Perdu dans la Nuit 23 : Études et expérimentations

Auteur : Faust
Check : Sinei


Bon ! La pause a été un tout, tout petit peu plus longue que prévu, et je m’en excuse… Je voulais avoir de l’avance sur les chapitres, et bien les travailler ; ça a pris beaucoup plus de temps que prévu. Mais ! Pour le moment, j’ai suffisamment de chapitres pour tenir quelques temps !

Sur ce, voilà le retour d’Aln ! Plus de mystères autour de Jion, Rieln qui se demande ce qu’il fout là, et Aln comme d’habitude complètement à son rythme. Bonne lecture, et n’hésitez pas à commenter. Ah, et Alsag qui a l’air d’être une belle ordure au final…


Aln reprenait lentement ses forces, coupé du monde, mais, inactif, il ne pouvait rester tranquille bien longtemps : l’inquiétude quant à ce qui était arrivé à Rieln le rongeait. En tout cas, ni lui, ni Jion, ni le Tentateur ne donnaient signe de vie. Bien sûr, l’ombre des deux derniers était toujours là.

Une fois qu’il se fut décidé à étudier, il ne mit pas longtemps à trouver la note laissée par Alsag. Le papier était étonnamment récent, l’écriture trop nette pour dater de plusieurs siècles ; la note devait avoir été recopiée, mais par qui ? Sans doute l’un de ses prédécesseurs. Étrangement, cette pensée était aussi rassurante qu’inquiétante, car s’il y avait eu des personnes comme lui, qu’il soit encore là ne voulait-il pas dire qu’elles avaient échoué ? Et encore une fois, Éliana les avait-elle tous oublié ? Quoiqu’il en soit, la voix se moquant de lui lorsqu’il s’évanouissait devait en savoir plus. Il se promit de se renseigner la prochaine fois qu’il tomberait dans les pommes…

Enfin, peut-être la note allait-elle l’éclairer ?

« Cher descendant, successeur, ou simple visiteur de ce laboratoire perdu, bonjour.

           Je laisse cette note ici afin d’éclairer ta lanterne. Si tu n’es qu’un curieux, passe ton chemin. À moins que tu ne sois un quelconque Archimage, tu mourras, et vite, et douloureusement. Si tu es arrivé ici guidé par une certaine magie, eh bien… Tu n’as plus vraiment le choix, fais-toi-y.

           Bon, je te dois quand même des explications. Je ne  sais pas encore quelle sera sa forme, mais la magie qui t’affecte sera sans aucun doute à l’apogée de mon art. Et je ne me vante pas en disant que je suis l’un des meilleurs de mon temps. C’est presque une nouvelle forme de magie que je veux concevoir, que je commence à peine à étudier. C’est pour ça que, s’il te reste encore des chances de survie, j’ai laissé dans la bibliothèque de quoi les augmenter un peu.

           Mes recherches attireront probablement les Ombres à mes trousses, et donc aux tiennes. Je m’excuse de te l’imposer. Bonne chance.

           Alsag. »

Cela n’éclairait rien, comme une allumette au fond de l’océan, mais le plus surprenant dans tout ça, c’est qu’Alsag se soit excusé. Quoi, après le ton si désinvolte du reste de la lettre ? Le grimoire étant sans doute le résultat de ses recherches, mais le plus important ici, c’est qu’Aln allait enfin pouvoir étudier la magie correctement. Elle ne pouvait pas s’apprendre seul, et ce que l’Ancien du village lui avait montré n’était finalement que de la poudre aux yeux, des astuces.

Il se dirigea vers la bibliothèque, qu’il avait jusqu’alors rapidement traversée sans s’y attarder. La pièce était toujours dans le même désordre, mais une pile de livres y trônait maintenant au centre. La couche de poussière était ici aussi épaisse que partout ailleurs, à l’exception de la pile centrale, où elle avait été balayée par les allées et venues.

