10;Drops 17 — [Un Virus sans remède, pt.1]

Auteur : Mouton
Check : Faust


Le seul moyen de s’en débarrasser est…


Sahar ouvrit les yeux avec difficulté. Il avait toujours eu du mal à se réveiller. Il s’endormait à nouveau ou rester allongé sur son lit pendant de longues minutes. De plus, il s’était couché tard la veille. Nyara et lui avaient visité la capitale jusqu’à une heure du matin. Ses paupières étaient lourdes, mais Sahar réussit à sortir du lit du premier coup. Il bailla et s’étira avant d’aller se brosser les dents. Heureusement qu’ici aussi, il y avait des moyens de se les brosser. Malheureusement, ce n’était que du manuel, rien d’électrique. Pourtant, l’électricité existait, dans ce Monde…

Après sa toilette, Sahar déjeuna avec Az. Ce dernier ne semblait pas d’humeur bavarde, mais à la fin du repas, il parla.

– Sinon, hier, c’était bien ? demanda Az.

Sahar acquiesça tout en rangeant son assiette.

– On a visité le lac multicolore, je dois avouer que c’était magnifique ! répondit le garçon. Ensuite on est allé dans la forêt, et… Enfin, on a visité d’autres choses et c’est vraiment une ville magique !

– J’avoue que visiter Provinäh le soir, c’est magique… Sinon, que s’est-il passé dans la forêt ??

Sahar ne voulait pas en parler, mais vu que c’était Az, il ne voyait pas le problème de lui résumer l’histoire sans donner de détails.

– On s’est fait attaquer par une femme qui voulait nous tuer pour revendre nos cadavres, mais Nyara l’a tuée.

Az ne parla pas pendant quelques secondes avant de se lever de sa chaise.

– Elle a pleuré ?

– … Oui.

Az soupira et posa sa main sur l’épaule de Sahar.

– Elle a peur que tu la juges.

– J’avais compris… lâcha Sahar.

– Sahar, Nyara est une fille hyper-sensible, mais lors de ses combats, elle est impitoyable. Je veux juste que tu saches—

– Qu’importe.

Sahar hocha la tête. Que Nyara abandonne toute humanité lors de ses combats ne le regardait pas. Il connaissait surtout la Nyara sensible, excitée et jolie. La Nyara en combat ne l’intéressait pas encore. De toute façon, garder son sang-froid en combat n’était-il pas le meilleur moyen de mettre toutes les chances de son côté ? Sahar pensait réellement que cela pouvait déterminer l’issue d’un combat. Si Nyara parvenait à ne pas se laisser gagner par ses émotions, alors elle devait être vraiment dangereuse en combat réel.

Az ouvrit la porte des toilettes et lâcha un sourire à Sahar.

– Deviens un bon ami, Sahar…

Le garçon n’avait pas entendu ce que lui avait dit l’homme, mais il s’en doutait.

Sahar s’était réellement bien amusé avec Nyara, durant cette balade. Outre le fait qu’ils se soient fait attaquer, cela avait été vraiment amusant et il ne dirait pas non pour le refaire un de ces quatre. Il aurait été encore plus heureux de voir les techniques de Nyara en combat, mais cela avait été rapide pour lui… Sahar comptait toujours lui demander de lui apprendre à manier le katana pour pouvoir se défendre — et se battre par la même occasion —, mais il ne pensait pas que c’était le bon moment. Sahar sortit de la chambre et alla vers celle de Nyara et Creel : la fille lui avait demandé de venir pour parler du tueur nommé « Virus ».

– Bref, il faudrait qu’on fasse quelques recherches.

