es pas capable de faire de toutes petites choses avec ton couteau, alors on se voit obligé de faire comme ça…
–     Je vois…

Il ne voyait rien du tout, mais il ne voulait pas l’avouer. Tom soupira et ne releva pas son commentaire.

–     Bon, je m’y remets, Charlotte, peut faire l’horloge ici ou ailleurs, qu’importe, l’essentielle c’est qu’elle soit faite, je la réglerai demain à midi. J’ignore la durée d’une journée, mais je pense que c’est plus ou moins 26 heures. Si ce n’est pas ça, alors c’est prévu de faire ça avec un petit cadran solaire. D’après Bulgulglu, son village n’est pas très loin, mais au moins à deux jours de marche, donc au cas où, je laisserai mes pensée toujours lisible par Zoé. Puisqu’elle m’a dit qu’elle avait du mal à lire mon esprit, j’ai fait cette horloge, mais elle devra faire avec si c’est les jours sont d’une durée vraiment différente.
Ah, et Charlotte, s’il m’arrive quoi que ce soit, tu trouveras ici les plans pour la construction des autres bâtiments, ici ce sont les pièges et leurs emplacements par rapport au campement, et là c’est certaines théories moderne qui pourrait potentiellement être utilisés. Ça c’est mon testament, je te le laisse à toi parce que en tant qu’adulte, tu as plus de maturité que les autres, sur ce, tu peux aller travailler !

En entendant le mot ‘testament’, Joseph avait baissé la tête et Charlotte avait blêmi.

Le garçon se dépêcha de sortir de la pièce en boitant avec sa jambe de bois après avec murmuré un vague ‘à plus’ en fermant la porte. Après l’expérience qu’il avait vécu le premier jour, un traumatisme persistait, et qui pourrait lui reprocher cela ?

Tom s’était exprimé avec légèreté, et c’était une chose qui inquiétait plus que tout Charlotte. Elle s’imagina le décès de ses élèves et serra les points en mordant sa lèvre inférieure avec force.

Le professeur, qui ressemblait plus à une enfant qu’autre chose, était resté debout derrière Tom qui s’était replongé dans son travail.

Au bout d’un moment, il se retourna et la dévisagea.

–     Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? Je pensais que tu étais parti nous aider, c’est vraiment pas le moment de rien faire, tu sais ? J’ai pas dormi depuis au moins trente heures, alors si tu n’as rien à me demander, j’aimerai pouvoir finir ce que je dois faire pour prendre un peu de repos. Tu ne sais pas à quel point faire prendre un bain à Bulgulglu est épuisant.

Charlotte se mordit la lèvre inférieure à nouveau et dit tout bas, d’une voix inaudible.

–     J’ai quelque chose d’important à t’avouer, à toi et aux autres…

Tom tendis l’oreille mais il ne comprit pas ce qu’elle venait de murmurer.

–     Pardon ? Tu peux répéter s’il te plaît, j’ai rien entendu…
–     Non rien, désolée d’avoir pris ton temps pour rien, je pars faire ce que tu m’as demandé.

En relevant la tête, le petit professeur afficha un sourire qui se voulait plein de courage mais était évidemment faux. Elle ramassa rapidement la plaque avec le plan de l’horloge et les rouages que Joseph avait fait et s’empressa de sortir après s’être excusé.

Tom, qui était de nouveau la tête dans ses écrits, ne remarqua pas les larmes qui brillaient dans ses yeux quand elle quitta la pièce.

–     Eh bien, Bulgulglu, certaines personnes ont des comportements étranges ces temps-ci, t’es pas d’accord avec moi ?

Le petit gobelin, qui dormait dans un coin, répondit par un petit ronflement étouffé.

 

–     Qu’est-ce que ça signifie ? Tom ! Ouvre immédiatement cette porte, ou je vais demander à Anthon de venir la démolir à coup de poing !

Tom se réveilla en sursaut. Il s’était couché un peu plus tôt pour récupérer quelques heures de sommeil, mais une personne en colère était venue tambouriner à la porte barrée.

En jetant un coup d’œil à la fenêtre proche de la porte, il vit que les soleils s’étaient déjà couchés.

« Qu’est-ce qu’il se passe encore ? Ils pensent qu’ils peuvent tous faire ça ou quoi ? Ça commence à devenir lassant à la fin ! »

Il dormait à même le sol, à côté de la petite cheminée improvisé où il ne restait que des braises rougeoyantes. Il sentit une petite main tirer le tissu de son pantalon et vit Bulgulglu, terrifié, qui le regardait avec des yeux larmoyants.

