PC#1 – Chapitre 8 : Observations

Cauchemar était tapi dans l’ombre de l’escalier et observait la petite troupe de bipèdes qui s’affairait autour de ses deux proies. Quelque instant plutôt, il s’était dissimulé dans l’ombre lorsque le premier d’entre eux s’était montré. Bien entendu, un bipède seul ne représentait que peu de danger pour lui mais plusieurs éléments avaient contribués à le retenir d’attaquer.

Depuis sa cachette, il avait remarqué que ce bipède était spécial et qu’il ne pourrait pas se débarrassé si facilement. Avant même qu’il ne soit conscient de l’arrivée inopportune de ce gêneur, l’instinct de survie de Cauchemar l’avait fait se retirer de ses deux proies. Lorsqu’il sentit que le nouveau venu était immunisée à la magie après avoir prudemment et insidieusement tenté de le mettre son emprise, il émit un léger sifflement de haine alors qu’une cicatrice barrant l’un de ses nombreux visage de mettait à pulser, comme pour lui rappeler une lointaine confrontation du passé.

De plus, ce terrain à découvert était loin d’être son domaine et il préférait grandement évoluer dans les galeries sombres et humides de son habitat naturel. Il connaissait vaguement les monstres peuplant cet étage du donjon et savait très bien qu’il ne pourrait pas soustraire divine-brûlante à la racine sans les alerter de sa présence. C’est pourquoi il avait fait en sorte que si ses proies venaient à se réveiller, elles seraient immanquablement attirées vers lui ou il prendrait le contrôle de leurs mouvements si elles se trouvaient proche de lui, lui laissant le temps pour trouver un moyen de mettre son repas en sûreté.

Mais voilà que malgré ses précautions, un intrus venait retarder son festin. Qui plus est, un qu’il ne pourrait pas ajouter en friandise supplémentaire. Il regarda ce bipède jeter un dernier regard à ses proies avant qu’il ne retourne vers un groupe plus important d’autres bipèdes. Quand Cauchemar vit ce groupe, il se rendit compte que son instinct lui avait fait éviter bien plus qu’un seul bipède. Il devrait être plus prudent à l’avenir et ne plus se laisser submerger par la perspective d’un repas conséquent.

Il décida de rester tapi dans la pénombre pour observer la suite des évènements. Bien sûr, il aurait pu aller récupérer ses deux proies avant de retourner rapidement dans son repère des hauteurs mais s’il ne prenait pas de précautions, il s’attirerai les foudres des Sylvres et n’était pas certain de parvenir à son repère indemne sans compter la troupe de bipèdes.

Il vit toute la petite troupe se rapprocher des deux corps étendus à même le sol sans pouvoir défendre son trophée et assista avec la même impuissance à la subtilisation de l’une de ses deux proies qui fût emportée dans les profondeurs de la forêt par deux des bipèdes de la troupe. Cauchemar doutait de pouvoir gagner le combat s’il l’engageait contre les bipèdes restant. Il avait un mince espoir de réussite, si sa deuxième victime se réveillait alors il pourrait la faire combattre à ses côtés mais il préférait ne pas compter sur cette option, d’autant plus qu’elle risquait d’endommager son repas.

La seconde suivant le laissa perplexe devant ce qu’il considérait comme de la folie. La racine qui enserrait sa proie fût carbonisée par un sort lancé par l’un des membres de la troupe. Celui qui semblait être le chef à ses yeux, puisqu’il l’avait vu parler aux autres avant que ceux-ci ne se mettent en action, prit sa proie dans ses bras et recommença à parler. Les autres bipèdes se mirent à l’entourer avec deux anneaux concentriques alors que les bois aux alentours s’agitaient de plus en plus à mesure que les Sylvres se rapprochaient.

Cauchemar se savait en sécurité tapis dans l’ombre mais l’agitation des bois laissait présager que le nombre de Sylvres qui arrivait était assez conséquent. C’était là la chose la plus à craindre avec ces monstres. Individuellement fort de nature, cette force augmentait exponentiellement avec le nombre de ceux qui formaient leur groupe. Malgré le danger imminent, l’un des visages de Cauchemar afficha un sourire mauvais. Une petite étincelle s’était allumée dans son esprit signalant que sa proie reprenait peu à peu connaissance. Il pourrait bientôt la sortir d’ici sans avoir à se mettre lui-même en danger.

L’attaque des Sylvres fût fulgurante mais il semblait que les bipèdes ressemblant à sa proie tenaient bon. Les premiers cadavres à reposer sur le sol furent ceux des assaillants qui se firent piétiner sans vergogne par leurs camarades avides de venger la forêt qui leur était chère. Les bipèdes étaient organisés et disciplinés si bien qu’ils arrivaient à se diriger en direction de là où était parti leurs camarades sans subir la moindre perte pour le moment.

En même temps qu’ils se dirigeaient dans cette direction, plusieurs des bipèdes jetaient des sorts de feu afin de créer, dans les bois, un passage sûr, embrassant par la même occasion la colère des Sylvres envers eux. Cauchemar était impressionné par leur coopération mais de plus en plus de Sylvres arrivaient et il était certain que les bipèdes ne pourraient s’enfuir sans essuyer de pertes alors pourquoi ne pas accélérer le processus.

La divine-brûlante avait complètement retrouvé ses esprits aussi il ne lui donna qu’un seul ordre : [Attaque]. Étant ignoré par les deux camps qui s’affrontaient, il put prendre de la hauteur à l’ombre des escaliers afin d’assister au combat. Il put voir que sa proie s’était séparée du bipède qui la portait et après avoir sorti son aiguille, s’était mise à l’attaquer.

Ce développement soudain dans le combat avant brisé la coordination du groupe de bipèdes si bien que deux de leurs membres du cercle extérieur tombèrent sous les coups des Sylvres. La bataille devint chaotique, plus qu’elle ne l’était déjà avec ces innombrables corps couvrant les lieux, les Sylvres étant repoussés par les flammes que projetaient les bipèdes. Une partie des Sylvres tentaient d’étouffer les flammes afin de préserver leur forêt tandis que les autres déchainaient leur colère sur les bipèdes qui la détruisait.

Ces derniers, malgré les deux combats qu’ils menaient parvenaient à se diriger en direction du couloir de feu qu’ils avaient créé un peu plutôt et Cauchemar sentait peu à peu le lien avec la divine-brulante s’amenuiser à mesure qu’elle s’éloignait. Elle ressentirait toujours le besoin de revenir à lui mais il ne pourrait bientôt plus la contrôler et il ne pouvait pas non plus avancer de crainte d’attirer à lui les Sylvres une fois les bipèdes hors d’atteinte pour eux.

Il ne put que regarder son deuxième repas disparaître au loin dans la forêt alors que deux nouveaux bipèdes tombaient sous les coups des Sylvres avant qu’un nouveau mur de flamme ne vienne refermer le passage. S’il patientait jusqu’à ce que les monstres de la forêt se retirent, il aurait un repas de chair conséquent mais il ne pourrait être rassasié que lorsqu’il aurait absorbé l’essence de ses deux proie et pour cela, il devrait s’aventurer dans cette forêt et attendre qu’elles lui reviennent.


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