Maître des âmes 13 : Bonne et mauvaise rencontre (3)

Auteur : Nightgale
Check: Sinei


On applaudit bien fort Sinei pour son check, et qui adore les bonbons au passage, alors n’hésitez surtout pas !

Bref, chapitre 13 de MdA, sacré chenapan que ce Fang. ^^

Enjoy.


 

Fang était vraiment enragé. Il était sur le point de conclure quand quelqu’un osa intervenir au dernier moment. C’était comme s’il était sur le point d’attraper un lièvre juteux et qu’il s’imaginait déjà à quelle sauce il allait le manger. Puis que tout à coup, quelqu’un surgit de nulle part pour lui voler son repas sous son nez !

Comment Fang ne pouvait-il pas être furieux ? Il commençait à sentir le sang lui monter à la tête et se tourna brusquement vers l’origine de la voix. Il était prêt à en découdre, mais il se figea tout à coup quand il aperçut la personne qui l’avait tant irrité.

De longs cheveux noirs, des yeux bleus comme le cristal et une robe assortie à la couleur de ses yeux qui ne faisait qu’amplifier son charme. Jamais Fang n’avait vu ou imaginé qu’une fille puisse être aussi magnifique.

Son cerveau resta inactif l’espace de quelques secondes, mais il reprit rapidement ses esprits. Son avarice était profondément ancrée dans sa personnalité. Peu importe à quel point elle était jolie, cette fille n’aurait pas dû convoiter ce qui lui revenait de droit.

« Désolé mademoiselle, mais nous nous étions déjà mis d’accord avec ce marchand et cet objet est à moi », commença-t-il lentement à expliquer.

« N’écoutez pas ce jeune garçon. Il voulait juste regarder cette boîte de plus près. Alors comme ça, vous voulez cet objet ? » Demanda sans attendre le marchand, ignorant par la même occasion Fang qui était en train de lui jeter un regard noir.

Il se retenait fortement d’envoyer son poing dans le visage du vendeur, mais il ravala finalement sa colère. C’était stupide de s’énerver pour si peu et il s’était résigné en se disant qu’aujourd’hui n’était pas son jour.

Il commençait maintenant à comprendre un peu les sentiments de ceux qui avaient le pouvoir de décider du destin des autres. Pourquoi perdre son temps à les raisonner ? Autant utiliser la force !

Mais Fang ne voulait pas devenir un deuxième Hong et il s’était imposé certains principes qu’il se refusait de trahir. De plus, utiliser la force le jour du marché, qui plus est au beau milieu de la foule, était une mauvaise idée. Il ne voulait pas finir en prison juste pour une boîte !

Fang laissa alors échapper un soupir. Il décida ensuite de se remonter le moral en se délectant à la vue de la beauté qui lui avait volé son affaire au dernier moment.

« Combien ? » Demanda la fille.

Rien que le fait d’avoir prononcé un simple mot était un délice pour les oreilles.

« 50 pièces d’argent ! » Annonça le marchand.

Fang avait la bouche grande ouverte : 50 pièces d’argent ? Même en étant généreux, cette babiole valait peut être 10 pièces d’argent au mieux. Ce marchand avait vraiment du cran, mais c’était les bases de la négociation après tout. La surprise de Fang ne dura donc pas longtemps.

Annoncer délibérément un prix élevé au début pour entamer les négociations était une tactique de base. Maintenant, comment notre chère beauté allait-elle réagir ? Fang était curieux de voir ça.

Cependant, contre toute attente, celle-ci ne chercha pas à négocier et se contenta de mettre sa main dans une petite bourse. Elle en ressortit rapidement une pièce qu’elle tendit tranquillement vers le marchand.

« Je n’ai pas 50 pièces d’argent dans ma bourse. Ça devrait suffire n’est-ce pas ? Vous pouvez garder la monnaie », dit-elle calmement d’une voix douce.

Aussi bien Fang que le marchand regardaient la pièce dans les mains de la beauté d’un air ébahi. Des étincelles étaient presque visibles dans leurs yeux tandis que la lumière du soleil ne faisait qu’accentuer l’éclat de la pièce qui émettait une lueur dorée.

« U-u-u-une pièce d’or !? J-je veux dire, bien sûr ! Je vous en prie, cette boîte est à vous. »

Le marchand s’empressa ensuite de donner la petite boîte à la beauté pendant qu’il récupérait la pièce. Il l’observa alors attentivement puis la mordit pour s’assurer que celle-ci était authentique.

