Perdu dans la Nuit 8 : Tourbillon de Ténèbres.

Auteur : Ilanor
Check : Samihuunter & Exserra


Yo ! Après DMW, Perdu dans la nuit ! Désolé du retard, pas mal de trucs à faire pour la rentrée, mais normalement je devrais reprendre un rythme régulier à partir de maintenant, même si je pense passer la sortie régulière à samedi. Enfin, pour me faire pardonner du manquement de la semaine dernière, ce chapitre compte double, en temps et en volume ! Profitez en bien ! Et maintenant, le départ que, j’espère, vous attendiez, avec une petite touche d’inattendu. Bonne lecture !


C’était une fraîche et belle journée, comme le voulait la saison d’Alniv. Comme souvent pendant cette période, le ciel était dégagé et la lumière du soleil adoucie. Ainsi se dévoilait l’astre selon lequel on avait nommé cette période: un disque irrégulier à peine visible, d’une pâleur argentée qui lui avait valu le nom de Pierre Froide, Alniv.

Aln et Jion en profitaient pour se défouler dans la clairière au dessus du village. Enfin, il serait plus juste de dire que Jion se défoulait, et qu’Aln lui servait de… mannequin. En effet, le premier adorait les armes, et particulièrement l’épée de Glino, une sorte de sabre à simple tranchant, mais dont le dos dentelé permettait une grande variété de mouvement, quoique difficile à manier. Il s’entraînait tous les jours depuis des années, traînant avec lui son ami, sans lui demander son avis, et en le massacrant régulièrement et impitoyablement.

Jion avait pris sa journée – il était apprenti forgeron – afin que lui et Aln s’entraînent, et, amitié oblige, Aln n’avait pas eu le coeur de le lui refuser.

Ils y étaient depuis bien 4 heures, mais n’y tenant plus, Aln avait exigé une pause, et les deux se tenaient maintenant à demi-allongés dans l’herbe.

Rejetant la tête en arrière, Aln prit la parole.

« Je pense que je vais partir, Jion.
– Tu veux dire, quitter le village ? répondit Jion sans une once de surprise.
– Oui.
– J’ai toujours pensé que ça arriverait. Un jour ou l’autre, tu allais vouloir connaître la vérité sur ta famille. Ton comportement depuis la cérémonie n’a fait que le confirmer.
– Vraiment ? Je ne pensais pas que ça se voyait autant… » répondit Aln pensivement.

Jion lui répliqua avec un sourir ironique, puis il reprit.

« Bien que tu te donnes beaucoup de mal pour rester une énigme, après tant d’année, il faut bien avoir compris deux-trois choses pour pouvoir rester avec toi…
– Je vois… Et toi ? Que comptes-tu faire ? Ta cérémonie ne va pas tarder.
– Je vais t’accompagner bien sûr.
– Pardon ?
– Je vais t’accompagner. Tu ne croyais quand même pas que j’allais rater une occasion pareille ?
– Non, je veux dire, tu ne peux pas vraiment venir avec moi…
– Oh, nous ne sommes que 4.
– Quoi ?
– Mais rassures-toi, tu ne seras que notre excuse. On part juste avec toi, comme ça grand père ne grognera pas trop, et après on file à la ville la plus proche pour s’engager dans une compagnie de mercenaires.
– Je ne suis pas sûr que partir avec moi change quoique ce soit… » répondit dubitativement Aln.

Jion le fixa encore quelques instants, le même sourire ironique aux lèvres. Son ami pouvait être incroyablement brillant parfois, mais pourtant aveugle sur d’autres points.

« Et pourtant. Grand-père s’attend à ce que tu partes depuis longtemps, et il te fait confiance pour t’en sortir. Et pour prendre soin de nous éventuellement.
– Je ne vois pas pourquoi…
– Je ne sais pas non plus. Ce n’est certainement pas à cause d’une certaine personne qui coordonne tous les délits du village tout seul, en effaçant systématiquement toute trace de son implication…
– Quelle implication ?
– Tssk. Enfin passons, je vais aller prévenir les autres, dit Jion en se levant, puis il reprit, ne t’avise pas de t’enfuir sans prévenir, je t’en voudrais !
– Mouais, grommela Aln, et ça se prétend ami… »

Jion se retourna à demi, et, après lui avoir jeté un regard torve, il reprit son chemin.

