Maître des âmes 39 : Joyeux anniversaire

Auteur : Nightgale
Check: Miss X


Rien de spécial à raconter, alors je vais en profiter pour remercier tous les lecteurs qui prennent le temps de lire ce que j’écris.

Merci de suivre MdA ! Merci de votre soutien ! Le fait de savoir que des gens veulent la suite me pousse à continuer.

Sur une seconde note, faites connaître ce site à vos amis, faites connaître les oeuvres qui y sont hébergées, faites connaître MdA !

Agrandissez la communauté light novel en france et un jour nous partirons à la conquête du monde ! MOUHAHAHA !

Bon, fin de l’aparté mégalomane.

Enjoy le chapitre de la semaine.


Grâce à la présence d’esprit de Shang et à ses directives, l’incendie fut maîtrisé après une heure de lutte intense.

Vu que l’incident s’était déclaré en pleine nuit dans une partie de la demeure qui était plutôt isolée, les seules victimes étaient les deux cadavres carbonisés qui gisaient devant ce qu’il restait de la réserve.

Shang et Sung étaient arrivés là où tout s’était produit. Ils pouvaient enfin constater de leurs propres yeux l’étendue des dégâts. L’intérieur de la pièce était entièrement noire et une odeur de cendre brûlée planait encore dans l’air.

Baam !

Shang frappa subitement la porte de la réserve qui alla s’écraser contre un mur un peu plus loin. Sung sursauta devant ce geste. Il était rare que son père manifeste ainsi sa colère. D’habitude, celui-ci arrivait à conserver son sang-froid en toutes circonstances, mais sa tolérance semblait avoir atteint sa limite.

« J’en suis certain à présent ! Ce n’était pas un accident ! Quelqu’un s’est infiltré ici et a mis le feu à ma demeure ! » S’exclama Shang en serrant les poings.

« Qu’est-ce qui vous fait penser cela, père ? » Demanda Sung.

« Ouvre les yeux ! La réserve était grande ouverte. Ses murs et ses portes sont faits dans une matière extrêmement résistante pour protéger nos biens. Il est impossible qu’un banal incendie puisse brûler ce qui se trouve à l’intérieur. Sauf si bien sûr, la porte a été laissé grande ouverte ! » Expliqua Shang.

Sung acquiesça en silence. Vu l’état dans lequel était son père, mieux valait faire profil bas. Il jeta alors un oeil sur les deux tas de chair carbonisés à proximité.

« Le coupable a d’abord tué les deux gardes… Mais comment est-il entré dans la réserve aussi facilement ? »

C’est alors que non loin de là, quelque chose attira son attention au beau milieu des cendres.

« Père, regardez ! »

Sung prit l’objet en main pour le lui montrer. Il s’agissait du cadenas qui verrouillait la porte. Le cadenas était solide et avait résisté sans problème aux flammes. À leur grand étonnement, ils s’aperçurent que celui-ci était ouvert et que la clé pour le déverrouiller était encore dessus.

« Le coupable possédait la clé de la réserve ! C’est comme ça qu’il a pu entrer aussi facilement ! Mais il n’y a que très peu d’exemplaires de cette clé et les seules personnes qui la possèdent… »

Sung réfléchit un court instant et ne tarda pas à faire le lien entre les différents événements.

« FAAAANG !!! » Hurla-t-il tout à coup.

« Fang !? Tu en es sûr ? » Demanda Shang en fronçant les sourcils.

« Il n’y a aucun doute ! La veille avant de trouver Hong mort, il m’avait demandé la clé de la réserve pour son entraînement. Le tueur de Hong est Fang, c’est évident ! C’est comme ça qu’il a eu la clé et cette sale vermine ose maintenant nous voler ! »

Sung commença à partir en trombe mais Shang l’arrêta dans son élan.

« Attends ! Qu’est-ce que tu comptes faire ? »

« Je vais appeler toute la garde de Mura, trouver Fang, et le tuer ! » Hurla Sung sans se retourner.

Shang se dépêcha de rattraper son fils et se positionna devant lui pour lui barrer la route.

