Pérégrinations en Monde Inconnu 8 : Là où on voyage

Auteur : SamiHuunter


Hodiho les amis !

Un nouveau chapitre (ça commence à devenir une habitude)

Je commence à ne plus avoir de trucs intéressant à dire, et ça depuis le premier chapitre ! x)

Sur ce, bonne lecture !


–     Le foutez pas ici bande d’idiots ! Vous voyez bien qu’y a un espace pas rempli à côté ! Et toi, utilise pas tes pouvoirs, fais-le avec tes mains !

En faisant des grands signes de mains, Joseph criait sur ses camarades attelés à la construction du second rempart.

Maintenant que le rempart extérieur avait été terminé, le travail était devenu bien plus lent.

Cela était dû en grande partie par le sentiment de sécurité que dégageaient les épais rondins de bois planté dans le sol et qui les dominaient de leurs trois mètres de haut.

Une seule sortie avait été faite dans la muraille intérieure qui encerclait entièrement le campement, ainsi qu’un système pour la porte qui se relevait en tirant sur deux cordes et venait s’emboîter parfaitement avec les rondins voisins.

La corde avait été faite avec la coopération de Tom et de quelques filles.

Il avait demandé aux filles de récupérer les coutures de la plupart des vêtements qu’ils possédaient, en en laissant bien évidemment pour que les habits conservent leurs fonctions premières. A part pour le pauvre Jules qui ne retrouva que les morceaux de tissus qui avaient été ses vêtements la veille quand il se réveilla.

Joseph soupçonnait les filles de se venger de son habitude à ‘‘accidentellement’’ attraper un bout de fesses ou de poitrine sur le chantier. Chris avait tellement rit en le voyant, des bouts des tissus noué comme un pagne, qu’il avait recraché par le nez le jus de fruit qu’il buvait à côté de William, ce qui ne fit qu’empirer son accès de de fou-rire.

Les filles s’étaient simplement moquées de lui, affichant un air innocent. C’était à ce moment que Joseph avait commencé à prendre peur de cette solidarité féminine qui semblait les souder plus sûrement que les vertèbres sacrales.

Tom leurs avait alors demandé de les attacher de manière à faire de longue ficelle de plusieurs mètres de longs. Il avait ensuite trempé une de ces ficelles dans un pot qu’il avait au préalable placé sur certain arbres pour récupérer leurs sèves. Après qu’il ait répété le processus de trempage et séchage de la ficelle plusieurs fois, il demanda à ce qu’elles l’imitent pour les autres ficelles. Une fois en possession de tous ces bouts de ficelles renforcées par la sève étrange qui les enduisait, il montra aux filles comment les tresser entre elle pour obtenir plus de résistance.

Le résultat avait été assez impressionnant, même si la corde était un peu fine, elle semblait très résistante.

Après qu’Anthon est échoué à la faire craquer, des cris de joies s’étaient élevée de chez les filles qui avait passée presque deux jours entiers pour faire ces deux longues cordes.

Personne n’aurait pût dire, en voyant les muscles d’Anthon se gonflait de manière impressionnante et des veines apparaitre sur son front, qu’il avait feint de ne pas réussir à déchirer la corde tressée. Pourtant, Joseph avait vu Tom lui murmurer quelque chose tout bas et lui tapoter l’épaule avec gratitude.

Pour confirmer les soupons qui germait dans son esprit, il était entré dans sa maison, car c’était comme ça que tout le monde appelait le petit bâtiment dans lequel il avait emménagé, et lui avait demandé si c’était du cinéma. La réponse qu’il lui avait donnée l’avait fait réfléchir.

–     Je sais que t’es pas idiot, Jo, c’est pour ça que j’ai pas de raison de te cacher la vérité. Je peux te prouver mathématiquement que cette corde est extrêmement solide si tu en doute, j’ai déjà fait des test avec Anthon pour trouver l’élasticité d’un fil de couture enduit de cette sève magique, et ça atteint des chiffres assez incroyable pour ses composant, ça possède presque la résistance d’un fil d’acier.
Mais on parle d’Anthon là, c’est quelqu’un capable de fracasser à main nu le crâne d’une bestiole, t’as vu comment il porte un tronc d’arbre sur chaque bras ? Bien sûr que c’était du chiqué, mais il faut penser plus loin que juste leurs faire croire quelque chose. Ça va leurs donner l’impression que quelque chose a été réalisée, et le fait d’avoir réussi à vaincre la force titanesque d’Anthon va les rassurer : Si même lui n’arrive pas à la casser, alors qui peut le faire ? Tu vois ce que je veux dire par là ? Pense un peu aux parents qui disent que le dessin de leur rejeton est magnifique alors qu’on dirait une crotte agrémenté d’arc-en-ciel, c’est le même principe.

