Dongeon Prologue

Auteur : Nixi
Check : Miss X


Salut !

Et c’est parti ! Je suis hyper excitée de partager avec vous tous mes délires :yum:

C’est la première histoire que je publie, alors n’hésitez surtout pas à me dire ce que vous en pensez, en espérant que vous ayez autant de « fun » à lire la suite que moi à l’écrire :smile:


Cette nuit-là, j’étais dans les ténèbres. Littéralement. Enfin, au sens figuré aussi, mais surtout au sens propre. Ce que je veux dire, c’est que j’étais toute seule dans un long couloir sombre. Comment je me suis retrouvée là? Non, je ne faisais pas de répétitions pour un film d’horreur. Je déteste les films d’horreur. Sérieux, je suis le genre de fille qui a été traumatisée par Fourmi Z, n’a pas réussi à dormir pendant plus d’un mois à cause d’une moitié du film Jeux d’enfants et va courir appeler son petit frère au secours dès qu’une quelconque forme d’insectes et autres arachnides pointe les griffes dans une zone habitable. Bref, j’avais peur de presque tout, des araignées aux hauteurs en passant par les sous-sols mal aérés. Ça c’est quelque chose que les donjons ont améliorer d’ailleurs : rationaliser les peurs. Ce que je veux dire? Simple.

Qu’est-ce qu’une phobie ? Une peur irrationnelle. Or, dans un Donjon, il y a tellement de choses terrifiantes, et par terrifiantes, je veux dire mortellement terrifiantes, que tu n’as ni le temps ni la capacité émotionnelle nécessaire pour une peur qui n’est pas rationnelle. Une araignée suspendue au plafond ? Tant qu’elle ne fait pas au moins 60 centimètres de diamètre, c’est presque mignon. Un couloir absolument silencieux et sans une parcelle de lumière ? Parfait, tu entendras tes ennemis venir de loin. Une poutre suspendue à 30 mètres du sol ? Génial pour fuir un ogre enragé, tu es certain qu’il va s’écraser en bas. Un dragon qui te fonce dessus ? J’espère que tu as mis ton testament en lieu sûr. Tomber seul au milieu d’une bande de hobgoblins ? Commence à lister les dix façons rapides de donner mauvais goût à ta chair.

Oups, je m’égare, je me perds. Bon, pour en revenir à nos méchouis, la fille hyper phobique de BD (Before Donjon, pour ceux qui n’auraient pas compris), qui n’a jamais regardé de film d’horreur de sa vie, mais qui a entendu ses amis en parler, se retrouve soudain dans une situation typique. Dans le mauvais sens du terme.

Enfin, pour parler franchement, à part mon imagination débordante, il n’y avait pas grand-chose de dangereux ou d’unique dans ma situation. Est-ce que vous vous êtes déjà retrouvé soudainement seul dans un lieu paisible après avoir quitté un endroit bruyant et plein de monde? Par exemple : vous êtes à une fête et vous allez prendre l’air, ou bien vous rentrez tard d’une soirée pour arriver dans votre maison vide. Ou encore être le dernier à partir d’un endroit et devoir fermer les lumières. C’est ce qui m’est arrivée. Une situation absolument banale.

J’étais dans une écurie. Ah oui, j’avais oublié : je prends des cours d’équitation depuis quelques années, prenais. Bien évidemment, j’ai arrêté AD (After Donjon, pour les newb). Il n’y avait plus grand cheval de toute façon après la crise. Enfin, ne déraillons pas.

J’étais donc à l’écurie, en train de ranger mon matériel après avoir monté. Ce n’était pas la première fois que je devais rester tard, ni la première fois que je devais fermer avant de partir. Alors, lorsque la dernière fille m’a demandé si j’étais d’accord pour tout fermer, j’ai bien entendu dit oui. Est-ce que ça aurait changé quoi que ce soit si j’avais dit non? J’en doute.

Cette fille avait déjà fermé presque tout, sauf les lumières du couloir au bout duquel je me trouvais. C’était une longue allée suffisamment large pour laisser passer un attelage, longue de peut-être 35-40 mètres. Le seul petit problème, c’était que l’interrupteur était de mon côté du couloir. Donc il allait falloir que j’éteigne les lumières et que je marche ensuite dans le noir jusqu’à la porte.