Tom lui sourit et lui dit de ne pas s’inquiéter, puis il se dirigea vers la porte.

En l’ouvrant, il découvrit Amélie, qui le foudroyait du regard.

–     Ah, c’est toi…

Les yeux d’Amélie jetaient des éclairs.

–     Oui, c’est moi ! Et tu me dois des explications !
–     Je ne te dois rien du tout, d’ailleurs, je ne sais même pas de quoi tu parles, c’est possible d’avoir un peu de sommeil ou c’en est trop demandé ? Je suis sûr que tu peux repasser demain, n’est-ce pas ?

Alors que Tom avait commencé à la refermer, Amélie glissa son pied dans l’interstice de la porte pour empêcher sa fermeture.

–     Tu dormiras quand tu m’auras expliqué tout ce qu’il se passe, et ne crois pas que je vais te laisser faire même si tu t’enfermes là-dedans !

Avec un soupir, Tom rouvrit la porte pour la laisser entrer.

–     Et si tu pouvais t’habiller, ça m’arrangerai.

Détournant le regard, Amélie venait de s’apercevoir qu’il était torse-nu. En détournant le regard, elle rougit.

Les dernières semaines passé dans ce monde avait forcé Tom plus que quiconque à travailler son physique, étant le seul à ne pas avoir reçu d’amélioration physique comme ses camarades.

Les entraînements avaient commencé à porter leurs fruits, et même s’il n’arrivait pas au niveau d’Anthon et de son « armure », ses muscles à lui étaient tout de même bien dessinés.

Il se pinça l’arête du nez en soupirant à nouveau. Ces derniers temps, cela commençait à devenir une habitude.

–     Je voudrais bien, mais Bulgulglu a déchiré ma chemise en jouant avec et j’ai pas le temps d’aller chercher de quoi me changer, alors à moins que tu me passes la tienne, tu devras supporter de me voir comme ça. C’est que de la chair tu sais, c’est pas comme si ça avait une importance, mais peu importe, explique donc ce que tu entends par « des explications » ?

En entendant un nom qui lui était inconnu, elle haussa un sourcil, puis elle leva les yeux aux ciels à sa question, comme si ce dont elle parlait était quelque chose d’évident.

–     Je te parle de ce que tu trafiques avec Joseph et Anthon ! J’ai compris que vous prévoyez de partir quelque part, alors je voudrais une explication !
–     Donc tu parlais de ça, si tu avais attendu demain, tu aurais eu l’explication, mais puisque ton impatience est à la hauteur de ton irrespect pour ton camarade, je suppose que je suis obligé de t’expliquer depuis le début.

Amélie baissa de nouveau la tête en rougissant de plus belle. Elle savait que venir demander des explications en pleine nuit n’était pas très courtois, mais dès que Tom faisait quelque chose, elle ne pouvait s’empêcher d’essayer de trouver une raison cachée à ses actions.

Le diaboliser était devenu un de ses passe-temps, mais elle ne pouvait pas le partager avec ses amies car elle n’avait aucune preuve concrète pour parler des plans machiavéliques qu’il préparait quand ils avaient le dos tournés.

Tom, inconscient des pensées étranges qui s’agitaient dans la tête de sa camarade, s’assis à côté de la cheminée et y mit deux nouvelle buche pour faire repartir le feu.

Amélie s’installa à côté de lui, mais elle conserva une distance en se disant que s’il essayait de lui faire quoique ce soit, elle partirait en courant.

Depuis la mort tragique de Nolan, l’attitude qu’avait Amélie avec Tom avait drastiquement changé. Sa manière d’agir et de parler l’énervé, car il faisait des choses qu’elle jugeait immorales, alors que quand elle se retrouvait seule et y pensait sérieusement, elle se rendait compte que tout était fait pour leurs biens à tous.

Le fait qu’il l’ignore était une autre chose qui l’enrager, car elle était habitué à ce que tout le monde lui prête attention. Elle ne comprenait pas pourquoi il faisait ça, et quand elle cherchait à lui reprocher ses actions, elle était forcée de reconnaitre le bienfondé de celles-ci.

Ces choses faisait que Amélie devenait rude avec Tom pour la seule bonne raison qu’elle était trop puérile pour s’excuser et repartir sur de bonne bases.

Tom se mit à parler, la ramenant à la réalité.

