KnR 006 — Si seulement c’était un rêve


Traducteur : Ethan Nakamura
Check : Nekoyashiki


Un de plus, pas un de moins. 

Citation du jour : 

“La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre.”
— Albert Einstein.

Enjoy !


Plusieurs jours s’étaient écoulés depuis que Riku était entrée dans la garnison.

Il n’y avait aucun problème concernant les nécessités pour vivre. Son style de vie s’était même amélioré depuis la ville de Perikka.

Mais cet endroit ne lui convenait toujours pas.

Elle remarquait toujours de nombreux regards qui l’observaient lorsqu’elle allait dans le réfectoire.

Tout en la regardant avec un mauvais œil, ils s’approchaient l’un de l’autre et entamaient une conversation entre eux seuls. Personne n’entamait une conversation avec Riku. Bien sûr, il y avait une exception. Seul Vrusto, chargé de s’occuper d’elle, parlait avec elle. Mais il semblait que c’était à cause de sa position car Vrusto avait reçu l’ordre de la garder à ses cotés parce qu’elle était sa subordonnée.

Riku s’est finalement habituée à l’entraînement strict de Vrusto. Elle pouvait supporter la douleur de l’entraînement sans problème, cependant elle ne pouvait toujours pas s’habituer aux expressions de mépris total qui lui étaient destinées.

Alors qu’elle amenait la cuillère avec de la soupe à sa bouche, elle marmonna nonchalamment.

« Les humains sont vraiment détestés… »

Vrusto, qui était assis à côté de Riku, ayant apparemment entendu ses murmures, poussa un long soupir pendant qu’il jouait avec son couteau.

« Eh bien, c’est évident. Jusqu’à présent, ils nous ont opprimés, nous, démons. D’ailleurs, tu es de cette famille spiritualiste, non ? Ce serait bien plus étrange qu’ils ne te détestent pas… Pour moi, si ce n’était pas les ordres du capitaine, je ne ferais pas le baby-sitter.

— Baby-sitter… J’ai déjà sept ans.

— Une gamine de sept ans. Ne t’en fais pas et fini ta soupe. On va s’entraîner après.

— …Oui. »

Riku remit la cuillère dans sa bouche.

Au fil du temps, elle devenait capable de donner des coups sûrs à Vrusto, mais elle avait toujours un manque d’expérience. Bien sûr, ça restait difficile. Chaque fois que Riku faisait pression, Vrusto lui répondait par le double ou le triple de ce qu’elle exerçait. Cela devenait inévitablement une bataille défensive unilatérale si Vrusto devait faire preuve de négligence ou si Riku était en mesure de faire correctement une feinte pour pouvoir lui donner un coup.

Leivein a dit qu’elle avait du talent, mais récemment, Riku avait été un peu inquiète à ce sujet. Elle se demandait si elle avait vraiment du talent.

« Ta cuillère a cessé de bouger… Manges correctement. Si tu t’évanouis pendant l’entraînement, ce sera que des problèmes pour moi, tu sais ? Où quoi ? Déteste-tu cette soupe ?

— Non… ce n’est pas ça… »

Riku a utilisé sa cuillère pour toucher le maigre morceau de viande de sa soupe.

À l’époque où elle vivait encore dans la maison Barusak, il n’y avait pas une telle soupe de viande et de légumes. Il y avait un peu plus de légumes et les morceaux de viande étaient un peu plus gros. Et lorsqu’elle prenait une bouchée, les jus de la viande se mariait parfaitement à la soupe. C’était vraiment délicieux.

Elle accepta que tant qu’elle avait quelque chose à manger, c’était suffisant. Mais pour Riku, encore âgée de sept ans, cela lui a rappelé ce qu’était sa vie auparavant.

« Alors qu’est-ce que c’est ? Ah, c’est ça ! Tu n’aimes pas la viande ? »

Vrusto rit.

Ses crocs brillaient comme si elle était ciblé. Riku ressentit un frisson.