Aln tendit machinalement la main vers l’ouvrage le plus au-dessus de la pile, « Les fondements de la Magie », se leva comme un automate, et, déjà plongé dans sa lecture, il se dirigea vers la sorte de vallon caché. Avant de s’en apercevoir, il était assis à l’ombre du bosquet, et le soleil au zénith semblait l’approuver de ses rayons.

***

Pendant que le magicien en herbe se perdait dans ses études, Rieln se trouvait dans une situation pour le moins étrange. Une fois entré dans la barrière il s’était momentanément perdu dans le brouillard, mais une fois sur le bon chemin les Ombres à l’intérieur ne lui avaient posé aucun problème. Il était rapidement arrivé au bout de l’escalier, seulement voilà : il lui était impossible de faire un pas de plus. Il se retrouvait toujours à revenir en arrière sans même s’en rendre compte. Et avancer à reculons n’aidait en rien.

Si ce n’était que cela, il aurait tout juste été en mauvaise posture, mais évidemment la situation n’était pas restée aussi simple. Il avait eu des sueurs froides en voyant Jion descendre les escaliers le corps ensanglanté, et la surprise avait suivi quand, alors qu’il s’apprêtait à dégainer, le manque absolu d’agressivité du jeune homme l’avait frappé. La flamme dévorante qui la dernière fois brûlait dans ses yeux était presque éteinte, remplacée par un regard se perdant dans des abysses profondes.

Il avait été impossible d’arracher une parole à Jion, et la provenance du sang restait inconnue. Les vêtements du jeune homme étaient déchirés, ou plutôt, déchiquetés, mais aucune blessure n’était visible. Le sang était encore frais.

Au bout d’un certain nombre de tentatives infructueuses, Rieln s’était résolu à contrecœur à monter le camp un peu plus bas, au niveau de la forêt. Jion l’avait suivi sans un bruit, et une fois le feu allumé, il était venu s’y réchauffer, arrachant un soupir d’incompréhension à son camarade d’infortune. C’est dans cette situation surréaliste que Rieln dut passer le temps, en compagnie d’un homme qui pouvait redevenir fou à tout instant. Autant dire qu’il ne se sentait pas exactement en sécurité.

Le temps semblait s’être arrêté, à la manière des moments d’attente fébrile, lorsque l’on égrène des secondes qui sont des heures. Alors que Rieln allait se perdre dans une contemplation silencieuse, il sentit Jion se tendre, et aussitôt il se mit en garde. Pourtant, l’autre ne lui jeta qu’un regard empli d’une profonde tristesse, aussi noir qu’une nuit d’encre.

Son expression était tordue par la souffrance, comme s’il luttait contre lui-même, et après quelques secondes d’effort il réussit à articuler quelques mots :

« Veille sur Aln. »

Puis, sans laisser à Rieln le temps de réagir, il se leva et disparut dans le brouillard, comme l’apparition qu’il devait être. Le maître épéiste resta interloqué, puis il se rassit lentement l’air songeur. Ces yeux n’étaient pas ceux d’un fou, en tout cas, pas totalement. Le comportement de Jion était par trop étrange pour que Rieln y comprenne quelque chose, mais une chose était sûre. Son regard si désespéré n’était pas celui brûlant de folie qu’il avait à Norsigl. Pourtant, Rieln espérait ne pas regretter plus tard d’avoir laissé partir Jion comme cela.

***

Pendant ce temps, Nimronyn se tenait debout, rigide, devant un vaste bureau en bois d’ébène, dans une étude aux murs recouverts de lourdes tentures pourpres chacune brodée d’un aigle aux ailes déployées. En face d’elle se trouvait assis un vieil homme aux cheveux grisonnants dont on devinait le dos courbé par le poids des ans, qui la toisait d’un air supérieur. Son visage était émacié, vieux et sec, mais son regard pénétrant gardait toute sa clarté.

« C’est ainsi que j’ai rencontré ce jeune homme, Aln. Il se prétendait le disciple de Maître Evogorim. Son histoire était cohérente malgré quelques écarts, insuffisants pour risquer d’attirer la colère de Maître Evogorim.

– Oh ? Vraiment ? »

Le vieil homme se pencha en avant, l’air visiblement intéressé.