–     Il y a deux jours, une petite créature est apparue au campement, on pense que c’est un gobelin. J’ai demandé aux concernés de garder le silence pour éviter qu’un imbécile essaye de l’assassiner ou lui faire quelque chose pour je ne sais quelle bonnes raisons. Après multiples essais, j’ai réussi à apprendre qu’il n’est pas un individu isolé mais qu’il vient d’un village, apparemment, il s’est perdu en cherchant des insectes dans la forêt et il a été attiré par les bruits dans le campement.
Ce que je veux faire, c’est prendre Anthon et quatre autres personnes avec moi et ramener Bulgulglu à son village. Ça pourra, de un, nous éviter une situation où nous pourrions être suspecté de kidnapping et attaqué par une potentielle horde de gobelin, et de deux, d’en savoir plus sur ce monde. Je suis certains que des créatures qui vivent dedans possèdent au moins un peu de connaissances.
–     Très bien, alors je veux en être !

Amélie s’était relevée avec un air déterminé.

–     Je crois pas non, le but de se déplacer en petit groupe est d’être paré à fuir rapidement si un ennemi apparait. L’objectif est donc d’éviter toutes blessures, donc tu n’aurais aucune utilité. Et puis imagine qu’un monstre attaque le campement alors que tu es au loin et qu’un grand nombre de personnes sont blessées ? Réfléchis un peu avant de parler…

En même temps qu’il finissait de lui répondre, le petit gobelin apparut derrière Tom. Il regardait Amélie à moitié caché par le torse de l’adolescent.

–     Qu’il est mignon !

En écarquillant les yeux de surprise, Tom regarda Bulgulglu en haussant un sourcil. Il lui rendit un regard interrogateur.

Il ne le trouvait pas mignon. Agréable et aimable, très certainement, mais il était laid, c’était un fait.

–     Mignon ?
–     Migon ?

L’humain et le gobelin haussèrent un sourcil en regardant la fille qui venait d’exclamer quelque chose d’étrange.

–     Mais oui ! Il est trop chou, comment il s’appelle ? Vient par ici mon petit, je vais pas te faire de mal, tu sais.

Sa proposition eut l’effet contraire sur le gobelin. Il se cacha encore plus et raffermit sa prise sur la peau du dos de Tom, ce qui le fit grimacer de douleur.

–     Dlu gul bulbulu gu ?

À sa question, Tom hésita avant de répondre.

–     Dlu gul bulbulu… uu ?

Amélie avait plissé les paupières en les entendant parler dans une langue étrange.

–     Qu’est-ce que tu viens de lui dire, réponds moi ! Tu ne lui as pas dit quelque chose sur moi, hein ?
–     Calme toi, je lui ai simplement dit que tu n’étais pas dangereuse, alors pas la peine de t’énerver, tu lui fais peur ! Bon, sur ce, je pense avoir répondu à tes questions, alors si tu pouvais me faire le plaisir de me laisser dormir, je te revaudrais sans doute ça ! Allez, ouste ! Dehors !
–     Tu ne peux pas me forcer à sortir !
–     Je ne peux pas, en effet, mais qu’est-ce qui se passerai si j’allais voir Nathan pour lui dire que tu es venu me voir tard le soir ? Ou que je lui parlais tout simplement de ton comportement complètement différents avec moi que celui que tu as avec les autres ? Je me demande ce qu’il dirait… Et surtout comment il te verrait ? Il sera peut-être dégouté ?

En l’entendant parler de Nathan, le visage d’Amélie se colora d’un beau rouge et elle détourna sa tête quand elle lui répondit.

–     Je-je vois pas de quoi tu parles ! Nathan et moi, on est juste ami ! Pourquoi tu voudrais lui parler de mon attitude ! Tu cherches juste à m’embrouiller !
–     Juste pour que tu le saches, Nathan ne va pas partir avec nous, il va rester ici, donc si tu t’imaginais que ça va être du camping pendant lequel tu vas pouvoir flirter avec lui, laisse-moi te dire que tu te goure sur toute la ligne ! Mais si tu sors et que tu me laisse dormir, alors je ne dirais rien à Nathan, deal ?

Amélie eut un air surpris et sa rougeur empira. Elle essaya de se justifier, mais elle ne parvenait pas à s’exprimer clairement.

« Mon dieu, si tout le monde était comme elle, je n’aurais pas de mal à les comprendre… Mais je pense qu’elle est juste trop naïve… Et puis c’est plus facile de la manipuler je suppose… »

–     Si tu pars maintenant, je te laisserai même jouer avec Bulgulglu demain, et je pourrais même te raconter des anecdotes sur Nathan, ça te vas ?

A la mention de « Anecdotes sur Nathan », les yeux d’Amélie brillèrent avec intensité. Elle toussa pour se donner contenance, puis prit la parole.

