Bataille sous une lune rouge sang (Concours Halloween 2016)

Auteur : Dragonchitos
Check : MissX


Voici le premier oneshot pour notre concours Halloween, si vous voulez soutenir cet auteur, allez voter pour lui sur la page des participants au concours


 

Alors que le soleil se levait, un homme sortit d’une sombre et étroite ruelle. L’homme était grand, environ deux mètres, et son corps était recouvert d’une cape rouge sang, qui dissimulait également son visage. Seuls ses yeux marrons étaient visibles, dévoilant un regard froid et fixe. Au fond de la rue, des cadavres encore frais étaient éparpillés et les murs étaient couverts de sang dégoulinant. L’homme continua de marcher en silence jusqu’à une auberge quelque peu délabrée. En entrant, il se dirigea aussitôt vers une table dans un coin de la pièce mal éclairée, sous le regard méfiant de l’aubergiste. A la table se trouvait déjà trois personnes en train de discuter.

« Dearg ! On n’attendait plus que toi. »

Une jeune femme se mit à sourire en le regardant approcher. Son sourire était vraiment enjôleur, et son visage encadré par ses courts cheveux bruns était illuminé par ses yeux verts pétillants de vie. Elle faisait tomber involontairement de nombreux hommes sous son charme. Dearg s’assit sans rien dire, puis retira sa cape, dévoilant son visage. Celui-ci possédait des traits rudes recouverts par une barbe hirsute, aussi brune que ses cheveux, rassemblés en une queue cheval.

« Toujours aussi agréable. »

Un homme, que ses cheveux blancs et ses rides faisaient paraître plus vieux qu’il n’était en réalité, commença aussitôt à maugréer.

« Arrête ça, Garlic. »

Le dernier membre du groupe le réprimanda. C’était un jeune homme au visage fin, que ses cheveux blonds et ses yeux bleus auraient pu rendre populaire s’il ne lui manquait pas la moitié droite du visage. Il se mit à questionner Dearg:
« Ça s’est passé comment? Tu as pris plus de temps que d’habitude.
-Damian a raison, pour une si petite secte, tu n’aurais pas dû prendre toute la nuit » dit la femme.

Puis, elle demanda comme si elle soupçonnait quelque chose:
« Tu n’aurais pas été voir une femme par hasard?
-Ils avaient un Maître de l’Esprit. »
Dearg répondit simplement, ignorant complètement la question.

Garlic répondit à sa place, d’un ton sarcastique:
« Lorianne, tu sais bien que Dearg est incapable de ressentir des émotions. Comment pourrait-il être intéressé par une femme? »

Elle répondit aussitôt d’un ton assuré:
« Il finira par répondre à mes sentiments, ne t’inquiète pas. »

Damian reprit la parole en rigolant:
« Plus important, tu as des informations?
-La tribu Wrakolf compte profiter de leur rituel sacré annuel pour rallier le camp des démons. La secte que j’ai détruite devait s’occuper de vérifier le bon déroulement du pacte d’allégeance. »

Dearg sortit une carte, légèrement tachée de sang, de sous sa cape et la posa sur la table.

« Voici l’emplacement de la clairière où le rituel aura lieu.
-Ils ne le font pas dans leur village? demanda Lorianne, surprise.
-Non, leurs croyances leur imposent de le faire dans un lieu entouré par la forêt et éclairé par la lune. C’est le seul moment de l’année où ils sortent de leurs montagnes pour autre chose que se nourrir. »

Damian lui répondit aussitôt puis prit la carte.

« Comme tu as détruit la secte, il n’y aura que la tribu pour le rituel. La Lune de Sang est ce soir, et vu la distance, il faut que l’on parte maintenant si l’on veut avoir le temps de se positionner correctement. »

Les trois autres membres du groupes acquiescèrent en silence. Ils se levèrent aussitôt et quittèrent l’auberge. Puis, après avoir récupéré leurs chevaux, ils partirent en direction des portes de la ville.

Quand ils y arrivèrent, les soldats de la ville étaient à peine en train d’ouvrir les portes. De nombreuses personnes étaient en train d’attendre, qu’elles soient à pied, à cheval ou en chariot. Bien que les routes soient moins sûres depuis le début de la guerre, cela n’empêchait pas les gens de prendre le risque de voyager. Tous ces gens étaient impatients que les soldats les laissent enfin passer, mais dès qu’ils virent le groupe de Dearg arriver, ils s’écartèrent tous pour les laisser passer. Les soldats eux-mêmes n’osèrent pas les interpeller. En réalité, ce n’était pas tant les membres du groupes qui les impressionnaient que l’emblème de pomme qu’ils portaient tous sur leur poitrine. Tous les habitants du royaume reconnaissaient cet emblème au premier coup d’œil.

