Maître des âmes 30 : Manipulateur d’esprits

Auteur : Nightgale
Check: Miss X


Dernier chapitre de MdA de l’année ! Snif, que d’émotion…

J’ai commencé à écrire cet été (parce que je m’ennuyais un peu et que je me suis dit : Hey ! Pourquoi pas après tout ?).

Peu de temps après avoir commencé à écrire, j’ai cherché un endroit où je pouvais publier mon histoire pour la faire partager. De fil en aiguille, j’ai trouvé ce site Soreyawari, qui se proposait de publier des oeuvres originales.

J’ai posté mon premier chapitre en juillet. 5 mois plus tard, avec au moins 1 chapitre par semaine et nous voilà au chapitre 30 !

Je ne pensais pas que j’irais aussi loin. Merci à tous ceux qui lisent et apprécient mon histoire ! Votre présence est une source de motivation.

Je vous souhaite une bonne année et toujours plus de MdA en 2017.


Fang était en train de suivre un servant à travers de longs couloirs joliment décorés. Après avoir fini son entrevue avec le chef Han, il se dirigeait vers la bibliothèque tenue par celui-ci, à la demande de Shen.

Toujours ébahi par toutes les richesses qui se trouvaient autour de lui, Fang n’arrêtait pas d’observer les objets qui ornaient les murs avec un regard avide.

« Tu peux regarder autant que tu veux, mais je ne crois pas que tu reverras la fille de tout à l’heure », dit Shen pour plaisanter.

« Est-ce que tu peux arrêter avec ça cinq minutes ? » Répliqua Fang, exaspéré.

« Ha ! Ha ! Très bien, très bien, j’arrête. »

Shen marqua alors une courte pause, puis adressa à Fang ce qu’il gardait pour lui depuis un bon moment.

« Dis moi, petit. Tout à l’heure, quand tu as discuté avec Han de cet affrontement pour le pouvoir dans Mura… Je dois avouer que tu m’as impressionné ! Je ne pensais pas que tu avais une vision aussi détaillée de la situation dans laquelle se trouve ton village. »

Shen complimentait sincèrement Fang. Un jeune garçon de 15 ans était en général loin d’avoir une telle présence d’esprit. Il devait admettre que la façon dont il s’est comporté en face de Han était brillante.

« Ah, ça ? J’ai eu de la chance que ça marche. La majorité était du bluff », répondit Fang.

« … Je te demande pardon ? »

« Le fait que Shang ait de plus en plus la mainmise sur le village n’est pas compliqué à deviner. Il suffit de regarder le comportement des gardes sous ses ordres ces derniers temps. »

Il n’y a pas si longtemps, Fang faisait partie des faibles. En tant que tel, lorsqu’il lui arrivait d’aller dans le village, les gardes ne se souciaient pas de cacher leurs méfaits en sa présence.

Abus, extorsion, violence, Fang avait lui-même subi les affres de quelques gardes mal lunés. Malheureusement, ils savaient bien cacher leur jeu. De plus, que valait la parole de Fang face aux gardes de Mura ? Rien ! C’est pour cela qu’après cette mésaventure, il prenait soin d’éviter certains de ses gardes autant que possible.

« Même si je ne connais pas comment les relations dans les hautes sphères du pouvoir fonctionnent, quand on fait partie des faibles et des démunis, c’est plus facile de voir la facette obscure de la société », rajouta Fang, avec un air attristé.

« … »

Shen n’avait rien à y redire. Il n’avait jamais fait partie des « faibles » durant sa vie d’antan, et n’avait qu’une vague idée de ce que Fang avait pu subir avant leur rencontre.

« Le problème, c’était donc de savoir si le chef Han était au courant de la situation. Et puis surtout, quelle était sa position par rapport à tout ça », reprit Fang avec un sourire.

C’est alors que Shen réalisa quelque chose et s’empressa de dire : « C’était donc pour ça ! Avec Hong… »

« Exact ! J’ai pu attirer toutes les personnes que je voulais en utilisant Hong. Ce qui m’a permis d’observer le comportement du chef Han. Quand j’ai vu son manque de réaction, j’ai supposé que la mort de Hong ne semblait pas vraiment l’affecter et que donc, il y avait peu de chance qu’il soit de mèche avec le chef en second Shang. »

Shen n’en revenait pas. Créer une telle scène dans ce but n’était pas ce qu’un garçon ordinaire aurait eu l’idée de faire. Il commençait à se demander si Fang n’était pas un monstre déguisé en humain.

« Bon, j’avoue, je ne pouvais pas me fier seulement à mon intuition. Du coup, pour être sûr, je voulais provoquer le chef en second Shang, mais Sung a finalement fait l’affaire », poursuivit Fang, toujours avec un petit sourire narquois. Mais pour Shen, ça ressemblait davantage à un rictus diabolique.