« Si tu n’en veux pas, alors donnes-la moi. La viande est de toute façon la chose que les démons aiment le plus. »

Riku regarda prudemment la viande.

Le mince morceau de viande qui se reflétait sur la cuillère.

« Les démons … aiment le plus…? »

La chose que les démons aiment le plus.

La chose que les démons chérissaient le plus.

En d’autres termes, le quelque chose le plus apprécié par les démons était quelque chose à manger.

Si l’un demandait de la viande à cuire, à rôtir et à manger, ce pourrait être…

« Ugh !! »

À ce moment précis, quelque chose d’aigre montait du fond de sa gorge,

La véritable provenance de la viande lui est venue à l’esprit. Mettant ses mains sur sa bouche, elle essaya de se réprimer de pleurer. Si c’était la chose favorite des démons, alors ça ne pouvait être que ça. Depuis qu’elle est venue ici, et ce tous ces jours, il n’y a pas eu un jour où elle n’a pas mangé de viande. Cela voulait dire que pendant tout ce temps, elle avait mangé…

« Hé, hé, ne sois pas si surprise ! Ce n’est que de la viande de porc. La partie la plus à l’extérieur du camp d’entraînement est un élevage de porc, tu sais.

— Eh, du cochon ?

— Oui, du cochon. Si ça te dérange tellement, pourquoi ne pas t’y rendre avant l’entraînement.

Vrusto montrait une expression choquée. Distraite, Riku ouvrit la bouche. La nausée s’est lentement dissipée. Elle s’était persuadé qu’elle avait mangé quelqu’un de sa race, mais heureusement, il semblait que ce n’était pas le cas. Enfin à l’aise, elle mangea la viande.

« Tu as trop d’appriories à propos des démons. Nous détestons les humains, mais nous n’allons pas les manger comme ça, tu sais ? … En fait … Gamine, as-tu déjà mangé un démon ?

— …Non.

— Vraiment ? C’est pareil pour nous. Il n’y a aucun moyen pour nous de manger des démons ou des humains. »

Alors qu’elle buvait sa soupe avec sa cuillère, elle commença à penser à tout ce qu’il avait dit.

Dans les manuels et les livres d’images, il était écrit que les démons mangeaient les humains. Elle avait lu ça sur eux et son père le lui disait aussi plusieurs fois.

Mais la réalité était différente. Riku a également pensé à la possibilité que Vrusto mente, mais en repensant à son comportement, il ne semblait pas qu’il le fasse.

Alors, cela signifiait-il que son père et les manuels mentaient ?

Elle ne voulait pas douter de son père et ne voulait pas non plus penser qu’il avait menti. Riku ne comprenait plus rien. Elle ouvrit la bouche pour interroger Vrusto, mais à ce moment là, une voix aiguë retentit dans la salle à manger.

« Écoutez !! »

La porte du réfectoire était grande ouverte.

En raison de l’angle d’ouverture et de la lumière, elle n’était pas en mesure de bien voir le propriétaire de la voix, mais il y avait une petite ombre et une grande ombre faites par les individus qui se tenaient là. Elle n’était pas en mesure de voir leurs visages, mais par la voix, elle savait à qui elle appartenait. Alors qu’elle s’apprêtait à regarder le propriétaire de la voix, elle sentit un choc à l’arrière de sa tête.

« Idiote ! Baisses ta tête maintenant ! »

Vrusto poussa de force sa tête vers le bas.

Regardant au bord de son champ de vision, elle remarqua que tous les démons rassemblés dans le réfectoire s’inclinaient devant ces ombres. Tous les démons qui s’entrainaient pour se forger un corps puissant inclinaient la tête vers la petite ombre. Bien que l’ombre soit petite, la présence émanant d’elle était de loin beaucoup plus forte que la grande ombre derrière elle.

La petite ombre… Leivein, d’un pas, entra dans le réfectoire. Puis, Leivein ouvrit la bouche.

« Tout le monde relève la tête. Nous partons. »


Le royaume Shiidoru dans toute sa splendeur.