Les Pommes de la Vengeance. Une brigade para-militaire qui agissait principalement à l’intérieur du royaume. L’Invasion des démons avait commencé il y a huit ans, et certains peuples, rejetés par les États dominants, avaient décidé de les rejoindre. Même certains humains avaient rallié leur camp, pour une raison ou une autre. Ces ralliements causaient des risques à l’intérieur même du pays et l’armée était bien trop occupée sur le front. Des brigades avaient alors vu le jour pour combattre les individus présentant une menace pour la sécurité interne du royaume. Mais parmi toutes ces brigades, une seule fut rendue officielle par décret royal, ce qui fit d’elle la plus puissante et la plus connue: « Les Pommes de la Vengeance ». Les membres étaient sélectionnés uniquement selon leurs capacités, peu importe leur âge, sexe, milieu social ou richesse. Ils étaient l’élite, et tout le monde les craignait et les respectait à la fois.

Une fois sortis de la ville, Dearg et son groupe lancèrent leurs chevaux au galop. Pas un seul ne parlait. Même s’ils faisaient partie des Pommes de la Vengeance, ils n’étaient qu’un petit groupe dans une région reculée. Ils étaient conscients qu’anéantir la tribu Wrakolf serait un combat difficile. Ils pouvaient perdre la vie à n’importe quel moment. Mais ils y étaient tous préparés. Dearg n’était qu’un simple bûcheron avant l’Invasion. Malheureusement, son village fut l’un des premiers touchés. Il n’avait pu protéger sa femme, et sa perte l’avait changé à jamais. Depuis ce jour, il portait la cape blanche de Mage de sa femme, désormais rougie par le sang d’innombrables ennemis. Il s’était d’abord engagé dans l’armée, où il fit la rencontre de Lorianne. Mais différents événements le conduire à rejoindre les Pommes de la Vengeance. Lorianne, qui était alors déjà amoureuse de lui, décida de le suivre. Même si Dearg ne répondait pas à ses sentiments, elle était persuadée qu’avec le temps, il finirait par faire le deuil de sa femme, et elle était décidée à l’attendre jusque-là. En effet, même si une personne extérieure ne verrait pas la différence, Dearg commençait peu à peu à développer des sentiments envers Lorianne. A leur arrivée chez les Pommes de la Vengeance, ils avaient rejoint le groupe de Damian et de Garlic, un jeune archer et un vieux mage grincheux. Eux aussi avait un passé compliqué, même s’ils en parlaient peu. Ils combattaient ensemble depuis plusieurs années, et même s’ils paraissaient parfois avoir des différends, ils étaient tous profondément attachés les uns aux autres.

Alors qu’ils arrivaient à la lisière de la forêt, le soleil se couchait, et dans le même temps apparaissait une lune couleur rouge sang.

« Même si ce n’est qu’une fois par an, elle me donne toujours des sueurs froides » s’exclama alors Lorianne.

La Lune de Sang était un phénomène qui ne se produisait qu’une fois par an, à la dixième pleine lune de l’année. La lune habituellement blanche brillait alors d’un éclat rouge sang, qui illuminait la nuit d’une couleur macabre. De nombreuses légendes existaient autour de ce phénomène, et celles qui revenaient le plus souvent parlaient de l’ouverture d’un passage entre le monde des vivants et celui des morts. Tous les peuples n’avaient pas les mêmes croyances, et selon les régions, même le nom pouvait être différent. Les humains l’avaient nommé la Lune de Sang, mais pour les Wrakolfs, il s’agissait de la nuit d’Haaouuh-Wiiinn. A cette occasion, ils se rassemblaient et offraient leurs cris au dieu de la Mort, afin d’honorer tous les guerriers tombés dans l’année. Seulement, cette année-là, cette tribu avait décidé de profiter de l’occasion pour rejoindre l’armée des démons.

Les quatre humains s’approchèrent furtivement de la clairière. Dearg et Lorianne étaient chacun à un bout de la clairière, l’un à l’Est, l’autre à l’Ouest, cachés derrière des buissons. Garlic et Damian étaient positionnés au Nord, en retrait dans la forêt dense. Alors que Garlic restait au sol pour s’occuper des ennemies éventuels ayant réussi l’exploit de s’approcher trop près, Damian était monté dans un arbre, ce qui lui offrait une meilleure vue sur la clairière. Au Sud, Garlic avait placé au préalable des sorts qui tueraient tout être vivant ayant le malheur de marcher dessus. Il avait aussi jeté un sort sur l’équipe pour les rendre indétectables à l’ouïe sur-développée des Wrakolfs.