« Quand le chef Han a pris ma défense contre Sung, à ce moment, j’ai su que j’avais eu raison. Non seulement, il n’était pas de mèche avec Shang, mais ils étaient clairement en conflit. Du coup, quand j’ai négocié tout à l’heure, je me suis contenté de pointer les évidences et de bluffer un peu, et ça a suffi pour qu’il morde à l’hameçon. »

C’est ainsi que Fang conclut sa réflexion, ce qui laissa Shen sans voix par la même occasion. Il avait de nombreuses fois été surpris par l’ingéniosité de ce jeune garçon. Même s’il ne l’avouerait probablement jamais à voix haute, il l’avait reconnu comme quelqu’un qu’il valait mieux ne pas avoir en tant qu’ennemi.

« Puisque je t’ai raconté tout ça, il serait peut-être temps de me dire pourquoi tu voulais tant consulter une bibliothèque ? » Questionna Fang.

« À ce sujet, ce n’est pas compliqué. Je voulais juste… »

« Maître Fang, nous sommes arrivés à destination. »

La voix du servant interrompit Shen au beau milieu de sa phrase, et Fang reporta alors son attention sur ce qui se trouvait sous ses yeux.

Devant lui se tenait deux portes à double battant. Elles étaient soigneusement gravées de courbures et de formes qui leur donnaient une présence à la fois majestueuse et imposante. Tandis que le servant utilisait la clé en sa possession pour déverrouiller l’entrée, Fang se demandait quel était l’intérêt d’investir autant de temps et d’énergie, et surtout autant d’argent, pour décorer des portes.

Mais ses futiles pensées furent vite balayées par l’arôme qui se dégagea de la pièce au moment où les portes s’ouvrirent en grand. Fang avait déjà travaillé à proximité de parchemins, c’était à l’époque où son travail consistait à nettoyer une boutique d’antiquités. Il reconnaissait donc sans difficulté l’odeur du papier. Seulement, l’arôme qui circulait actuellement dans ses narines était tellement concentrée, que cela n’avait rien à voir avec ses précédentes expériences.

De l’entrée, il pouvait voir une longue table parsemée de chaises qui s’étendait le long de la pièce. Des étagères étaient disposées de part et d’autre de cette table, avec dessus de nombreux parchemins et manuscrits soigneusement disposés et espacés.

Le servant ne rentra pas dans la pièce et s’écarta ensuite sur le côté, avant de prendre la parole :

« Maître Fang, Maître Han a dit que vous pouviez disposer de la pièce aussi longtemps que vous le souhaitez. Nul besoin de refermer ou d’avertir quelqu’un lorsque vous aurez fini. Si vous avez besoin de quoique ce soit d’autre, n’hésitez pas à utiliser la clochette posée sur la table, et quelqu’un viendra immédiatement répondre à vos besoins. Vous faut-il autre chose ? »

Fang se sentait un peu mal à l’aise en entendant le servant l’appeler « maître », mais il garda ça pour lui se contenta de répondre simplement.

« Non, merci. Vous pouvez disposer. »

Après l’avoir salué respectueusement, le servant s’en alla discrètement sans faire de bruit. Une fois qu’il fut parti, Fang entra tranquillement dans la bibliothèque. Il ferma la porte derrière lui, et resta immobile quelques instants pour savourer l’ambiance que cette pièce dégageait.

La lumière du jour pénétrait par des fenêtres situées au bout de la pièce, et le silence qui y régnait offrait une atmosphère sereine et reposante. La seule perturbation venait de la voix que seul Fang était en mesure d’entendre.

« Il n’y a pas grand chose ici… Bah, je n’avais pas beaucoup d’espoir dans un endroit comme celui là. »

« Ce type ne peut pas sentir l’ambiance et se taire pendant quelques secondes ? » Se lamenta Fang intérieurement.

« Bon, et maintenant ? Qu’est-ce que tu cherches ici exactement ? » Demanda-t-il à Shen.

« C’est évident, non ? Des informations ! Qu’est-ce que tu veux chercher d’autres ? »

Fang avait envie de se taper la tête contre un mur.

« Oui, ça je l’avais deviné… Mais quelles genres d’informations en particulier ? Il me semble que tu sais déjà pas mal de choses », dit Fang d’un ton exaspéré.

« C’est vrai que je sais pas mal de choses ». Fang pouvait sentir la pointe d’arrogance dans le ton de Shen.

« Cependant, le combat contre Hong m’a fait réaliser que beaucoup de choses ont dû changer pendant mon « sommeil ». Je pense notamment à l’artefact que Hong a utilisé. »

En entendant ces mots, Fang fronça les sourcils. En effet, l’artefact de Hong lui avait presque coûté la vie. Si Ping n’était pas intervenu à ce moment là… il ne serait plus de ce monde à l’heure actuelle.