« Père, qu’est-ce que vous faites ? »

« Si c’est Fang, alors la situation est plus complexe que ça. Nous ne pouvons pas agir imprudemment. »

Sung était tellement énervé qu’il ne se souciait guère des conséquences. Il commençait à perdre patience en voyant l’inactivité de son père.

« Père, vous craignez toujours cet invisible expert qui pourrait être derrière Fang ? » Interrogea Sung.

« Non. Vu le temps écoulé, je suis presque certain que même si cet expert est bien réel, il n’est plus ici. Mais la donne a changé. »

« C’est à dire ? »

Sung ne voyait pas où son père voulait en venir.

« Tu n’as pas trouvé que la réaction du chef Han par rapport au meurtre de Hong était étrange ? »

Sung resta silencieux en attendant que son père développe sa pensée.

« D’après ce que j’ai appris, Han a pris Fang à part dans son bureau après l’incident avec Hong. Impossible d’apprendre de quoi ils ont bien pu discuter entre eux. Tout ce que je sais, c’est que depuis leur discussion, personne n’a revu Fang dans Mura. Il est clair cependant que Han ne lui a infligé aucune punition sinon je l’aurais forcément appris d’une manière ou d’une autre. »

« Fang et le chef Han… seraient de mèche ? »

Sung était parvenu à cette conclusion.

« Il semblerait bien. Bien qu’on ne sache pas où Fang soit passé, on m’a informé que sa mère avait bénéficié d’un traitement particulier de la part de Han ces derniers jours. Il est évident que ce geste est dans le but de créer une bonne relation avec lui. »

« Donc cet incendie… »

« … est peut-être l’oeuvre de Fang. Comme ça peut tout aussi bien être une attaque de Han pour nous affaiblir. Si c’est le cas, tout ça peut faire partie de son piège. »

L’explication de son père avait laissé le temps à Sung de retrouver son sang-froid. Plus que n’importe qui, il était au courant de la bataille qui se déroulait dans l’ombre pour prendre le pouvoir dans le village. L’hypothèse soulevée par son père était pleine de bon sens.

« Donc qu’est-ce que vous proposez, père ? » Demanda-t-il alors.

Shang regarda dans le vide un long instant, l’air pensif, puis il reprit la parole.

« Qu’il s’agisse d’une action indépendante de Fang ou d’une manigance de Han, peu importe. Les choses les plus précieuses, comme les arcanes ou nos meilleurs artefacts, n’étaient pas dans la réserve de toute façon. On a subi des pertes, mais ce n’est pas au point que ce soit irrécupérable. Le plus important pour l’instant, c’est de ne pas dévier de nos objectifs et de poursuivre comme nous l’avions prévu. »

« Le tournoi… » murmura Sung.

« Oui, ton but est de remporter le tournoi et d’en profiter pour tuer Fang. Ne penses à rien d’autre pour l’instant. »

« Très bien, père. »

Shang jeta un dernier coup d’oeil autour de lui et il déclara en serrant à nouveau ses poings :

« Quant à ce qui s’est passé ce soir, nous ferons croire que c’est un accident qui a eu lieu. Ce n’est pas le moment de montrer nos faiblesses. Les gens pourraient croire que nous sommes vulnérables. »

C’est sur ces paroles que père et fils s’en allèrent alors du lieu de « l’accident ». Tous deux ravalèrent provisoirement leur rage qui était prête à éclater dans un avenir proche.

____

Bien que tout ceci se soit passé au beau milieu de la nuit, l’ampleur de l’incident avait suffi pour alerter une grande partie de la population. C’était d’ailleurs plus particulièrement le cas pour une certaine personne qui regardait les dernières traînées de fumées restantes depuis la fenêtre de son bureau.

Toc, toc, toc.

Quelqu’un frappa alors soudainement à la porte. Non loin d’être surpris, cette personne ne montra aucune réaction et se contenta d’inviter le nouveau venu à l’intérieur.

