Pérégrinations en Monde Inconnu 1 : Là où les ennuis commencent

Auteur : SamiHuunter


Hello ! C’est SamiHuunter ! (ah bah si, navré d’être encore en vie)
Bon, il se trouve que les checkeurs sont pas assez nombreux pour faire leur travail correctement, alors je me suis vu dans l’obligation de checker mon propre travail par moi-même. (ça en dit long sur l’état de la team x) )
Eh bah oui, que voulez-vous, j’ai encore dix chapitre sur le drive, plus un autre que je vais publier une fois que j’y aurait apporté les modifications finales, donc j’ai pas temps à perdre !

Ah, et je tiens à préciser que certains détails sont un peu explicites dans ce chapitre, mais rien de bien méchant non plus, appréciez la lecture o/

PS : Je suis désolé sur la qualité est assez médiocre, mais c’est un chapitre qui a été écrit il y’a plusieurs mois déjà, et à l’époque je n’avais pas un très bon visuel du futur de l’histoire… Si ça sonne comme des excuses, hé ben c’est parce que c’est exactement ça ! Je n’ai juste pas envie d’avouer que je suis un auteur XD


Lorsque Tom reprit conscience, il était adossé contre un arbre.

Une douleur irradiait de l’arrière de son crâne.

Quand il passa sa main dans ses cheveux et palpa délicatement la source de sa souffrance à travers ses cheveux poisseux, il ne put s’empêcher de grimacer de douleur. En la retirant, il remarqua qu’elle était couverte de sang.

Il essuya le sang à moitié séché sur ses paupières et leva la tête.

Les soleils étaient hauts dans le ciel, quelques nuages se prélassaient en étirant paresseusement leurs corps cotonneux.

« Je n’ai pas l’impression que beaucoup de temps s’est passé depuis que je me suis évanoui, les soleils sont toujours plus ou moins à la même place. Ça ne doit pas faire plus de dix minutes. Mais bon sang qu’est-ce que ça fait mal ! »

Posant une main sur l’écorce rugueuse de l’arbre, Tom s’en aida pour se relever.

L’explosion de douleur à l’arrière de son crâne lui fit cesser tout mouvement.

Il avait l’impression qu’un marteau gigantesque venait de s’abattre sur sa tête, lui brisant les os du crâne. Serrant les dents et ravalant les larmes qui lui montaient aux yeux, il attendit que les tentacules de souffrance qui lui vrillaient le cerveau se rétractent pour se remettre à bouger.

Inspirant et expirant comme le ferait une femme enceinte, il fit quelques pas chancelant en direction des voix qui s’élevaient devant lui.

Un bras lui saisit l’épaule et le soutint avec force.

Nathan venait de le rejoindre. Il le regardait avec une expression où se mêlait horreur, panique et soulagement.

Il l’aida à marcher jusqu’à la source des cris et le relâcha quand il fut assis.

Les cris s’étaient amplifiés, et même l’état de demi-conscience dans lequel Tom se trouvait ne l’empêchait pas de comprendre le sens des mots qui lui perçaient ses oreilles.

–          On va tous mourir ! C’est foutu !
–          Mais fait quelque chose toi au lieu de chialer !
–          Je veux rentrer chez moi ! S’il vous plait, quelqu’un, ramenez-moi !
–          J’ai mal ! Vite ! Appelez les urgences, je saigne !

La panique s’était emparée des élèves, et même le professeur de sport s’était accroupi en se tenant la tête et en répétant tel une litanie « Ce n’est qu’un rêve, ce n’est qu’un rêve… ».

Le cadavre tronqué de leur camarade gisait toujours dans la clairière.

Tirant sur la manche de la chemise de Nathan, il lui demanda d’une voix faible ce qui s’était passé pendant qu’il était inconscient.

Son ami lui raconta les évènements qui avaient pris place même pas cinq minutes avant selon lui :

–          Je t’ai poussé hors de danger et je me suis sauvé en même temps. Je m’attendais pas à ce que tu te cognes la tête, mais c’est préférable comparé à mourir dévoré… Le loup a continué à courir et en même pas une seconde, du sang giclait de partout. Il a découpé Mathieu je sais pas comment et il l’a mangé… haha, tu te rends compte, il l’a mangé ! Comme ça, en quelques secondes à peine !

