Dungeon Defense – Volume 3 Chapitre 1 (Partie II)

Traducteur : JetonS

Adapt : ———
Check : ———


Nouveaux dramas incoming ¯\_(ツ)_/¯


ddillus

Ce Novel est traduit par JetonS de l’équipe Soreyawari & Co. Si vous lisez sur un site autre que Soreyawari.com, c’est que le Novel a été volé. Ne soutenez pas les voleurs, lisez sur le site original.


La précaution est la clé du triomphe, et négligence est synonyme de défaite. Je vous implore de ne pas commettre l’immense erreur que j’ai commise ……

.

Les mots de son altesse étaient élégants.

Ses mots étaient logiques sans pour autant être agressifs. Il avait mentionné ses précédentes erreurs sans pour autant se placer en position désavantageuse. Ses mots étaient féroces, mais son ton était doux. Ce contraste était magnifique.

Les autres Seigneurs Démons hochèrent de la tête. La Faction des Plaines approuvait pleinement la déclaration de guerre, tandis que la Faction des Montagnes était vigilante envers les humains.

Paimon, l’adepte de la paix, sentit le vent prendre une direction préjudiciable. Elle prit la parole pour défendre ses idées.

« Dantalian. Cette dame est désolée d’apprendre que votre Château de Seigneur Démon ait été attaqué. »

Les Seigneurs Démons tendirent l’oreille pour écouter la conversation. Son altesse Dantalian et Paimon s’étaient déjà affrontés par le passé. A l’issu de ce conflit, Paimon avait été désastreusement vaincue. Est-ce la revanche de Paimon ? pensa l’ensemble des spectateurs.

« Toutefois, comprenez qu’il nous est difficile de déclarer la guerre contre l’ensemble de l’humanité seulement en nous basant sur un cas isolé. Cette dame vous assistera dans la reconstruction de votre château, veuillez … »

Son altesse sourit.

« Je vous remercie, Mademoiselle Paimon. Mais je me vois contraint de refuser votre proposition. Je ne regrette pas particulièrement la perte de mon Château de Seigneur Démon. Et dans l’hypothèse où j’ai besoin d’aide, je tiens à vous faire savoir, Mademoiselle Paimon, qu’en aucun cas je n’irai solliciter votre soutien. »

« Que voulez-vous dire ? »

« La raison de l’attaque de Margrave von Rosenberg est on-ne-peut plus simple. Il a entendu quelque part que mon château regorge d’herbes noires. Par ailleurs, le margrave croit fermement que je suis le coupable qui ais créé la Faucheuse Noire …… Intriguant, n’est-ce pas ? »

Les Seigneurs Démons s’agitèrent.

Les prétextes que son altesse avait mentionnés coïncidaient parfaitement avec les accusations de Paimon lors de cette Nuit de Walpurgis. Le Seigneur Démon Paimon et Margrave von Rosenberg partageaient une idée commune …… Cette coïncidence était trop grosse pour en être une.

Et si Paimon avait divulgué cette rumeur intentionnellement ?

Cette hypothèse n’était pas à exclure.

« Je suis curieux. D’où le margrave a-t-il obtenu une telle information ? Ah, ne vous méprenez pas, je ne doute pas de votre sincérité, Mademoiselle Paimon. Nous sommes une espèce soudée, après tout. Un traitre qui trahirait ses congénères, je le crois, ne se trouve pas au sein de cette salle de conférence. »

« …… »

« Le Margrave a un réseau d’information disséminé partout dans le monde des démons. Le Margrave a probablement entendu cette rumeur par pur hasard, je suppose. Ne vous inquiétez pas. Mademoiselle Paimon, vous n’avez aucun lien direct avec le margrave. Oui, aucun lien direct ……. »

Le visage de Paimon se raidit.

Le changement de sujet était habile.

Même si Paimon n’avait pas intentionnellement diffusé cette rumeur dans le monde des humains, elle l’avait indéniablement diffusée dans celui des démons. Si le Margrave avait eu vent d’une telle rumeur, la faute revenait à Paimon, qui l’avait fabriquée de toute pièce. Paimon avait contribué indirectement à la destruction du château de son altesse.

Explicitement parlant – Pourquoi devrais-je recevoir de l’aide du coupable qui a détruit mon château, était le ton cynique avec lequel parlait son altesse. Paimon était bouche bée. Devant cette Paimon, son altesse la fixait du regard avec des yeux sournois et naïfs.

« Ne vous en faites pas. Cet incident a été généré par l’avarice mal placée des humains …… Chercher à débusquer le coupable est un acte idiot. Non, ce n’est pas idiot, pardonnez-moi. En d’autres circonstances, nous l’aurions fait, cependant notre situation est sinistre. Ne nous prenons pas la tête avec des conflits intérieurs lorsque les forces humaines menacent de nous envahir à tout instant. »

« …… »

Quel jeu d’acteur magnifique.