« Entrez. »

Un homme entra alors discrètement dans la pièce tandis que la personne en face de lui restait de dos. L’homme se pencha ensuite respectueusement en avant et prit la parole.

« Maître Han, nous avons pu déterminer que l’incendie n’était pas dû à un accident comme ils essayent de le faire croire. »

Han avait toujours le regard fixé sur l’extérieur puis demanda.

« Une idée du coupable ? »

« Aucune. J’ai vérifié au cas où, mais personne de votre côté n’aurait entrepris une telle action sans votre accord. De plus… »

L’homme arrêta sa voix avant de finir sa phrase.

« De plus ? »

« C’est juste que… je ne sais pas qui serait assez fou pour faire une chose pareille », reprit l’homme.

Han se mit alors à ricaner doucement.

« Hé hé hé… Qui serait assez fou en effet… » Dit-il d’un ton amusé.

« Maître ? » Demanda l’homme, curieux de la réaction de Han.

« Non, ce n’est rien. Quel est l’étendue des dégâts dans la demeure de Shang ? »

« Le chef en second Shang a réagi rapidement et a pu minimiser les dommages. Ils ont interdit l’accès à la zone où l’incendie a démarré. Le fait qu’ils essaient de le dissimuler et les informations que nous avons recueillies laissent à penser que c’était là où se trouvait leur réserve personnelle. »

Les yeux de Han s’illuminèrent à cette nouvelle.

« Donc notre pyromane n’a pas attaqué aveuglément et a infligé un sérieux coup à nos adversaires », dit-il avec enthousiasme.

« Oui maître. Mais étrangement, Shang n’a envoyé personne à la recherche du responsable. J’attends vos ordres pour commencer les investigations. Si cette personne a pu réussir un tel coup, elle pourrait être un puissant allié », suggéra l’homme.

Han réfléchit à la situation quelques instants avant de répondre.

« Inutile, je sais qui est l’auteur de cet incendie. Il n’y a rien à craindre. »

« Vraiment ? »

L’homme ne pensait pas que Han connaissait une telle personne sans qu’il soit lui-même au courant.

« Nous n’avons pas besoin de chercher qui que ce soit. Au contraire, surveillez avec attention les mouvements de Shang. S’il cherche à trouver le coupable, faites tout ce qui est en votre pouvoir pour brouiller les pistes. »

« Comme vous voudrez », répondit l’homme.

« Bien, vous pouvez y aller maintenant. Ne m’informer que si nécessaire. »

« Maître Han. »

L’homme quitta ensuite la pièce, plongeant à nouveau la pièce dans le silence. Han n’avait pas bougé du début à la fin. Toutefois, un grand sourire était maintenant visible sur son visage.

« Ce jeune Fang ne cessera jamais de m’étonner. J’ai hâte de voir ce que l’avenir lui réserve… »

____

La situation revenait lentement sous contrôle. Ignorant des intrigues qui se tramaient dans Mura, Fang était maintenant loin du village. Cependant, il ne retourna pas de suite aux Barrières de Meng et décida d’abord de faire un arrêt par chez lui.

« Tu ne retournes pas t’entraîner ? Le temps est précieux », fit remarquer Shen.

« Tant que je suis ici, j’aimerais vérifier comment va ma mère et si le chef Han a bien tenu sa parole », répondit Fang.

Il avait accepté de participer au tournoi et de battre Shang en échange de quoi le chef Han s’engageait à prendre soin de sa mère. Il était hors de question qu’il reparte s’entraîner sans avoir confirmer ce point en premier.

« Malheureusement, je suis arrivé en plein milieu de la nuit et je ne sais pas où ils ont pu l’installer. Je vais attendre que ça se calme au village et j’irai ensuite voir le chef Han pour en savoir plus. »

Fang décida donc de contourner le village par l’extérieur et de se rendre dans sa vieille demeure en attendant. Le temps que celui-ci arrive dans les environs où il avait passé toute son enfance, le soleil s’était déjà levé.