Dans la clairière, deux ou trois centaines de Wrakolfs étaient réunis. Ils ne portaient aucun vêtement. Leur corps de deux mètres était recouvert par de longs poils bruns. Leurs membres se finissaient par des griffes acérés, longues de plusieurs centimètres. Leur face ressemblait à celle d’une bête, avec leur museau, leurs crocs pointus et leurs yeux sauvages. Au centre de la clairière se trouvait un monticule de terre, sur lequel était assis un Wrakolf bien plus massif que les autres. Il faisait près de deux fois la taille des autres Wrakolfs, et ses griffes faisaient à elles seules une trentaine de centimètres. Ses poils n’étaient pas bruns mais noirs, un noir sombre et ténébreux. Tout son corps musclé était parcouru de cicatrices, preuve de son expérience. « C’est l’Alpha » pensèrent tous les membres du groupe à sa vue.

Dès que la Lune de Sang fut assez haute pour être entièrement visible au-dessus des arbres, l’Alpha releva alors la tête pour lancer un hurlement à glacer le sang. Aussitôt, tous les Wrakolfs de la clairière reprirent en chœur ce hurlement. Tous les membres du groupe sentirent leurs poils se hérisser en entendant ces centaines de hurlements sinistres. Pourtant, malgré le nombre de hurlements, l’ensemble formait une curieuse mélodie envoûtante. Sentant que tous les Wrakolfs étaient plongés dans une sorte de transe, Damian fit signe à Garlic de commencer l’attaque. Celui-ci leva alors son bâton, puis le dirigea directement vers la clairière.

Une boule de feu de plusieurs mètres de diamètre surgit à toute vitesse du bâton et explosa dans la clairière, tuant quelques dizaines de Wrakolfs. Dès qu’ils virent la boule de feu apparaître, Dearg et Lorianne sortirent de leur planque pour attaquer les Wrakolfs désemparés. Mais ces derniers reprirent rapidement leur esprit, et se rendant compte de la situation, devinrent fous de rage. Leur rite sacré avait été interrompu, et désormais, plus rien ne comptait plus à leurs yeux que se venger de ce blasphème.

La bataille sanglante commença alors. Malgré la taille de sa hache de guerre, Dearg bougeait rapidement et souplement, évitant ainsi la plupart des griffes ennemies. Il balançait sa hache d’une seule main comme si elle ne pesait rien, coupant à chaque mouvement plusieurs adversaires. A droite, une jambe tombait. A gauche, un bras volait. Et partout du sang giclait. Lorianne n’était pas en reste. Malgré sa constitution plus fine et sa petite taille, elle semblait danser au milieu du champs de bataille. Les Wrakolfs, pourtant vifs, semblaient patauds et maladroits devant elle. Son épée fine, loin du carnage sanglant de la hache de Dearg, était précise. Chaque coup prenait une vie. Untel avait le cœur percé, tel autre la gorge trouée. Le rouge du sang se confondait avec la lumière environnante, offrant un spectacle morbide mais magnifique. Les Wrakolfs hésitaient désormais à affronter l’un ou l’autre, mais s’ils restaient trop longtemps immobiles, ils se faisaient alors frappés par les flèches de Damian, ou par un quelconque sort de Garlic. Devant d’aussi grandes menaces, de rares Wrakolfs, surtout des jeunes, essayèrent de fuir dans la seule direction sûre. Mais les préparations de Garlic les firent s’effondrer de douleur dès qu’ils sortirent de la clairière. Les fuyards se stoppèrent net à cette vue, mais ils n’osaient pas pour autant revenir affronter ces monstres.