Son altesse nous rappelait subtilement que notre situation était critique. Il avait aussi suggéré qu’en d’autres occasions, il aurait placé le blâme sur Paimon. Afin d’éviter les critiques populaires, Paimon était forcée de reculer. Oui. Puisque notre situation est critique, ne nous encombrons pas de conflits supplémentaires. Elle-même pensait surement la même chose ……

Echec et mat.

Si elle désapprouvait notre entrée en guerre, elle serait forcée de prouver que notre situation était normale. Toutefois, si elle voulait éviter le blâme, elle serait forcée d’accepter l’état d’urgence. Paimon était face à un dilemme cornélien.

Paimon se mordit les lèvres.

« …… Il neige dehors. »

« Pardonnez-moi ? »

« Ce palais est triste. Ne sentez-vous pas ce froid vous titiller les os ? »

Quelle était cette soudaine question ? J’ignorais la réponse à cette question. Son altesse Dantalian inclina la tête et l’interrogea.

« Devons-nous demander aux servantes d’attiser davantage les flammes ? »

« Il est minuit passé. Les servantes sont fatiguées. »

« Ne vous inquiétez pas. Elles n’oseront pas dormir tant que leurs seigneurs sont éveillés. »

« Je vois. Vous avez raison. »

Paimon regarda son altesse.

« Nous sommes chanceux d’être des rois. Même si nous restons éveillés toute la nuit, des centaines de servantes attiseront les flammes pour nous garder au chaud. Si nos armées partent maintenant, ils traverseront les montagnes enneigées et les rivières gelées avec trois fois rien sur le corps. Nous avons des servantes pour s’occuper de nous, mais qui allumera les feux de camps pour nos soldats en ces froides périodes d’hiver ? »

« …… »

« Cette dame a bravé le vent pour venir jusqu’à ce palais. L’hiver est tout à fait aride. Les terres sont gelées jusqu’aux plus profondes couches à cause de ce temps glacial, creuser le sol est une tâche difficile. Il nous faudra une demi-journée rien que pour ériger des tentes et nous reposer. Nous avancerons à travers ces champs brumaux, nos soldats se fatigueront et s’effondreront. Cette dame craint que vos visions soient bloquées par ces murs et soient incapables de voir les plaines hivernales. »

« …… Mademoiselle Paimon. »

En effet.

Son argument tenait la route.

Elle ne s’opposait plus à la guerre en elle-même, elle critiquait les mauvaises conditions météorologiques. D’autant plus qu’elle prenait en considération la santé des soldats. Son argument était gracieux et subtil.

« Si nous levons une armée, nos forces marcheront à travers les montagnes et traverseront les forêts. Les arbres sont d’excellents carburants pour le feu. Par conséquent, pour nos troupes, mourir de froid est une inquiétude inutile. »

« Dantalian. La tâche de traverser les montagnes et couper du bois encombre nos soldats. Nos troupes seront usées. »

« Dois-je couper moi-même le bois et l’amener aux soldats ? »

Son altesse éclata de rire.

« Vous avez beaucoup d’inquiétudes, Mademoiselle Paimon. Bien que je sois émerveillé par la vertu de votre altesse, la guerre ne requière pas de bienveillance mais d’austérité. L’angoisse du souverain sera transmise aux généraux, et le malheur des généraux sera transmis aux soldats. Le pays entier avancera et reculera avec anxiété. Même si nous gagnons, la victoire sera amère. Si par malheur nous perdons, notre défaite sera irrémédiable. Depuis quand les démons se préoccupent de feux de camp pour discuter de guerre ? »

Les cris, ‘Parfaitement !’, résonnèrent d’ici et là.

Je trouvais les craintes de Paimon justifiées …… mais ce n’était pas le cas pour la majorité des Seigneurs Démons ici présents. Ils se fichaient royalement des détails mineurs. Que dis-je, non seulement les Seigneurs Démons, la majorité des démons se moquaient des feux de camp.

Son altesse Dantalian était différent. Il manipulait les idéaux des gens. Son altesse tirait profit de n’importe quelle faille. Il manipulait les désirs et exploitait les craintes. Son altesse me disait souvent que son attitude manipulatrice était du pragmatisme. Un jour, je lui avais demandé, ‘Si tel est le cas, quelle est l’utilité de ce pragmatisme ?’ Son altesse m’avait donné une réponse immédiate.

Pour l’autorité.

En avoir était vivre, en manquer était mourir. J’avais accepté la légitimité de cette réponse. J’avais été convaincue par cette vulgaire remarque. Mon esprit et celui de son altesse était similaire.

