Perdu dans la nuit 16 : Zéro Absolu

Auteur : Faust
Check : Miss X


Tehee ! Chapitre prêt depuis 3 jours ~ Pour faire court, bonne lecture ! :p


Aln se jeta sur les quatre hommes, tandis que Rieln décida de rester un peu en retrait. Il se tenait prêt à intervenir au moindre signe de réel danger pour Aln, mais il voulait aussi évaluer les progrès de son ami. Après tout, rien ne valait l’expérience du combat.

L’un des hommes poussa un juron en apercevant Aln courir vers eux, et nouant à la hâte son pantalon, il se baissa pour ramasser quelque chose, puis il se releva en brandissant de la main droite une lourde masse. Il chargea sans attendre dans la direction de notre héros, bousculant et piétinant les captives sans même y faire attention : plus vite il atteindrait Aln, plus ses compagnons auraient de temps pour aller chercher leurs propres armes.

La rencontre eut lieu quelques mètres avant le pâté de maison où étaient retenues les captives.

L’homme brandit son marteau en poussant un hurlement bestial. Il porta un coup de taille d’une vitesse surprenante au vu de sa taille. En effet, il était massif. Les épaules larges, les muscles noueux, un visage grossier que venaient compléter deux yeux perçants brillant d’une lueur mauvaise.

Aln jaugea la distance et ralentit un instant. Le marteau le précéda de quelques centimètres et Aln reprit son avancée une fois le danger passé.

Il voulait en finir vite.

Ramenant son bras en arrière au niveau de son torse, il frappa d’estoc sans hésitation, avec l’espoir de transpercer son adversaire. Son adversaire étant déséquilibré par son marteau, cela devrait suffire pour déterminer le vainqueur, pourtant…

Sa lame ne rencontra que du vide.

Son ennemi avait utilisé l’élan de son arme pour esquiver sur le côté.

Les deux combattants reprirent position, puis, reposant son marteau sur son épaule, la brute éclata d’un rire tonitruant.

« Ahaha ! Moi qui m’inquiétais ! Mais ce n’est qu’un gosse ! »

Puis, regardant Aln, il reprit.

« Gamin ! Tu m’as dérangé pendant que je prenais mon pied. Je vais te faire souffrir. »

Le silence lui répondit. Puis Aln se fendit en avant. L’homme répondit en abattant son marteau sur lui, mais Aln se décala légèrement, et, sentant le souffle du coup lui caresser le cou, fit remonter son épée, empalant le bras libre de son adversaire pris par surprise.

L’esclavagiste rugit de douleur, et balançant son bras gauche il envoya valser Aln. Les yeux rougis par la colère et la douleur, le bras dégoulinant d’un sang étonnamment épais, il jeta un regard haineux à l’insecte qui l’avait blessé et hurla.

« J’vais te buter ! »

Joignant le geste à la parole, il essaya de profiter du déséquilibre d’Aln pour le broyer, mais ce dernier se rétablit plus vite qu’il ne le pensait. Il laissa passer l’attaque en reculant de quelques pas tout en s’exclamant d’une voix moqueuse :

« Oh ! Pardon, je t’ai blessé ! Comme je suis un gamin je ne savais pas ce que je faisais ! Tu n’as pas trop mal ? »

La brute s’interrompit. Puis, s’abandonnant à sa rage, il se précipita sur son adversaire sans plus réfléchir. Prévenu par les dernières esquives d’Aln, il décida d’attendre le dernier moment pour brandir son arme, signant ainsi son arrêt de mort.

Cette fois-ci, Aln s’était élancé juste avant que l’homme n’entre à portée et, le prenant par surprise, il lui avait déchiré la gorge d’un coup d’épée impeccable.

Le gorille lâcha son arme, et comme s’il ne comprenait pas ce qui se passait il essaya de retenir le sang qui giclait de sa gorge avec ses mains, avant de s’écrouler au bout de quelques secondes, le regard encore chargé de rancune.

Aln allait par la suite beaucoup repenser à cette première mort qu’il avait infligée, pourtant sur le coup il n’avait pas eu le temps d’y réfléchir. C’était peut-être à mettre sur le compte de sa constante fréquentation des Ombres, ou bien d’une conséquence imprévisible de son talisman, Le « Niholn », mais il n’avait alors qu’une seule chose à l’esprit : En finir de la même manière avec les trois autres.