Ce n’était vraiment pas dramatique. Je veux dire, je passais mes journées à l’écurie, et avec mon cerveau ayant la stupide manie d’enregistrer tous les détails qu’il perçoit, cette allée, je la connaissais littéralement par cœur. Je l’avais même parcourue les yeux fermés, les fois où j’étais trop fatiguée pour les garder ouvert après une monte particulièrement épuisante. Je n’ai donc pas vraiment hésité. J’ai fermé la lumière.

Au bout de l’allée, la lumière du couloir pour sortir, derrière la porte, ressemblait à un signe indicateur. Je m’y suis orientée, apercevant les ombres des quelques têtes familières des chevaux en contre-jour, me regardant de l’intérieur de leurs boxes, entre les barreaux. J’avais beau avoir peur du noir, je ne me laissais pas faire par mes peurs pour autant. Refusant de me retourner ou d’accélérer le pas, je me forçais à marcher tranquillement dans l’allée noire, vers la lumière. Tout allait bien, pour les premiers mètres. Jusqu’à ce que, brusquement, la lumière disparaisse.

Là, j’ai fait un saut. Après environ une seconde de panique instinctive, j’ai compris qu’il venait d’y avoir une panne de courant. Expirant pour calmer ma tête et mon cœur, sans succès notable, j’ai repris ma marche, plus prudemment, les mains tendues devant moi. Il faisait vraiment noir. Même les signes de sortie d’urgence étaient éteints. Étrange.

Quoi ? Vous trouvez que ça n’en finit pas? Puisque je raconte l’histoire, c’est sûr que je suis encore vivante, alors pas la peine de faire durer le suspense, c’est ça? Et qu’est-ce qui vous dit que je ne suis pas un fantôme ? Ah, et oui, ils existent. Enfin, BD je n’en sais rien, mais en ce moment, ils existent.

Pour en revenir à nos ténèbres, alors que je tâtonnais dans le noir à la recherche de la trousse de secours (contenant une lampe de poche), une voix résonna soudain.

[Compétence acquise : Vision nocturne]

Hein? HEIIIIIIIIIIIIIIN?

« Il y a quelqu’un? »

Ok, là, je paniquais. J’étais déjà à la limite de mes capacités de relativisation avec la panne de courant. Je me suis même dit que si c’était une blague, j’allais assassiner le plaisantin. J’écarquillais mes yeux autant que possible, alors que mes mains cherchaient frénétiquement le mur des boxes. Pourquoi est-ce que personne ne se laissait traîner dans cette écurie, bon sang? Rien qui pourrait servir à me calmer les nerfs.

[Compétence améliorer : Vision nocturne LV2]

« Ok, là ce n’est pas drôle. Montrez-vous! »

La voix, indifférente, quasi métallique, ne répondit pas. Je forçais mes sens à percevoir le moindre mouvement, alors que je continuais doucement vers la sortie. Seule la respiration des chevaux me répondit, entrecoupée de temps en temps par un hennissement sourd. Ils étaient étrangement silencieux.

[Compétence acquise : Oreille attentive]

[Compétence améliorer : Vision nocturne LV3]

[Compétence acquise : Marche silencieuse]

« Tais-toi! »

Mes yeux s’étaient peu à peu adaptés à la noirceur de l’écurie. Il semblait qu’une faible lumière perçait par les fenêtres, la lune ou les lumières extérieurs, je n’en sais rien, et je voyais désormais assez bien l’allée, une ou deux têtes de chevaux dépassant de leurs boxes.

Là, mon cerveau a eu un blanc. Dépassant? Les boxes étaient supposés être fermés, avec des barreaux de fer qui plus est… Le bruit d’un sabot résonna sur le sol de béton dans un étrange cliquetis rappelant le bruit d’un chien aux griffes trop longues. C’en était trop. Avant d’avoir le temps de réfléchir, je me suis mise à sprinter vers la sortie.

[Compétence acquise : Perception du Danger]

La ferme, la porte, munie d’une avec une barre transversale. Pas le temps de l’ouvrir, je me jette dessus de tout mon poids. Derrière les cliquetis s’étaient emballés.

[Compétence améliorer : Oreille attentive LV2]

[Compétence acquise : Fuite ]

[Titre acquis : Avangardiste]

J’avalais le couloir, j’enfonçais la porte et me retrouvais dans l’air frais du printemps. Ici, ce n’était pas l’Europe. Au québec, même en avril, la neige était encore présente, et la température avoisinait le -5. Pourtant, à ce moment-là, j’avais l’impression de bouillir.