Aln resta méditatif pendant quelques instants. Il se demandait qui allaient être les autres mercenaires en herbe… Bien qu’ils ne soient encore que des enfants, la hiérarchie dans sa génération était bien définie. Lui même était le cerveau du groupe, une sorte de symbole, Jion le chef effectif et charismatique, et les autres se partageaient le reste des places. Presque militairement.

Au final, Aln n’en connaissait personnellement qu’une demi-douzaine. Parmi ceux-là, deux seulement lui venaient à l’esprit.

« Probablement Nilia et Lisgal. Après… Je verrai… »

Nilia était le garçon manqué du village, complètement stéréotypée, et comme il y en avait à chaque génération. Quant à Lisgal, c’était le fils du forgeron. Il avait été absolument corrompu par Jion, et s’était retrouvé, pour son malheur, son second mannequin d’entraînement préféré.

Il réfléchit quelques minutes de plus, puis il se leva aussi, l’air soucieux. Il était temps d’annoncer la nouvelle à l’ancien, qui ne l’empêcherait probablement pas de partir, mais qui aurait probablement quelques conseils à lui donner.

Sur ces pensées, il s’avança sur un sentier, marchant d’un bon pas sur le chemin verdoyant menant jusqu’au village, savourant le calme et la quiétude de l’endroit.

Il arriva – trop vite – devant la porte de la chambre de l’ancien, et attendit que le vieil homme en tunique de cérémonie blanche et aux cheveux plus que grisonnants lui dise d’entrer.

« Oh, que me vaut la visite du plus grand gredin du village ? Des questions sur la magie des runes ?
– Hum, non, c’est… »

Bien que sa décision soit prise, Aln peinait à trouver ses mots. Il se tenait debout, hésitant et perturbé, dépassant d’une bonne tête le vieillard qui le dévisageait de ses yeux perçant.

L’ancien ferma les yeux. Son visage se fit compréhensif, et quand il rouvrit ses paupières, une nuance de douceur se lisait dans ses yeux bruns.

« Je vois… Il est temps, c’est cela ?
– Oui. Il s’est passé certaines choses, et il faut que je parte.
– Sais-tu où aller, jeune gredin ? »

Aln baissa les yeux. C’était trop lui en demander.

Le vieil homme soupira, puis il reprit.

« Cela doit être pressant, pour que tu en perdes ta prévoyance habituelle.
– Oui…
– Attends un peu ici. »

L’homme se retourna, et, clopinant jusqu’à un coffre de bois renforcé de fer, il l’ouvrit. Y fouillant en marmonnant, il finit par en sortir une petite sacoche de cuir richement décorée, quoique fatiguée.

« Tiens, prends ça. C’était dans ton berceau quand nous t’avons recueilli. Tu ne m’en voudras pas, j’ai lu la lettre. Mais je n’ai pas compris la dernière phrase. Elle est écrite en langue magique. »

Acquiesçant, Aln saisi la sacoche, et après une seconde d’hésitation, il l’ouvrit, et en tira une lettre pliée. Il commença à la lire.

Elle était courte, rédigée à la hâte, d’une main hésitante et tremblante. L’auteur n’avait pas eu le temps d’écrire plus, il le regrettait.

Aln ne put retenir quelques larmes en la lisant.

C’était de ses parents.

Ils ne l’avaient pas abandonné. Malades l’un et l’autre, sa mère était morte presque immédiatement après lui avoir donné la vie, son père disait ne plus avoir beaucoup de temps. Il l’avait laissé ici, dans ce village, car il savait qu’il serait bien accueilli. Chez ses frères, les Gardiens. Il s’affligeait de ne pas avoir pu rester avec lui, et lui demandait de ne pas chercher à en savoir plus, bien que cela paraisse être une demande irréalisable.

La lettre était signée de deux noms. Son père, Tyln, sa mère, Ania.

La dernière ligne n’était compréhensible que pour peu de gens.