Fang marchait tranquillement au milieu de la forêt. Il avait l’impression que ça faisait une éternité depuis la dernière fois qu’il était passé par ici. Bercé par la nostalgie, il passa à proximité du gros rocher sur lequel il était installé il n’y a pas si longtemps pour méditer.

Mais alors qu’il s’approchait de sa destination, un détail attira son attention. Une légère fumée blanche s’élevait dans les airs.

« Mais… ça provient de notre cheminée. Il y aurait encore quelqu’un chez nous ? »

Fang accéléra le pas. Quand il arriva finalement à portée de vue de sa maison, il fut complètement ébahi. Sa maison était toujours là. Seulement, celle-ci semblait avoir reçu un coup de neuf, à tel point que même Fang doutait de ce qu’il voyait.

Les murs miteux étaient maintenant solides et bien peints et le toit anciennement délabré semblait maintenant pouvoir supporter la plus terrible des tempêtes. Tandis qu’il restait abasourdi devant ce spectacle, une silhouette familière sortit sur le pas de la porte.

« Maman ?! » S’écria Fang.

« Fang ? Qu’est-ce que tu fais ici ? » S’écria-t-elle à son tour.

Elle l’invita alors à l’intérieur. En rentrant, Fang s’aperçut que la décoration avait également changé. Les meubles fissurés et branlants avaient tous été remplacés par de nouveaux d’une qualité irréprochable. De nombreuses décorations ornaient également la maison, la rendant beaucoup plus accueillante et joyeuse qu’auparavant.

Sa mère lui expliqua ce qui s’était passé ces derniers jours. Un serviteur du chef Han était venu la voir pour lui dire qu’une maison luxueuse avait été préparée à son attention dans le village. Cependant, elle avait refusé.

La maison dans laquelle ils avaient vécu contenait tous leurs souvenirs à elle et Fang. De plus, cela faisait depuis tellement longtemps qu’elle vivait ici que le fait de retourner dans Mura la mettait mal à l’aise.

Le chef Han respecta sa volonté et le lendemain, une dizaine de serviteurs débarquèrent chez elle pour remettre leur maison sur pied. Ce n’était pas tout, le chef Han avait également fait parvenir des vivres pour des mois ainsi que des médicaments pour sa maladie chronique.

Fang se contenta d’écouter sa mère raconter tous ces événements avec un grand sourire. Rien ne pouvait le rendre plus heureux que de la voir aussi heureuse. Il décida alors de passer la journée en sa compagnie et de s’assurer qu’elle avait tout ce dont elle avait besoin.

« Maman, je ne peux toujours pas rentrer ? » Demanda Fang.

« Attends encore un peu, c’est bientôt prêt. »

Sa mère semblait vouloir lui faire une surprise et Fang était en train de patienter sur le pas de la porte.

« Voilà, tu peux venir », s’exclama-t-elle.

Après en avoir reçu l’accord, il entra dans le salon et vit sa mère avec un énorme gâteau dans les mains.

« C’est un peu en retard puisque tu n’étais pas là ces derniers jours… La dernière fois que tu as eu un gâteau, c’était du vivant de ton père. Alors joyeux anniversaire ! »

Fang était sans voix. Il est vrai qu’il y a de cela quelques jours, il avait eu 16 ans. Mais il avait complètement oublié cette date car il ne l’avait jamais fêté depuis qu’ils avaient été forcés de vivre en dehors du village.

Sa mère le lui souhaitait chaque année mais ils avaient à peine de quoi vivre et manger. Fang ne voulant pas accabler sa mère, il faisait donc comme s’il avait oublié cet événement à chaque fois.

Cependant aujourd’hui, ils avaient enfin la possibilité de fêter cela comme ils l’avaient espéré depuis si longtemps. Submergé par les émotions, il imprima alors l’image de sa mère tenant ce gros gâteau profondément dans son coeur.

« Joyeux anniversaire petit ! » Résonna la voix de Shen dans son esprit.

« Merci… merci ! » Répondit Fang.

Il avait avec une larme au coin de l’oeil et un sourire radieux aux lèvres tandis que sa mère le regardait avec tendresse.

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