Joseph ne savait pas si c’était une bonne chose ou juste mesquin, mais il devait avouer qu’il marquait des points. Le respect qu’il éprouvait pour Tom grandissait à chaque fois qu’il le voyait.

Et pourtant, il restait la plupart du temps enfermé dans sa maison, à s’abîmer les yeux sur des plaques de bois que Joseph délivrait et qu’il remplissait de paragraphe et de formule, au lieu de sortir pour être en compagnie de ses camarades.

Il se rappelait le premier jour où ils étaient arrivés dans ce monde, il avait détesté Tom à tel point qu’il avait sérieusement pensé à l’assassiner et à couvrir son meurtre en attaque de monstre, mais quand il l’avait vu parler à Charlotte et Lily de la construction du campement, il avait pensé à réaliser son œuvre à la fin de la construction, histoire de le laisser travailler sur leurs sécurités et se débarrasser de lui une fois qu’il ait perdu toute utilité. Il avait tout de même des sans-fautes à tous les tests alors qu’il passait ses cours la tête dans ses bras à dormir, alors il pouvait s’attendre quelque chose, n’est-ce pas ?

Il fut surprit de se voir accompagné par la personne qu’il comptait tuer, et plus encore quand il lui expliqua comment fabriquer une prothèse de jambe fonctionnelle. Il s’était dit que c’était sa manière à lui de s’excuser, mais il n’en avait pas l’impression, c’était comme si ce qu’il lui avait fait à la jambe avait déjà était oublié.

Pourtant, sans s’en rendre compte, il avait petit à petit changé d’avis, se rendant compte que même si les actions de Tom pouvaient parfois être assez difficiles à supporter d’un point de vue moral, quand il l’avait entendu discuter de la mort de Nolan avec Nathan et le choix qu’il avait pris pour que les autres n’ai pas à mourir pour rien, il avait cessé de vouloir se venger pour quelque chose qui, au final, lui avait sauvé la vie.

Quand il avait demandé à Nathan comment cela se faisait qu’il connaissait autant de choses, son ami s’était contenté de hausser les épaules en disant d’un air résigné : « C’est un génie, c’est tout. »

Il avait déjà vu des génies auto-proclamé à la télé, mais c’était simplement des gens très intelligents, ils se contentaient de réfléchir très vite et avait un bon esprit d’analyse qui donnait l’impression qu’il faisait des choses incroyable et pour cette raison, il restait sceptique quand à cette appellation de génie.

Cependant, en entrant sans prévenir chez lui pour déposer un tas de plaque de bois, il l’avait vu, un bout de charbon dans chaque main, écrire des deux mains deux choses complètement différente. En même temps, il essayer d’expliquer à Nathan, qui était assis à côté de la cheminé, comment fonctionnait un moteur à explosion.

Joseph avait à ce moment-là ravalé son scepticisme et avait commencé à l’appeler ‘le Génie’.

Maintenant, c’était difficile de se passer de lui dans le campement, même s’il était parti hier, il avait tout de même couché sur des milliers de planches organisées, titrées et numérotées, une somme pantagruélique de savoir divers et variée.

Une catégorie entière était destinée à l’amélioration de la sécurité du campement, avec des plans et des calculs que Charlotte ou un bon élève serait capable de faire si on lui donnait du temps.

En allant chercher le plan des six tourelles qui allaient renforcer la qualité de leurs défenses, il avait vu du coin de l’œil un tas de feuilles. Jusqu’à là, Joseph avait vu Tom s’escrimer à copier sur des planches en bois, mais il était curieux de voir qu’est-ce qu’il avait bien pu écrire sur des feuilles si précieuse.

Il attrapa le gros paquet, il lut la première page :

« Ceci est mon testament.