Ensuite, il s’est jeté sur le groupe le plus proche. Il a choppé une jambe dans sa bouche et ça a fait ‘crac’, comme dans les films, tu sais. Avant que personne ne comprenne ce qui s’était passé, Anthon était à côté du loup et lui a mis une patate. Sa tête a explosé comme une pastèque ! T’aurais dû voir ça.

Après, il s’est rien passé d’autre, les gens se sont mis à crier et tu t’es réveillé.

Finissant son résumé, il souriait et riait hystériquement.

Comprenant que le choc de voir quelqu’un se faire dévorer vivant par une bête monstrueuse et de se retrouver dans une situation de vie ou de mort d’un seul coup était très lourd pour une personne normal, il gifla Nathan, et même si le fait de se mouvoir violemment avait ravivé la douleur de son crâne, il l’ignora pour regarder son ami droit dans les yeux.

–          Nat, écoute-moi bien : en ce moment, tu es en train de paniquer. Mais tu sais quoi ? C’est normal. Ton cerveau est sous le choc et tu ne parviens pas à penser de façon claire. Tu vois tes camarades ? Ils sont dans le même état que toi. Eux aussi ils risquent de devenir fous s’il ne se passe rien. Il faut que tu prennes ton courage à deux mains et que tu les calmes. Même si tu fais semblant, essaie d’avoir l’air calme et rassurant, et dis leurs que tout va bien se passer et qu’il faut se taire surtout, si ils continuent à crier comme ça, on ignore ce qui pourrait venir. Je sais pas comment Anthon s’y est pris pour tuer cette chose, mais je suis pas sûr qu’il pourrait le faire à nouveau. Tu m’as compris ?

Les yeux écarquillés, Nathan regardait Tom en se frottant la joue. Quand les mots obtinrent un sens dans son esprit, ses yeux s’agrandirent encore plus et il se mit à bégayer.

–          M-m-moi ? Mais c’est pas possible, je suis terrifié ! Fais le toi ! T’es si calme ! Tu devrais pouvoir le faire !

Tom secoua lentement la tête en signe de dénégation.

–          C’est pas possible, même si j’essayais, ils ne le verraient pas d’un bon œil, je leur parle jamais et je reste dans mon coin à dormir durant les cours, tu crois qu’ils vont écouter un gars comme ça ? Toi tu peux le faire, t’es toujours en bon terme avec tout le monde et ils t’aiment bien. T’as le charisme nécessaire pour faire un bon leader, et c’est ce dont ils ont besoin actuellement, quelqu’un qui les rassures. Les profs ont l’air out, alors t’es le seul à pouvoir remplir le rôle pour le moment.

Se mordant la lèvre inférieure, la panique qui s’était dissipée avec la gifle de Tom revenait envahir son cœur et son esprit. Il regarda son ami qui lui souriait d’un air encourageant en essayant d’ignorer la douleur qui palpitait violemment à l’arrière de sa tête.

Les cris et les lamentations continuaient et gagnaient en puissance.

–          Silence !!

Le cri de Nathan avait ramené le silence dans la clairière.

Toutes les têtes étaient tournées vers lui et l’observaient sans dire un mot.

Il reprit en baissant la voix, mais suffisamment fort pour que tous ses camarades l’entendent.

–          On sait pas où on se trouve, ni ce qui existe dans cette forêt, et pourtant, vous êtes là à vous chamailler pour des conneries. Vous imaginez si d’autres monstres dans le même genre ou même pire s’amenaient parce que vous criez à plein poumons ? Je sais pas pour vous, mais tant que j’aurais pas trouver un moyen de rentrer chez nous, je compte pas mourir ici, qu’importe ce qu’il se trouve sur mon chemin, et rameuter des monstres n’est pas le meilleur moyen de parvenir à mon objectif.
Pour le moment, on ne sait pas s’il y a d’autres humains dans ce monde ou pas, donc c’est juste nous contre les monstres. Vous pensez vraiment que c’est le moment de se battre entre nous ? On a un mort déjà, mais il faut le voir d’un autre point de vue, on est encore trente-deux personnes bien vivantes ici. Je ne dis pas qu’il faut oublier les morts, mais je pense que chercher à rester en vie est plus important que de perdre son temps à pleurer sans rien faire !
Maintenant, je vous propose que l’on cherche un endroit sûr pour monter un camp provisoire et récupérer des provisions. Il nous faut aussi une place pour soigner Joseph, qu’en pensez-vous ?

