JIM – Chapitre 49-3 : Interlude VI

Auteur : Vhail
Check : Miss X


Chers lecteurs, chères lectrices et personnes d’un autre genre ou non s’il y a, voici la fin de l’arc 2 de JIM. Je ne publierai pas de chapitre la semaine prochaine le temps de bien préparer les choses pour l’arc 3 et de commencer à réfléchir à une manière intelligente et à propos d’introduire les personnages proposés lors du « concours ». Le prochain chapitre sera donc dans deux semaines. Je vous souhaite une bonne lecture et à plus.

PS : Par ce temps froid et avec ce vent, manger une raclette c’est nickel pour bien se réchauffer. ^^


 

La maladie me faisait voir des hallucinations, transformant mes désirs en réalité et cherchant à briser mes derniers espoirs. Dans mes délires j’avais cru voir un homme me sortir de l’orphelinat et me ramener chez lui pour me border dans un lit bien plus confortable que celui dans lequel j’avais vécu ces derniers mois. Je savais que la maladie dont j’étais affligée ne me laissait aucune chance mais je me prenais quand même toujours à espérer.

Comme pour me donner raison, l’homme disparut et je me retrouvais de nouveau seule avec mes pensées. Je me prenais à rêver de la vie que j’aurais pu avoir si ce malheur ne s’était pas abattu sur moi. Je me voyais ouvrir un prestigieux restaurant afin de faire découvrir les produits de ce monde à tous les visiteurs qui venaient en ville. Leur faire découvrir les aliments que les habitants faisaient pousser grâce à notre magie ainsi que la faune qui fournissait elle aussi une diversité exceptionnelle. Visiter les différents recoins de la galaxie et de l’univers à la recherche de nouvelles saveurs inconnues et transmettre mon savoir à des passionnés qui, comme moi, chériraient la bonne cuisine.

Des larmes coulaient sur mon visage alors que ces images défilaient dans ma tête. Elles s’effacèrent dans un tourbillon indistinct pour laisser de nouveau place à l’image de l’homme mais cette fois il portait le corps d’une enfant dans ses bras. Celle-ci ne semblait pas malade et je comprenais parfaitement son choix. Entre une malade et une fille saine, le choix était clair et sans appel. Il s’approcha de moi et plongea la main de la jeune fille dans ma poitrine, transperçant directement mon cœur. Tout un symbole comme pour me dire que jamais personne ne voudrait de moi. Un sourire de délivrance s’afficha sur mon visage alors que je sombrais dans les ténèbres de l’inconscience dont j’étais persuadée de ne jamais sortir.

Mes paupières papillonnèrent quelques instants avant que je n’ouvre les yeux complètement et que je n’émerge de mon profond sommeil. La pièce dans laquelle je me trouvais était baignée d’une lumière tamisée et mon regard était fixé sur le plafond en pierre nue. Pourquoi mes yeux étaient-ils ouverts ? Pourquoi mes autres sens percevaient la nature autour de moi ? Je sentais la magie de mon monde s’écouler en moi tel un fleuve lent, calme et imperturbable. C’était impossible. Ma maladie avait fait disparaître toute trace de magie de mon corps il y a un peu plus d’un an. Il était impensable que j’ai pu être débarrassée de cette maladie incurable.

Mon esprit devait être en train de m’inventer tout un monde imaginaire pour me permettre de m’évader de mes souffrances et que je puisse vivre mes derniers instants en toute quiétude. Je me levais donc du lit sur lequel j’étais allongée et en baissant les yeux, je remarquais que j’étais vêtue d’une longue robe blanche me tombant jusqu’aux chevilles. Ma peau n’avait plus sa couleur verte habituelle mais était d’une teinte rose pâle. De fines lignes plus sombres parcouraient mes bras mais elles étaient bien trop droites et régulières pour être les marques de la maladie. Je tournais sur moi-même et repérais un miroir devant lequel je me plaçais. Mes grands yeux caractéristiques et mes oreilles pointues avaient disparu, je me retrouvais avec les traits d’une étrangère. Ce songe était vraiment étrange. Tout mon corps était parcouru par les mêmes lignes sombres que sur mes bras.