Hum, je ne m’attendais pas à écrire quelque chose de si sombre à mon âge, mais puisque nous allons partir en zone inconnu pendant un période indéterminé, je pense qu’il serait préférable que je marque noir sur blanc mes dernières volontés et dernières pensées

Tout d’abord, je veux que les feuilles qui suivent soit données à la personne dont le nom est indiqué sur la première page de chaque feuillet… »

Joseph s’arrêta de lire, le cœur au bord des lèvres.

Comment quelqu’un de son âge pouvait écrire un testament ? Comment pouvait-il supposer que quelque chose d’horrible puisse lui arriver ? Joseph n’en savait rien, mais sans savoir pourquoi, il sentait des larmes lui picoter les yeux.

Il regarda le paquet et vit qu’il y avait quatre feuillets.

Le premier était le plus fin et indiquait des choses qui n’avait pas grand choses de logique ainsi que le traitement de Bulgulglu. Il se dit que la première partie avait été faites parce qu’il voulait simplement s’amuser.

Le second faisait quelque page à peine, sur la première, il avait laissé une page entière vierge avec simplement marqué « Pour Nathan » de sa belle écriture au milieu. Ne résistant pas à la curiosité, il lut la première page.

Il n’y comprit rien.

Tout était écrit dans un langage incompréhensible, avec un alphabet qui ressemblait à du grec. A l’arrière de la page titre, il y avait noté « Puisque je sais que tu ne te souviens jamais de l’alphabet, j’ai pensé à le remettre 😉 » et s’ensuivaient la liste des lettres de l’alphabet ainsi que leurs équivalents latin.

Joseph essaya de décrypter les mots avec leurs transcriptions, mais les mots qu’il parvenait à transcrire en alphabet latin n’avait pas de sens, il en conclu que c’était une langue étrangère et attrapa le troisième feuillet.

« Pour Emma » était inscrit en première page. Les caractères utilisés étaient semblables à ceux utilisés dans la lettre à Nathan, mais il en contenait d’autres inconnus, et vu qu’il n’y avait pas l’alphabet, il en conclu que cette Emma devait connaitre cette langue mieux que Nathan.

« Emma… Ça serait pas la petite sœur de Nathan en seconde quatre ? »

La dernière liasse était la plus épaisse. Elle devait contenir au moins une cinquantaine de feuilles. « À ma très chère Camille » était sur la première page, et encore une fois, elle était codée. Cependant, là, les lettres ne lui disait rien, il n’avait même pas d’idée de comment l’alphabet fonctionnait, car il ne voyait presque jamais les même caractères, mais des versions différentes de ceux-ci.

En voyant à quel point le titre avait été écrit avec application, il se senti mal à l’aise, comme s’il venait de découvrir un secret qu’il aurait préféré ignorer. Il était en train de fouiller l’intimité de Tom, et il ne s’en rendait compte que maintenant.

Il reposa le tout là où il les avait trouvés, et sorti aussi rapidement que sa jambe le permettait avec les plans de constructions sous le bras.

Après s’être dit qu’il valait mieux oublier ce qu’il avait lu, il partit continuer à surveiller le chantier.

Alors qu’il travailler sur la préparation de certaines pièces de mobilier en observant ses camarades du coin de l’œil en sifflotant, il éternua.

« Ça, c’est certainement l’un de ces idiot qui parlent de moi ! »

Il se remit à travailler avec un sourire sur les lèvres.


–     Saleté d’armures ! C’est vraiment pas pratique ces trucs ! Vous êtes sûr qu’on peut pas les enlever ? Vous savez comme moi que ça nous sert à rien !

Anthon et ses camarades poussèrent un énième soupir.

Cela ne faisait qu’un jour qu’ils étaient partis, et Eva leurs portait déjà sur les nerfs.

Elias la regardait avec un air réprobateur. Ses yeux marrons la fusillaient du regard. Il passa une main dans ses cheveux bruns coupé court et se détourna d’elle.