Les trente élèves hochèrent la tête à la fin de son discours et certains approuvèrent même en lançant quelques « Oui ! » timides.

–          Très bien, alors préparez-vous à partir, on va commencer à se déplacer dans pas longtemps. L’odeur du sang risque d’attirer d’autres créatures.

Voyant que la classe s’était calmée, Tom fut rassuré.

Il était certain que Nathan ferait un bon chef, mais il avait excédé ses attentes. Il n’approuvait cependant pas l’idée de s’éloigner de la clairière pour monter un camp, même s’il comprenait l’envie de mettre de la distance entre eux et le théâtre de la scène de carnage. Ils n’étaient pas certains de pouvoir trouver un lieu similaire dans cette forêt.

Se relevant et s’appuyant sur Nathan, ils s’approchèrent du groupe d’étudiants qui étaient réunis en cercle autour d’un garçon allongé.

En arrivant à ses côté, Tom ne put que constater les dommages que l’énorme loup lui avait infligé.

Sa jambe droite avait été mordue par les puissantes mâchoires de la bête.

Même si elle était tordue dans un angle inhabituel, les os brisés n’étaient presque rien comparé à la blessure.

Du genou à la cheville, la jambe n’était qu’une bouillie sanguinolente. S’échappait de la plaie du sang qui imbibait le sol autour de la blessure. Une forte odeur de sang et une autre plus violente encore leurs parvinrent aux narines et Nathan fit des efforts pour ne pas vomir.

La partie mâchouillée était horrible à voir. Des bouts d’os étaient visibles et un liquide jaunâtre suppurer aux endroits où ils dépassaient de la blessure. La peau semblait avoir été retournée vers l’intérieur de la plaie, et même s’ils voyaient parfois des carrés de l’épiderme miraculeusement épargnés, cela ne faisait que renforcer le grotesque de la chose.

Une chose intriguait Tom.

C’était la substance verdâtre qui recouvrait la plaie à certain endroit.

La chair en contact avec cette chose verte avait un aspect plus horrible encore que le reste de la blessure, et c’est de ces places que s’élevait la puissante odeur que Tom reconnu comme celle de la putréfaction.

Associant immédiatement la substance au poison de la créature, il semblait assez puissant pour décomposer la chair, il déchira la fabrique du pantalon qui recouvrait la cuisse jusqu’à l’aine, où un garrot avait été placé par un camarade clairvoyant.

Les veines visibles à proximité de la plaie ressortaient et étaient d’une belle couleur violette. L’épiderme était rouge et enflée.

–          Faites un garrot au niveau du genou et réveillez Joseph.

Tom avait parlé d’une voix ferme. Un élève debout derrière lui enleva son blazer et le lui tendit. Il fit rapidement un nœud et il demanda à Anthon qui se tenait debout derrière Nathan de serrer le plus fort possible, mais sans déchirer le tissu.

Pendant ce temps, Nathan s’était déplacé pour se mettre au niveau de la tête de Joseph.

L’adolescent s’était évanoui, sans doute la douleur était trop importante pour qu’il puisse rester conscient.

Il le secoua doucement, mais voyant que son visage livide et couvert de sueur ne réagissait pas, il se mit à lui mettre des petites claques.

Ses yeux finirent pas s’ouvrir.

–          Hey, Jo, ça va ? Tu te sens pas trop mal ?

Sachant pertinemment que sa blessure devait le faire souffrir énormément, Nathan regretta immédiatement ces mots qui étaient sortis tout seul.

–          Tu me demandes si je me sens bien ? Impec’ mon gars, un loup m’a juste un peu mordillé la jambe, y’a pas de quoi en faire un drame !

Malgré ses mots et son apparence inquiétante, il essaya de détendre l’atmosphère en faisant une blague. Nathan sourit faiblement en l’entendant, puis il regarda Tom qui observait la blessure, le visage sérieux et concentré.

