Dragon Maken War 59 : Le prince métis (7-8)

Trad & Adapt : Ilanor
Check : Neko


SURPRISE ! Vous ne vous y attendiez pas hein !! Hein ! Ça vous en bouche un coin !

Sur ce, bonne lecture et je m’en repars affronter IRL…


 

‘Pourtant, le jour viendra où je devrais le refaire.’

Après ces batailles consécutives contre les partisans des Dragons-Démons, son pressentiment se faisait plus fort. Il avait l’intuition que la Grande Ténèbre puisse de nouveau s’abattre sur cette ère de paix.

« Et où pensez vous aller après avoir quitté la capitale, Sire Azell ? Demanda Boar.

– Pour le moment, j’ai décidé de voyager avec sa Grâce. C’est pour cela que je dois partir si tôt. Je dois m’adapter à son agenda.

– Ah, sa Grâce s’en va ?

– Il hait le palais plus que moi. »

Kairen détestait les apparitions publiques. C’était un dégoût développé lors de ses jours de jeunesse. Cependant, c’était un personnage trop important : dès que les gens avaient entendu la nouvelle de sa présence dans la capitale, tout le monde insista pour essayer de le voir. Même la famille royale agissait de cette manière, donc Kairen n’avait pas d’autre choix que d’être baladé à droite et à gauche. C’était normal pour lui de passer s’entraîner avec Azell et de se plaindre à lui.

« Je vous envie, dit Giles. J’ai six mois de vacances, mais je n’ai pas la moindre idée de ce que je vais faire pendant ce temps.

– Les gardes de la Frontière Ouest sont plutôt généreux. Ils t’ont donné six mois de congé.

– Eh bien, interrompit Boar, Sire Giles a été choisi comme représentant de la Garde de la Frontière Ouest, et il était en charge de la protection de la princesse… De plus, ils voulaient probablement lui donner une chance de se rendre chez lui. Sa famille ne serait-elle pas heureuse s’il passait sans prévenir après être parti pendant longtemps ?

– En théorie, oui… »

Le visage de Giles s’assombrit après cette réponse. Surpris, Boar lui posa alors une question.

« Uh. Est-ce que j’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas ?

– Non, ce n’est rien de ce genre là. Est-ce que je vous ai déjà parlé de ma famille ?

– Non, jamais.

– Il n’y a pas grand chose à dire…Notre Vicomtat Vince n’est pas dans une bonne situation en ce moment. »

Comme s’il était embarrassé, il rougit un peu en expliquant sa situation.

Même s’ils détenaient le titre d’un Vicomte, Le Vicomtat Vince était une famille tumultueuse. C’étaient des nobles de province, donc la famille avait été prospère, mais elle commença à décroître en richesse du temps du grand-père de Giles. Ce dernier était un peu déphasé, et gaspilla la fortune familiale en pariant. Puis la famine avait frappé, et les monstres commencèrent à poser problème dans leur territoire. Comme  son grand-père n’avait pas pu régler le problème, la fortune familiale avait disparu.

Finalement, ils avaient dû vendre la plupart de leurs terres. Maintenant, leur fief se réduisait à une petite ville.

« Depuis ma jeunesse… Mon père m’a mis dans la tête que je devais parcourir le monde pour rendre son éclat au nom de la famille. »

Avant même qu’il atteigne l’adolescence, on lui mit une épée dans les mains. Il l’avait brandie jusqu’à ce que plusieurs douzaines d’ampoules se forment sur ses mains. Son père avait vu son grand-père mener la famille à sa perte, donc il élevait Giles très strictement. C’était à cause de son enfance difficile que Giles put devenir un Quadruple Maître aussi jeune.

« Cependant, ma famille avait chuté aussi bas qu’elle le pouvait, donc de quel pouvoir disposions nous ? »

Même si sa famille avait déchu, il était toujours un fils de noble. C’était pour cela qu’il avait le droit de devenir chevalier. Cependant, c’était la fin du chemin. Il n’avait aucune connexion, étant donné que son irresponsable de grand-père les avait toutes coupées. Il devait gagner de l’expérience, mais il ne pouvait choisir d’aller là où il voulait.