Grâce au pouvoir exceptionnel des quatre familles spiritualistes, elles ont pu rapidement déraciner la racine du mal appelée démon avant qu’elle ne se développe.

Tout le monde montre un sourire et personne ne souffre du malheur. Le royaume était comme une fleur en pleine floraison. Son seul défaut pourrait être la bombe à retardement qu’était le Seigneur Démon aujourd’hui scellé.

Dans le royaume Shiidoru, chaque année, il y avait un événement considéré par beaucoup comme une coutume.

Cela s’appelait la [Campagne d’Extermination des Démons].

Les maudits démons; Leur présence affectait la paix par leurs actions douteuses. De nombreux villages et villes risquaient d’être envahis, incendiées et pillés. Les hommes seraient utilisés comme esclaves, les femmes seraient violés et les enfants, eux, seraient jetés dans leur soupe et finiraient par être tués. Au moment où les feux de la guerre se propageaient, les spiritualistes employés par la royauté avançaient droit vers leurs bases et lançaient immédiatement un assaut.

Et puis, ils revenaient dignement dans la capitale, victorieux.

… Rapportant de nombreuses têtes de démons.

Riku a déjà vu ce défilé.

En son centre, il y avait son père. Sa silhouette agitant majestueusement les mains au public tout en étant debout dans une calèche couverte de fleurs. À l’époque, Riku aspirait à être comme son père et elle ne pouvait que se demander combien de cous la hallebarde dans sa main allait couper. C’était hautain d’imaginer ça. Mais c’était un souvenir qui apaisait vraiment son cœur. C’est à ce moment là qu’elle a voulu devenir une spiritualiste renommée, tout comme son père.

Ce vœu qu’elle s’était faite… Elle s’en souviendrait toujours; c’était un souvenir très joyeux.

C’était censé être un bon souvenir.

« Est-ce possible que … Tout cela n’était que des conspirations du royaume ? »

Murmura Riku surprise.

Le lieu où la Garnison du Bataillon du Dragon Démonique se dirige avec 500 soldats devrait déjà être tombé sous l’attaque des spiritualistes. À l’insu des spiritualistes, ils devaient se rendre secrètement dans ce village. Afin de ne pas se faire repérer à travers la forêt, le Bataillon du Dragon Démonique s’est mis à avancer en plusieurs groupes composés d’une centaine de soldat.

Alors que Vrusto portait son arme, il dit franchement :

« Il y a beaucoup de points sombres dans les récits héroïques. »

Regardant Riku avec un coup d’œil sur le côté, dont l’humeur était en train de sombrer, il continua de parler.

« Cette fois, nous avons de la chance, tu sais ? C’est bien que nous sachions quel village a été envahi.

— Mais ne vaut-il pas mieux évacuer tout le monde à la place ? Au cas où ils attaqueraient, alors… faudrait juste donner l’impression que le village a été abandonné… »

— Idiote. Si tu fais ça, ils chercheront simplement un autre village pour attaquer. Pour diminuer les dégâts, il est préférable pour nous, qui sommes expérimentés dans le combat, de nous battre et de laisser le temps aux villageois de s’enfuir. Ensuite, lorsque le capitaine voit une bonne occasion, il donne immédiatement l’ordre de battre en retraite. Ce que ces gars veulent vraiment, c’est seulement du prestige. Ils veulent seulement obtenir la tête d’un démon pour après dire que c’était celle d’un général, et ainsi ils veulent montrer qu’ils ont détruit un village, même s’il est minable et insignifiant. »

Riku baissa les yeux.

Empêchant ses jambes de s’arrêter, elle regarda son ombre noir.

Tout ce qu’elle avait toujours cru se révélait être des mensonges… C’était comme si elle était dans un cauchemar.

Depuis qu’elle a été chassée de la maison Barusak, elle s’était peut-être perdue dans un rêve. En pensant à cela, elle ajusta la posture qu’elle avait avec sa hallebarde.

« Les humains sont vraiment détestés, non ?