–     Je vois, si tu le présente comme ça, je ne vois pas de raisons de refuser…

En faisant la moue, Amélie se leva. Elle essaya une dernière fois d’appâter Bulgulglu, mais celui-ci continuait de se méfier d’elle. En soupirant avec tristesse, elle s’approcha de la porte pour sortir du petit bâtiment quand elle se rappela la raison de sa venue.

Elle fit volte-face et pointa un doigt accusateur sur Tom, toujours assis sur le sol.

–     Ah ! Non ! Tu essayes de me distraire ! Tu ne m’auras pas ! Je veux quand même venir avec vous ! C’est pas juste !

Tom leva les yeux aux ciels et poussa un soupir exaspéré.

–     Bon, écoute-moi bien. Comment je le vois, tu as juste envie de t’en aller d’ici, on dirait une gamine de cinq ans qui veut partir à Disneyland parce que ses amies y sont allés aussi. Tu crois que t’es la seule à t’ennuyer ? Y’a plus internet, y’a plus de livres, y’a plus d’électricité, on est obligé de se laver dans un lac et on fait nos besoins dans la nature. Je veux bien avouer que ton attitude de Princesse t’allait bien quand on était encore dans notre monde, mais là tu peux plus te permettre. Peut-être que tes parents te manquent, mais devine quoi, tout le monde est comme toi… Et moi je ne sais même pas où se trouve Camille, alors que toi tu sais que tes parents sont en sécurité chez eux !
Et puis tu parles sans même penser à ceux qui vont partir pendant on ne sait combien de jours dans l’inconnu avec en tête la possibilité de ne pas en revenir ! C’est peut-être un jeu pour toi, mais moi je prends tout ça très au sérieux ! Je peux pas continuer à te supporter quand tu me crie dessus dès que tu me vois. Penses donc que je suis un démon, mais laisse-moi au moins faire ce qui est nécessaire pour la sécurité des autres, la tienne incluse !

Sans s’en rendre compte, Tom s’était mis à crier.

Le fait de parler avec elle lui avait rappelé son amie d’enfance, Camille, et ce que son prof avait dit quant à la disparition de ses élèves.

Il était persuadé qu’elle avait atterri dans le même monde que lui ou peut-être un autre, mais il n’avait aucun moyen de le vérifier et de s’assurer de son bien-être. Si elle était apparu en plein milieu d’une forêt identique à la leurs, elle risquait de subir le même sort que Mathieu ou de Nolan, et il y avait le risque que les mâles de sa classe deviennent fous et commencent à laisser libre court à leurs désirs.

Tellement de chose auxquelles il ne préférait pas penser, mais sa conversation avec Amélie lui remettant en mémoire les pires scénarios qui pourraient se dérouler, son anxiété ne se calmait pas. À cela s’ajouter le comportement d’Amélie qui passait son temps à lui crier dessus. Le tout lui mettant les nerfs à vif.

Alors qu’il se demandait s’il n’avait pas été trop direct avec elle, Tom vit des larmes couler le long de ses joues, et avant qu’il ne puisse réagir, elle avait éclaté en sanglot en appelant ses parents.

Tom resta à la regarder pendant une dizaine de secondes, ne sachant pas quoi faire. Son cœur s’était serré en la voyant réagir ainsi, car ce n’était pas son but, et il se sentait quelque peu responsable de son état.

Il s’agenouilla à côté d’elle et lui parla tout bas, essayant de la calmer.

–     Hé, je suis désolé, je voulais pas dire ça, c’est juste que je suis un peu sur les nerfs depuis ces derniers jours, alors tu comprends…

Voyant que ses paroles n’avaient aucun effet, il posa gentiment sa main sur son épaule, mais à sa grande surprise, elle se jeta dans ses bras en continuant à pleurer.

Surpris, il la laissa faire, se disant que c’était le meilleur remède qu’il avait pour le moment.

Caressant gentiment son dos, il lui chanta une berceuse.

C’était une chose qu’il faisait souvent avec Camille.

Jusqu’à maintenant, dès qu’elle se mettait à déprimer ou qu’il y avait un orage, elle venait en pleurant dans son lit et il la berçait jusqu’à ce qu’elle s’endorme.

Vu qu’il n’avait rien d’autre à faire, autant qu’il essaye de la calmer du mieux qu’il pouvait.

Contrairement à ses attentes, les pleures de Amélie redoublèrent.

Il cessa immédiatement de chanter, mais elle enfonça ses ongles dans son dos, et il se remit à la bercer en grimaçant de douleur. Vu qu’il n’avait pas de haut, ses ongles s’enfoncèrent dans sa peau. En plus de ça, il sentait les larmes goutter sur sa poitrine et dégouliner sur son torse.