Alors que ses congénères se faisaient massacrer, l’Alpha continuait de lancer ses étranges hurlements. Voyant que l’Alpha restait immobile, Damian décida de profiter de l’occasion. Alors qu’il tendait son arc, l’Alpha s’arrêta brusquement de hurler. Surpris, le jeune archer hésita un instant. L’Alpha tourna alors rapidement la tête vers lui, et ses yeux rouge braise rencontrèrent les yeux bleus de Damian. Celui-ci ne pouvait plus faire un seul mouvement. Une pression énorme l’entourait, et la peur l’empêchait même de respirer. Il sentit soudain un objet froid en contact avec son cou. Toujours sans pouvoir faire un mouvement, il tomba et s’effondra au sol, la tête en avant. Il ferma les yeux, attendant le choc. Mais étrangement, il ne ressentit rien. Il ouvrit alors les yeux et constata qu’il était juste en face de l’Alpha. Ou plutôt, l’Alpha le tenait par les cheveux. Non, pas lui. Sa tête seulement. Du coin de l’œil, Damian pouvait voir son corps désarticulé effondré par terre, du sang ruisselant de ce qui était autrefois son cou. Levant les yeux, la dernière chose que vit Damian était le sourire sadique du monstre lui faisant face, suivi de sa gueule béante garnie de crocs acérés.

Garlic était alors seulement quelques mètres derrière, et il avait été témoin de l’incroyable vitesse de déplacement de l’Alpha. Voyant la tête de son camarade se faire dévorer aussi sauvagement, Garlic ressentit une rage profonde. Il commença à incanter un puissant sort de destruction, utilisant toute l’énergie magique qu’il lui restait, espérant ainsi infliger un coup fatal. Une boule de feu d’un mètre apparut, et la chaleur s’échappant de celle-ci était si intense que les herbes aux alentours tombèrent aussitôt en cendres. L’Alpha, les babines encore dégoulinantes de sang, leva négligemment un bras vers le puissant sort de Garlic. Dès que la boule de feu entra en contact avec les griffes du monstre, elle disparut, ne laissant derrière elle qu’un léger crépitement et un peu de fumée. Garlic fixa la patte de l’Alpha, incrédule. Il tomba à genoux, épuisé aussi bien physiquement que mentalement.

« C’est impossible, juste impossible, … impossible »

Le mage était en état de choc, il ne parvenait même plus à réfléchir correctement. L’Alpha s’approcha alors lentement, et s’accroupit devant lui, essayant de se mettre à sa hauteur. Cependant, même ainsi, il le dominait encore largement. Se penchant légèrement en avant, il articula difficilement, d’une voix rauque:
« Ceci est la puissance des Anciens, la force de nos Morts, accueillie dans mon corps par le désir de Notre Dieu, pour la seule nuit d’Haaouuh-Wiiinn! Qui penses-tu être, humain, pour défier des générations de guerriers Wrakolfs? »

Puis, l’Alpha enfonça lentement une griffe dans le cœur de Garlic, avant de le retirer de son corps d’un coup sec. Se relevant d’un coup, il poussa un hurlement, incitant tous les combattants dans la clairière à stopper toute action pour le regarder. Dearg et Lorianne, réalisant que leurs deux amis étaient morts, se regardèrent et prirent immédiatement une décision. Lorianne commença à courir vers le bord de la clairière. Derrière elle, Dearg fonçait également dans la même direction. Quelques Wrakolfs essayèrent de leur barrer la route, mais les deux humains tuaient tous les ennemis sur leur chemin. De l’autre côté de la clairière, l’Alpha observa les deux humains s’enfoncer dans la forêt, et un sourire naquit sur son visage bestial.

Dearg et Lorianne étaient toujours en train de courir. Ils ne savaient pas depuis combien de temps ils fuyaient, ni dans quelle direction ils se rendaient, mais la vision partielle de la Lune de Sang à travers les feuillages les poussait à continuer toujours plus loin, toujours plus vite. Nul ne savait quand l’Alpha allait les rattraper. Après plusieurs heures de course sans s’arrêter, Lorianne demanda à Dearg de faire une courte pause. Elle n’était pas aussi endurante que lui, et si ce n’avait été la peur de la mort, jamais elle n’aurait pu courir aussi longtemps à un rythme aussi soutenu. Alors qu’elle se reposait, appuyée contre un arbre, Dearg montait attentivement la garde. Il ne voulait pas risquer de mourir à cause d’un manque de précaution.

