Perdu dans la Nuit 17 : Invités surprise

Auteur : Faust
Check : Miss X & Nekoyashiki


Enfin ! Perdu dans la Nuit, le retour ! Je m’étais d’ailleurs pas mal égaré ces dernières semaines, ce qui fait que ce chapitre à dû être réécrit presque une dizaine de fois, mais je crois que je recommence à m’y retrouver… Quoiqu’il en soit ! Un chapitre par semaine, régulier, et je m’y tiens !

Bonne lecture, et n’hésitez pas à laisser des commentaires !


Norsigl était une ville déprimante. Tout y était gris et une fois sorti, on se sentait comme libéré. C’était comme passer des Enfers au Paradis.

Aln se dirigeait vers les falaises surplombant Norsigl, accompagné d’un Rieln qui n’avait pas encore digéré le seau d’eau au réveil. Ces hautes falaises, qu’Aln avait déjà vues dans son songe, semblaient avoir été polies par le temps. L’ascension était difficile malgré le chemin pierreux que le duo suivait, et un soleil de plomb obligeait à régulièrement s’abriter à l’ombre. Il ne faisait pas particulièrement chaud, mais les reflets sur la pierre étaient aveuglants, rendant parfois la progression dangereuse.

Ils arrivèrent au sommet à la mi-journée. Un vaste plateau s’étendait là, et Aln, qui se rappelait qu’Alsag avait marché en tournant le dos aux falaises, prit la même direction. La montagne dans laquelle devait probablement se cacher le laboratoire d’Ilksa était dans cette direction, donc il n’avait pas encore à s’inquiéter de se perdre. Les problèmes arriveraient au moment d’explorer la montagne, ou alors s’il n’était pas possible de l’atteindre en une seule journée. Alors ils devraient rebrousser chemin pour cette fois.

Et bien sûr, après plusieurs heures de marche, Aln aperçut la montagne qu’il cherchait. En tout cas, elle y ressemblait. Le seul problème, c’était qu’elle était bien trop éloignée pour y arriver avant la nuit. Se tournant timidement vers Rieln, Aln se racla la gorge.

« Hum, Rieln ? J’ai une mauvaise nouvelle…
– Encore une ?
– On va devoir rebrousser chemin. »

Rieln regarda avec incrédulité son ami. Puis il soupira en opinant. Il n’était plus à ça près. En revanche, il allait devoir revoir un peu le programme d’entraînement d’Aln…

Ils retournèrent donc à la ville, qu’ils atteignirent à la nuit tombée. La rumeur de la magie d’Aln avait eu le temps de faire le tour de Norsigl, et dès qu’ils passèrent les portes de la ville Aln se sentit transpercé par la multitude des regards qui semblaient le disséquer vivant. Une sensation désagréable.

Il hâta le pas afin d’arriver le plus vite possible à l’auberge, mais là encore on n’allait pas le laisser en paix. Il dut aller jusqu’à s’enfermer dans sa chambre pour avoir un peu de calme, et il y serait resté si Rieln n’était pas venu le chercher pour lui rappeler la délicieuse leçon d’escrime qui l’attendait.

À l’issue de l’entraînement, dont nous passerons les détails, Rieln ne savait plus quoi penser. Il avait durci le programme en rétribution des heures de marches inutiles de la journée, pourtant Aln s’en était sorti sans trop de problèmes. Il tenait encore debout à la fin, et, pire encore, il en redemandait. C’était ridicule.

Rieln se prit la tête entre les mains et s’éloigna, songeur. Est-ce que ça voulait dire qu’il devait commencer à entraîner sérieusement Aln ? Mais il n’avait jamais fait ça, lui… En général, les gens s’écroulaient avant même d’avoir fini l’échauffement… En plus, dans ce cas il devrait probablement prendre officiellement Aln comme élève, ce qui ne lui était jamais arrivé.

Aln regardait en souriant le dos frustré de son entraîneur s’éloigner. Il hésita quelques instants à se moquer un peu de Rieln, qui d’habitude était si fier de la violence de ses entraînements, mais il se ravisa.

Il soupira en voyant son ami disparaître derrière la porte menant à l’auberge, et se retournant, il sursauta.