« Oui. Connaissant le… caractère de Maître Evogorim, j’ai jugé plus sûr de le laisser partir.

– Vous avez bien fait. Si ce jeune homme était vraiment le disciple de ce vieux fou, il nous l’aurait fait payer cher. Et s’il était aussi talentueux que ce vous décrivez, il est possible que ce renard l’ait pris sous son aile. Où est-il maintenant ?

– Je n’avais pas besoin de garde du corps, j’ai donc laissé sa surveillance à la charge de Rieln Eldyn. »

Elle jeta un regard glacial à son interlocuteur en prononçant ces mots. L’intonation n’était pas de celles qu’emploierait un subordonné, pourtant l’homme sourit d’un air contrit, non, déçu, et reprit en affichant un rictus ironique.

« Oh, même déguisé vous l’avez reconnu. Vous avez dû le regarder avec attention pour percer à jour son déguisement, hein ? »

La jeune fille ignora la pique.

« Je ne m’en suis rendu compte qu’à Magasnin : il a commencé à se trahir au contact d’Aln. Vous savez comme son caractère est particulier, répondit-elle d’une voix frisant le zéro absolu.

– Ah, il s’agissait donc bien de la même personne. Oui, c’est vrai qu’il semble étonnamment bien s’entendre avec ce jeune homme, Aln. Au point même de le prendre comme disciple semble-t-il. »

L’homme s’amusa de l’expression figée de sa subordonnée, et reprit le contrôle de la discussion avant qu’elle ne se ressaisisse.

« Quoiqu’il en soit, je pensais que mon propre fils me cachait quelque chose, et vous venez de me confirmer cette impression. Vraiment, quand il décide de n’en faire qu’à sa tête… Merci pour votre rapport. Cependant, prenez vos meilleurs hommes et partez pour Norsigl. C’est là que votre apprenti magicien et Rieln ont été vu pour la dernière fois, à la recherche du laboratoire d’Ilksa. Vous recevrez les informations utiles une fois arrivée.

– Bien. Quand dois-je partir ?

– Demain à l’aube.

– Dans ce cas, si vous voulez bien m’excuser. »

La jeune fille se retira tandis que le vieillard approuvait du menton. Il sourit en se disant qu’elle n’avait pas changé, puis il se plongea dans ses pensées. Un jeune homme pourvu d’un grimoire, apparaissant de nulle part et attirant les plus puissantes des Ombres comme un aimant ? Voilà qui donnait matière à réflexion. Et puis, il y avait aussi cette histoire de village qu’avait évoquée Calnig Maghol. Quel dommage qu’il ne puisse pas aller lui demander des précisions en personne ! Après tout, il n’allait tout de même pas les prévenir qu’il pouvait les espionner, lui et son père, dans leur propre demeure ? Les gens bien élevés le faisaient, mais ne le disaient pas !

***

Pendant ce temps, Aln continuait son apprentissage. Il n’avait que quelques jours devant lui, aussi ne pouvait-il pas aller bien loin, mais beaucoup des questions qu’il se posait sur la magie trouvaient maintenant leur réponse. Les jours que prenait la guérison de sa blessure étaient consacrés à l’étude, et au sortir de cette séance il sentait la finesse nouvelle de son contrôle de sa magie. C’est d’ailleurs cette progression qui lui avait permis de récupérer aussi vite. Il se résolut à utiliser son grimoire juste avant de partir après s’en être courageusement retenu ces jours-ci.

Comme d’habitude, il attendit la nuit, avant de s’établir sur les versants du bosquet en surplomb de l’étang. Il n’y avait jamais eu d’Ombres ici, ni dans le reste des souterrains, et donc Aln se passa des habituelles protections runiques. Il ouvrit encore une fois son grimoire, et d’impatience alla directement à la première page encore vierge. Le ballet mainte fois répété se déroula une fois de plus sous ses yeux, toujours aussi fascinant ; à la surprise d’Aln, il ne dura que quelques secondes, se mua aussitôt en une simple injonction :

« Sil Hahaglis »

(Hâte-toi !)