Rieln regardait cette scène se dérouler avec admiration. Vraiment, Aln était un élève exceptionnel, à tel point que c’en devenait un peu effrayant. Il applaudissait intérieurement à la fois la qualité de l’exécution et la détermination d’Aln. Pour lui, rien d’anormal à ce qu’un jeune homme à peine sorti de l’adolescence tue sans hésitation. Il se félicitait même de n’avoir à intervenir d’aucune manière.

Aln jeta un regard détaché sur le cadavre étendu devant lui. Puis, se détournant, il commença à marcher d’un pas sûr vers le pâté de maison, d’où sortirent alors les trois autres brigands.

« Hé, Rodolf, t’as besoin d’aide ? » demanda l’un d’entre eux, puis, n’obtenant pas de réponse, il reprit : « Rodolf ? »

Il remarqua enfin Aln qui marchait calmement dans leur direction, et pâlit en même temps que ses camarades en apercevant la forme massive effondrée derrière le jeune homme.

« Toi… Tu… Tu vas le payer ! » S’écria-t-il.

Aln se contenta de sortir une petite rune. Il ne l’avait encore jamais utilisée, et il en avait appris l’utilité en observant Alsag. « Al », le froid, tout simplement. Utilisée par les gens de son village elle permettait tout juste de se rafraîchir lors d’une (pas trop) chaude journée d’été, mais Alsag arrivait à geler complètement sa cible. En observant de plus près, Aln s’était rendu compte qu’avant d’être gelée, la cible semblait ralentir jusqu’à s’arrêter complètement. Il avait mené quelques expériences avec cette idée en tête, et cela avait été plutôt concluant.

Tenant fermement la pierre, il imagina l’homme qui avait parlé se taire, petit à petit, pour finalement se transformer en statue de glace…

Les trois hommes observaient prudemment leur adversaire. Il avait vaincu Rudolf en si peu de temps, il n’était donc pas à prendre à la légère… Pourtant, ce n’était qu’un gamin, et en plus le voir tendre son bras en avant comme ça, alors qu’il était à plus de dix mètres…

Étrange…

Puis un cri de terreur retentit.

Le troisième homme regarda ses compagnons avec un air horrifié que ces derniers partagèrent bientôt.

Il essaya de tendre son bras vers eux, mais l’effort était trop grand.

Il essaya de parler, mais l’engourdissement qui le saisissait s’attaquait déjà à sa langue.

Il ne sentait plus ses doigts qui étaient d’ailleurs recouverts d’une mince couche de glace.

Le froid et l’absence de sensation se propagèrent rapidement à tout son corps, et bientôt tout mouvement lui devint possible. Il ne put que regarder plein de désespoir le gel gagner son corps entier. Puis il n’y eut plus rien.

Les deux brigands se mirent à balbutier confusément. Tombant sur les fesses, ils secouaient la tête en regardant avec une pointe de folie la statue de glace. C’était tout ce qui restait de Harth.

En entendant les bruits de pas se rapprocher, ils se rappelèrent de leur situation.

« Mag… Magicien… » murmura désespérément l’un d’entre eux.

Pourquoi un magicien leur tombait-il dessus ? Ils n’avaient jamais attiré son attention, et ils ne l’avaient même jamais vu. Alors pourquoi ?

« Ah… ah… Maître Magicien, si… si vous voulez de la marchandise, il vous suffit de demander… Tenez, nous avons encore une magnifique vierge qui… »

Il se tut en croisant le regard d’Aln, qui avoisinait le zéro absolu.

« Ah, Ahaaha… »

D’abord riant bêtement, il hurla. Aln le fit ensuite taire pour l’éternité.

Le dernier était hébété juste à côté. Le regard déjà vide, il ne posa pas de problèmes.

***

Cela faisait déjà quelques heures depuis la fin du combat, mais Aln était encore dans un état second. Il ne se souvenait pas vraiment de ce qui s’était passé après cela. Rieln avait prévenu la garde qui apparemment avait l’habitude de s’occuper de ce genre de cas.

Bien sûr, les soldats avaient regardé avec appréhension la sculpture de glace, et, lorsqu’ils s’étaient rendu compte que cela avait été un être humain ils avaient regardé Aln d’un nouvel œil.

Aln n’avait jamais vraiment saisi la position sociale des magiciens dans la Fédération. Maintenant, il avait compris.

En effet, la plupart des magiciens étaient des charlatans à moitié (ou complètement) inutiles. Pourtant, les vrais magiciens, ceux qui, comme Aln, pouvait contrôler les éléments, étaient incroyablement respectés. Et craints. Leur simple présence pouvait parfois faire perdre tous leurs moyens aux plus courageux.