« Même si ce n’était qu’un artefact de piètre qualité, cette fonction de capture était quelque chose que je n’avais jamais vue auparavant. Il semblerait que pendant mes années d’absence, des progrès non négligeables ont été fait sur les artefacts. Qui sait quelles nouveautés nous attendent encore ? Avoir la connaissance, c’est déjà avoir remporté la moitié du combat. Alors qu’au contraire, l’ignorance peut vite entraîner la mort », s’empressa de rajouter Shen.

Fang était on ne peut plus d’accord avec ses paroles. Il ne souhaitait pas revivre la même expérience qu’avec Ping à cause d’un manque de savoir.

« En plus, il nous faut aussi des informations sur la zone qui entoure Mura », reprit Shen. « Continuer à méditer ici ne te sera plus d’aucune utilité, il est grand temps de changer le régime de ton entraînement. »

Cette dernière phrase piqua la curiosité de Fang.

« La méditation n’est plus nécessaire ? Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Tu ne t’es jamais demandé pourquoi dans Mura, il y avait aussi peu de personnes qui ont dépassé le huitième niveau du stade humain ? »

Fang était perplexe. Il est vrai que le huitième niveau représentait une sorte de barrière invisible. Il avait toujours pris ce fait pour acquis et ne s’était donc jamais vraiment posé la question.

« Laisse moi te dire de suite que ce n’est pas une histoire de talent », dit rapidement Shen. « La raison pour laquelle le niveau huit représente un obstacle dans ce village est simplement à cause de la qualité de l’énergie naturelle dans cette région. »

« La qualité… de l’énergie naturelle ? » C’était la première fois que Fang entendait parler d’un tel concept.

« Tu crois que le monde est égal partout ? » Dit Shen d’un ton moqueur. « Eh bien non ! La qualité de l’énergie naturelle peut varier de région en région. C’est pourquoi les plus grands empires se battent pour posséder des terres où l’énergie naturelle est abondante. À l’opposé, les régions comme celle où se situe Mura, ne représentent rien pour ces grandes puissances et sont donc ignorées. »

L’explication de Shen avait illuminé les perspectives de Fang vers de nouveaux horizons. Le monde extérieur semblait bien plus complexe qu’il ne le pensait. Mais pour l’heure, il avait déjà suffisamment de choses à régler ici et redirigea ses pensées vers le plus urgent.

« Tu proposes donc de changer de lieu de méditation dans une région où l’énergie naturelle serait de meilleure qualité ? » Demanda-t-il, impatient de savoir ce que Shen avait en tête.

« Non, le tournoi aura lieu d’ici peu. Voyager dans une autre région te prendrait trop de temps et serait une entreprise très risquée avec ton niveau actuel. Toutefois, j’ai un meilleur moyen pour que tu puisses progresser, et ce, sans avoir besoin de méditer. »

« Oh ?! Et c’est quoi cette méthode ? » Demanda Fang avec des yeux étincelants.

« Hé hé… En principe, ce n’est pas quelque chose que tu peux faire à ton niveau… Mais c’est sans compter ma sublime présence », dit Shen fièrement. « Ah, arrêtes-toi là. »

Durant la conversation, Fang se déplaçait à travers les étagères. Il jetait un bref regard aux documents qui s’y trouvaient, mais sans grand intérêt. Il continua ainsi pendant un petit moment avant que Shen ne lui ordonne subitement de s’arrêter.

« Ce manuscrit là, prends-le », lui dicta Shen.

Fang s’exécuta et attrapa le fin manuscrit, puis s’installa sur une chaise avant de l’ouvrir et de l’étaler sur la table.

Cela faisait longtemps que Fang n’avait pas lu. Ses seules lectures étaient les quelques contes que sa mère possédait, ainsi que les histoires fantastiques que Ping lui avait prêtées par le passé. Fang remarqua rapidement que bien que le sujet du manuscrit ne l’intéressait absolument pas, il n’était pas compliqué pour lui de se souvenir de son contenu.

Apparemment, la méditation n’apporterait pas que des capacités physiques supérieures à la normale, elle permettait aussi d’améliorer la mémoire. C’était ce que Shen lui avait dit en tout cas. Les arcanes, par exemple, représentaient une masse d’informations qu’il était impossible pour une personne ordinaire d’assimiler.

Mais c’était la première fois que Fang réalisait concrètement les bienfaits de la méditation sur sa mémoire. Il se mit rapidement à réfléchir aux possibilités de gagner de l’argent en se servant de sa toute nouvelle et incroyable capacité de mémorisation, mais Shen s’exclama alors sans crier garde, interrompant Fang dans sa réflexion.

« Ahah ! Alors voilà le nom que ça porte maintenant ? »

Curieux, Fang jeta un coup d’oeil sur la page où il était arrêté. Il aperçut rapidement ces quelques mots qui se démarquaient visiblement des autres.

« Manipulateur… d’esprits ? »

 

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