Nyara acquiesça à la proposition de Creel. Sahar n’avait pas parlé durant toute la petite conversation, mais il était d’accord avec le frère de la fille. Ils n’avaient presque aucune information sur lui, alors il serait utile d’en apprendre plus grâce aux habitants de la capitale, les victimes de ce tueur en série. Sahar était toujours choqué que personne ne fasse rien alors qu’il avait plus de mille morts à son actif… Comment la justice était-elle faite, sur ce Monde ?!! Az n’était pas venu assister à cette « petite réunion » pour une raison qu’ils ignoraient. C’était lui-même qui avait dit à Creel qu’il ne viendrait pas et qu’il ferait des recherches de son côté un autre jour, car il avait « quelque chose » à faire aujourd’hui. Creel n’avait pas répliqué, mais il était curieux. Ce n’était pas la première fois qu’il s’en allait pour quelques heures sans s’expliquer. Nyara pourrait lui en demander davantage, mais elle n’aimait pas rentrer dans la vie privée d’Azgoria.

– On fonctionne comment du coup ? demanda Sahar, qui parla pour la première fois de cette réunion.

Creel posa sa tasse de liquide bleu sur la table et prit quelques petites secondes avant de répondre à Sahar.

– Cela ne sert à rien qu’on aille questionner les mêmes personnes, je pense que se séparer en qua—, enfin, en TROIS, vu que ton petit Az ne vient pas, est la meilleure solution.

Creel avait jeté un regard noir et moqueur à Nyara quand il avait parlé d’Az. Elle soupira, ne cherchant pas à se défendre.

– Je pense que c’est la seule solution si on veut avancer, de toute façon, dit-elle. Avancer correctement, en tout cas.

Sahar était d’accord avec eux et le montra en acquiesçant faiblement. Il savait déjà ce qu’il comptait faire.

– Je veux bien aller à l’adresse qu’on nous a donnée pour voir l’intermédiaire, lâcha Sahar.

Nyara tourna le regard vers le garçon et soupira tout en souriant.

– Tu nous avais déjà dit que c’était ce que tu voulais faire, mais je ne sais pas si c’est la meilleure solution, tu sais ? dit-elle. Si c’est un piège, nous sommes plus certains de s’en sortir que toi. Sans vouloir être méchante, tu n’as aucune chance de t’en sortir vivant…

– Je parie que ça ira.

Ce n’était pas Sahar qui avait dit cela, mais Creel. Il se leva de sa chaise et déposa sa tasse près des couverts sales. Il regarda sa sœur.

– Si c’est un endroit paumé, tu n’y vas pas, sinon, tu n’auras aucun souci, lâcha Creel.

– C’est pas parce que c’est un endroit bondé qu’il n’y a pas de piège !! cria Nyara, irritée.

– Hé bien, Sahar n’a qu’à vérifier si c’est un piège.

– Mais… !

– Ils ne savent pas que Sahar est avec nous et de plus, impuissant comme il est, il n’y a aucune chance qu’ils le démasquent. Si Sahar ne découvre aucun piège, il n’aura qu’à alors parler à l’intermédiaire, acheva Creel.

Nyara ouvrit la bouche pour le contredire, mais elle se tut avant de se tourner vers le garçon. Il était vrai que personne ne se douterait que quelqu’un sans pouvoir se ramène… Après tout, si c’est réellement un piège, Sahar aura du mal à s’en sortir vivant, mais il n’avait qu’à analyser l’endroit. S’il voit que c’est trop risqué, il n’aura qu’à partir et à laisser Az ou Creel s’en occuper. C’était une bonne idée.

– Je suis peu confiante… avoua Nyara en baissant la tête.

– Il doit bien se rendre utile, pas vrai, Sahar ?

Creel posa sa main sur l’épaule du garçon en souriant. Sahar, décoré par des yeux crépuscules déterminés, acquiesça en lui rendant son sourire.

– Je ne me sentirais pas forcément à l’aise en posant des questions à des inconnus, de toute façon, je pense que cette tâche me convient le mieux !

– Je reste peu confiante. Mais bon, fais comme tu veux, Sahar…

Le garçon lui montra son pouce et cligna de l’œil.

– Compte sur moi !!