Il attrapa une petite branche qui était par terre, non loin de lui puis il demanda en chuchotant à Nathan de le faire regarder le ciel et de le forcer à rester comme ça.

–          Dis-moi, Joseph, tu sens quelque chose ?

En même temps qu’il lui posa la question, Tom piquait le bâton dans la plante du pied et dans la peau aux alentours.

–          À part la douleur, rien… Je suis censé sentir quelque chose ?
–          Non, c’est pas important, y’avait juste un petit insecte qui te grimpais sur les orteils, tu crois que tu pourrais les bouger pour le faire partir ?
–          Ouais, bien sûr ! Mais ça serait plus pratique que tu le fasses à ma place tout de même.

Ses orteils demeurèrent inertes. De l’autre côté, en revanche, Tom et ses camarades pouvait clairement apercevoir les doigts de pieds faire bouger la chaussure éclaboussé de sang et recouverte de terre.

–          C’est bon ? Il est parti ?

Tom afficha un sourire rassurant en apparaissant dans le champ de vision de Joseph.

–          Ouais, t’inquiète, l’insecte est parti maintenant.

Puis, il attrapa un bout d’os qui pointait à l’extérieur de la bouillie qu’était sa jambe et le déplaça lentement.

Du sang et du pus suinta en produisant d’horribles bruits de sucions. Les élèves qui observaient la scène se retournèrent promptement et certains d’entre eux vomirent bruyamment.

–          Bah quoi ? C’est si moche que ça ? Ça me fais de la peine de vous voir vomir en me regardant vous savez !

Essayant de se relever, Nathan appliqua de la force dans sa main plaqué sur son front, le forçant à rester allongé.

–          C’est mieux si tu restes comme ça. Si tu bouges trop tu risques de t’évanouir.

Il avait lui aussi envie de vomir, mais il se retenait. Au fond de lui, il était impressionné par le sang-froid de Tom qui arrivait à garder un visage composé et à afficher un sourire sans trahir aucunes émotions.

Son sourire à lui était raide, et il sentait que le sang s’était retiré de son visage. Il essaya d’ignorer les sons qui lui parvenaient par-dessus son épaule.

Tom continua à bouger les fragments d’os et à triturer la plaie avec le bout de bois en remontant petit à petit le long de la jambe. Arrivé au niveau du genou, où la peau réapparaissait et se différenciait de la chair sanguinolente, il appuya plus fort avec le bout de bois.

Dans le silence où tout le monde était plongé, Joseph s’exprima

–          Hé ? C’était quoi ça ?
–          T’as senti quelque chose ?
–          Ouais, on aurait dit une piqure ou une petite morsure… T’es sûr que l’insecte est parti ?

Pinçant cette fois-ci la peau de sa cuisse, juste au-dessus de la partie enflée et où les veines se coloraient de violet.

–          Aïe ! Hé mais ça va pas la tête ! Ça fait mal ducon !

Ignorant son cri, il continua à le pincer en remontant jusqu’à la hanche. A chaque fois, une exclamation s’élevait, mais elles devenaient de plus en plus intenses en fonction de la douleur qu’il ressentait.

–          Ok je vois…

Tom se releva et s’assit en face de Nathan. Le regard de Joseph alterna entre les deux adolescents.

Nathan affichait toujours son sourire forcé et le visage de Tom s’était assombrit, arborant une expression plus grave.

Il lui annonça sans préambule :

–          Joseph, ta jambe est foutue. Tu ne pourras plus jamais l’utiliser de ta vie.

Joseph se décomposa, incapable de dire un mot tandis qu’il prenait conscience du poids de cette déclaration.