Quoi de plus terrifiant que de savoir que quelqu’un vous tient dans la paume de sa main, que quelqu’un a mille manière de vous tuer sans même que vous sachiez comment ?

La nouvelle de la présence d’un vrai magicien s’était répandue comme une traînée de poudre, et bien que cela ne fasse que quelques heures, Aln devait déjà faire de son mieux pour esquiver les foules de curieux qui voulaient l’observer à la dérobée.

Pour le moment il était assis sur son lit dans la meilleure chambre de l’auberge. Le tenancier avait tenu à la lui mettre à disposition gratuitement quand il avait appris la rumeur, et Rieln avait accepté pour lui. Après tout, même si ce n’était qu’un rumeur, le pauvre aubergiste ne pouvait pas risquer d’offenser un magicien…

Aln était songeur. Il ne comprenait pas vraiment ce qu’il lui était arrivé. Bien qu’il ait déjà affronté une ombre, tuer un être humain était une autre affaire. Bon, c’était une insulte au genre humain que d’appeler les esclavagistes en question des « êtres humains », mais il les avait tués sans aucune hésitation. Et ça, il ne s’en savait pas capable. La rage ne suffisait pas à expliquer cette détermination. Et à part cela, il ne savait pas ce qui pouvait l’expliquer, ce qui ne faisait qu’ajouter à son trouble.

À vrai dire, allongé dans le lit d’à côté, Rieln lui-même avait eu du mal à croire ce qu’il avait vu. Il pensait avoir l’œil pour les gens, et il avait d’abord pensé qu’Aln aurait des scrupules à tuer des gens. Il applaudissait l’efficacité de son ami, mais en même temps il ne pouvait s’empêcher de s’interroger sur la raison de ce changement de mentalité. Oui, c’était presque comme si la personnalité d’Aln s’était dédoublée pendant le combat. Restait à espérer qu’il ne puisse faire preuve d’un tel détachement qu’envers les monstres, humains ou non. En tout cas, sa magie était exceptionnelle. Ça, c’était un fait.

Aln se laissa gagner par le sommeil. Bercé par de sombres pensées, il dormit mal, se réveilla tôt, mais au moins, quand il se réveilla la sensation extrêmement désagréable de la veille s’était adoucie. Ces derniers temps, il lui arrivait beaucoup plus souvent d’être assailli par des impressions de ce genre. Vu ce qui lui était arrivé ces dernières semaines il fallait s’y attendre, mais ça n’en n’était pas moins préoccupant.

« Enfin, qui vivra verra… » Murmura-t-il, puis, se tournant vers Rieln encore endormi, il décida de se changer un peu les idées.

Il sonna la clochette pendant dans un coin de la pièce, s’émerveillant de cette possibilité, et alla ouvrir la porte lorsque quelqu’un toqua doucement.

Une servante se tenait derrière la porte. Souriante, elle était plutôt mignonne, bien qu’elle n’arrivait pas à la cheville de Nimronyn ou d’Éliana.

« Bonjour, que puis-je faire pour vous ?
– Ah, bonjour ! Est-ce que vous pourriez m’amener un seau d’eau s’il vous plait ?
– Un seau… ? »

La servante ne réussit pas à cacher sa surprise, puis elle reprit.

« Si vous compter vous laver, je peux vous mener aux bains, nous en avons réservé un pour vous si vous le désirez, mais…
– Non non ! Ce n’est pas pour me laver, et j’aimerai vraiment un seau d’eau.
– … Très bien, je vous l’apporte tout de suite. Si vous voulez bien patienter un instant… »

Sur ces mots, elle se retira, avant de revenir quelques minutes après munie d’un seau d’eau d’environ 5 litres. Aln le lui prit des mains, et après l’avoir congédiée, il se dirigea à pas de loup vers Rieln toujours endormi. Là…

« Debout là-dedans !
– Aaah ! »

Il arrosa copieusement la tête de Rieln. Lequel se réveilla en sursaut et de très mauvaise humeur. Pourtant, il se calma vite. Il avait compris que ce n’était qu’un moyen pour Aln de se changer les idées.

Mais il avait quand même bien envie de frapper cet idiot hilare. Malheureusement, après quelques dizaines de secondes de fou rire, Aln se calma, et regardant un peu plus sérieusement Rieln :

« Bon, c’est le moment de partir à la recherche de ce laboratoire ! »

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