Sahar tenait dans sa main droite un papier sur lequel était indiqué le lieu de rencontre avec l’intermédiaire. Creel lui avait écrit précisément où et comment y aller. Il n’avait pas voulu donner la lettre officielle qu’ils avaient reçue au cas où les choses tournaient mal, ce qui était compréhensible. Pendant que lui irait voir l’intermédiaire — en tout cas, qu’il aille juger s’il s’agissait d’un piège ou non —, Nyara et Creel iraient chercher quelques informations sur ce Virus auprès des habitants. Dommage qu’ils n’en sachent pas plus… Ils avaient si peu d’informations, comment voulaient-ils qu’on retrouve ce tueur ? Si seulement ils connaissaient au moins la signature meurtrière de ce tueur…

Sahar arriva près de l’endroit indiquér. Il leva la tête et observa le lieu. Devant lui se trouvait un petit bar aux murs de bois marrons. L’insigne était vieillot, mais de très bonne facture, baignant dans la lumière d’Etholys. Les vitres laissaient voir un intérieur plutôt bondé, qui encourageait les passants à y pénétrer. Le bar se dressait près d’un carrefour. Les portes vitrées étaient ouvertes et reflétaient la joie d’Etholys, ce qui faisait briller le bar dans une douche de rayons de lumière. Sahar ne put croire qu’il s’agît d’un piège. Il avait le nom de l’intermédiaire, mais maintenant fallait-il encore le trouver. Vu le prénom de la personne, cela devait être probablement un homme. Il avança vers le bar et vérifia à nouveau si c’était le bon endroit. « Provibar », c’était le nom de l’endroit où il devait aller.

C’était bien le nom du bar. Sahar rangea le papier dans sa poche de derrière et entra dans le bar en prenant une grande bouffée d’air frais. Le garçon commença à sentir le stress lui saisir petit à petit les tripes et tenta de se calmer du mieux qu’il pouvait.

Le bruit des conversations était bizarrement agréable. Personne ne criait ni ne hurlait, tout le monde était calme. Les enfants eux-mêmes restaient plutôt silencieux. L’odeur du café et des autres plats matinaux vinrent flatter les narines du garçon avec douceur et fraîcheur. Sahar prit un grand bol de cet air sucré et sourit. Alors qu’il avait mangé quelques minutes plus tôt, le ventre de Sahar commença à grogner de plaisir. Le problème, c’était qu’il n’avait pris aucun argent avec lui. Il n’en avait évidemment pas, mais il aurait pu en demander un peu à Nyara… Il s’assit sur une chaise solitaire et posa ses mains sur la table en face. Il avait toujours détesté être seul à une table, mais il n’avait pas vraiment d’autres choix. Avant de chercher l’intermédiaire, il allait d’abord analyser un peu cet endroit et tenter de voir s’il pouvait avoir un quelconque piège. Évidemment, il savait qu’il n’allait probablement rien trouver. S’il y avait réellement un piège, il le saura quand il se fera prendre dans le filet de cet intermédiaire. Si Sahar voulait pousser sa paranoïa jusqu’au bout, il pourrait dire que toutes les personnes ici présentes faisaient partie de ce piège.

Si je pense comme ça cependant, je ne vais jamais avancer dans la vie…

Se dire que tout le monde était contre soi, seul versus le monde, ce n’était pas une façon correcte de penser. Dans tous les cas, Sahar ne pensait pas que ce « rendez-vous » soit un piège. Il était normal qu’ils veuillent savoir quand arriveraient-ils à Provinäh.

On n’est jamais assez prudent, néanmoins… se dit Sahar.

Des serveurs et serveuses se promenaient entre les tables pour servir les commandes des clients. Des petits morceaux de gâteau, des biscuits, des cafés, des boissons inconnues à Sahar, etc… Tout avait l’air si bon et les odeurs qu’ils dégageaient donnaient raison à Sahar. Il était si dommage qu’il ne puisse rien goûter.

– Bonjour, monsieur.

Sahar leva la tête et regarda la belle femme dans les yeux. Dans la trentaine, elle portait une tenue de serveuse. Elle posa la carte devant lui tout en souriant. Sahar secoua les mains.