Mon esprit ne pouvait surement pas me représenter avec les traits de mon corps habituel sans que des traces de la maladie n’apparaissent sur celui-ci tellement celle-ci l’avait marqué ces dernières années de ma vie. Cela me perturbait quelque peu car je n’étais pas habituée à me voir sous ces traits mais je n’avais aucune emprise sur le déroulement des évènements donc je ne pouvais que faire avec.

Des bruits de coups portés sur du métal me tirèrent de mes pensées. Le lit était dans le fond de la pièce par rapport à la porte. Je passais donc devant une table à manger et une cuisinière avant de la franchir. Toute notion de prudence m’avait quitté étant donné que, de mon point de vue, tout ceci n’était que le fruit de mon imagination. La chaleur m’assaillit instantanément lorsque je tirais le battant vers moi. Pour une création, les sensations étaient reproduites vraiment fidèlement.

La nouvelle pièce dans laquelle je pénétrais était bien plus vaste que celle où je m’étais réveillée. Beaucoup d’armes étaient suspendues aux murs et je devinais qu’il s’agissait d’une forge. Un homme petit et trapu était positionné devant une enclume et martelait une barre de métal qui prenait peu à peu forme sous ses coups.

De mon avis, si une personne extérieure avait été amenée à nous voir tous les deux, elle aurait dit que nous appartenions à la même race au vu de mon apparence actuelle. En m’avançant, mon regard fut comme happé par une étagère ouvragée sur laquelle étaient disposées huit sphères scintillantes de couleurs différentes. J’étais subjuguée par leur beauté et leur pureté. Je sentais toute la puissance magique qui se dégageait de ses objets et tout ce que j’avais envie de faire était de les prendre pour faire de cette puissance la mienne.

Je fis le tour du meuble et je sentis que l’homme présent me fixait du regard. Un peu gênée et honteuse d’avoir voulu, ne serait-ce qu’en pensée, m’emparer d’artefacts ne m’appartenant pas, je me détournais de ces sphères luminescentes et m’approchais un peu plus de lui, prudemment. Je supposais que nous nous trouvions dans son habitat mais je lui demandais quand même une confirmation même si tout cela importait peu puisque j’étais persuadée que la scène que je vivais avait été créée de toutes pièces par mon esprit malade.

Il m’expliqua calmement que nous étions toujours sur ma planète natale, dans un lieu situé à seulement quelques heures de marche de la ville où se situait l’orphelinat dans lequel j’avais vécu ces derniers mois. Il me raconta que c’était lui qui avait fondé cet orphelinat car il avait voulu offrir une famille aux enfants qui, comme lui, avaient été abandonnés par leurs parents. Lors de sa dernière visite, j’étais la seule enfant qu’il avait trouvée dans le bâtiment et il n’avait vu aucune trace des adultes. Ma maladie avait fait fuir encore une fois ceux que je considérais comme ma famille. Telle était ma conclusion et cette terrible vérité me fit monter les larmes aux yeux. Au moins, le calvaire de ma vie serait bientôt fini puisque la mort guettait au seuil de la maladie le moment opportun pour venir m’accueillir dans ses bras. Ironiquement une des seules personnes ou choses à bien vouloir de moi et ne pas m’abandonner.

Il me dit ensuite qu’il m’avait ramenée chez lui dans l’espoir d’égayer les derniers moments de ma vie mais que, par miracle, il avait trouvé le moyen de me sauver. Mon esprit mit un certain temps à comprendre ce qu’il venait de dire. Cette maladie était incurable, il était totalement impossible qu’il ait réussi à me soigner. Je réalisais que, peut-être, ce n’était pas mon esprit qui essayait d’adoucir mes souffrance mais que la maladie pouvait aussi me faire délirer et me torturer psychologiquement maintenant que la douleur physique ne faisait plus effet sur moi. Il m’expliqua quand même que mon âme était compatible avec un morceau de Soul Steal, un métal qui avait pour propriétés d’enfermer l’âme d’une personne et de lui donner un nouveau corps physique. L’inconvénient était que ce corps physique n’évoluait pas avec l’âge mais en même temps que l’esprit de la personne enfermée et que s’il n’avait rien fait, je me serais retrouvée avec le corps d’une jeune fille de dix ans pour l’éternité ; le métal ne pouvant être brisé et le lien rompu que si la personne dont l’âme avait été enfermée dedans le désirait. C’est pour cela qu’il avait demandé à un ami à lui de me fabriquer un corps de synthèse qui pourrait grandir et évoluer.