« Cahogliam It Dio Sil Waldiglim le Itva. »
(Que ce qui est caché apparaisse ici.)

Aln prononça ces mots à voix haute, les savourant à mesure qu’il en saisissait le rythme, le sens et l’ampleur. Puis il se rendit compte que c’était une formule magique. Son père avait quelque chose de plus à lui dire. De vive voix.

Sa vision s’obscurcit. Il se retrouva dans un espace fermé, complètement noir. Puis une petite boule de lumière prit forme devant lui. Une voix se fit entendre. Fatiguée, une voix pourtant encore forte, mais la voix d’un homme blessé, d’un homme à bout.

« Bonjour, bonsoir, ou bonne nuit, fils. Je ne sais pas quand tu entendras ceci, ni même si tu l’entendras. J’espère que ce ne sera pas le cas, mais je laisse ce message par précaution. N’essaye pas de me répondre, ce n’est qu’un message que tu entends dans ton esprit.

Ce que tu as lu dans la lettre est vrai. Maintenant, je vais te donner une version plus complète, mais je n’ai pas beaucoup de temps, alors je vais aller vite.

Ta mère et moi sommes des Chercheurs.

Tu devais t’en douter. Mais nous étions des Chercheurs brillants, et nous avions retrouvé la Nivmag, pour mettre fin à cette folie.

Ma mémoire me joue des tours, j’ai beaucoup oublié en quelques minutes à peine, mais je sais que nous avions échoué. Nous avions fui, et quelques mois après, ta mère t’as donné naissance.

Juste après, les Ombres nous ont retrouvés. Pas celles que tu vois le soir. Non, pas celles-ci. D’autres. N-Ne les rencontre jamais…

(Un blanc de quelques secondes.)

Les Ombres ont tué ta mère. D’un seul coup. Nous étions seuls, et l’instant d’après j’étais seul. Nous n’aurions jamais dû nous en mêler.

Je les ai repoussé, et j’ai écris la lettre avant que d’autres n’arrivent. J’ai envoyé par magie ton berceau au village des Gardiens. C’est comme ça que tu entends ces mots.
Maintenant écoute moi bien. Si, si, tu peux mieux écouter…

Si tu entends ces mots parce que tu as appris naturellement à te débrouiller en langue magique, tout va bien. Mais s’il y a un quelconque rapport avec le livre de notre famille, fuis immédiatement. N’attends pas plus.

J’espère que as eu ce message rapidement. Ta mère et moi t’aimons très fort, même si aucun de nous n’a pu te le dire en face. Vis bien, et ne suis pas nos traces. Bonne chance, mon fils.

Ton père, Tyln. »

En même temps que le message se terminait, toute vie quittait la voix, et ce sont des yeux ternes qu’Aln rouvrit. Les larmes qu’il retenait peu près jusqu’à maintenant s’écoulèrent en cascade, et lui même glissa silencieusement au sol.

L’ancien ne savait que dire. La lettre était émouvante, il l’avait lue. Il se doutait de l’importance que cela pouvait avoir pour Aln, mais c’est après quelques 30 secondes de contemplation que le jeune homme s’était effondré. Il s’assit à côté de lui, et sans un mot lui mit la main sur l’épaule. Il ne savait pas quoi faire d’autre, alors qu’il le considérait comme un second petit-fils.

Ils restèrent ainsi pendant quelques minutes, le vénérable ancien, normalement plein de sagesse, et le jeune homme, normalement intrépide, sans un bruit, si ce n’est celui de sanglots. Puis Aln se releva.

Dans ces yeux encore humides se lisait une lueur pressante. Il croyait prendre son destin en main, alors qu’il se faisait rattraper. L’urgence était là, alors que résonnaient dans son esprit les dernières paroles de son père.

Fuis. Fuis. Fuis.

Si c’est à cause du livre que tu peux lire la phrase en langage magique, alors, fuis sans tarder.

N’était-il pas déjà trop tard ? Cela ne faisait-il pas des années qu’il avait pour la première fois découvert les pouvoirs de son seul héritage ? Pourquoi devoir autant se presser pour ça ? Mais tout ce qu’il venait d’entendre résonnait douloureusement en lui.