Trébuchant, je courus jusqu’à ma voiture, entrais et regardais finalement vers l’écurie. Rien. Absolument rien. Tout était absolument normal. La porte s’était refermée, aucun bruit de cliquetis. Même la stupide voix métallique semblait s’être tue. Un mouvement au coin de ma vision me fit alors baisser les yeux. C’était mes mains qui tremblaient. Je pense que j’étais un peu trop nerveuse…

Respirant un bon coup, je parvins tant bien que mal à faire tourner la clef dans le contact et le moteur démarre. Toutefois, en m’éloignant de l’écurie, je ne pus m’empêcher de garder les yeux fixés sur le rétroviseur. Une chance qu’à cette heure-là, il n’y avait presque personne sur la route.

Bref, je suis retournée chez moi. Arrivée à l’appartement, Lance, mon merveilleux chéri, me dit bonsoir. Malgré l’heure tardive, il m’a attendu avant d’aller se coucher. J’étais encore trop secouée pour lui répondre.

« Ça va? »

Sans un mot, je plongeais dans ses bras.

« Kyla… qu’est-ce qu’il y a? »

Ah, oui, Kyla, c’est mon nom. Kyla Myst. J’avais oublié. Je restais silencieuse quelques minutes, repensant à ma soirée. J’enfonçais ma tête dans son chandail. Peu importe dans quel sens je le tournais dans ma tête, je n’avais vraiment pas assuré. Sérieux.

« Il y a eu une panne de courant.

– Hum, Ici aussi. C’est probablement à cause de la fonte. On a eu beaucoup de neige cette année.

– L’écurie était noire. »

Il enroule ses bras autour de mes épaules.

« Tu as eu peur. »

Il est merveilleux, je l’aime, je peux l’épouser ? Oups, déjà fait…

« Hum. »

J’avais finalement réussi à me calmer, j’inspirais et me décollais à regret.

« C’était carrément flippant. Je ne voyais absolument rien, et en plus il y avait quelqu’un qui s’amusait à parler…

– Parler? »

Je réfléchis un peu, tentant de faire du sens de cette scène.

« En fait, ça ressemblait plutôt à un enregistrement. Je ne sais pas, peut-être que quelqu’un à oublier son téléphone ou quelque chose comme ça. Mais dans le noir, c’était flippant. Et pour couronner le tout il y a un cheval qui s’est échappé. Un des boxes a dû être mal fermé. J’ai eu tellement peur que je suis partie en courant… »

Là, je n’étais pas fière. Un cheval en liberté dans l’écurie la nuit, ça peut faire toute sorte de bêtise, comme par exemple détacher d’autres chevaux ou fouiller dans les placards. Au moins l’écurie était complètement barrée et la nourriture était hors de portée, donc pas de risque de ce côté-là.

« Tu dois y retourner? »

Un frisson me secoua à cette mauvaise idée. Je vous l’ai dit, non? J’avais peur de tout.

« Ça ira. Au pire il passera la nuit à se promener. Là, il faut vraiment que je dorme sinon je ne serai jamais capable de me lever pour le cours de demain.

– Tu es sûre? Je peux venir avec toi si tu veux. »

Je l’aime.

« Non, ça ira, c’est gentil. »

Et voilà. Est-ce que c’était une bonne ou une mauvaise idée… je n’en sais rien. Si j’avais dit oui, Lance et moi n’aurions probablement pas été séparés aussi longtemps. Mais, en même temps, le compte des victimes aurait probablement augmenté… Au final, trop de choses diffèrerait si on était retourné au Donjon ce soir-là. Entre autres, j’aurais manqué l’appel de mon frère, survenu juste avant qu’on aille se coucher. Je lui ai raconté mon aventure, et on a ri ensemble de mes réactions. Et il m’a dit quelque chose que je n’avais pas tout de suite remarqué, distraite par ma propre frayeur.

Maman était allée s’occuper des chèvres à la grange et comme elle n’était pas encore rentrée il allait l’aider. Mes parents ont une petite fermette sur un bout de terrain à la campagne. Quelques chèvres, 5-6 moutons, une vingtaine de poules, deux chats et un chien. Oh, et une myriade d’oiseaux de toutes sortes aussi. Ma mère s’occupait de la ferme. Mon père l’aidait généralement, mais comme il était pilote d’avion, il partait parfois pour plusieurs jours, alors Lyle l’aidait de temps en temps. S’occuper des animaux prenait généralement moins d’une heure, et on commençait dans la soirée. Or, la nuit était déjà tombée depuis plusieurs heures. Que ma mère n’ait pas terminé, même toute seule, c’était improbable. Cela, toutefois, je ne le remarquerais que bien trop tard…


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