Le Voyage de Moah – Chapitre 23 : Blobs

Auteur : Ben Ornau
Check : MissX


Salut tout le monde !
Le chapitre 23, checké par les soins de MissX que je remercie.
Comme d’habitude vous pouvez retrouvé la suite en avance sur mon site
Ben Ornau’s strories. J’y publie les chapitres en avance et les annonces sur mon Twitter et la page Facebook.
Bonne lecture et à la semaine prochaine !


Blobs

Cela devait faire une demi-journée que j’avais quitté le campement du Kobold. Malheureusement j’avais dû laisser tout le matériel derrière moi parce que même avec mes petits bras, je restais incapable de transporter la moindre chose. J’avais longtemps hésité et avais perdu un temps fou à essayer de trouver une solution pour mettre à profit l’équipement du Kobold. Tout cela avait été en vain et j’avais finalement repris mon exploration après avoir regroupé et dissimulé les possessions de mon ancien adversaire.

J’avais poursuivi mon chemin en suivant les indices et avais fini par trouver un couloir envahi par la végétation. La salle que j’avais trouvée à l’autre bout n’était comme aucune de celles que j’avais vues jusque là! Elle était aussi vaste qu’une cathédrale et était entourée de larges piliers circulaires fait de pierre taillée. L’architecture était sans fioriture mais le lieu en lui-même était à couper le souffle! La pièce possédait deux niveaux : un rez-de-chaussée large et un second étage qui formait une sorte de balcon entourant le centre de la pièce. Le tout avait une forme rectangulaire et de nombreuses portes étaient reliées à chaque étage.

L’embrasure par laquelle j’étais arrivé donnait sur le second niveau et j’avais dû grimper sur la rambarde de pierre pour constater l’immensité du lieu. Mais de là je pouvais enfin voir le ciel ! L’un des piliers s’était effondré il y avait surement des années de ça. Au fur et à mesure, cela avait dû fragiliser la structure globale et une partie du plafond s’était effondrée en déversant des tonnes de pierre et de terre.

Quand j’étais arrivé, j’avais pu voir un léger rayon de soleil éclairer l’ensemble de la pièce et pour la première fois depuis ma réincarnation j’avais eu une idée de l’heure qu’il était. Le soir était en train de tomber et, pendant peut-être une heure, j’avais juste fixé ce fin rayon de soleil comme ci c’était la plus belle chose qu’il m’avait été donné de voir.

Après ce long moment d’égarement, je tournais mon attention sur le reste de la pièce et ce dont je fus témoin me surprit. À l’étage inférieur, juste en dessous de moi, se trouvait une dizaine de blobs répartis un peu partout dans la salle. Ils avaient l’air d’errer sans but mais j’étais fasciné par cette rencontre. C’était la première fois que je rencontrais des blobs comme moi.

Enfin pas tout à fait comme moi. Les blobs en dessous devaient faire cinq fois ma taille et avaient tous des formes différentes. Aucun d’entre eux ne possédait de bras ou de jambes comme les miens mais certains possédaient des sortes de ventouses sur tout le long de leur corps, d’autres avaient une forme ronde moins visqueuse et bougeaient en roulant comme des galets.

Il y avait aussi des légères variations dans leurs couleurs. Leur noyau avait chacun un vert sombre différent et leur corps une teinte claire, semi-transparente, qui variait en fonction de leurs noyaux. À voir les blobs en face de moi et la teinte de mon propre corps, je devais surement posséder un noyau vert sombre aussi.

Enfin, j’avais l’impression que c’était vert. La vision que j’avais héritée du lézard ne voyait qu’un champ limité de couleurs et il m’avait fallu un certain temps avant de voir les variantes entre chaque blob. Avec des yeux normaux je l’aurais surement vu plus tôt.

“Il va falloir trouver un moyen de descendre.”

Le trou au milieu de plafond menait sans aucun doute à l’extérieur mais même dans ma forme de lézard, je serais incapable de l’atteindre. Je pourrais peut-être me fabriquer une corde avec quelques lianes aux alentours mais mon corps n’avait pas la dextérité nécessaire pour ce genre d’entreprise. Avec des pouces opposables, cela aurait été une autre histoire mais je n’en étais pas encore là.

Les autres chemins de l’étage étaient effondrés mais surtout les blobs m’intriguaient. Ils avaient l’air d’une version plus évoluée que la mienne vu leur taille et aussi vu l’énergie qui se dégageait d’eux. S’ils étaient comme moi, cela expliquait pourquoi ils étaient différents les uns des autres, ils avaient sûrement été confrontés à différents ennemis et différents éléments qui avaient poussé leur corps à s’adapter d’une certaine manière. Un peu comme moi quand une partie de mon corps avait brûlé et qu’un fin épiderme avait poussé après.

En tout cas, peu importe comment ils avaient réussi à évoluer la réponse venait d’en dessous. Là où le pylône s’était effondré, le sol de l’étage s’était lui aussi écroulé et grâce à mes nouveaux membres et ma forme de lézard, je n’aurais aucune problème à descendre.

Je me dirigeais vers les éboulis quand je tombais sur une immense flaque d’eau. Elle était assez grande pour couvrir toute la largeur du passage et s’étendait sur quatre bons mètres. Je pris un petit caillou qui traînait là et le jetais dans la flaque. À voir comment le caillou avait rebondi la flaque était profonde de 2 à trois centimètres. De l’eau de pluie avait sûrement coulé le long du plafond et avait stagné ici pendant des semaines.