– Je n’ai rien pour payer, désolé… !

– C’est votre première fois dans ce bar, je me trompe ?

Sahar resta immobile pendant quelques secondes avant d’hocher la tête.

– Hihi, je me disais bien que votre tête ne me disait rien. Si c’est votre première fois, alors vous pouvez choisir une boisson et un petit dessert dans la carte, et cela gratuitement ! lui dit la femme.

Elle s’en alla quand on l’appela et lui promit de revenir vite. Sahar avait donc l’occasion de choisir dans la carte… Il était heureux. Il l’ouvrit et regarda tout ce qu’il y avait dedans. Il n’était pas certain de quoi prendre, vu que le trois-quart des plats lui étaient inconnus. Heureusement qu’ils étaient brièvement expliqués en-dessous de chaque nom !!

Après avoir regardé la carte pendant cinq bonnes minutes, la femme était revenu et avait pris sa commande. Elle lui avait promis qu’il serait servi dans les dix prochaines minutes : il y avait un monde fou. Sahar avait acquiescé et attendait avec impatience. Il avait choisi une sorte de chocolat chaud à la chantilly ainsi qu’une mousse au cacao parfumé d’amande et de myrtilles. Il y avait certaines choses qui lui avaient donné envie, mais ne connaissant pas les ingrédients, il n’avait pas osé commander un de ces plats. Alors qu’il était ici depuis cinq minutes, il n’avait toujours pas entendu quelqu’un hausser le ton, personne crier. Aucun petit enfant n’avait fait sa petite crise et aucun bébé n’avait hurlé, n’avait pleuré. C’était un endroit paisible et Sahar adorait déjà ce bar. Ce Monde avait quand même de gros avantages. Sur Terre, ce n’était pas comme cela… De plus, l’ambiance sortait vraiment du lot, avec les lumières tamisées qui établissaient une ambiance vraiment unique. L’odeur des plats mettait l’eau à la bouche et la vue sur l’extérieur était agréable. Sahar se plaisait bien, il en parlerait aux autres.

Cependant, Sahar ne devait pas oublier pourquoi il était ici. Pour l’instant, rien n’avait l’air anormal. C’était un bar plutôt merveilleux dans lequel la joie et la tranquillité semblaient régner. Après, tout cela ne voulait rien dire. Le bar avait beau ne pas être piégé, le rendez-vous pouvait l’être, lui. Il allait encore attendre, mais n’était-ce pas mieux de chercher l’intermédiaire maintenant ? Tant qu’il y avait plein de monde… N’était-ce justement pas le moment idéal de le trouver ? Si c’était un piège pour attirer Nyara et les autres, peut-être qu’il ne fera rien en présence autant de personnes ?! Sahar se leva et vit qu’un vieux barman préparait des boissons au bar. Il se dirigea vers lui et déglutit. Pourquoi était-il tant stressé… ? Il avait déjà failli mourir hier soir, il n’allait quand même pas tomber dans un piège et de nouveau frôler la mort?! Dieu n’était pas si méchant, si ? Enfin, ici, c’était « Ovo », leur Déesse. Sahar s’assit sur le siège et attendit que le barman vienne vers lui. Il gardait un oeil constamment sur la table vide où il s’était assis quelques secondes auparavant au cas où la femme lui apportait sa commande. C’était très sympathique de leur part de servir gratuitement les gens pour leur première fois dans ce restaurant. Il fallait avoir une bonne mémoire, cependant.

Le barman s’approcha de Sahar et ce dernier le salua. Le vieil homme lui rendit la pareille et lui demanda ce qu’il désirait.

– Actuellement, je cherche quelqu’un… lâcha Sahar.

L’homme fit un O avec sa bouche et hocha la tête de haut en bas.

– Qui cherchez-vous ? demanda l’homme poliment.

