Perdu dans la Nuit 11 : En route

Auteur : Faust
Check : Sami & Exserra


Yo ! Encore et toujours en retard… Le check a un peu tardé, et IRL… Et bien, c’est IRL quoi… Voici enfin la conclusion de l’affrontement avec l’Ombre, et la suite du voyage d’Aln, avec un compagnon de plus. Il faut croire qu’il ne ment pas si bien que ça ce petit Aln… Sur ce, bonne lecture, et bonne nuit !

Un grand merci à Sami et Exserra, qui ont répondu à mes appels désespérés sur le chat… :p


Aln se retourna en mettant une main sur le manche de l’épée pendue à sa ceinture

A quelques 2 mètres de lui se tenait l’Ombre. Elle avait planté sa main dans la gorge de l’un des soldats, et semblait se délecter de sa souffrance.

Les 4 hommes dégainèrent leur épées et encerclèrent la créature, alors qu’Aln restait légèrement en arrière, préparant ses runes pour le moment où on aurait besoin de lui, et surtout, pour le moment où l’Ombre montrerait une ouverture.

Elle essaya de se jeter entre deux soldats, mais ils s’interposèrent, ne laissant aucune ouverture. Le monstre poussa un sifflement de frustration, puis se jeta férocement sur l’un des hommes.

L’affrontement semblait équilibré. Les quatre soldats étaient les meilleures épéistes de la septième section des Patrouilleurs, et ils avaient l’habitude de travailler ensemble. De l’autre côté, en puissance pure, l’Ombre les surpassait largement, mais…

Voyant cela, Aln sortit une rune Lin, et imagina le vent presser la créature au sol. Étonnement, cela fonctionna plutôt bien… La créature trébucha sous le coup de la surprise.
Profitant de cette occasion, le soldat en face d’elle essaya de la frapper au visage, mais alors qu’il levait son épée, déjà persuadé que c’en était fini, la créature chuchota quelque chose.
Aln ne voyait pas ce qui c’était passé, il était derrière l’homme, mais il le vit chuter au sol sans un bruit.

La créature réassura sa position, les jambes un peu pliées, puis jeta un regard ironique à Aln.

Il se mordit les lèvres.

Il n’y avait plus personne entre lui et elle.

Ses trois compagnons eurent un temps de réaction, mais ils se reprirent presque instantanément. L’un se jeta devant la créature, s’interposant entre elle et Aln, tandis que les deux autres la prenait en tenaille, attaquant de concert, se relayant sur l’offensive, et distrayant leur adversaire lorsque leur camarade semblait en danger.

L’Ombre ne sembla tout d’abord pas s’attendre à une telle résistance, puis elle s’énerva.
Ses mouvements s’accélérèrent, et bientôt les soldats ne pouvaient que se battre pour sauver leur peau. Sans succès.

Au prix de quelques éraflures, le monstre se jeta sur l’homme qui se tenait devant elle. Saisissant son épée dans ses griffes alors qu’il la brandissait vers elle, elle couina de satisfaction en la brisant entre ses pattes.

L’instant d’après, alors que les deux Patrouilleurs à l’arrière essayaient de la distraire, elle accepta une écorchure à l’épaule gauche, avant de briser le cou du soldat protégeant Aln.
L’Ombre se jeta sur lui, balançant ses griffes en avant, dans une tentative de l’égorger en beauté, mais cette fois-ci, il était prêt. Il dégaina son épée, déviant le coup sur le côté.

Il sentit la violence de la frappe dans ses bras, et alors que la créature continuait sur sa lancée, sa lame lui échappa des mains. Sa jambe blessée céda sous le choc, et il posa un genoux au sol.

Qu’importe, les soldats l’avait rattrapé.

Il sortit une deuxième rune, Toan, qu’il activa pour se protéger. Les soldats ne devaient pas devoir se préoccuper trop de lui. Puis il serra dans une main son Nivtoagl. Dans l’autre, une rune Lin.

Le combat ne devrait pas durer plus longtemps, sans quoi ils mourraient à coup sûr, et les soldats devaient être arrivés à la même conclusion.

Ils s’élancèrent simultanément en avant, dépassant leur limite, leurs armes décrivant des courbes incongrues alors qu’ils essayaient de verrouiller les échappatoires de la créature.

Pendant un instant, la créature fut sur la défensive. Pour échapper aux attaques, elle avait dû restreindre son champ d’action. Aln choisit ce moment pour activer la rune Lin. C’était un pari.

La violence du choc le projeta en avant, directement sur l’Ombre et entre les deux derniers soldats.

Le bouclier d’air de la rune Toan le protégea partiellement de l’impact, mais au moment où il entra en contact avec la créature, il eut un haut-le-coeur. Ce contact doucereux, déstabilisant, étranger… Pourtant, il activa son Nivtoagl.

Niholn.

« La mort, c’est l’absence totale de réaction. » pensait-il.

La créature tressaillit, et alors qu’emportée dans sa chute par Aln elle s’écroulait au sol, écrasée, une colonne de ténèbres surgit des cieux pour s’abattre sur eux.