Quoiqu’il en soit, il ne pouvait pas attendre Jion et les autres. Il devait partir maintenant. C’était encore le milieu de la journée. A en croire les autres villageois, il pouvait encore atteindre la plus proche ville en partant sur le champ.

Il se tourna vers l’ancien.

« Je pars maintenant.
– Maintenant ?
– Oui. Il faut que je parte tout de suite.
– Cela a-t-il un rapport avec la phrase que tu as prononcée ? »

Aln approuva de la tête.

L’ancien lui jeta un profond regard, l’air hésitant, puis il sembla prendre une décision. Il sortit de l’une ses manches un rouleau de quelques centimètres de diamètre, puis il alla chercher une bourse de cuir sur la table au centre de la pièce.

« J’imagine que quoique je te dise tu ne changeras pas d’avis maintenant. Prends cette carte. Tu vas en avoir besoin, et dans cette bourse tu trouveras un peu d’argent ainsi que des runes Toan. Elles te feront gagner du temps, et tu n’auras pas à craindre les Ombres avec.
– Merci… Tu peux prévenir Jion pour moi ? Lui dire que je n’avais pas le choix…
– Bien sûr. Même si ça ne changera rien pour lui, il partira quand même à ta poursuite. A moins de lui mettre une laisse.
– Une laisse sur Jion… J’aimerai bien voir ça… » répondit Aln en souriant, puis il sortit après un discret adieu.

Il n’y aurait personne chez lui à cette heure. Ses parents allaient probablement ne pas être aussi compréhensifs que l’ancien, ils essaieraient de l’empêcher de partir, c’est sûr. S’il avait eu quelques jours pour les préparer à cette idée, ça aurait été autre chose, mais il devait partir maintenant.

La majorité des villageois travaillaient.

La majorité des enfants aidaient leurs parents à travailler.

Jion marchait dans le sens inverse, et interpella Aln en gesticulant, qui soupira discrètement. Il ne pourrait pas lui échapper.

« Ça y est, j’ai prévenu les autres ! Tu reviens de chez grand-père c’est ça ? Ça c’est passé comment ?
– Hum… ça c’est correctement passé… Il m’a permis de partir, et il m’a donné un peu d’aide…
– Qu’est ce que je te disais. »

Aln regarda son ami droit dans les yeux, puis ce dernier reprit.

« Mais tu as l’air abattu… Il a dit quelque chose d’autre ?
– Non, pas vraiment.
– Ou alors il a refusé de nous laisser partir nous ?
– Oh non, ne t’inquiètes pas pour ça. Selon lui, il faudrait te mettre en laisse pour te retenir. Et j’approuve.
– Une laisse… Essayez un peu de me la mettre, et je vous démolis. Enfin, pourquoi cette tête du coup ? »

Jion le regarda suspicieusement. Le fait qu’Aln tourne autour du pot était perturbant. Ce n’était pas son genre, encore moins avec ses amis, et jamais avec Jion.

« C’est juste que… Aller le voir m’a fait prendre conscience que j’allais vraiment partir du village. J’y ai quand même vécu toute ma vie, donc le quitter comme ça…
– Ah, je vois, tu ne voulais pas dire qu’on allait te manquer ! Mais enfin, ce n’est pas comme si tu partais pour toujours, et en plus, nous serons avec toi jusqu’à la prochaine ville. »

Jion le taquina d’un air joyeux, et Aln se força – avec brio – à en faire de même.

« Ah ! C’est pour ça que je me faisais du mouron !
– Pfff, comme si on pouvait être téméraire. La seule témérité que je me permette, c’est d’aller voir le forgeron pour lui demander de me laisser l’épée de Glino qu’il m’a prêtée. Tu vois que je suis doux et innocent !
– C’est ça. Je te laisse y aller alors. On partira dès que vous serez prêt !
– Ok ! »

Il ne pouvait pas lui dire la vérité. Pas maintenant. Jion aurait insisté pour l’accompagner immédiatement, et il n’en était pas question. Il ne pouvait pas risquer de l’impliquer dans quelque chose qui les dépassait probablement tous les deux.