Après y avoir longtemps réfléchi, il décida de rejoindre l’armée du royaume. Comme il n’avait pas les connexions pour réussir, il n’avait pas d’autre choix que d’y arriver de ses propres mains.

« C’est amusant, mais quand j’ai rejoint l’armée… Ce fut comme si je pouvais de nouveau respirer. Connaissez vous la discipline militaire ? C’étaient des vacances comparé à ce que je recevais à la maison. »

Le père de Giles lui demandait d’être le noble parfait. Dès son jeune âge, il avait été soumis à un régime d’entraînement infernal. Il devait apprendre les arts martiaux et l’étiquette, et même devenir érudit. Il était entraîné de manière à ne pas embarrasser la famille quel que soit l’endroit où il allait. L’armée royale ressemblait à un paradis comparé à sa maison.

Quand il entendit l’histoire, Boar laissa échapper un murmure semblable à un grognement.

« Je ne savais pas que tu avais des circonstances pareilles… »

C’était complètement à l’opposé de la manière dont Boar avait été élevé. Depuis qu’il était jeune, il avait obtenu victoire sur victoire grâce à la puissance de sa famille. Il réalisa à quel point sa position l’avait avantagé.

« Je suis reconnaissant envers la Princesse. Avec mes connexions inexistantes, j’aurais eu besoin de très longtemps pour faire carrière parmi les gardes de la Frontière Ouest. J’aurais pu y pourrir ma vie entière. »

En tant que représentant de la garde de la Frontière Ouest, il s’était acquitté de sa mission d’accompagner Arrieta jusqu’à la capitale. Il avait même été complimenté par le roi. En un mot, il avait accompli un haut-fait qui serait reconnu dans la plupart des cercles.

Boar servit un verre d’alcool à Giles.

« Bois. Tu as réussi le plus difficile. À partir de maintenant, je suis sûr que ta fortune va s’améliorer. La Princesse Métisse te connait. Je suis sûr que tu vas avoir une bonne opportunité dans le futur.

– Merci… »

Giles rit, embarrassé. La nuit s’approfondit tandis qu’ils buvaient.

Partie 8 :

Le lendemain, Boar devait aller au palais pour son travail, donc Azell le suivit. Il avait beaucoup bu, jusque tard dans la nuit, donc il était à moitié mort en se réveillant.

« Ooh-goo-gook. J’imagine que j’ai la gueule de bois. Cela faisait vraiment longtemps que je n’avais pas ressenti cette douleur. »

Boar rit, étant dans le même carrosse.

« En fait, je m’émerveille de cette situation.

– Pourquoi ?

– Je suis surpris qu’il y ait un domaine dans lequel vous êtes plus faible que moi. Je pensais que vous tiendriez bien l’alcool.

– Je crois que je le tenais bien… Bon, mes souvenirs sont un peu flous à ce sujet. Je vais juste devoir faire attention à partir de maintenant. Ooh ooh… »

Au meilleur de sa forme, Azell n’avait jamais souffert des effets de l’alcool. Qu’importe la quantité d’alcool ingurgitée, il n’aurait qu’un léger vertige. Il n’était jamais ivre, et ne souffrait jamais de la gueule de bois. La raison étant que son corps était trop endurant après avoir subi les rituels du Pourfendeur de Dragons.

Il se remémorait cette époque en descendant son alcool. Cependant, il tenait beaucoup moins bien l’alcool qu’avant. Il avait eu la langue empâtée, et ses yeux commençaient à se fermer. Il avait expérimenté quelque chose de nouveau en déblatérant des bêtises. Heureusement, il ne s’était pas évanoui…

‘J’aurais dû utiliser cette technique plus tôt.’

Il y avait une technique de l’Ordre Spirituel que l’on pouvait utiliser pour se protéger l’esprit et le corps de l’alcool et autres drogues. Quand Azell s’était rendu compte qu’il était plutôt pompette, il avait utilisé la technique afin d’éviter de s’évanouir. Cependant, c’était trop tard pour échapper à la gueule de bois.

« Ooh-oohk… Je n’avais jamais réalisé quelle torture c’était d’utiliser un carrosse.