Dans la forêt silencieuse, Lorianne fixa le visage de Dearg, et se décida après quelques minutes à prendre la parole:
« Tu sais Dearg, si jamais on ne s’en sort pas ce soir, je voulais que tu saches … que mon amour pour toi est sincère, et ces dernières années à tes côtés, bien que dangereuses, ont été parmi les meilleures de ma vie. Si tu n’avais pas été là, qui sait pendant combien d’années j’aurai été bloqué dans les bas rangs de l’armée, à servir des imbéciles qui ne pense qu’à leur intérêts! Même si je sais que le souvenir de ta femme t’empêche encore de pouvoir aim-
-Arrête. » Dearg l’interrompit d’un coup, mais pas de la manière sèche et froide comme il en avait l’habitude. Sa voix était beaucoup plus douce.
« Moi aussi, je voulais te dire que … ta rencontre était une bonne chose pour moi. Je veux dire, après la mort de ma femme, j’étais beaucoup plus, … violent et colérique, et c’est grâce à toi que j’ai commencé à redevenir comme autrefois ces dernières années. Alors je voulais te remercier, d’être toujours là pour moi, à me soutenir. Même si je ne me sens pas prêt à aimer de nouveau, je sais que c’est avec toi que je voudrais parvenir à refaire ma vie, après tous ces … morts et ces massacres. »

Lorianne ne savait pas comment réagir à la déclaration de Dearg. Pendant toutes ces années où elle l’avait suivi, c’était la première fois qu’il se confiait à elle de cette manière.

« Alors c’est tout ce qui fallait pour qu’il se dévoile, la mort de deux amis et une forte probabilité de mourir dans la nuit? » pensa-t-elle, joyeuse malgré la situation.

Lorianne se mit à sourire, et alors qu’elle ouvrait la bouche pour lui répondre, elle se mit à cracher du sang. Baissant les yeux, elle aperçut une main griffue qui lui sortait du ventre. Alors qu’elle commençait à s’effondrer au sol et que ses sens s’estompaient, elle vit une silhouette rouge bondir vers elle, avec un vague cri rempli de désespoir.

« Pourquoi seulement maintenant? » pensa-t-elle, pleine de regret, juste avant que son esprit ne s’éteigne à jamais.

Juste après sa déclaration, Dearg se sentit embarrassé, et évita de regarder Lorianne, se concentrant plutôt sur la forêt de l’autre côté. Tout d’un coup, il entendit un craquement sinistre et se retourna aussitôt vers la jeune femme juste à temps pour la voir cracher du sang. Derrière elle se trouvait une gigantesque masse noire, dont un membre se trouvait planté dans son ventre. Dearg réagit aussitôt et sortit sa hache de guerre, avant de bondir vers Lorianne et l’Alpha

« Lorianne!!! »

Lui-même n’aurait su dire s’il l’avait juste pensé ou s’il l’avait crié, tellement cet instant lui semblait irréel. Alors que le corps de Lorianne s’affaissait sur le bras de l’Alpha, celui-ci le balança d’un coup sec vers les ténèbres de la forêt, loin derrière Dearg. Voyant le cadavre de Lorianne être malmené ainsi, Dearg devint encore plus furieux, si cela était possible. Il brandit sa hache vers la tête de l’Alpha dans un mouvement ample, afin de rajouter à sa force déjà importante la puissance de la force centrifuge. Cependant, l’Alpha attrapa négligemment la hache entre deux griffes. Dearg essaya de la retirer, mais il était devenu incapable de lui faire faire le moindre mouvement. D’une simple pression, l’Alpha cassa la lame de la hache en morceaux. Puis, devant l’humain terrifié, il se pencha en avant, jusqu’à ce que leurs yeux soient en face, le museau de l’Alpha touchait presque le nez de Dearg. Celui-ci était devenu incapable de faire le moindre mouvement, et ne pouvait que rester immobile, à fixer les yeux rouge braise de l’Alpha.

Souffrance …

Mort …

Désespoir …

Tels étaient les sentiments que Dearg ressentit en se plongeant dans cet hypnotisant regard. Sans qu’il ne puisse l’empêcher, il sentit des larmes couler sur ses joues et son pantalon commença à se mouiller.

« Cours, humain, cours, et tu auras la vie sauve. Raconte à tous les humains la Puissance de nos Ancêtres, et la Gloire d’Haaouuh-Wiiinn! »

Après avoir entendu ces mots, Dearg se retourna aussitôt et se mit à courir plus vite qu’il n’avait jamais couru, sans prêter la moindre attention au cadavre de Lorianne qu’il piétina. L’Alpha se retourna et s’enfonça lentement dans les ténèbres de la forêt, teintées de rouge par la Lune de Sang.

Plusieurs mois plus tard, dans une ville de province, au bord d’une rue, un homme était assis, tremblant, ses jambes retenues contre son torse par ses bras. Il est à moitié enveloppé dans une cape rouge. Les gens qui passaient à côté l’évitaient, et les rares personnes qui passaient assez proches pour entendre ces gémissements ne comprenaient que deux mots:

« … Craignez Haaouuh-Wiiinn … »

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