— Combien de fois as-tu déjà dit ça ?? »

Avec le hurlement de Vrusto, Riku se mit à réfléchir sur ses sentiments.

Maintenant qu’elle allait combattre, mais même si c’était le champ de bataille auquel elle aspirait tant, elle n’était pas excitée. Ce n’était qu’une profonde mélancolie. Voyant Riku comme ça, il commença à se gratter la joue avec son ongle pointu.

« Gamine, meurs pas.

— …Oui.

— Ah, c’est quoi ça. Si tu meurs, tout le temps que je t’ai consacré sera perdu. Ce serait du gaspillage, non ? Et puis, sinon on pensera que je t’ai mal instruit. Si cela affecte ma carrière, qu’est-ce que je fais ? Si c’est possible, tu devrais même aller chercher des exploits.

— …Oui.

— Reprends-toi ! »

Vrusto claqua fermement le dos de Riku.

En raison de la force qu’il avait mise dans la claque, Riku a été propulsé un peu en avant, allant presque à tomber, mais elle a pu revenir sur ses pieds. Elle envoya ensuite un regard de protestation à Vrusto.

« Je, je sais ça ! Je ne veux pas encore mourir… Mais… La source des informations est-elle fiable ? C’est peut-être une fausse alerte, non ?

— Apparemment, c’est fiable. J’ai entendu dire que c’était une information d’un démon infiltré dans la capitale obtenue avec grande peine. Après, je ne connais pas vraiment les détails.

— Hé, Vrusto ! Viens par ici une seconde ! »

Venant d’en face, un démon serra la main de Vrusto. C’était un démon qui avait souvent des conversations avec lui au vue de son ton amical. Riku pensait que ce devait être un des ses amis.

Vrusto afficha un large sourire, confirmant ses pensées

« Gamine, tu continues de marcher, d’accord ? Qu’est-ce qu’il y a Sejji ? Oh, Frank est là aussi. »

Laissant seul Riku, il commença à courir et alla plus vers l’avant comme pour s’amuser.

Se rapprochant des démons qui s’appelaient Sejji et Frank, ils commencèrent à parler, ressemblant à des amis très proche. Cependant, Riku n’était pas en mesure d’entendre de quoi ils parlaient.

Elle continua la marche en suivant le flux de son environnement.

Maintenant que Vrusto était parti, elle n’avait personne à qui parler. Si Leivein était à proximité, elle aurait peut-être pu aller à côté de lui. Mais il commandait un autre détachement, donc il n’était pas là. Et même si elle pouvait aller à côté de lui, Leivein restait toujours le capitaine du Bataillon du Dragon Démonique. Il n’y avait aucun moyen pour qu’un soldat récemment recruté de le faire avec autant de désinvolture.

« Ce serait bien si seulement tout cela n’était qu’un rêve. »

Elle savait qu’elle ne pouvait pas tout le temps repenser à la vie qu’elle avait auparavant. Elle a compris qu’elle avait été abandonnée par son père. Mais…

« Hey, allons-nous tuer cette gamine humaine ?

— Pas vraiment.

— Elle sent comme une humaine de toute façon, donc je n’y peux rien si je la confond avec l’ennemi.

— Tu la tues pendant l’agitation ?

— Vous devriez abandonner. Pour l’instant, le capitaine n’est pas là, mais s’il le découvre plus tard, il deviendra vraiment furieux. »

— À quoi pense le capitaine ? »

Avec les regards froids et toutes les discussions qu’elle entendait, le sentiment de mal-être était devenu encore plus clair.

Le doute qu’elle avait de savoir si elle pouvait continuer à vivre avec les démons ne faisait qu’accentuer.

Elle avait la possibilité de déserter pendant la bataille.

Mais elle n’y pensa même pas car elle n’avait aucun moyen de s’assurer qu’elle aurait de la nourriture pour continuer à vivre. Riku poussa alors un profond soupir.

 

« Tirez les flèches purificatrices !! »

Une pluie de flèches plu des arbres à gauche et à droite.


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