« Sa puissance de frappe est peut-être un atout considérable, mais l’individu en lui-même est horriblement casse-pied. »

–     Oui, Eva, tu es obligé de porter ça. Et peut-être que ce n’est pas pratique, mais tu vas devoir faire avec jusqu’à ce qu’on soit rentré au campement. J’ai demandé à Joseph de faire des protections solides et de les mettre sur nos vêtements, tu penses que j’ai fait ça pour rien ? Ou juste pour passer le temps ?
–     J’ai jamais dit ça ! Je remarque juste que les garder toutes la journée est marcher avec est quelque peu gênant ! Pas la peine de me crier dessus ! En plus j’ai mes cheveux tous emmêlés ! Et je veux prendre un bain… C’est pas bien pour la peau de rester toute crasseuse !
–     Eva, on s’en fiche, c’est pas le moment de perdre notre temps à vouloir se baigner ou autres conneries du genre. Et si on se fait attaquer, tu seras bien contente d’avoir une protection sur ton corps, alors s’il te plaît, tais-toi donc !

Anthon avait parlé avec une voix dangereusement basse.

Eva, qui pouvait sentir la colère du chef d’expédition, se tint cointe, mais sans pour autant cesser de se plaindre tout bas. Elias était persuadé d’avoir entendu quelque chose comme « Bande de rustres ! », mais il resta silencieux, il ne voulait pas recréer un conflit comme la veille au soir, quand elle avait piqué une crise simplement parce qu’elle voulait dormir dans une tente et loin des garçons au lieu de dormir sur le sol.

Au bout d’un moment, Tom avait été sur le point de demander à Anthon de l’assommer, mais le géant les avait surpris en répondant à l’adolescente capricieuse d’une voix calme :

–     Très bien, dans ce cas, je te propose d’aller te trouver une tente ou même un hôtel, mais ne t’attends pas à ce qu’on te suive. Si tu pars, je considèrerai ça comme une désertion et te désignerai comme quelqu’un dont je ne suis plus responsable. Si tu te couches maintenant et que tu prends ton tour de garde comme prévu, je ferais en sorte d’oublier cette déclaration, à toi de voir pour la suite.

Cela avait immédiatement calmé Eva. Elle avait arrêté de parler et s’était couché en silence.

Elias ne connaissait pas bien Anthon, mais il avait toujours été persuadé que c’était le genre de gars avec un muscle à la place du cerveau et au sang chaud qui passait son temps à vouloir se battre, force était de constater qu’il avait faux sur toute la ligne.

Ils devaient faire des pauses à intervalles régulière. Non pas parce qu’ils se fatiguaient, mais parce que Tom en avait absolument besoin. Les autres, Bulgulglu inclut, pouvaient sans problème continuer à marcher sans ressentir le besoin de se reposer.

Même s’il s’était mis à faire des exercices, il ne pouvait pas développer son endurance aussi rapidement que ça. Et de l’endurance, il en avait besoin pour marcher à travers une forêt à la végétation tellement dense que le chemin devait être tracé à coup d’épée dans les feuilles, buissons et autres racines.

Elias s’en était rendu compte lors du premier jour, dès le départ en fait. Il se déplaçait avec aisance, lui ainsi que ses camarades, mais Tom restait en arrière et faisait des exercices de respiration pour améliorer sa marche, mais il avait tout de même l’air d’en baver.

Une autre chose qu’il avait remarquée était le manque de visibilité. L’épais toit végétal formé par le feuillage touffu des arbres filtrait à leurs grands désespoirs les rayons solaires. C’était un fait qu’il n’avait pas réalisé au campement, car il n’y avait pas d’arbre pour recouvrir le ciel, et comme il faisait partie d’un groupe qui ne s’enfonçait jamais dans la forêt, il ne le remarqua à nouveau qu’au moment où ils perdurent de vue leurs camarade au campement.

Elias ne se considérait par comme une poule mouillé ou quelqu’un de facilement terrifié, mais il fallait avouer que cette forêt le mettait mal à l’aise. Quant à savoir ce qui le mettait dans cette état, il hésitait entre le silence pesant qui planait sur le groupe, trop concentrés sur leurs marches et aux alentours pour vouloir parler, ou les seuls bruits ambiants qui lui parvenait aux oreilles : le bruits de leurs pas, celui des bruissement des feuilles et des branches qui frottaient les unes contre les autres au gré du vent qui les agitait ainsi que celui des battement de son cœur qui résonnait bruyamment à ses oreilles.