Tom continua sans sourciller :

–          C’est mieux si tu ne vois pas ta blessure, parce que c’est vraiment moche. Pour tout te dire, y’a des morceaux de ton tibias qui nous disent bonjour. Ta chair et tes muscles ont été complètement déchirés et y a rien à faire. Tes nerfs ont été coupés. On serait dans notre monde que les médecins ne pourraient rien y faire non plus.
Sauf que c’est pas tout, si ce n’était que ça, on pourrait fabriquer un brancard et te transporter jusqu’à trouver de quoi faire le nécessaire pour que tu cesses d’avoir mal, mais c’est impossible. La morsure du monstre est empoisonnée, en tout cas c’est ce que je pense. Pour le moment, juste le bas de ta cuisse est atteint, et avec un peu de chance, les garrots vont permettre de limiter la diffusion du poison.
Je te conseille fortement de nous laisser te couper la jambe. Ce n’est pas sûr que ça fonctionne, mais c’est la meilleure solution qu’on a sous la main. T’as au moins une chance de survie si on le fait, alors qu’elle est nulle si tu refuses.
–          T’es sûr qu’on peut pas laisser ma jambe ? Hein ? Je suis certain qu’on va trouver un truc qui va me guérir, alors laisse ma jambe ok. T’as du te tromper, t’es peut-être assez intelligent pour toujours faire des sans-fautes en cours, mais tu peux te tromper aussi, pas vrai ?

Joseph était désespéré.

Tom, qui avait du mal à comprendre les émotions des autres avait cependant comprit ce que ressentait son camarade.

Il venait de lui annoncer qu’il voulait lui couper la jambe. Perdre un membre était peut-être une chose à laquelle les militaires avait déjà pensé au moins une fois et redoutait, mais pour un simple lycéen, habitué à la paix d’un pays prospère, c’était comme si le ciel lui tombait sur la tête.

Tom garda son attitude froide et détachée en secouant la tête. Peut-être allait-il le détester pour n’afficher aucune compassion, mais il avait déterminé que si Joseph devait faire un choix, le plus vite sera le mieux. N’afficher aucune émotion renforçait la déclaration et le précipitait à faire un choix. Tom avait décidé qu’il allait lui couper la jambe quoiqu’il dise, mais il préférait au moins essayer de le convaincre.

–          Impossible, plus on attend, plus le venin se répand dans ton corps. La chair a déjà commencé à se décomposer. Dans même pas deux jours, ta jambe entière sera nécrosée et va juste infecter le reste de ton corps. Tu as de la chance d’avoir qu’une seule zone atteinte et d’avoir le reste du corps sain. S’il n’y avait pas de poison, on pourrait hypothétiquement sauver ta jambe jusqu’au genou, mais là c’est pas possible. Navré.

Le visage de Joseph ruisselait de larmes. De la morve dégoulinait de son nez. Il prit une profonde inspiration avant de déclarer :

–          D’accord… c’est pas comme si j’ai le choix dans tous les cas, hein ?
–          Tu comprends vite.

Se relevant, Tom se mis à demander en élevant la voix un rassemblement. Regardant les élèves qui essayaient d’avertir leurs regards de la jambe mutilé de Joseph, il commença à demander si quelqu’un avait sur lui un couteau ou un objet tranchant quand ses yeux tombèrent sur Anthon.

Il n’avait pas l’air différent, peut-être un peu plus terrifiant qu’à son habitude, si ce n’était pour les gants en métal qu’il portait.

Écarquillant les yeux, Tom les fixa pendant quelques secondes.

C’était des gantelets qui recouvrait entièrement ses mains, articulés sur d’autre protection qui remontait jusqu’à son coude. Des pics imitaient des poings américains au niveau de ses premières phalanges, et du sang avait éclaboussé le gantelet droit.

Ils avaient l’air d’être forgé en métal, mais c’était la première fois que Tom voyait un métal ainsi. La couleur était un magnifique gris tirant sur le marron qui reflétait puissamment la lumière solaire. L’épaisseur était impressionnante et Tom jugea que le poids de ces choses devait être considérable.

Sur Anthon et son corps massif, ces protections ressemblaient plus à des armes qu’autre chose.

–          D’où t’as sorti ça ?

Nathan, toujours au chevet de Joseph, prenait pour la première fois conscience de ces objets et avait émis à voix haute la question que tous se posait.

Se grattant la joue d’un air embarrassé, le timide Anthon avait des difficultés à s’exprimer devant les trente paires d’yeux le fixant.