« La rumeur vous faisait magicien, et vous voilà épéiste ! »

Aln découvrit un jeune homme un peu plus âgé que lui. Un peu plus grand, le teint blanc, les cheveux blonds, il avait une présence qui en imposait même au jeune magicien. Et pourtant Aln ne l’avait ni entendu, ni senti venir. Il répondit donc avec méfiance.

« Et j’espère que vous n’allez pas grandir encore la rumeur, son existence m’énerve déjà suffisamment comme cela… »

L’autre éclata d’un rire franc.

« Vraiment, comme on l’avait dit » murmura-t-il, puis, à voix haute : « Vous pouvez m’appeler Calnigl.
– Et moi Aln. Puis-je connaître la raison de votre présence ici ? »

L’entraînement avait pris place dans une arrière-cour que l’aubergiste avait mise à leur disposition, précisant que seuls ceux d’un certain niveau social pouvaient y accéder, aussi Aln préférait-il rester prudent.

« Oh, je n’en ai pas vraiment. Je voulais juste voir de mes propres yeux la personne qui a tant fait parler d’elle hier.
– Tout ça pour une simple bande de déchets. »

Calnigl sourit en fixant Aln d’un regard scrutateur.

« Une bande de déchets, c’est vrai, mais ce qui est insupportable avec les ordures, c’est qu’il suffit d’en retirer une pour qu’une montagne entière vous retombe dessus. Donc il est rare de trouver quelqu’un qui accepte de s’en occuper.»

Un silence de plomb s’installa. Aln se tendit. Etait-ce une menace ou un avertissement ?

Il examina plus attentivement son interlocuteur. Ce dernier portait des vêtements de bonne facture, simples, blancs et azur. À son côté était suspendu un fourreau emmailloté dans un tissu de velours. La poignée, à peine visible, était sobrement ornementée. Depuis qu’il était arrivé, Calnigl était tendu. Ses muscles étaient prêts à réagir à tout instant et sa main droite n’était jamais très éloignée de son sabre.

« N’exagérons pas, n’importe qui écarterait les ordures postées sur son chemin, il n’y a rien de particulier à cela. Quand à aller se débarrasser des poubelles des autres, c’est autre chose…
– C’est pour cette raison que l’on paye quelqu’un pour s’en occuper.
– Admettons que quelqu’un se prenne les pieds dans une poubelle. Irrité, il la carbonise. Voudra-t-il en faire de même avec tous les déchets de la ville ?
– Carbonisé ? J’aurais plutôt dit gelé, mais enfin… Ce n’est pas comme si les déchets en question réfléchissaient, donc qu’importe la raison qu’avait l’homme de s’en débarrasser. Mais cessons de parler d’éboueur. Je suis moi-même épéiste, et j’avoue qu’après avoir vu votre entraînement je meurs d’envie de me mesurer à vous. Qu’en dites-vous ? ».

Sans attendre la réponse d’Aln il recula la jambe gauche, et posant sa main droite sur la poignée de son sabre, il en tint le fourreau avec la gauche. Voyant cela, Aln sourit, et se mit en garde.

Calnigl se concentra. Le jeune homme en face de lui devait avoir quelques années de moins que lui, mais avec un maître tel que le sien, cela ne voulait rien dire. Il ne savait pas depuis quand Maître Eldyn avait pris un élève, mais ce qu’il savait, c’est qu’il n’avait pas à se retenir contre lui.

Quelques mètres à peine les séparaient. Aln s’avança le premier. Il s’approcha d’un pas, puis de deux. Il s’apprêtait à en faire un troisième quand il baissa instinctivement son épée pour protéger son flanc. Un choc sonore. Calnigl tenait maintenant son sabre à deux mains, dégainée devant lui.

« Bon réflexe ! Il est rare que quelqu’un réussisse à parer ce coup aussi brillamment. »

Aln frissonna malgré le compliment. Il s’était défendu par instinct, et n’avait rien vu venir. Mais le plus grave, c’était qu’il n’arrivait pas à savoir si le coup était meurtrier ou non. Il en était encore à se poser cette question quand un signal d’alarme retentit dans son cerveau. Il se jeta en arrière, juste à temps pour sentir un carreau d’arbalète lui frôler le torse.