Il eut à peine le temps de remarquer l’étrangeté de la situation que déjà le monde autour de lui s’estompait. Il sombra dans la sorte d’inconscience précédant toujours le moment de l’activation du grimoire, un bref instant il se sentit observé. Mais lorsqu’il ouvrit les yeux, il n’y avait déjà plus qu’une morne lande se déroulant à l’infini. Puis, plus rien, et finalement, une bibliothèque publique.

Des personnes venues de tous horizons s’affairaient entre les rayonnages surchargés de livres anciens, de magie et d’histoire. Alsag avait vieilli, remarqua Aln quand il le vit. Le front soucieux, l’esprit au loin, il semblait observer ce que lui seul pouvait voir. Mais pour l’instant, Aln s’en fichait. Il fouilla du regard la foule, sans succès : Éliana n’était nulle part. L’angoisse commençait à lui étreindre le cœur, les minutes s’écoulaient lentement : il avait un mauvais pressentiment.

Le jeune homme était libre de ses mouvements – il se demandait toujours quelle règle le restreignait – tant qu’il ne s’éloignait pas trop d’Alsag. Malgré cela, impossible de découvrir la silhouette tant désirée.

Après quelques temps, Alsag soupira avant de se diriger vers la porte, entraînant Aln à sa suite. Forcé de reporter son attention sur le vieux mage, Aln remarqua qu’Alsag n’était pas seulement vieilli. Il avait dans les yeux comme une lueur de résignation, des vestiges du défi démesuré lancé autrefois. C’était le regard d’un homme sachant sa fin proche.

Un homme suivit aussitôt l’archimage, et Aln se trouva bientôt entre la porte et lui. L’homme se fendit d’un sourire carnassier. Aln frissonna, il trembla. Une femme le traversa, s’approcha de l’homme au rictus de chasseur. Ce n’était pas à lui que le sourire s’adressait, pourtant, c’était comme si.

Le couple était dérangeant. Il avait l’impression que, même en les regardant avec attention, il serait incapable de se souvenir de leur visage après trente secondes. Leur comportement avait quelque chose d’emprunté, ils se fondaient trop bien dans le décor. Les passants semblaient les éviter sans les voir, et Aln se rendit compte que, s’il s’était rendu compte de leur présence, c’était à cause de la familiarité déconcertante qu’ils lui inspiraient.

Après l’avoir dépassé, la femme se retourna d’un coup. Elle fixa l’endroit qu’elle venait de traverser, et Aln eut peur pour sa vie. Un froid glacial l’envahit, et il se sentit dévoré par un regard inquisiteur et calculateur. Elle se passa sa langue sur les lèvres, et Aln sut qu’elle l’avait vu. Alors qu’il s’apprêtait à hurler, sa vision vira au noir.

L’instant d’après, il était assis dans le bosquet, en sueur, haletant et le cœur battant à tout rompre. C’était la première fois que cela arrivait. C’était la première fois que quelqu’un d’autre qu’Eliana le remarquait dans le monde du grimoire. Et ce n’était pas une bonne nouvelle. « Hâte-toi » avait dit le grimoire. En effet, si lui pouvait être vu, alors Eliana ? Il se rappela la vision que lui avait donné le Tentateur quelques jours auparavant ; Avait-il bien fait de l’ignorer ? Car après tout, les meilleurs mensonges sont ceux mêlant fiction et réalité…

Peut-être n’était-ce pas une simple illusion. Dans ce cas, la vision prenait tout son sens. Enfin, il s’inquiétait de la nature des deux « personnes » qui l’avaient remarqué dans la bibliothèque. Son instinct lui criait que ce n’étaient pas de simples êtres humains. S’agissait-il d’Ombres, ou bien d’hommes ayant, d’une manière ou d’une autre, trahi ? En tout cas, une chose était sûre : ils poursuivaient Alsag, et au vu du regard résigné de celui-ci, ce n’étaient pas les premiers, et peut-être les derniers.