–          Anthon, c’est important, quelqu’un est en train de mourir, là, on pourrait peut-être trouver un moyen d’aider Joseph si tu nous disais d’où ces trucs viennent.
–          Oui, pardon, c’est juste que je sais pas moi non plus d’où c’est sorti. Quand j’ai vu le loup foncer sur Jo, mon corps a agit tout seul et j’ai couru vers lui. D’un coup, ces trucs sont apparus sur mes bras. C’était comme si je savais depuis toujours comment m’en servir. J’ai juste mis un coup de poing dans la tête du loup et il est mort. C’est tout ce que je sais.

Tom était confus. Il entendait les voix des autres adolescents se chuchoter des choses autour de lui, mais il les ignora.

« Ces trucs sont juste apparus ? C’est étrange… Quoi que vu la situation, je ne sais pas si ça devrait me surprendre… Est-ce que c’est la seule personne à pouvoir faire apparaître des choses ou nous aussi on peut le faire ? »

Il releva la tête.

–          Donc tu dis que c’est apparu et que ça te paraissait évident comment t’en servir ? T’as pensé quoi à ce moment ?

Anthon se gratta à nouveau la joue, l’air de réfléchir.

–          Je suppose que je cherchais à avoir quelque chose qui me permette de tuer le monstre et de me protéger ? Je ne suis pas sûr mais je pense que c’est ça.

Fermant les yeux, Tom essaya de se mettre dans l’état d’esprit qu’Anthon avait décrit.

Rien ne se passa.

Il resta à essayer pendant plusieurs secondes quand une exclamation le déconcentra.

En ouvrant les yeux, un drôle de spectacle l’attendait.

Devant lui, ses camarades exprimaient leurs surprises tandis que des armes apparaissaient entre leurs mains.

Stupéfait, il vit deux pistolets se matérialiser dans les mains d’une fille en face de lui qui les soupesa avec satisfaction.

La plupart d’entre eux possédait soit des armes, soit brandissait leurs mains desquelles des cercles apparaissaient et flottaient dans les airs.

Tom, impressionné, les regardait bouche-bée. Tout ça lui semblait tellement surréel.

Il était le seul à n’avoir rien senti, mais cela lui importait peu. Peut-être n’arrivait-il pas à reproduire la bonne pensée pour déclencher le processus. Il vit Nathan brandir une énorme épée comme si elle ne pesait rien.

« Hum, donc, soit ils possèdent une armes ou une armure, soit ils possèdent de la magie ou quelque chose de similaire ? Si c’est le cas, dans les livres, il existe plusieurs type de magie, et il y en a souvent qui permette de soigner des blessures… »

–          Quelqu’un possède une magie de guérison ou quelque chose de ce genre ?

Une fille s’avança.

Elle avait de longs cheveux blonds qui cascadaient jusqu’au creux des reins et de grand yeux noisettes.

Amélie De Bardonne était sans aucun doute la plus belle fille de la classe. Elle avait une personnalité similaire à celle d’Anthon, mais sa bienveillance était à un niveau extraordinaire.

« Si elle possède vraiment le pouvoir de soigner les gens, ça lui correspond très bien. »

–          Moi… Apparemment je peux soigner les gens…Je ne sais pas si je peux être utile, mais je vais faire de mon mieux. »

Elle avait l’air d’être pleine de bonne volonté.

Hochant la tête, Tom et Amélie s’approchèrent de Joseph, laissant les autres étudiants discutaient entre eux avec passion de leurs pouvoirs respectifs.

À les entendre, Tom crut qu’ils avaient déjà oublié la situation dans laquelle ils se trouvaient. Il les ignora et s’arrêta.

Amélie le regardait avec des yeux emplis de questions.

–          Ok, j’aimerai en savoir un peu plus sur ce que tu peux faire. Ça serait idiot de créer de faux espoir à Joseph en lui disant qu’on peut le soigner si c’est en dehors de tes compétences. Est-ce que tu peux purger le poison dans le sang ? C’est le plus important pour le moment.

Elle parut réfléchir pendant quelque secondes, puis secoua la tête avec air désolé.

–          Non, c’est pas possible… Je peux au mieux ressouder des os cassés et refermer des larges entailles.

Ne parvenant pas à cacher son expression déçue, Tom essaya tout de même de la réconforter.