Malheureusement, la race de l’ami en question n’avait jamais rencontré d’Arasiens donc ne pouvait pas faire un corps de synthèse à notre image et devant l’urgence de ma situation, il avait opté pour un corps humain physiquement proche de celui d’une Arasienne mais en ajoutant des modifications me permettant de pouvoir utiliser la magie.

Je l’écoutais parler sans l’interrompre une seule fois bien que je me demandais quand même quelques fois comment je pouvais assimiler et comprendre toutes les informations qu’il me transmettait. Je ne comprendrais que bien plus tard ce qui m’avait permis de tout comprendre. Pour lui, tout semblait normal et il continuait son petit discours comme un professeur d’école désireux d’en apprendre le plus possible à ses élèves.

Une fois qu’il eut fini de parler, je lui fis part de mes réserves quant à la réalité des évènements qui se déroulaient ici, que je pensais que ce pouvait être mon esprit ou la maladie qui me faisaient délirer. Avec un sourire en demi-teinte, il tira le col de sa chemise et me demanda si je pensais que, sachant que j’apparaissais guérie et quelle que soit leur origine, mes songes me montreraient une autre personne avec la même maladie que moi. Je pouvais en effet distinguer sur sa peau les traces caractéristiques de la maladie.

Mon cerveau était en ébullition. Si effectivement mon esprit cherchait à adoucir les derniers instants de ma vie, pourquoi me montrerait-il une autre personne malade au risque de me rappeler le mal qui m’affligeait ? Et pourquoi étais-je guérie si ces songes venaient de délires engendrés par la maladie ? Ma tête tournait, si bien que je dus prendre appui sur la première chose qui me passa sous la main. La douleur de la brûlure de ma paume lorsqu’elle entra en contact avec la barre de métal surchauffée explosa dans mon crâne et me fit comprendre que tout ceci était bien réel. Je rétractais presque instantanément mon bras mais le mal était fait et je voyais une grosse trace rouge dessinée sur la paume meurtrie de ma main.

Je levais les yeux vers mon interlocuteur pour lui demander de m’aider à limiter les dégâts mais il ne bougea pas d’un pouce et resta de marbre. Je sentis alors un léger picotement au niveau de ma blessure et je constatais qu’elle était en train de se résorber d’elle-même. Mon regard étonné et inquisiteur le força à m’expliquer qu’il s’agissait d’une autre propriété de mon nouveau corps qui pouvait soigner automatiquement certaines blessures suivant leur gravité. Il se leva du tabouret sur lequel il s’était assis lorsqu’il avait entamé ses explications et me guida vers l’entrée de la grotte. Le soleil était proche de la ligne d’horizon et à son opposé, les étoiles commençaient à illuminer le ciel nocturne. La brise qui soufflait caressa mon visage alors que j’ouvrais mes sens à la nature. A cet instant, je me sentis plus vivante que je ne l’avais jamais été. Il me restait une chose à lui demander et il s’agissait de son nom, Nenato Givanodeluheq. En retour, il me demanda le mien.

« Camille, Camille Givanodeluheq. » répondis-je sans hésiter.

Il m’avait ramené chez lui pour embellir mes derniers instants avant de finalement me sauver la vie et, si je ne pouvais pas le sauver, j’étais résolue à embellir ceux de Nenato, ceux de mon nouveau père … Non, ceux de mon père.

 

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18 commentaires sur “JIM – Chapitre 49-3 : Interlude VI

  1. Merci pour le chapitre. Super chapitre même si on s’attendait un peu à l’identité du père XD Y a pas un milliard de personne qui peut forger de la Soul Steal. En tout cas l’écriture s’améliore, je suis impatient de lire le prochain chapitre.

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