Pourtant, tout cela reposait sur des suppositions, des impressions et des interprétations. Rien ne les confirmait pour le moment.

Aln jeta un regard sur son grimoire. Il remarqua qu’il n’avait jamais essayé d’utiliser deux fois son grimoire dans la même nuit. La première vision était généralement suffisante pour le calmer… Pourtant…

Il tourna la page de son livre encore ouvert, mais rien ne se passa. Evidemment. Pourtant, tout espoir n’était pas perdu : au cours des derniers jours, il avait pu découvrir une introduction à la Sagmag dans un ouvrage ultérieur à la disparition de la Nivmag. Là, l’auteur traitait de techniques pour l’utiliser à moindre coût, une préoccupation totalement étrangère aux Gardiens à l’époque où ils jouissaient encore de la Nivmag. En particulier, une forme dégénérée de la Sagmag se caractérisait par la modification temporaire d’une magie préexistante. Lorsqu’il avait lu cela, Aln avait immédiatement pensé à la magie des runes, et s’était renseigné. Malheureusement, elles n’avaient pas de rapport direct.

La Helnmag n’avait que peu d’applications. Lorsqu’un sortilège vraiment élaboré de Sagmag était lancé, il se caractérisait par une structure donnant le comment, une image montrant le résultat, et enfin une intention évoquant en quelques sortes la raison d’être du sort. La Helnmag permettait d’affecter l’intention du sort, et ainsi d’en altérer légèrement le résultat : c’était la seule solution pour que le contrecoup de la magie ne soit pas trop violent.

Bien sûr, de même que la magie runique était limitée par la compréhension des phénomènes, la Helnmag l’était par la compréhension de l’intention.

Aln inspira. L’intention derrière son grimoire était claire : sauver Éliana. Cependant, ce qu’il voulait là, maintenant, c’était la voir. Bien sûr, c’était uniquement par inquiétude, et non parce qu’elle lui manquait…

Ses mains tremblaient. Ce qu’il allait faire en utilisant cette magie, c’était écourter son espérance de vie, il en était bien conscient, mais il savait aussi n’avoir aucun autre choix. Il n’avait aucune certitude de réussite, et dans le pire des cas il perdrait le contrôle de sa magie, et son cadavre desséché se décomposerait tranquillement ici, à jamais abandonné.

Le principe fonctionnel de la Helnmag était proche de celui de la magie runique, mais l’amplitude en était tout autre.

Le jeune homme prit quelques minutes pour reprendre le contrôle de son cœur emballé.

Il ferma enfin les yeux : la scène que le Tentateur lui avait montrée, il voulait la voir de ses propres yeux ; il voulait aller là où Éliana se trouvait.

Se concentrant sur cette pensée, il commença à puiser en lui. Il alla chercher profondément, bien plus loin que lorsqu’il utilisait la magie runique, et s’arrêtait à la surface. Non, il allait là chercher son essence vitale même.

Il fit comme expliqué dans les livres, sans savoir si cela fonctionnerait vraiment : un barrage empêchait son énergie vitale de s’enfuir de son corps ; un barrage qu’il fallait affaiblir, qu’il devait imaginer s’affaiblir.

De la sueur s’écoula le long de son front jusque dans son cou, sa concentration était telle, qu’il en souffrait. Puis d’un coup, quelque chose céda en lui.

Une douleur fulgurante le submergea. L’instant décisif.

Luttant pour rester conscient, il essaya de canaliser la déferlante de magie vers le grimoire par la seule force de la volonté.

Le codex essaya de s’opposer à l’intervention extérieure, car plus le sortilège était puissant et plus il cherchait à rester fidèle à son intention d’origine.

Aln le sentit ployer, puis la magie se déploya majestueusement, Aln imaginait facilement le torrent tumultueux submerger le grimoire.

Son emprise sur le grimoire allait être courte, il le sentait, aussi il ne perdit pas un instant. Et le ballet des caractères de reprendre presque voracement, comme indigné d’avoir été dérangé dans son repos. Et Aln fut saisi d’une sensation qu’il n’oublierait jamais.

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