« Aaaah, qu’est-ce que je donnerai pas pour être de retour au campement et écouter William jouer de sa flûte en caressant la fourrure toute douce d’un de ces petits lapins trop mignons… Je me demande encore pourquoi j’ai accepté de partir avec eux. »

Alors qu’il continuait son aparté mental, son regard tomba sur la silhouette de dos de Margaux, et ses dernières pensées négatives furent balayées comme un fétu de paille.

« Bien sûr… Si je suis avec elle je pourrais aller jusqu’au bout du monde… Ah non mais regardez-moi ces fesses bouger, je pourrais passez ma vie à les regarder… Elles devraient être interdites par la loi ! Qu’est-ce que je donnerai pas pour pouvoir les malaxer à mon aise… »

Hypnotisé par le balancement des hanches de Margaux et les mouvements de son postérieur, il resta à les fixer des yeux jusqu’à ce que l’adolescente sente son regard intense sur elle et se retourne. Elias soupira en détournant les yeux à contrecœur et avec effort.

Si seulement il était moins timide, peut-être aurait-il le courage d’avouer la passion qui brûlait pour son amie.

Il se remit à détailler son amie.

Des cheveux blonds vénitien qu’elle gardait assez court, des yeux noisettes et quelques taches de rousseurs sur son petit nez et des lèvres pleines qui ne demandaient qu’à être embrassée. Une poitrine convenable, s’il se mettait à comparer avec les autres filles de la classe, elle n’arrivera peut-être pas en première, mais certainement pas en dernière. Une taille fine et des hanches larges. Et des fesses bien rebondies qui seraient étrange sur le corps d’une fille différente.

Sans se rendre compte qu’il s’était remis à penser comme un pervers, son esprit se remplit des choses cochonnes qu’il espérait pouvoir faire avec Margaux alors qu’il la dévorait des yeux.

La voix d’Anthon mit un terme à ses fantasmes.

–     On va pas tarder à faire une pause, ça sera la dernière, après ça, on continuera jusqu’à ce que le soleil se couche.
–     Les soleils, pas le soleil.
–     C’est la même chose, Tom.

Tom s’assit sur le sol en soupirant de soulagement. Ses pieds le faisaient atrocement souffrir et ses courbatures le faisait grimacer à chaque pas, cette pause était la bienvenue.

Elias s’approcha de lui et commença à chanter une incantation, une gourde à la main. Après qu’un cercle bleu soit apparu devant lui, de l’eau apparut au-dessus du goulot et remplit la gourde à ras-bord.

Avec un sourire, Tom prit la gourde que son camarade lui tendait et le remercia chaleureusement. Elias attendis qu’il finisse de boire pour lui poser une question qui lui trottait dans la tête depuis un bout de temps.

–     Et donc, comment ça se fait que tu puisses pas utiliser la magie quand des gens comme Chris ou Jules y arrivent parfaitement ? Je veux dire, c’est pas comme si tu manquais de matière grise ou quoi, je pense qu’on a bien comprit ça durant ces dernières semaines… Alors pourquoi tu ne peux même pas faire apparaître une flamme ou quoi ?

Tom l’avait écouté en silence, puis il avait expiré longuement par le nez, comme s’il réfléchissait.

–     Pour te dire la vérité, Elias, je n’en sais rien moi-même. Je ne pense pas que l’intelligence à quoi que ce soit à voir avec l’utilisation de la magie. Peut-être que je n’y arrive pas parce que justement je réfléchis trop, d’après ce que les autres m’ont dit, ils utilisent la magie de manière instinctive, et se contente de réciter les phrases dans leurs têtes.

Ou peut-être est-ce une question de talent, je veux dire, vous avez été renforcé physiquement, alors que je suis obligé de faire des pauses toutes les deux heures.

Peut-être que c’est un organe qui produit la magie et qui la fait passer à travers vos corps, d’où votre amélioration physique… si c’est le cas, je pense que je ne possède pas cette organe, qu’il est atrophié ou qu’il ne fonctionne pas…

Elias l’écoutait en hochant la tête. Ses hypothèses avaient l’air de tenir la route, mais Elias le voyait autrement.

Depuis tout petit, il avait toujours adoré les histoires de magies que ses parents lui lisaient, et même en grandissant, il avait continué à apprécier ce genre d’histoire. Il s’était mis aux RPGs et autres jeux dans des mondes fantastiques uniquement parce que ça le faisait rêver.

