PC#1 – Chapitre 20 : Mort FINALE

Lorsque Ilgamir avait ouvert les paupières de la deuxième jeune femme, cela avait été comme si le noir absolu qui composait ses yeux avait absorbé toute la conscience d’Elor. Non content de revoir ses souvenirs après son précédent retour dans le temps, il lui semblait maintenant qu’il ai pu entre apercevoir un fragment de l’avenir proche.

La dernière scène qui s’était jouée devant ses yeux était une marchandage louche et malsains entre Chaos et une personne qu’il ne connaissait pas mais à présent, il était plongé dans un brume épaisse qui masquait sa vision. Se demandant où il pouvait bien se trouver, il pivota sur lui même afin de scruter le brouillard alentour. La brume était parfaitement immobile et homogène et il ne pouvait pas voir à plus d’un mètre de distance.

Provenant de quelque part, perdu dans ce voile blanc, une voix parvint à ses oreilles. Il s’agissait d’une voix d’homme mais à part cela, ni l’intonation ni la façon de parler ne donnait d’indice sur le possesseur de cette voix à Elor.

“Je suis sincèrement navré que tu ais à subir tout ceci jeune homme. Tu dois bien te douter que ce que tu viens de voir est l’avenir qui va se dérouler si tu ne tue pas une nouvelle fois Chaos. Quel serviteur détestable, mais nous ne pouvons tuer par nous même les serviteurs des autres Dieux, c’est tout à fait regrettable. J’entends bien qu’il a possédé le corps de ton oncle mais l’âme de ce dernier est encore quelque part dans ce monde. Tu pourra te mettre à sa recherche une fois que tout ceci sera terminé.

Malheureusement il te faudra aussi lui trouver un nouveau corps tu t’en doute. Mais je m’égard, je vais te faire revenir une nouvelle fois dans le temps, toujours au même moment. Il s’agit d’un point d’ancrage temporelle, un événement qui ne peut être modifier.”

Alors que l’entité lui parlait, Elor vit la brume se dissiper peu à peu et constata qu’il regagnait son corps. Il se vit refaire les même gestes qu’il avait déjà fait deux fois pour arriver vers les deux jeunes femmes mais à l’envers, il marchait à reculon et s’éloignait d’elles. Cette fois ci, il se voyait remonter le temps.

“Je crains que tu n’ai la nausée une fois le processus terminé mais il s’agit là du moyen le plus sûr pour que tes souvenirs restent intacts. Une fois que ce sera achevé, tu devra tuer pour la dernière fois Chaos. Ne t’inquiète pas, il ne pourra plus jamais revenir car il aura épuisé sa dernière vie et son essence même sera dispersée dans le néant à tout jamais. Et pour ce qui est du reste de la troupe, si cela peut t’aider à faire ton choix, sache qu’ils sont responsable du massacre de Sylenheim sur ordre de Chaos. Je te souhaite bon courage et puisse tu trouver ta voie. Ah, et n’oublie pas de chercher le papillon.”

Alors que la voix s’éteignait de plus en plus, Elor pu enfin reprendre le contrôle de son corps et se trouva de nouveau face à Ilgamir. Ce dernier était accroupi et les autres membres du groupe se tenaient en cercle autour de lui et l’écoutaient.

“Ok les gars, en bas, c’est le début des niveaux profonds du donjon. On doit monter le camp au niveau du temple Uzorien, là-bas, expliqua Ilgamir en pointant du doigt la construction en pierre qu’Elor avait remarqué plus tôt, il va falloir que Lir et Arthy relance la protection, mais une fois mise en place, on a des cristaux magique pour la maintenir en place. Le vrai problème c’est de traverser cette forêt. Elle est remplie de Sylvres qui vivent dans les arbres. En temps normal, elles dorment, mais il faut absolument éviter de casser des branches ou de détacher des fruits. Si vous en voyez une sortir de son tronc, vous prévenez et vous courrez. On ne les combat que par le feu, mais il y’en a trop pour que ce soit faisable ici. Blessez-en une et toutes se réveillent, donc vous êtes averti. Une fois en bas, on avancera en file et par paire. Évitez aussi de parler trop fort, les vibrations de vos voix risquent de les éveiller.”

Une fois les instructions données par le chef d’équipe, les hommes se remirent au travail.

En dix minutes à peine, les vingt marchontiens furent prêts. Les cordes pendaient déjà le long de la paroi lisse et quatre guerriers les avaient empoignées. Elor suivit des yeux leurs descentes, le cœur battant. Jusqu’à maintenant, les couloirs étaient plongés dans un silence pesant, uniquement interrompu par les sifflements du vent et parfois les halètements et grognement de créatures, éventuellement des rugissements, mais c’était plus rare. Maintenant, les bruits de la nature qu’il avait entendu toute sa vie lui semblait étrange. Il y avait des pépiements d’oiseaux, des bruissements de feuilles ainsi que le clapotis de l’eau, s’il tendait bien l’oreille, mais le garçon ne parvenait pas à se débarrasser de l’étrange impression que quelque chose n’allait pas.

Quatre par quatre, les marchontiens descendirent en rappel jusqu’à ce qu’il ne reste plus que Ilgamir et son neveu. Le chef de l’unité indiqua à Elor de garder le silence en mettant un doigt sur sa bouche, puis se prépara à saisir la corde épaisse et se mettre en position pour descendre. Alors que son oncle/Chaos lui tournait le dos, Elor en profita pour tirer son épée au clair et planter la lame directement dans le dos de l’imposteur.

Une gerbe de sang fut crachée de la bouche de ce dernier qui se retourna, un air d’incompréhension sur le visage. Le regard déterminé d’Elor lui indiqua immédiatement qu’il ne pourrait plus le tromper. Le garçon ramena sa lame à lui, provoquant un écoulement important de sang en provenance de la plaie béante que l’arme avait laissée derrière elle. Ce corps ne lui serait plus d’aucune utilité et s’il voulait survivre, Chaos devait s’emparer du corps du garçon.

D’un mouvement vif malgré sa blessure, il se jeta sur Elor qui fit un pas en arrière, trébucha, s’étala par terre, faisant de ce fait tomber Ilgamir qui se retrouva derrière lui. Elor se redressa prestement, jugeant que sa position entre la falaise et Chaos n’était pas la plus avantageuse. L’entité quant à elle se redressa plus péniblement du fait de la blessure et fit de nouveau face au garçon.

Mais le temps est quelque chose de capricieux qui n’aime pas que les chose aille à son encontre si bien que le monstre fauve tapi dans la galerie, qui n’avait pas attaqué les deux premières fois, car les humains étaient descendu trop rapidement, profita de ce conflit pour se jeter sur l’homme blessé depuis son angle mort. Sa mâchoire puissante se referma sur le crâne de sa victime, broyant os et cervelle comme s’il s’agissait de brindilles. Elor se propulsa en avant, prenant avantage de cette attaque soudaine pour planter sa lame profondément dans le crâne de l’animal, craignant de ne pouvons le vaincre autrement.

Son épée s’enfonça dans la gorge encore ouvert de la bête, la tuant sur le coup, perforant par le même occasion ce qui restait du crâne de son oncle. Il se dépêcha ensuite de faire disparaître le coeur rapidement afin que l’adrénaline du combat l’aide dans cette tâche répugnante. Il balança ensuite les deux corps dans le vide pour donner le change aux autres membres de la troupe puis, après avoir rengainé son épée et essuyé ses mains couvertes de sang, empoigna une corde et entama sa descente.


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