Au bout de ce qui lui sembla une éternité, l’adolescente se calma enfin.

Elle resta allongée dans les bras de Tom, et quand il souleva ses cheveux, il vit qu’elle dormait à poing fermé.

–     Sérieusement ? Tu viens me crier dessus pour ensuite pleurer comme une madeleine, et maintenant tu t’endors ? J’y crois pas…

Il l’agita un peu, et dès qu’elle fut réveillée, elle sauta sur ses pieds, le visage rouge.

Elle bégaya une excuse et s’enfuit du bâtiment en courant sous le regard surpris de Bulgulglu.

–     Je t’avais pas dit qu’il y avait de plus en plus de gens au comportement étrange ces temps-ci, pas vrai ?
–     Gu ?
–     Nan rien, laisse tomber, c’est pas important… Repartons dormir !

Le lendemain, elle était là aux premières lueurs. Elle ne fit aucun commentaire quant à ce qu’il s’était passé la veille, mais regardait parfois Tom avec les yeux plissés, comme si elle le suspectait de lui avoir jeté un sort.

Elle essaya toute la matinée de faire sortir le petit gobelin de sous la table où il s’était réfugié après l’avoir vu s’approcher avec les yeux brillants.

Au bout d’un moment, excédé, Tom lui expliqua qu’utiliser de la nourriture pour le faire sortir était le meilleur moyen.

Amélie le remercia du bout des lèvres, comme si elle arrachait sa gratitude de son être à contrecœur.

 

Lorsque le jour toucha à sa fin, Anthon rassembla les quatre personnes qu’il avait assemblées pour le voyage et les amena devant la petite construction que Tom occupait depuis trois jours déjà.

Derrière Anthon se tenait Margaux, la fille aux deux pistolets, Jack, l’américain à la lance, Eva, la petite pyromane et Elias, un garçon silencieux qui avait des vues sur Margaux.

Tom se comporta de la même manière qu’il avait fait avec Anthon, en leurs demandant de ne pas paniquer, avant de les faire entrer dans la pièce et de leurs présenter Bulgulglu.

Il leurs fit un rapide topo de la situation et de ce qu’ils se préparaient à faire, et ayant obtenu le consentement de ses quatre camarades, il les pria d’aller se coucher pour être en forme demain, car ils allaient partir tôt.

–     Attend une seconde Anthon.

Tom arrêta le grand garçon avant qu’il ne franchisse le seuil de la porte.

–     Durant ce voyage, je veux que tu saches que c’est toi le chef, qu’importe ce que tu nous dit de faire, on sera obligé d’obéir, moi inclut. Je suis incapable de me mouvoir correctement et je vais être fatigué rapidement, mais si quelqu’un pouvait communiquer avec les gobelins, je lui aurai laissé ma place volontiers, mais comme je suis le seul, ça devient ma responsabilité d’obtenir des informations. Ton rôle est primordiale, alors fait ce qu’il te semble le mieux pour assurer notre sécurité sans te soucier de nos états d’âmes, c’est d’accord ? Aussi, s’il m’arrive quoi que ce soit, je veux que tu rentres au campement illico-presto en laissant Bulgulglu se débrouiller tout seul, pareille si on se retrouve dans une situation où je vous mets en danger. Ce qui compte, c’est le nombre, pas l’individu, tu penses pouvoir faire ça ?

Anthon répondit après un petit temps de réflexion.

–     Je pense en être capable.

Avec un sourire, Tom donna un petit coup sur l’épaule d’Anthon.

–     Parfait mon gars ! Alors va te coucher, il faut qu’on soit bien reposé demain !

Anthon quitta la pièce et il partit immédiatement dormir une fois dans le dortoir.

 

Ils se réunirent le lendemain aux premières heures, et seul Nathan, Charlotte, Joseph, Zoé et Amélie était rassemblée pour leur dire au revoir.

Puisque le voyage allait durer au minimum une semaine, ils avaient empaqueté du poisson séché et autres fruits, assez pour se nourrir durant cette semaine, mais au cas où le voyage s’allongeait, ils pouvaient toujours trouver de quoi se sustenter dans la forêt. L’eau pouvait être acquise grâce à la magie d’Elias, qui était capable d’en invoquer.

Rapidement, en suivant Bulgulglu à qui Tom avait demandé de les amener à son campement, ils s’enfoncèrent sous le couvert des arbres.

Leurs camarades les perdirent de vues en une minute à peine, mais ils restèrent à fixer la lisière de la forêt, le ventre noué par l’angoisse.

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