Sentant la résistance de la pièce sous ses dents, le marchand dessina ensuite un sourire tellement large, que l’on pouvait se demander si le coin de ses lèvres n’allait pas atteindre ses oreilles.

Pendant ce temps, Fang était tellement scandalisé qu’il était sur le point de taper le sol du pied. Une pièce d’or ! Non seulement elle n’avait pas pris la peine de négocier, mais elle avait même donné cinquante pièces d’argent de plus que le prix demandé comme si de rien n’était !?

Avec cinquante pièces d’argent, Fang serait capable d’acheter assez de provisions pour pouvoir leur offrir, à lui et sa mère, trois repas complets par jour pendant au moins un mois.

« C’était donc ça d’être riche… » Se lamenta-t-il devant ce spectacle.

Si Fang avait un autre désir à part celui de devenir puissant, c’était bien celui de devenir riche. Pouvoir et richesse ! Avec ces deux éléments, il pourrait offrir une vie confortable à sa mère. Après être finalement redescendu de son petit nuage, le marchand ne perdit pas pied pour autant et ne tarda à s’adresser à sa riche cliente avec zèle.

« J’ai d’autres marchandises qui pourraient peut être vous intéresser. Si vous voulez quelque chose d’autre, n’hésitez surtout pas à me le dire. Je peux même vous faire un énorme rabais sur le deuxième objet de votre choix, et même vous offrir le troisième pour votre fidélité. »

Le marchand avait bien senti que la belle inconnue était quelqu’un de très riche et qui était du genre à dépenser sans compter. Comment pouvait-il lâcher une telle proie aussi facilement ?

« Désolé, mais je ne suis pas intéressée par vos autres marchandises. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée. »

Après ces mots, la fille se retourna et commença à s’en aller aussi vite qu’elle était apparue. Bien que légèrement dépité, le marchand n’insista pas davantage en la voyant s’éloigner. Il regardait la pièce dans sa main comme s’il n’en revenait toujours pas.

Mais contrairement au marchand qui avait fait l’affaire de la journée, Fang était loin d’être satisfait. Le fait que cette fille jette de l’argent comme ça par la fenêtre l’irrita. Il avait changé d’avis : il ne comptait pas en rester là.

« Attendez un instant ! » Interpella Fang, tendant le bras vers la fille sur le point de partir.

Elle tourna alors la tête en direction du jeune garçon. Ses cheveux se mirent alors à onduler sous l’effet de ce brusque mouvement et rien que ce geste avait suffi à capter l’attention de plusieurs hommes à proximité.

« Tu es le jeune garçon qui voulait cette boîte, n’est-ce pas ? Je suis navrée, mais c’est ce marchand qui a décidé de me la vendre en premier. »

Fang fronça légèrement des sourcils en entendant ces mots. Peu importe à quel point elle était jolie, Fang avait une soudaine et furieuse envie de lui donner une bonne leçon. Devinant ses pensées, Shen lui donna un avertissement.

« À ta place petit, je n’utiliserais pas la force. Tu n’es pas de taille face à elle… et encore moins face à l’homme juste à côté. »

En entendant l’avertissement de Shen, Fang jeta naturellement un oeil à l’homme qui se tenait à quelques mètres de la beauté. Un seul regard lui avait suffi pour comprendre que c’était le genre d’homme qu’il ne fallait surtout pas provoquer.

Fang faisait confiance au jugement de Shen. Il semblerait bien que cette fille ne soit vraiment pas quelqu’un d’ordinaire.

« Je sais, Shen », répondit Fang après avoir pesé le pour et le contre.

« De toute façon, je n’ai pas l’intention de créer du grabuge dans la situation actuelle. Toutefois… ce n’est pas comme si j’avais dit mon dernier mot », s’empressa-t-il d’ajouter rapidement.

Les coins de ses yeux se mirent alors à devenir moites. Il regarda ensuite la fille avec un air désespéré puis prit la parole :

« Mademoiselle, je sais que cette boîte vous plaît. Visiblement, vous êtes très riche. Je suis sûr que vous pourrez vous achetez des centaines de boîtes comme celle-ci à l’avenir. Mais pour un pauvre garçon de village comme moi, ce n’est pas aussi simple. À vrai dire… »

Fang marqua une pause, l’expression de son visage était comme tiraillée, et des larmes se mirent alors à couler le long de ses joues. Il passa sa main pour les essuyer puis reprit :

« … À vrai dire, aujourd’hui… c’est l’anniversaire de ma mère. Elle est malade depuis longtemps et elle m’a souvent raconté la façon dont elle a rencontré mon défunt père. Apparemment, il lui aurait offert une petite boîte comme celle que vous avez acheté la première fois qu’ils se sont rencontrés… C’est pour ça que… que je voulais lui offrir cette boîte aujourd’hui. »

Au moment où Fang avait fini son récit, différentes réactions se produisirent autour de lui. La majorité des gens avait la larme à l’oeil, compatissant avec sa triste histoire, puis il y avait les autres.