– Comment peux-tu dire cela ? Cette route a été mise en service il n’y a pas longtemps. S’il s’agissait d’un chemin de terre, tu aurais probablement déjà vomi. »

Boar avait l’air bien, étant donné qu’il n’avait pas du tout de gueule de bois. Il appréciait le sentiment de supériorité et continua à se moquer d’Azell.

Quand Azell arriva au palais, il se mit à méditer afin d’essayer d’esquiver sa gueule de bois. Il voulait utiliser l’Ordre Spirituel pour expulser les restes d’alcool hors de son corps. Cependant, il avait la tête qui tournait et qui le lançait alors même qu’il restait immobile. Cela lui donnait envie de vomir, donc il lui était très difficile d’entrer dans un état méditatif.

‘Je peux le faire ! J’ai saigné de blessures à l’épée, donc pourquoi est-ce que je n’arriverai pas à faire ça ?’

Azell serra les dents et se concentra. Mais c’était plus difficile de tomber dans un état méditatif maintenant. C’était plus dur que les fois où il avait été transpercé et où le sang s’échappait de son corps. Les progrès étaient lents.

« Ooh-ah ! Vous sentez l’alcool ! »

Enora, qui venait trouver Azell, se boucha le nez en fronçant les sourcils.

« Maaais. Qu’est-ce que vous avez ingurgité pour que l’odeur d’alcool soit aussi forte ?

– Mmmm. »

Azell, qui avait à peine réussi à entrer en méditation, laissa échapper un rire dépité en ouvrant les yeux.

Ses environs étaient définitivement imbibés d’alcool. Ce n’était pas l’odeur de quelqu’un ayant bu. Cela sentait comme s’il avait balancé de l’alcool partout autour de lui.

« J’ai expulsé l’alcool qui s’était accumulé dans mon corps. Je me sens un peu plus vivant maintenant.

– Vous pouvez faire ça ?

– Oui. Je vais devoir me laver d’abord… Y-a-t-il quelque chose d’urgent que je dois savoir ?

– Pas du tout. Aussi, vous allez vous retrouver dans une situation gênante si vous ne vous lavez pas. Dépêchez-vous et revenez après. »

Enora poussa Azell et quitta la pièce empestant l’alcool comme si elle s’enfuyait.

Après un bain, Azell revint à peu près propre. Cependant, il ne se sentait encore pas très bien.

‘Ah-ooh. On dirait que je vais perdre aujourd’hui.’

Azell fronça les sourcils en pensant à Kairen, qui viendrait sûrement le voir aujourd’hui pour un duel.

« La princesse veut dîner avec vous ce soir, dit Enora. Comme Sire Azell s’en va bientôt, elle voudrait vous voir avant votre départ.

– Bien sûr. Je vais devoir récupérer pour le dîner, afin de sembler normal. Ah, aussi… Mlle Enora. Une question m’est venue à l’esprit. Cela vous dérange-t-il que je vous la pose ?

– Qu’y-a-t-il ?

– C’est à propos de la conversation que vous avez eu avec la princesse avant que nous ne quittions les gardes de la Frontière Ouest. »

Enora inclina la tête avec perplexité. On aurait dit qu’elle n’avait aucune idée de ce dont il parlait.

Azell laissa échapper un rire amusé en posant la question.

« N’avez vous pas débattu avec la princesse en disant que vos possibilités de mariage seraient ruinées si vous ne pouviez la suivre ?

– Je n’ai pas protesté. Comment pourrais-je oser…

– Quoiqu’il en soit, je ne sais pas pourquoi c’était une raison valable de voyager avec nous. Je pense que la princesse en pensait de même.

– C’est habituel là d’où je viens.

– Huh ?

– Si une fille de la noblesse ne peut même pas accomplir la tâche qui lui a été assignée, alors on lui dira qu’elle n’est pas digne du mariage.

– C’était une raison aussi triviale ?

– Triviale ? Vous ne devriez pas le prendre à la légère, Sire Azell. C’est un problème très important.

– Mmm. Pourtant, vous êtes encore très jeune… »

Azell était en train de parler quand il vit les yeux d’Enora étinceler comme une guillotine. Il changea d’avis à la moitié de sa phrase.

« Mais vous êtes une jeune femme en plein épanouissement. Vous ne devriez pas prendre un tel risque pour cette seule raison.

– Mais c’est la même chose pour la princesse.