Le fait qu’il se soit retrouvé dans un monde où ce rêve était devenu réalité l’avait quelque peu chamboulé, mais il s’était rapidement adapté à ses nouveaux pouvoirs, et si on lui proposait de revenir chez lui en échange de ceux-ci, il choisirait sans doute de les garder.

Il savait comment ils fonctionnaient, et il était persuadé que Tom s’y prenait mal pour essayer de comprendre la magie.

–     Peut-être qu’il faut simplement que tu y crois très fort pour que ça marche… Après tout, c’est de la magie, non ?

Il y eu un silence pendant lequel Tom dévisagea Elias avec des yeux comme des soucoupes, puis il explosa de rire.

Son éclat résonna dans la forêt et les oiseaux qui se trouvaient assez proches s’enfuirent de leurs perchoirs avec des piaillements indignés.

Tom essaya de contrôler son accès de fou rire, mais il lui fallut plusieurs minutes pour retrouver son sérieux. Il essuya les larmes qui avaient coulé sur ses joues et tapota le dos d’Elias, un sourire étirant toujours ses lèvres.

–     Ah, mec, merci, ça faisait longtemps que je n’avais pas ris à ce point ! Et non, ça m’étonnerai que ça suffise, et puis, croire pour que ça fonctionne, c’est très différent d’un point de vue scientifique…

Elias, vexé, avait froncé les sourcils. Il se contenta de dire avec une voix plus aiguë qu’à son habitude :

–     Mais c’est de la magie non, c’est déjà quelque chose d’anti-scientifique !
–     Ce à quoi je réponds : correct !

Tom leva un doigt devant Elias. Quand il se remit à parler, son expression était redevenue sérieuse.

C’est en effet quelque chose de vrai, mais est-ce bien vrai ? Je me permets d’en douter. Le monde d’où l’on vient nous a appris que la matière était composée d’atomes. Je pense sincèrement que la magie utilise un ou plusieurs éléments inconnus qui n’ont pas leurs places sur le tableau périodique des éléments.

–     Imagine que la magie utilise un atome semblable à l’hydrogène, mais avec des propriétés encore plus diverses et nombreuses. Un atome qui peut se lier avec n’importe quelles molécules et créer des interactions entre elles.
C’est donc, soit que le magicien peut manipuler les atomes et molécules environnante d’une manière ou d’une autre, soit qu’il possède un stock de ces atomes dans son corps qu’il peut utiliser à son gré. En contrôlant ces atomes, il peut par exemple les fixer sur les molécules d’H2O environnant et les assembler pour créer de l’eau liquide.
Si on reste dans cette idée, les incantations sont un moyen de programmer les molécules afin qu’elles agissent d’une certaine manière. Donc plus le sortilège est puissant et a de grandes répercussions, plus l’incantation sera longue, et plus les atomes magique seront utilisé… Pour l’instant je n’en suis qu’à là, mais quand je rentrerai, je vais me mettre à faire des expériences pour comprendre un peut tout ça.

Elias l’avait écouté avec attention. Il ne savait pas grand-chose en chimie, mais s’il se mettait à concevoir d’autre théorie impliquant des notions pareilles, Tom allait rapidement le perdre.

–     Bon, c’est pas que c’est pas intéressant, mais il faut qu’on y aille maintenant…
–     Oui chef ! Allons-y !

Ils se remirent en route alors que Tom commençait à expliquer à Jack, qui marchait à côté de lui, des notions de chimie générale. Le garçon hochait la tête et posait parfois une question, ce qui relançait Tom à parler encore et encore.

Elias aurait bien voulu pouvoir lui aussi écouter, mais comme ils parlaient en anglais, il ne pouvait pas comprendre un traître mot.

–     J’en peux plus… j’en peux vraiment plus…
–     Qui nous dit que ce sale gobelin ne marche pas totalement au hasard ? Je suis certaine que c’est un piège et qu’il essaye de nous épuiser jusqu’à ce qu’on en meurt et qu’il va festoyer sur nos cadavres.
–     Non, j’en doute Margaux, il n’a aucune raison de vouloir nous tuer, et lui-même ignore combien de temps ça va prendre, alors on va se calmer et continuer à marcher avec joie et bonne humeur, d’accord ?
–     Je suis d’accord avec Margaux ! C’est un piège !