–          Je vois… C’est pas grave, au moins on aura besoin de toi pour la suite. Tu ne peux qu’utiliser que de la magie de soin ou tu peux faire autre chose, comme du feu par exemple ?
–          Oui, je peux utiliser de la magie pour créer du feu je pense, mais c’est différent de ma magie de soin. Je ne connais aucun sort, je peux juste faire du feu ou créer de l’eau, pas les contrôler.
–          C’est amplement suffisant comme information, reste ici, je vais chercher quelqu’un.

Retournant sur ses pas, Tom chercha parmi les élèves un qui possédait une arme tranchante. Il demanda à un garçon qui avait une hache de guerre à double têtes de le rejoindre.

Son nom était Louis Laroch. Un grand garçon avec des cheveux bruns et des yeux noirs.

Il fit signe à Anthon de le suivre et ils se regroupèrent autour de Joseph.

Nathan était toujours à côté de lui, son épée posé sur l’herbe à portée de main.

Amélie ­­eut un hoquet de dégout en voyant la jambe blessé de Joseph mais se retint de faire un commentaire.

–          C’est simple, Nathan et Anthon vont le restreindre, au cas où il se mette à bouger. Louis, tu vas te mettre là et quand je vais enlever le garrot pour dégager la jambe du pantalon, tu vas devoir l’abattre exactement ici ! Surtout vise bien et ne te trompe pas… ça serait idiot de lui découper autre chose que la jambe. Amélie, dès que la jambe sera séparée du corps, tu pourras utiliser ta magie de guérison ? C’est instantané ou il faut un temps d’activation ?
–          Je peux commencer l’incantation et si je garde ma concentration, je pense pouvoir être en mesure de garder le sort pour l’utiliser ensuite.
–          C’est parfait, commence l’incantation alors, fais nous signe quand tu es prête.

Tous se mirent en position et regardèrent Amélie qui avait commencé à réciter des phrases incompréhensibles. Un cercle commençait à apparaitre devant ses mains tendu. C’était comme s’il s’inscrivait trait par trait dans les airs.

Joseph soupira.

–          Ça va être la première fois que je serai nu devant une fille, et je vais même pas pouvoir la lever, j’ai honte de dire que je suis un homme.

Les garçons lui offrirent un pâle sourire en réponse à sa tentative courageuse de garder contenance.

Louis n’avait pas l’air dans son assiette, ses yeux fixaient la zone que Tom avait indiquée et il transpirait abondamment. Il devait couper l’os et les muscles à une quinzaine de centimètres sous l’aine et se jurai de ne pas rater sa tâche.

Anthon venait de placer un large bout de bois dans la bouche de Joseph. Il lui saisit la main et la serra, comme pour lui donner du courage. Son autre main était placée sur son épaule, se préparant à le retenir s’il convulsait.

Finissant son invocation, Amélie tendis sa main, un pouce vers le haut.

–          Prêt ?

À la question de Tom, tout le monde hocha la tête.

Tom défit rapidement le garrot fait à partir du blazer de Joseph et baissa pantalon et caleçon d’un coup. Les joues d’Amélie rosirent en voyant sa virilité pendre entres les jambes écartés, mais elle réussit à garder sa concentration, le cercle blanc flottait toujours devant elle.

En voyant la zone qu’il devait couper se découvrir, Louis souleva des deux mains sa hache et l’abattit violemment sur la cuisse.

Le tranchant de la hache mordit la peau et l’entama en tranchant les muscles, puis elle rencontra l’os.

Il y eu un craquement et le mouvement de la hache cessa. Du sang se mit à gicler de la plaie, recouvrant le visage et les bras des adolescents à proximité.

Un rugissement à peine étouffé par le morceau de bois s’échappa de la bouche de Joseph et son corps se cambra en avant. Anthon et Nathan avaient toutes les peines du monde à essayer de le garder immobile, Tom était dans la même situation en pesant tout son poids sur les hanches de Joseph pour qu’il cesse de bouger.

Louis regardait Joseph qui venait de s’évanouir alors que son corps était parcouru de convulsion sans rien faire. Tom, voyant qu’il n’avait pas l’intention de finir le travail, lui cria dessus :

–          Louis ! Si tu peux rien faire, change de place avec Anthon, ne reste pas là !

Anthon réagit immédiatement, il se leva dès qu’il fut certain que Nathan avait une bonne prise sur les épaules de Joseph. Il saisit la hache toujours planté dans la cuisse et poussa Louis sans ménagement sur le sol.