– Huh ?

– La princesse est née pour devenir la Princesse Métisse, et c’est la principale raison pour laquelle elle doit mettre sa vie en jeu et se battre, contrairement aux autres personnes de sang royal. Je n’estimais pas tant que ça la princesse en devenant sa servante… C’est après avoir voyagé avec elle que j’ai pensé qu’elle était exceptionnelle. »

Quand elle avait été assignée comme servante personnelle de la célèbre Princesse Métisse, Enora avait été déçue en la voyant. Arrieta était incroyablement belle, mais elle était nonchalante. De plus, elle était trop détendue dans le palais.

Cependant, en voyant Arrieta s’élancer sur le champ de bataille pour accomplir son devoir, sa vision du monde avait subi une violente remise en cause.

« Il y a un dicton que mon père répète toujours. Les nobles sont traités avec respect car ils sont les premiers à risquer leur vie quand viennent les épreuves. C’est leur devoir. »

La Baronie de Baire se situait en province et sa famille ne possédait pas beaucoup de troupes. Bien sûr, le Baron Baire et les hommes de sa famille menaient la charge à l’apparition d’une menace sur leurs terres. Le peuple respectait la famille Baire. C’était un motif de fierté pour eux.

Arrieta ressemblait aux hommes de la famille d’Enora. Elle était jeune, mais ne se plaignait pas quand elle était jetée dans des situations dangereuses. Elle ne haïssait pas le fardeau avec lequel elle était née. Ses obligations ne la désespéraient pas, et elle utilisait son pouvoir pour les autres. Enora avait été impressionnée par son noble caractère.

« C’est pourquoi je ne veux pas fuir. La princesse se bat avec autant d’acharnement, cela serait très triste s’il n’y avait personne à ses côtés pour ne serait-ce que la coiffer. Quelle tristesse si tous fuyaient sa présence ?

– Ha… »

Azell fixa bêtement Enora pendant un bref instant.

« Hahahahahahahah. »

Il ne put s’empêcher d’éclater de rire. Comme si elle était embarrassée, Enora rougit.

« Je… Je parle sérieusement, et vous me riez au nez ! Goujat ! »

Cependant, le rire d’Azell ne s’arrêtait pas. Il riait tellement que les larmes lui en venaient aux yeux.

Enora s’énerva en regardant Azell, ce qui réussit à peine à calmer son rire.

« Vous êtes mesquin, Sire Azell !

– Ah, je suis désolé. Je n’avais pas l’intention de rire de vous.

– Au moins, dites le comme si vous le pensiez.

– Je suis sincère. Cela m’a rappelé un souvenir. »

Azell avait le regard lointain, et affichait un sourire vide.

« Il y eut un enfant, qui m’a dit des mots similaires… »

‘… Ahjushi se saigne pour sauver tout le monde. S’il n’y a personne pour lui essuyer le visage, cela serait très triste.’

À ce moment, comme tous voulaient sauver leur peau, ils fuyaient. Alors que le désespoir s’approchait de lui, quelqu’un était resté à ses côtés. Elle lui avait dit ces mots. Tout le monde l’avait mise à l’écart en disant qu’elle était malchanceuse, mais ses paroles avaient sauvé Azell.

En y repensant, la fille était un peu plus jeune qu’Enora. Elle n’avait pas de parents et vivait au jour le jour en écûmant les environs. Cependant, elle avait une qualité qui la faisait magnifiquement briller.

C’était comme cela, à cette époque. Les ténèbres qui recouvraient le monde étaient si épaisses qu’y trouver une personne brillante accentuait sa magnificence.

Pendant un bref instant, il se perdit dans ses souvenirs.

« Qu’est-il arrivé à cet enfant ? Demanda Enora

– Elle a trouvé un endroit où vivre. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé après cela. »

La fille était marginalisée par les gens, donc Azell lui trouva un endroit où vivre. Il ne l’avait jamais vue après cela, mais il voulait croire qu’elle avait vécu une vie heureuse.

Enora fit la moue.

« Hooong, dit-elle, je vous pardonne à cause de votre histoire.

– Merci de votre générosité. »

Et Enora, avec un sourire un coin : « Si vous ne parliez pas, vous pourriez être aimable. »

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