Anthon grogna en entendant les plaintes d’Eva et de Margaux que même la logique de Tom ne parvenait à raisonner.

–     Taisez-vous tous ! On arrivera quand on arrivera, alors d’ici là, bouclez-là et avancez en silence ! Le prochain qui se plaint ou qui parle pour dire quelque chose d’improductif, je l’abandonne ici, et peut-être que le monstre d’hier pourra lui tenir compagnie !

Avec sa déclaration, le silence vint.

La mention du monstre de la veille les avait tous calmé. Elias senti le sang de son visage se retirer alors qu’il baissait la tête et fixait ses pieds.

Les événements lui revinrent en mémoire.

Ils s’étaient réveillés au lever des soleils et avait repris la route après un déjeuner frugale.

La mauvaise humeur d’Eva semblait augmenter exponentiellement à mesure que les jours passaient, mais elle arrivait à garder ses plaintes pour elle, même si parfois, quelques-unes filtraient et leurs rappelaient sa présence.

Alors qu’ils venaient de se remettre à marcher après une courte pause, un bruissement de feuilles différent de ceux qu’ils avaient désormais l’habitude d’entendre résonna. Des branches craquèrent et le sol trembla à intervalle régulière.

Tous les adolescents s’étaient arrêtés de marcher et Bulgulglu fit de même. Il s’était approché de Tom et lui avait attrapé sa main en couinant misérablement d’un air terrifié. Les autres avaient matérialisé leurs armes respectives et se préparaient à recevoir ce qui pourrait bien apparaître.

L’intensité des tremblements s’accentua et tous comprirent que quoi que cette chose fût, elle se rapprochait d’eux.

Quand un halètement fut audible, tout le monde retint sa respiration en serrant la garde de leurs armes, prêt à frapper. Tom avait sa main sur la poignée de son fleuret en bois, taillé par Joseph pour le voyage. Elias avait sa main tendu devant lui et un cercle magique flottait dans les airs, prêt à être relâché.

Ils étaient entourés par des murs végétaux constitués de tronc d’arbres et d’énormes buissons, le chemin qu’ils avaient parcouru était perceptible grâce aux nombreuses branches brisées et les coups d’épées qui avaient taillé à travers la flore, mais autre que ça, le reste était intact. Ils savaient que la bête était de l’autre côté d’un des gros buissons grâce à sa respiration haletante qu’ils entendaient, mais le rempart végétal les dissimulait à ses yeux.

Un bruissement retentis à quelques centimètres, et entre Elias et Margaux, à deux mètres de lui, un museau passa au travers du feuillage.

D’après le bout du museau qui dépassait, recouvert de poils couleur argent, cette créature devait être similaire à celle qui les avait attaqués le premier jour, peut-être plus grosse encore.

Des bruits d’inspiration s’élevèrent de sa truffe et Elias comprit qu’elle était en train de humer l’air et son ventre se noua encore plus qu’avant si c’était possible. Si elle venait à les sentir, il ne savait pas s’ils étaient capables de s’en sortir sans dommage.

La bête continua à renifler. Les secondes s’égrenèrent à une vitesse effroyablement lente, secondes durant lesquelles le monstre se contenta de humer bruyamment à côté d’eux. De la transpiration perlait sur le front d’Elias, mais il était trop terrifié d’attirer l’attention de la bête pour l’essuyer. De la sueur froide dégoulinait le long de son dos et accentuait son malaise.

Alors qu’il était prêt à libérer son sort sur le museau du loup, le reniflement cessa et le museau disparu à nouveau derrière les buissons.

Les adolescents continuèrent à rester immobiles en essayant de garder leurs souffles coupés pour s’assurer qu’ils étaient hors-de-danger.

La bête s’éloigna après presque une minute entière sans bouger. Les tremblements qui accompagnaient ses pas décrurent jusqu’à ce qu’ils ne soient plus perceptible du tout. A ce moment, ce fût comme si les six jeunes et le gobelin reprenaient vie.

Anthon s’approcha de Jack et le prit au collet alors que celui-ci s’aidait de sa lance pour se tenir droit. Sa voix était basse, sans doute essayait-il de ne pas rameuter le monstre qui venait de repartir, mais elle tremblait de sa colère contenue.