Si Sahar pouvait savoir d’avance qui était cet intermédiaire, alors cela serait plus facile pour lui de juger si c’était un piège ou non. De plus, il fallait bien qu’il sache qui était cet intermédiaire !! Sahar lui dit le prénom ainsi que le nom de famille de la personne qu’il recherchait. L’homme se tut durant quelques secondes. Lorsqu’il allait répondre, Sahar remarqua que sa commande arrivait. Il s’excusa à l’homme et alla à sa table pour prendre sa boisson et son dessert.

– Ah, vous voilà ! Tenez, votre commande, en espérant vous allez apprécier ! sourit la femme.

– Merci, juste à l’odeur, je me régale déjà ! avoua Sahar en lui rendant son beau sourire.

La femme partit du côté opposé et le garçon prit son plateau pour l’apporter au bar. Il s’assit à nouveau sur le siège et s’excusa à l’homme qui avait attendu gentiment. Ce dernier secoua la tête pour lui dire que ce n’était rien.

– Du coup, savez-vous où est cette personne… ? demanda à nouveau Sahar.

L’homme acquiesça, mais…

– Après.

– … ?

Sahar resta sans voix. Que voulait-il dire ? Qu’il répondra… après ?? Le cœur du garçon commença à battre plus rapidement. Si l’homme voulait répondre après… Cela ne rassurait pas Sahar. Tant que le bar était bondé, il était rassuré… Alors si l’homme ne voulait pas dire qui était cette personne avant qu’ils partent tous, cela sentait la mouise… !!! Ce qui était « rassurant », c’était le fait que ce barman sache qui est l’intermédiaire. Sahar insista.

– Vous ne pouvez pas me dire qui c’est maintenant… ?

– Tu connais déjà son prénom et son nom de famille, cela veut dire que tu fais partie de la bande de Nyara ? demanda l’homme en évitant la question de Sahar.

Le garçon plissa les yeux, mais il tenta de cacher ses émotions. S’il connaissait le prénom de Nyara et qu’il savait que la personne qu’il recherchait était l’intermédiaire… Cet homme pourrait être celui qui avait envoyé la lettre ! Il était peut-être celui qu’il recherchait, en fait !! Dans tous les cas, il était tombé sur une bonne personne du premier coup.

Sahar se demanda s’il devait mentir ou non à l’homme. S’il lui disait qu’il faisait bel et bien partie de la bande à Nyara, alors il n’aurait plus aucune chance de « fuir » : si c’était un piège, il allait se faire prendre dedans.

Mais il ne fuirait pas.

– Exact. Je dois le rencontrer vu qu’il est l’intermédiaire.

– Il… Mph.

Le vieil sourit et prit le verre sale qu’une serveuse venait de lui passer. Tout en lavant le verre, les yeux fermés, il parla au garçon.

– Ne sois pas si stressé, on ne vous a pas donné cette adresse pour vous tendre un piège.

Sahar ouvrit la bouche, étonné. Cet homme… ! Le garçon pinça les lèvres en ayant honte. On lisait en lui comme dans un livre ouvert, il semblerait… Il allait devoir apprendre à cacher ses émotions s’il voulait devenir utile à Nyara et aux autres. L’homme sourit.

– Je ne savais pas qu’ils avaient recruté quelqu’un.

– Vous connaissez bien Nyara et les autres ? demanda Sahar en espérant avoir une réponse.

– Il faut dire qu’ils ne sont pas si inconnus des gens non plus. Ils n’ont pas raté une seule tâche qu’on le leur a confiée, quelle que soit la difficulté de celle-ci. De plus, ils n’ont pas peur de montrer leur apparence, ce qui prouve qu’ils sont confiants. Seul ce « Azgoria » ne s’est jamais montré, après. Je me demande à quoi il ressemble.

L’homme se toucha le menton et finit de laver son verre. Il passa ce dernier à un serveur qui le remplit d’une boisson gazeuse qui ressemblait étrangement à du champagne, mais était d’une couleur verte. L’homme continua de parler.