Ceux-ci comportaient le vendeur, la beauté, l’homme qui l’accompagnait ainsi que Shen. Tous fixaient Fang d’un air incrédule, comme incapable de réagir à ce qu’ils venaient d’entendre.

En fait, lorsque Fang était en train de “négocier” un peu plus tôt, la fille ainsi que l’homme à ses côtés étaient déjà assez proches pour entendre ce qu’il disait. Bien sûr, nul n’avait besoin de mentionner le marchand ainsi que Shen qui étaient aux premières loges. C’est pourquoi celle-ci savait que le jeune garçon était en train d’inventer une histoire de toutes pièces !

De son côté, Shen ne savait pas s’il devait rire ou pleurer. L’histoire de Fang était tellement convaincante que même les passants à proximité étaient complètement tombés dans le panneau. Quant au vendeur et à l’autre homme, ils se contentaient d’observer Fang en silence, ne sachant pas quoi en penser.

Après que la beauté se soit remise du choc, elle commença à regarder Fang d’un oeil nouveau. Avec son rang social, elle avait déjà interagi avec de nombreuses personnes du sexe opposé auparavant, mais leurs réactions étaient toujours les mêmes.

Soit ils avaient tendance à la flatter à propos de sa beauté et de son élégance, sans pouvoir cacher le désir qui brûlait dans leurs yeux en observant son corps. Soit ils étaient complètement tétanisés, incapables de prononcer le moindre mot en sa présence.

C’était la première fois de sa vie qu’elle rencontrait un garçon aussi audacieux. Elle repensa alors aux histoires qu’il avait raconté au marchand tout à l’heure, puis aux mensonges qu’il venait de lui sortir, avant de se remémorer finalement la réaction des gens aux alentours.

C’est alors que, comme prise par une soudaine impulsion, elle posa rapidement sa main devant sa bouche. Mais il ne fallut pas longtemps avant qu’elle soit incapable de se retenir davantage. Finalement, à la grande surprise de tous, elle éclata de rire.

Fang regardait attentivement ses réactions depuis le début et fut prit de court lorsqu’elle se mit à rire ainsi sans crier garde.

« Le but était qu’elle me prenne en pitié et qu’elle me donne la boîte… Alors pourquoi elle se met à rigoler ? Est-ce qu’elle a perdu la tête ? »

Plus Fang réfléchissait et moins il comprenait. Sans savoir vraiment pourquoi, il se rappela soudainement des paroles que sa mère lui avait dit un jour : que les femmes étaient un mystère qui attirait les hommes, mais qu’ils étaient incapables de le comprendre.

Fang n’a jamais été populaire auprès des filles du village, et aucune fille n’avait jamais attiré son attention non plus, au plus grand désespoir de Ping. Il n’avait donc jamais repensé à ces paroles que sa mère avait prononcé jadis. Mais aujourd’hui, étrangement, il avait l’impression de commencer à comprendre leur signification.

Il s’apprêtait à interrompre la beauté pour lui demander ce qu’il y avait de si drôle dans ce qu’il avait dit, quand tout à coup, un cri plein de rage se fit entendre au milieu de la foule. Fang se tourna lentement vers le garçon à l’origine de ce cri car il avait facilement reconnu sa voix.

Celui-ci bondit alors au-dessus de la masse de gens et commença à se précipiter vers Fang à toute vitesse. Il avait les yeux rouges et les veines sur son front étaient prêtes à exploser à tout moment tandis qu’une expression démoniaque était visible sur son visage. Il se mit alors à hurler frénétiquement.

« FANG !! »

Fang fut surpris un court instant par l’attitude enragée de cette personne. Cependant, il regarda calmement le jeune garçon qui fonçait droit sur lui et se contenta simplement de sourire de toutes ses dents.

« Tiens ? Si ce n’est pas Hong que voilà. Comment vas-tu depuis tout ce temps ? »

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