Le Voyage de Moah – Chapitre 19 : Des couloirs et des pièces

Auteur : Ben Ornau
Check : Loux


C’est un peu le chapitre de l’ennui, le chapitre entre deux évènements. Mais ça veut aussi dire que c’est la rentrée sur Soreyawari & Co pour Le Voyage de Moah. La suite en avance sur sagadunblob.
Merci à Loux pour le check.


Le troisième chemin était moins effrayant et donnait sur de nouvelles parties inexplorées. J’étais tombé sur plusieurs cul-de-sac mais avait aussi trouvé un petit escalier. Il y avait à peine 10 marches mais d’une certaine manière cela m’encourageais.

« J’aurais du faire une carte ! »

Après m’être rappelé que même si j’avais eu de quoi faire une carte je ne possédais pas de mains pour la tracer je décidais qu’il était temps de faire une pause.

J’avais l’impression que cela faisait des jours que je déambulais dans ces couloirs même si en vérité cela ne devait faire que quelques heures. Je n’avais pas la moindre idée de ce que je faisais et j’avais fait quelques mauvaises rencontres.

A deux reprises j’étais tombé sur un lézard du même genre de celui qui m’avait attaqué plus bas. En en ayant appris plus sur eux j’avais réussi à me sortir de ces situations sans avoir besoin de les vaincre. Les attaquer directement ne ferait que les provoquer mais en modifiant mes Projectiles d’énergie j’avais trouvé le moyen de les faire fuir. La première fois j’avais rencontré un lézard j’avais essayé de le chasser en tirant devant lui. Ce n’était pas une mauvaise idée mais à l’époque je n’avais pas compris que les lézards comptaient sur leur vivacité plutôt que sur la force pure. Au lieu de tirer un Projectile normal je me concentrais pour en faire un le plus rapide possible que je tirais juste devant le reptile. Le Projectile perdait beaucoup de sa force mais le lézard comprenait que sa propre vitesse était inférieure à celle des projectiles et battait en retraite en ayant perdu son avantage.

« Bon qu’est-ce que je fais maintenant ? »

[RENOUVELLEMENT D’ÉNERGIE]

Je n’étais pas vraiment à court d’énergie mais quitte à prendre une pause autant qu’elle serve à quelque chose.

Je me trouvais dans une petite pièce vide et sans intérêt ce qui reflétait assez bien mon état d’esprit.

« Est ce qu’on peut dire qu’on est perdu quand on a aucune idée de ce qu’on fait ? »

La question était rhétorique parce que même si techniquement on pouvait dire que j’étais perdu j’avais plutôt le sentiment de ne pas avoir progressé depuis que j’étais sorti de la grotte.

N’étant pas assez fatigué pour me reposer véritablement et pas assez motivé pour repartir tout de suite je décidais de glander encore un peu. Pour me distraire, je fixais le mur devant moi. En lui même il n’avait rien d’intéressant mais une partie des pierres était tombées et j’essayais de reconstruire mentalement quelle pierre allait où. Que j’en sois réduit à faire des puzzles de cailloux en disait long sur mon moral ; surtout compte tenu de ma vue de taupe !

Ma dernière tentative pour me distraire de l’isolement dans lequel j’étais avait été de jouer les archéologues. J’avais tenté de comprendre dans quel genre de lieu je me trouvais et essayait de trouver des indices pour m’aider à trouver une idée mais le résultat m’avait miner encore plus le moral. L’endroit était désespérément vide ! Une suite de couloirs et de pièces aux dimensions diverses et rien d’autre. Ni meubles moisis, ni vases anciens ou même des outils hors d’usage. En soit, c’était assez étrange parce que pour qu’un endroit soit aussi vide il fallait forcément le vouloir. Si les gens qui vivaient ici était mort d’une épidémie par exemple je tomberais sûrement sur des objets ou des restes de quelque chose. S’ils étaient simplement partis, ils auraient au moins laissé des choses derrière eux comme des objets cassés qui ne valait pas le coup d’être transporté. Construire un tel lieu avait dû demander tant d’effort que je n’arrivais pas à comprendre pourquoi la seul chose que j’avais trouvé était de la poussière et des lézards. C’est pour ça que j’avais arrêté de jouer les archéologues, trop de questions sans réponses.

Les seules choses que j’avais appris était que le lieu était en partie symétrique et que par endroit on pouvait voir des écritures gravées au sommet des portes (une écriture usée et indéchiffrable). Avec ces maigres informations je n’avais pas beaucoup de matière à déduire et la seule hypothèse que j’avais n’était pas sur ce qu’était ce lieu mais sur ce qu’il n’était pas.

Ce n’était pas une zone d’habitation (l’architecture avait l’air plus pratique que « vivante ») et ce n’était pas un égout non plus.

J’avais beau me dire que ne pas savoir ne changeait rien à ma situation cela continuait à me rendre dingue, c’est comme ce mur là juste devant moi ! Pourquoi est-ce qu’il est cassé, hein ?

« Sûrement à cause de cette RACINE DE MERDE !»

[PROJECTILE D’ÉNERGIE]

Le Projectile tiré avait frappé un bout de la racine sans faire de dommage et avait soulevé un petit nuage de poussière.

Voila, j’avais pété un câble et je m’en prenais à une pauvre racine qui avait poussé derrière le mur et qui avait sûrement provoqué l’effondrement du dit mur.

« Ça va aller, détends-toi, c’est pas le moment de perdre la boule ».

Après m’être enfin lâché, mais aussi avoir tiré bêtement un Projectile d’énergie je me sentais soulagé et je commençais à retrouver mon calme.

Mes nerfs soulagés je pouvais me remettre à réfléchir correctement. Au fur et à mesure que je redevenais moi-même le sentiment d’avoir raté une évidence me taraudait. Je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus jusqu’à ce que :

« Elle vient d’où cette racine ? »

Les racines s’étendent sur plusieurs dizaines de mètres dans le sol en temps normal mais pourtant celle-ci semblait assez large donc il était possible qu’on ne soit pas aussi profondément que ce que je pensais. En ultime recours je pourrais tenter de creuser vers ces racines mais je doutais que mon corps de blob ou de lézard soit capable d’une tel prouesse. Je risquerais plutôt de m’ensevelir sous une tonne de terre.

« S’il y a des racines, il y a des plantes donc de l’eau et du soleil. »

Citer l’évidence m’aidais à construire un raisonnement et je me souvenais être passé près de plantes rachitiques pendant que je cherchais mon chemin. Sur le moment je ne m’étais pas attardé, c’était juste des pousses à moitié mortes qui s’était niché dans les fissures de la roche et je n’avais pas pensé à me demander d’où elle venait !

Sans m’arrêter de réfléchir je faisais demi-tour pour retrouver l’endroit où j’avais croisé la végétation.

« Il n’y a pas de lumière ici, c’est sûrement pour ça que les plantes ne poussent pas mais elles ne sont pas apparues d’elle même. »

Pour planter un arbre il fallait en posséder une graine mais pour la végétation plus petite s’était différent, le moyen qu’ils avaient de se reproduire venait du relâchement de spores dans l’air. Ce qui voulait dire qu’à un moment ou un autre le vent avait réussi à en porter suffisamment dans les caves où j’errais pour que des choses aussi insignifiantes qu’un brin d’herbe pousse.

C’était peut-être farfelu comme raisonnement mais j’étais devenu persuadé que moins la végétation se ferait rare et plus j’aurais de chance de trouver une connexion avec la surface.


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