« Jion ?
– Oui ?
– Je vais avoir du mal à trouver un ami tel que toi…
– Pfff, c’est quoi ça… C’est bas. Moi aussi. »

Il lui en voudrait probablement beaucoup.

Les deux amis se séparèrent, et Aln reprit son chemin les yeux humides.

Il fonça chez lui, et 15 minutes plus tard, il en ressortit fin prêt, avec le peu de bagages qu’il comptait emporter. Une toile de tente, quelques vêtements, son livre, des runes et de quoi en graver. Pas de briquet…

Il s’éloigna du village, et, passant par les bois afin d’éviter le chemin de villageois, il se fraya un chemin dans les branchages.

Il traversa la forêt sans même s’en rendre compte, dans un état second, insensible au monde extérieur, concentré sur les hypothèses qui se bousculaient dans son esprit.

Peut-être que, comme Eliana, les Ombres dont parlait son père était attirées par les magies puissantes.

Peut-être que l’usage même de la langue magique avait un risque de les attirer.

Peut-être…

En émergeant de la forêt, il se retrouva sur une colline depuis laquelle il apercevait le village au loin, aussi paisible que de coutume, presque inchangé depuis des siècles. Cette vision interrompit le fil de ses pensées.

Son village. Là où il avait passé toute son enfance, là où il avait ses amis, sa famille adoptive, qui était comme sa vraie famille. C’était ce qu’il quittait maintenant.

« Même si certains vont venir me courir après… » pensa narquoisement Aln.

Se détournant, il reprit son chemin et rejoignit le chemin traversant les montagnes au coeur desquelles se cachait le légendaire village des Gardiens. Au fur et à mesure qu’il s’en éloignait, le village perdait de sa consistance, et bientôt à sa place ne se voyait plus qu’une colline verdoyante. Un effet des anciens sorts de protection jeté sur le lieu.

Aujourd’hui plus que jamais il percevait la majesté des lieux. Les hautes montagnes perçant les cieux, les aiguilles tranchant les nuages, les sommets perdus sous un épais linceul de neige. Une grandeur qu’il ne pourrait revoir avant longtemps, il le savait.

L’avertissement de son père était trop pressant pour être pris à la légère.

Sa propre pierre protectrice, marquée du mot Niholn, la mort, n’était qu’une confirmation de l’urgence de son départ. Les paroles de l’étrange guerrier dans le monde du livre allaient aussi dans ce sens.

Il ne se retourna plus une fois sur son chemin. Ça aurait été trop difficile de ne pas rebrousser chemin.

Aln connaissait suffisamment le monde pour s’en sortir seul. Il se dirigeait vers la ville la plus proche, une petite cité-état de la Coalition de Magasnin, la ville de Dalj.

La Coalition était un agrégat de multiples cités états plus ou moins puissantes, chacune ayant totale autonomie de fonctionnement. Leurs seules obligations étaient de mettre de côté toute animosité interne en cas de menace extérieure, et de favoriser au maximum la recherche magique sur les runes et les reliques anciennes. C’était le principal avantage stratégique de la Coalition, et la raison pour laquelle elle tenait encore malgré sa structure disparate.

Il marcha d’un bon pas, essayant d’ignorer le mauvais pressentiment qui le saisissait. Le chemin jusqu’à la ville était clairement indiqué sur la carte, de même que les passages à… éviter.

Il y avait peu de chance de tomber sur une bête, mais les bandits de tous genres étaient souvent pires que des monstres, bien que la Coalition disposât de Patrouilleurs pour s’occuper d’eux.

Aln atteignit sans heurt la ville, le soir même, à la tombée de la nuit, juste à temps pour éviter les Ombres et ne pas être enfermé devant les portes de la ville.

Ne regardant plus en arrière, il ne remarqua pas les ténèbres désolées et profondes qui s’amassaient dans la direction par laquelle il arrivait. Pas plus qu’il ne prêta attention aux murmures des spectateurs de ce spectacle sinistre.

Ce fut la dernière fois qu’il pût voir son village d’enfance.

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