C’était un affrontement de magie pure. C’était la puissance d’un Nivtoag de mauvais augure. Mais surtout, c’était une lutte à mort : seul l’un d’entre eux en sortirait vivant.

La créature sifflait de douleur, son corps fumait, rongé par le pouvoir d’Aln, et son esprit déjà fou refusait ce qui se passait. Elle essayait de bouger, mais une force inconnue l’en empêchait.

Aln serrait les dents, retenant ses hauts-le-coeur et ignorant la fatigue qui l’envahissait. C’était une fatigue surnaturelle, comme si un voile se déployait devant ses yeux, et que ses membres engourdis perdaient leur réalité.

C’était lui ou elle. S’il arrêtait maintenant, l’instant d’après il serait tué par la bête.

Pendant un temps qu’il n’arriva pas à évaluer, ils restèrent ainsi, alors que les deux soldats restants étaient tétanisés devant ce qu’ils voyaient et entendaient.

Puis tout fut fini. Aln était à quatre pattes sur un tapis de cendres, et l’étrange colonne se dissipa dans la nuit. Il se retourna sur le dos, et contempla silencieusement les cieux quelques instants.

« Ah… C’est bon d’être en vie… »

Les deux Patrouilleurs le regardèrent étrangement, puis ils éclatèrent de rire tous les trois. C’était le rire libérateur qui vient après les moments désespérés. En effet, Aln n’avait eu qu’un bref aperçu de la terreur de la créature, mais ça lui avait suffit. Les Patrouilleurs, eux, avaient dû supporter ce stress pendant des jours, sans aucun espoir de survivre en cas de rencontre.

Le soldat qui avait sauvé Aln la fois d’avant faisait partie des survivants de l’affrontement. Il se calma le premier, et allant jusqu’à Aln, il lui tendit la main. Ce dernier la saisit et se releva, étouffant par la même occasion son rire nerveux.

« J’avais perdu tout espoir, et à vrai dire je pensais que nous allions tous mourir avec votre folie. Même si vous aviez survécu une fois, les miracles ne se reproduisent pas. J’avais tort. Merci.
– Mmh, je serais sans doute mort sans vous. Vous m’avez vous aussi sauvé la vie après tout. Et puis… Avoir survécu est un coup de chance… »

Aln jeta un coup d’oeil sur les cadavres des 3 soldats. Ils avaient été courageux, et ils étaient tous volontaires pour cette opération. Pourtant, en les voyant étendus sur le sol, les vêtements ensanglantés, la gorge ou le ventre béant, il ne pouvait s’empêcher de déglutir en pensant qu’à leur place, ça aurait pu être lui.

Avec l’aide des deux soldats, il rassembla les morts, et après leur avoir fermé les yeux, il se releva, le coeur lourd.

L’un des deux hommes alla chercher de l’aide, et Aln resta ici avec l’autre.

« C’était des soldats, lui dit ce dernier, ils étaient prêts. Et… Ils ont eu de la chance dans leur malheur : au moins auront-ils une tombe.
– C’est… Une bien maigre consolation…
– Au fait, je m’appelle Rieln. Il est possible que l’on soient amenés à se côtoyer régulièrement à partir de maintenant. » répondit Rieln après un court silence.

Aln haussa un sourcil.

“Ah, notre capitaine ne vous l’a pas dit. C’est vrai qu’il y avait d’autres priorités. Enfin, si nous survivions à ça, je devais vous accompagner dans votre voyage.
– Quoi ? Non, elle ne m’a rien dit, cette… »

Aln ne finit pas sa phrase, mais il remarqua au sourire en coin narquois de Rieln que celui-ci avait bien compris ses pensées. Il reprit.

« Mis-à-part ça… Discuter comme ça juste après un combat, ça me parait surréaliste.
– Tu t’y feras. Nous aurons plein de temps pour pleurer les morts. Pour le moment, réjouissons-nous d’être en vie. »

Surpris par le tutoiement, Aln se tut. Peut-être était-ce le fait d’avoir affronté la mort côte à côte avec lui, mais il se sentait plus proche de ce soldat à l’air débrouillard, vif malgré sa lourde armure, et au regard ironique.

« Mmh, j’espère que je n’aurais pas à m’y habituer… »

L’homme approuva du menton. Lui aussi aurait préféré ne pas s’y habituer.

***

Les jours passèrent.

La ville reprenait petit-à-petit son rythme normal, et les séquelles de cette période maudite se refermaient peu à peu. On ne savait toujours pas exactement combien de victimes l’Ombre avait faites, mais une chose était sûr, il y en avait trop pour une période de quelques jours à peine. Les bars ouvraient de nouveau le soir, et les habitués retrouvaient leur place, bien qu’ils ne rentrent souvent plus tôt qu’avant.

Six Patrouilleurs étaient morts, une lourde perte pour la septième section de Patrouilleurs, son effectif normal étant d’une vingtaine de soldats. Ils se préparaient donc à repartir pour recruter, ne laissant derrière eux qu’Aln et son garde du corps, Rieln.