Tous les sens à l’affût, Aln sortit une rune en même temps qu’il observait la réaction de Calnigl : il affichait une expression surprise, qui laissa bientôt la place à un cri de colère.

« Qui ose ? »

Alors, remarquant une forme sombre se jetant sur lui depuis le toit de l’auberge, il sembla disparaître un instant et réapparut à quelques mètres de là, toisant d’un regard méprisant le cadavre qui s’écroulait là où il se tenait quelques instants plus tôt.

Cette scène suffit à convaincre Aln que pour le moment au moins, Calnigl était de son côté. Sachant cela, et tenant une rune inscrite du terme « Dlahil », la lumière, il se concentra. C’était dangereux de le faire en plein combat, mais il n’était pas habitué au combat nocturne
Comme il n’avait aucune idée de ce qu’était réellement la lumière, il se contenta d’imaginer un violent éclair lumineux semblable à celui accompagnant le tonnerre. Comme d’habitude, il sentit la magie puiser dans ses forces, la rune se consumer, puis il ferma les yeux un instant.

En les rouvrant il découvrit un homme vêtu de noir hurlant de douleur, les yeux brûlés par le violent éclair lumineux qu’Aln avait invoqué. Aln abrégea rapidement ses souffrances, puis il commença à se replier en direction de la porte d’entrée de la cour. Quand il l’atteignit, il entendit Calnigl siffler, puis se diriger d’un pas calme dans sa direction, son sabre rengainé. II interpella affablement Aln, comme si de rien était.

« Ah, il est déjà si rare de trouver un adversaire de valeur, et voilà qu’on interrompt l’un de mes rares plaisirs. Quelle impolitesse… »

Un cri d’agonie retentit.

Calnigl haussa un sourcil.

« Ils ont été rapides. Enfin… J’imagine que vous allez me demander une explication. »

Un autre hurlement.

« Il y en avait deux ? Peu importe. Comme vous avez pu le voir, je… »

Un troisième cri s’éleva. Calnigl se retourna et hurla : « Mais vous ne pouvez pas les massacrer en silence ! On ne s’entend même plus ! », Puis, faisant de nouveau face à Aln, il reprit.

« Donc, je disais que je ne vous voulais aucun mal. Cette embuscade n’était pas de mon fait, et j’espère que vous me croirez.
– Je vous crois. Je pense que si c’était le cas, je serais déjà mort. J’ai entraperçu votre mouvement à l’instant. Je n’avais jamais rien vu de tel.
– Vous exagérez. Après tout, maintenant que j’ai vu votre magie, je suis sûr que vous sauriez survivre. »

Aln sourit. Effectivement, dans un combat à l’épée il n’aurait aucune chance, mais avec sa magie, c’était autre chose. En tout cas il était rassuré : maintenant qu’il avait eu un aperçu des capacités de Calnigl, il savait que le duel qu’ils avaient commencé plus tôt ne cachait pas de mauvaises intentions.

Alors qu’Aln se préparait à répondre, Rieln entra dans la cour, l’épée dégainée et le visage crispé. Il s’attendait manifestement à devoir se battre, et s’arrêta hébété devant les cadavres affalés sur le sol. Aln ne put s’empêcher de se fendre d’un sourire ironique.

« Merci Rieln, tu arrives juste à temps, on vient d’en finir ! »

Le combat n’avait même pas duré 30 secondes. Rieln leva les yeux vers Aln, et son étonnement grandit encore quand il reconnut la personne qui se tenait à côté de lui. Il s’apprêtait à parler lorsque Calnigl lui fit un signe de la tête impérieux.

« Euh… Je t’en prie Aln, c’est toujours un plaisir de t’aider… Mais… Que s’est-il passé au juste ?
– Une embuscade, sans doute une vengeance pour hier. Et dire que nous parlions justement de la nécessité de renforcer les services sanitaires de la ville.
– Oh ? Tu m’en diras tant… »

Rieln jeta un regard inquisiteur à Calnigl, qui lui répondit de son plus beau sourire d’ange.

« Oui, vous ne trouvez pas qu’il règne une odeur détestable dans cette ville ? »

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