“Je ne risque pas de me noyer en tout cas.”

Confiant, je fis mes premiers pas dans la flaque. J’eus à peine le temps de faire deux pas avant de me rendre compte que quelque chose n’allait pas. Je perdis mon équilibre et ma première pensée fut que mes pieds s’enfonçaient ! J’étais un peu loin de ce qui se passait réellement. Le bout de mes pieds qui était immergé s’était mis à fondre au contact de l’eau et la matière dont mon corps était fait devenait visqueuse comme du caramel chaud.

J’eus le temps de me basculer en arrière pour atterrir sur la “berge” avant que tout mon corps se transforme en flaque lui aussi. Je rampais un peu plus loin en traînant derrière moi mes deux jambes qui avaient maintenant la consistance du blanc d’œuf mais qui étaient restées attachées au reste de mon corps.

“Le feu et maintenant l’eau, quelle poisse ! ”

Ce qui venait d’arriver m’avait surpris mais je n’eus pas la frayeur que j’avais ressentie la fois où j’avais été attaqué par la boule de feu volante. L’état de mes jambes n’avait pas l’air de se propager au reste de mon corps et seules les parties immergées dans l’eau avaient été altérées.

“Je suis censé attendre qu’elles sèchent ou je les … coupe.”

Je n’étais pas sûr de ce qu’il fallait faire et le formuler de cette façon était un peu dérangeant. En tout cas je ne m’étais pas attendu à utiliser la Séparation aussi vite mais je pourrais régénérer mes membres si je les détachais, non? Après un peu d’hésitation, je choisis la seconde méthode. Je concentrais mon énergie et une par une.

[SÉPARATION]
[SÉPARATION]

[RENOUVELLEMENT D’ÉNERGIE]

En régénérant mon énergie, je sentis que les blobs à l’étage d’en dessous s’étaient mis en mouvement. Aucun n’eut l’idée de monter les éboulis qui les auraient menés à moi mais ils s’étaient rapprochés de ma position comme des moustiques attirés par la lumière. C’est grâce à Sensibilité à l’énergie que j’avais pu les sentir se déplacer malgré le fait que je n’étais pas assez grand pour voir par dessus la rambarde de pierre.

Après avoir fini de remplir mes réserves d’énergie et fait pousser de nouvelles jambes, je fis le tour de l’étage pour voir si je ne pouvais pas trouver un autre chemin. Malheureusement la chance n’était pas de mon côté. L’autre extrémité de l’étage effondré ne formait pas une pente douce et il y avait au moins deux mètres de hauteur entre l’étage et les premiers éboulis. Ça voulait dire un aller simple et, pour être honnête, le récent comportement des blobs me faisaient hésiter. Ils avaient l’air de s’ignorer mais la façon dont ils avaient bougé quand j’avais régénéré mon énergie m’intriguait.

“Réglons les problèmes un par un, d’abord l’eau.”

Je revins à l’endroit où je m’étais séparé de mes jambes et constatais que les parties séparées reprenaient peu à peu leur « viscosité » naturelle. Je m’approchais un peu plus de la flaque pour l’inspecter et voir si elle avait quelque chose de spécial. Mes sens n’étaient pas très développés certes, mais à priori la flaque était constituée d’eau de pluie tout ce qu’il y a de plus normale. Aucune odeur étrange ou de mousse suspecte. Après quelque minutes d’observations, je décidais de tenter une expérience. Je m’étais saisi d’une de mes anciennes jambes et je m’apprêtais à la jeter dans la flaque.

Au moment où la jambe entra en contact avec l’eau, elle se mit à fondre comme de la barbe à papa dans un verre d’eau. Cela ne faisait aucun son, comme l’aurait fait de l’acide, ce qui étayait ma théorie sur le fait qu’il n’y avait rien de spécial dans l’eau. L’ancienne jambe maintenant fondue ressemblait à une tache de vinaigre dans l’huile et resta comme ça pendant une bonne minute. Mais, petit à petit, la tâche devenait de plus en plus petite et commençait à se dissoudre dans l’eau. Quand elle fut complètement dissoute, je pris la seconde jambe et la jetais un peu plus loin dans l’eau.

“1 et 2 et 3 et 4 … “

Il fallut 4 minutes et 23 secondes pour dissoudre entièrement la jambe que j’avais jetée.

“À cette vitesse, je me serais effondré sur moi-même avant d’atteindre l’autre bord.”

J’ignorais ce qui m’arriverait si mon corps se dissolvait entièrement mais je n’étais pas sûr de vouloir le découvrir.

[TRANSFORMATION] [LÉZARD DE PIERRE]

Même sous ma forme de lézard, la patte que j’avais mise dans l’eau commençait à perdre sa transformation avant de se mettre à fondre.

Pour traverser j’avais deux solutions, construire un pont avec les pierres qui se trouvaient autour de moi ou trouver un moyen de me rendre insensible à l’eau. La seconde, si elle était possible, prendrait beaucoup plus de temps mais elle me semblait aussi la plus sage. Le but ultime de mon escapade était de sortir de cette caverne et ça ne valait pas le coup, si je devais craindre pour ma vie à la moindre goutte d’eau.

Convaincu de la chose à faire, je me mis à rassembler des cailloux de toutes tailles dans un coin de la flaque.


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