Nimronyn lui avait fait comprendre que ce n’était pas négociable, et quand bien même il aurait essayé de partir en douce, quelqu’un montait toujours la garde devant sa porte. A croire qu’il était prisonnier.

Elle n’avait pas dû totalement avaler cette histoire de maître…

Aln avait prévu de partir peu de temps après les Patrouilleurs, et finalement il appréciait cette compagnie. Rieln était relativement discret, et le laissait en paix quand il testait sa magie. Il avait accepté de donner quelques cours de combat à l’épée, car Aln s’était en effet rendu compte qu’il ne pouvait négliger ce domaine : il était trop vulnérable quand il avait besoin d’utiliser sa magie, et il n’aurait pas toujours quelqu’un pour le protéger pendant ce temps.

Une petite heure après le lever du soleil, il partit avec Rieln en direction de l’Est.

L’un des points forts de la Coalition, c’était son service routier, le meilleur du continent. Une grande route pavé reliait toutes les villes conséquentes du territoire, permettant au commerce et au voyage de s’effectuer rapidement.

Jusqu’à la chaîne de montagnes d’Alorbis, il fallait compter quelques 300 kilomètres, donc un peu moins d’une semaine de trajet, si tout allait bien.

S’ils ne se faisaient pas attaquer par des bandits, des Ombres, s’il n’y avait pas de tempête, si… Aln avait le pressentiment que tout ne se passerait pas aussi bien qu’il le voulait.

***

Alors qu’Aln s’éloignait de la ville par la porte Est, une silhouette solitaire s’en approchait par la porte Ouest. Elle semblait être humaine, mais, couverte de poussière et de sang séché, cette silhouette trébuchante semblait vide.

Quand elle se rapprocha suffisamment, les gardes purent l’identifier clairement comme un jeune homme. La vingtaine au plus vieux, il traînait derrière lui un sabre de Glino. Le regard vide de raison mais plein de folie, il marchait d’un pas morne mais décidé vers l’entrée de la ville.

Les gardes essayèrent de le stopper, mais, le regard meurtrier qu’il leur jeta les fit taire. Ce n’était pas un regard normal pour une jeune personne.

Accompagné par le raclement du fer sur la terre dure, Jion entra dans la ville.

***

Prenant la route, Aln et Rieln ne s’arrêtaient que le soir, dans les relais qui parsemaient la grand route, ce qu’ils pouvaient se permettre vue la récompense qu’Aln avait reçue de la part des Patrouilleurs.

Pendant tout ce temps, il feignait d’ignorer l’appréhension qu’il ressentait en apercevant son livre, l’Asnin-quelque-chose, et se promettait régulièrement de remettre au lendemain sa décision concernant ce problème. En bref, il ne savait pas quoi en faire.

Il voulait aller dans le laboratoire de Gal IIksa car il voulait comprendre ce qui s’était passé. Il voulait en savoir plus sur ce qu’était devenue la Nivmag. C’était sans doute son héritage de Chercheur, mais il ne pouvait étouffer cette curiosité.

C’était la même chose avec son… grimoire. Il voulait en apprendre plus sur lui, mais l’ouvrir de nouveau et attirer peut-être encore de ces Ombres ? Il n’était pas fou à ce point. Pourtant… Comme souvent, cette idée entêtante lui trottait dans la tête.

La présence de Rieln s’avéra être d’une grande aide pour résister à cette tentation, puisque le moindre instant de repos était mis au service des cours d’escrime, après quoi Aln n’avait plus la force de rester éveillé bien longtemps. Grâce à Rieln, il en apprenait toujours plus sur le monde, et même sur les manières de la haute société. Son professeur improvisé semblait apprécier de répondre à ces questions, et donnait un point de vue détaché et souvent ironique sur ce qu’il avait vu.

Le seul moment où il perdait sa langue, c’était quand la discussion s’approchait de Nimronyn. Il semblait y avoir un respect affectueux mêlé de perplexité liant ces soldats à leur chef, et Aln n’arrivait pas à savoir quelle en était la raison, ce qui bien sûr lui donnait encore plus envie de le savoir.

Il semblait par ailleurs que Rieln avait bien compris que cette histoire de livraison de livre était fausse, pourtant il semblait s’en amuser et prétendre y croire dur comme fer. Aln ne se préoccupait plus de le cacher, et en opposition à son caractère plutôt prudent, il pensait qu’il n’y avait pas de problème à ce que Rieln le sache.

Pourtant, le dernier soir, alors que l’on apercevait déjà les montagnes au loin, que la pente s’intensifiait et que l’air se raffraîchissait, Rieln déclara qu’il n’y aurait pas de leçon ce soir là. Aln monta donc se coucher tôt, et aperçut bien évidemment son grimoire dans la chambre.

Il soupira, et, rendant les armes, il le prit ainsi que sa trousse à runes, s’aventurant finalement dans la nuit, tout en prenant garde à ne pas être suivi. Au diable la prudence.

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