–     Tu voulais faire quoi imbécile ? Qu’est-ce que t’as pas compris dans ‘éviter le combat’ ?

Elias les regarda avec des yeux ronds. Comme le monstre l’avait complétement affolé, il n’avait rien vu de ce que son camarade avait bien put faire pour déclencher la colère de leur chef de groupe. Mais d’après ce qu’Anthon disait, Elias en conclut que Jack avait essayé d’attaquer la bête à travers le feuillage.

Tom s’interposa en tendant sa main ouverte et en repoussant sans grande force le torse du géant. Il parla d’une voix calme, sans doute pour transmettre cette émotion à son camarade.

–     Anthon, stop, ça sert à rien de s’énerver maintenant, en plus il ne comprend même pas la moitié de tes mots, laisse-moi lui expliquer.
–     Très bien, mais dit-lui que s’il recommence à faire un truc dans le genre, je n’hésiterai pas à le laisser se débrouiller seul avec les problèmes qu’il pourrait créer.
–     C’est noté, alors on peut repartir, Jack, that was the stupidiest idea you ever had…

Ils se remirent en route alors que Tom, à voix basse, réprimandait Jack pour son comportement irréfléchi.

Bulgulglu resta à côté de Tom, toujours terrifié par le monstre. Il semblait être plus sensible que les humains à sa puissance, peut-être parce qu’il ne possédait ni la même force, ni la même résistance. Tout de même, il n’oublia pas de les guider correctement à travers le dédale de branche et de verdure.

Les deux heures qui suivirent furent absolument horrible pour leurs nerfs. Alors que jusqu’à maintenant, ils se concentraient sur le bruit de leurs environnements sans y faire grandement attention, ils commencèrent à marcher bien plus lentement en s’arrêtant dès qu’ils entendaient un craquement de branche ou un bruissement un peu plus audible que les autres.

Malgré toutes leurs précautions, ils ne revirent pas un bout de fourrure de la bête.

–     Selon Bulgulglu, le village est tout proche… On devrait l’atteindre demain soir, au plus tard.
–     Et bien c’est pas trop tôt ! J’en ai ras-le-bol de cette satané forêt, y’a que des arbres, des arbres, des arbres, et parfois des monstres assoiffé de sang, et ça va faire cinq jour que je ne me suis pas lavé les cheveux.

Tous les membres du groupe levèrent les yeux au ciel, à l’exception du petit gobelin qui ne comprenait presque rien à la conversation. A croire que dès qu’elle posait ses fesses au sol, les plaintes d’Eva ressortaient par sa bouche.

–     Eva, je t’en supplie, ferme donc ta bouche, personne n’est d’humeur à écouter tes jérémiades. En plus, un insecte risque de rentrer dedans si tu la gardes constamment ouverte.

Vexée par la pique d’Anthon, la jeune fille croisa les bras et détourna la tête en gonflant les joues. Elias ne savait pas si cette technique marchait avec ses parents ou d’autres personnes, mais voir une adolescente de son âge agir de cette manière le laissait de marbre, même si elle avait le physique d’une fille de douze ans.

Bien entendu, il n’en dit rien. Il se contenta de soupirer et de s’éloigner après avoir avertis Anthon qu’il allait répondre à l’appel de ses besoins naturels.

Après avoir soulagé sa vessie contre un arbre à l’écart du campement, un bruissement attira son attention, derrière lui. Pensant que c’était un de ses camarades venu se soulager comme lui, il éleva la voix.

–     Jack ? C’est toi ?

Il tourna lentement la tête pour se retrouver nez à nez avec la pointe d’une lance. Une autre lance était pointée sur son estomac, à quelque centimètre de sa chemise sale et déchirée.

En remontant son regard le long du corps de l’arme, ses yeux rencontrèrent deux mains marrons-vertes griffus. La chose qui la tenait avait une tête chauve avec des canines inférieures protubérantes, c’était une chose très semblable à une autre qu’il avait déjà vu précédemment.

C’était sans aucun doute deux gobelins qui le menaçaient de leurs armes.

« Et merde… J’espère qu’ils vont au moins me laisser fermer ma braguette… »

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4 commentaires sur “Pérégrinations en Monde Inconnu 8 : Là où on voyage

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