Dès que ses mains entrèrent en contact avec le manche, ses protections disparurent en se transformant en une fumée épaisse et la hache changea de forme tandis qu’elle prenait la même couleur qu’avaient les protections avant de disparaître.

Anthon délogea la lame coincé dans l’os et un nouveau craquement se fit entendre. Les convulsions de Joseph s’intensifièrent.

Sa jambe mutilée était parcourue de contraction et elle s’agitait dans tous les sens. La plaie béante était semblable à une bouche qui s’ouvrait et se fermait, révélant à moitié l’intérieur de la cuisse par intermittence.

D’un grand mouvement qui fit contracter ses muscles de manière impressionnante, il abattit la hache en un arc de cercle parfait.

Elle entra par l’entaille déjà présente et Anthon sentit une résistance, mais la hache ne s’arrêta qu’une fois enfoncée profondément plantée dans le sol.

Repoussant la jambe tranchée, Tom toqua contre la lame recouverte de sang, immobile dans la terre et Anthon la dégagea. Apparu alors la section coupée de la cuisse.

Les artères vomissaient un sang épais qui dégoulinait en recouvrant les muscles d’un voile rouge et giclait comme un geyser quand le cœur se contractait. Une flaque rouge s’élargissait sous le membre tranché.

Amélie avait déjà vu des membres coupé et autre violence sanglante du même acabit au cinéma, mais elle ne s’attendait pas à avoir cette vision pour de vrai.

Elle entendit son nom et sursauta. Tom la regardait en lui disant de jeter le sort. Revenant à elle, elle obéit.

Le cercle magique qui flottait devant elle disparut et se matérialisa devant le bout de cuisse qui s’agitait en éclaboussant les alentours.

Le sang cessa de couler, et petit à petit, la chair de la cuisse commençait à s’étendre et à recouvrir les muscles et l’os.

Au bout de cinq minutes, la partie tranchée était entièrement recouverte de peau. Joseph était toujours inconscient mais il avait cessé de convulser. Après avoir retiré le bout de bois couvert de bave et de marque de dent de sa bouche, ils le laissèrent dormir.

Les cinq lycéens qui s’étaient occupés de l’amputation était couvert de sueur.

« Au moins, il va survivre pour le moment. »

Nathan s’était relevé. Passant sa chemise sur le visage, il la retira couverte de sang et de sueur. Il grimaça et du vomi lui emplit la bouche. Il se retourna et se mit à régurgiter le contenu de son estomac jusqu’à ce que ce ne soit que de la bile qui sorte. Amélie était blême et semblait être sur le point de s’évanouir. Louis gardait la tête basse et Anthon se mit à essuyer le sang qui maculait la lame de la hache avec de l’herbe.

Aucun d’entre eux n’allait bien.

Autour d’eux, les autres étudiants et les professeurs se tenaient à bonne distance. La majorité des visages reflétait de l’horreur.

Soupirant, Tom attrapa la jambe coupé et la traîna jusqu’au cadavre de Mathieu.

Il la déposa à côté et ne put s’empêcher de trouver une ressemblance entre les trois membres gisants et une sculpture d’art contemporaine qu’il avait vu dans un musée, quand il était plus jeune.

La seule différence était le sang qui imbibait la terre, la rendant presque boueuse et les boyaux qui se déroulaient sur plusieurs mètres au sol, comme s’ils se faisaient la course.

Tom était habitué à voir des organes et des coupes humaines, mais elles étaient en générale dessinées ou faites à l’ordinateur, pas réelle. Il se sentait mal, mais il était convaincu que rester lucide et calme était sa meilleure chance de survie.

Il récita tout bas une prière pour le mort et le blessé.

Ayant grandi dans un orphelinat religieux, il connaissait les prières et les rituels pour les morts. Il avait décidé de réciter une prière et de demander à Nathan de mettre le feu aux morceaux de cadavres.

Les élèves se recueillir en silence devant la scène grotesque d’une moitié de cadavre puis firent leurs préparations pour partir.

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Un commentaire sur “Pérégrinations en Monde Inconnu 1 : Là où les ennuis commencent

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