– Vu que personne ne veut s’occuper de ce Virus, on a pensé que vous étiez les plus aptes à nous débarrasser de cette maladie qui ronge la capitale. Les habitants commencent à avoir vraiment peur et les dirigeants ne font rien. Presque mille morts à son actif et rien n’est mis en place, cela va laisser une marque dans la société, je vous le dis.

L’homme secoua la tête, comme déçu et dégoûté. Sahar le comprenait entièrement. Comment pouvait-on laisser un tel tueur en liberté… ? Sur Terre, un seul mort servait aux forces de l’ordre de chasser le tueur. Ici, il était presque au millier.

– Je suis content que vous soyez déjà là. Cependant, l’intermédiaire que vous cherchez n’est pas encore arrivé.

– Arrivera-t-il bientôt ?

– Je suppose. Oh aussi… Non, rien. Tu verras quand il arrivera.

Sahar le questionna du regard, mais l’homme ne lui dit rien. Le garçon soupira et commença à manger son plat.

– Je suis inquiète pour Sahar…

Nyara regarda le ciel bleu de ses yeux rouges et fit la moue. Elle n’avait encore eu aucune information intéressante ou utile. Ce qu’elle avait vraiment retenu, c’était que les habitants commençaient réellement à avoir peur de ce « Virus ». Elle devait vite le trouver et l’éliminer… Cependant, comment faire, avec si peu d’informations ?!! Elle espéra de tout coeur que Sahar ou Creel récoltait une tonne d’informations importantes.

Nyara se leva du banc en voyant Azgoria venir vers elle. La fille lui sourit et se dirigea vers lui, en espérant qu’il ait quelque chose d’intéressant à lui dire.

Le bar se faisait de moins en moins bondé. Quand Sahar était arrivé, il y avait presque une soixantaine de personnes. Désormais, il en restait plus qu’une vingtaine. Le garçon était tout seul sur sa chaise, en attendant que l’intermédiaire arrive. Cela devait faire une heure qu’il attendait. Après avoir profité au maximum de sa boisson merveilleuse et de son dessert au goût excitant, Sahar avait essayé d’en apprendre plus en écoutant quelques conversations, mais rien d’utile ; personne ne parlait de Virus.

Le garçon soupira et tourna le regard vers le vieil barman. Il parlait avec une fille aux longs cheveux. Quand cet intermédiaire allait-il arriver ?!!! Il posa son front sur la table et ferma les yeux. Il commençait à en devenir impatient. Il devait aussi tenter de récolter des informations !! Sahar s’était rappelé que ce Virus tuait avec des sortes de coup de lames : il l’avait oublié en venant ici. Sahar sentit une main de poser sur son épaule. Il allait lever la tête quand…

Il remarqua qu’il ne touchait plus le sol ??!!!

– Aauugh… OaaaAAAHHHH ?!!!!

On le posa par terre et il se frotta la tête. Le sol sous lui était plutôt agréable… C’était parce qu’il se trouvait sur un canapé et non par terre !! Il était vrai qu’il avait remarqué qu’au fond du bar se trouvait trois canapés vieillots, mais vu que des personnes s’y étaient déjà assises, il avait préféré attendre sur sa chaise plutôt agréable. Il leva le regard en déglutissant et croisa la regard amusée d’une femme.

C’était elle qui avait parlé avec le barman.

– De ce que j’ai entendu, on m’cherche ?!

Un sourire sur le visage, elle parla à Sahar d’un ton amical. Voyant que le garçon ne réagissait pas, elle souffla du nez et s’auto-pointa du doigt.

– Le vieux m’a dit tu croyais j’étais un mec ? J’avoue que je suis fort comme un gars musclé, mais c’pas très sympa, tout ça !!

Sahar, qui n’avait pas sut prononcé un seul mot, arriva désormais à parler.

– C’est toi notre intermédiaire… ?

– Yep ! T’as d’la chance d’avoir une meuf aussi belle que moi !

– C’est toi…

La fille prit une pose fière tout en laissant son doigt lui viser la poitrine.

– …… Bahama Reyram ???

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