« Pendant ces 500 dernières années, nous avons levé une armée massive 7 fois, et nous avons reculé 8 fois. A chaque fois que nos forces battent en retraite, nous perdons une partie de nos territoires. Nous sommes dorénavant acculés derrière des montagnes. Si nous sommes vaincus une nouvelle fois, nous leur céderons une grande portion des chaines de montagnes. Cette dame est angoissée par le futur de notre espèce. »

« Parfaitement. L’inquiétude de Mademoiselle Paimon est aussi la mienne. C’est pourquoi, ne devrions-nous pas frapper lorsque la vitalité des humains est en déclin à la suite de l’épidémie ? »

« L’épidémie affecte indistinctement humains et démons, alors pourquoi …… »

« Je suis en possession d’une grande quantité d’herbes noires qui peuvent vaincre l’épidémie. Je vous offre ces fournitures militaires pour un dixième du prix du marché. »

« …… »

« Veuillez en informer les gens. Tous les officiers et soldats conscrits dans le service militaire, qu’ils soient nobles ou roturiers, se verront offrir le remède. J’offre 10,000 herbes noires au personnel militaire. Messieurs Dames, prenez les herbes et distribuez-les librement. »

Finalement, cette réunion fut conclue par cette simple déclaration.

Son altesse, Dantalian du rang 71, avait offert un montant considérable de provision militaire. Les Seigneurs Démons, plus haut classés que son altesse, n’avaient pas d’autre choix que de regarder le sol pour sauver un minimum d’honneur.

Une trace d’amusement glissa sur les lèvres de son altesse.

Il était certain de sa victoire.

…… C’était un peu déloyal.

A chaque fois que je voyais le visage de son altesse Dantalian, je repensais aux événements qui avaient eu lieus juste avant la réunion d’aujourd’hui.

Ce Novel est traduit par JetonS de l’équipe Soreyawari & Co. Si vous lisez sur un site autre que Soreyawari.com, c’est que le Novel a été volé. Ne soutenez pas les voleurs, lisez sur le site original.

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Avant le début de la conférence, son altesse fumait la gaya.

La gaya était un outil de fumette similaire aux cigares. La différence étant que la gaya avait des propriétés addictives modérées pour des effets stupéfiants garantis, d’où leur incroyable prix. Son altesse préférait cet objet luxurieux et élégant.

Son altesse n’était pas le seul à savourer ce stupéfiant, il avait entrainé Mademoiselle Laura de Farnese dans sa stupide entreprise. Aujourd’hui ne fut pas une exception, alors que j’entrai dans la chambre à coucher, je vis deux vers se tortiller sur le sol.

Quel spectacle grandiose.

Même des vauriens drogués se retiendraient davantage comparés à ces deux énergumènes.

J’approchai de son altesse et le frappai au visage.

« Seigneur Dantalian. Reprenez vos esprits. »

Son altesse me regarda avec des yeux vides.

« Mademoiselle …… Madem – ? »

« La conférence aura lieu dans 2 heures. Quarante Seigneurs Démons participeront à cette réunion. C’est la Nuit de Walpurgis. Votre altesse a l’intention de s’humilier en de pareille occasion ? »

« Bonjour – ? »

Irrécupérable.

Je laissai son altesse s’allonger sur le sol et m’approchai de Mademoiselle de Farnese. Une fois que je fus assez proche, Mademoiselle Farnese se leva abruptement. Puis elle tendit les deux bras horizontalement. Je fus désarçonnée par cette conduite étrange.

« …… Mademoiselle. Que faites-vous ? »

« Cette jeune dame est un arbre. »

« Un arbre ? »

« Je suis un arbre, je suis incapable de répondre à votre question. Les arbres n’ont pas de mots. »

« …… »

Elle était folle.

Etais-je chanceuse ? J’étais la première roturière de l’histoire à avoir l’honneur de parler à une plante. Toutefois, la conversation semblait plus facile avec cette demoiselle qu’avec son altesse. On me demandait de choisir entre un homme qui avait régressé au statut de bambin et une fille qui était devenue une plante. Ces deux choix étaient des choix extrêmes.

« Depuis combien de temps exactement êtes-vous intoxiqués ?

« Celle jeune dame n’est pas intoxiquée, je crois ? »

Bon.

« Alors changeons de question. Quand avez-vous commencé à fumer ? »

« Mmh. Une question religieuse difficile. »

Mademoiselle Farnese hocha de la tête d’un visage inexpressif.

« Cette jeune dame a une question. Y répondrez-vous ? »

« Oui, si cette question ne concerne pas la végétation des arbres. »

« Pourquoi de la lumière entre par les fenêtres tout d’un coup ? Il faisait noir quelques instants auparavant. Quelle étrangeté. Le soleil est devenu fou. »

Le fou n’est pas le soleil, mais toi.

…… J’avais la migraine.

Son altesse et la demoiselle avaient probablement fumé la gaya toute la nuit.

Quand ce n’était que son altesse, j’arrivais à gérer les problèmes qu’il causait. Mais depuis l’arrivée de Mademoiselle de Farnese, le désordre s’était installé dans cette résidence. Son altesse lui enseignait en permanence les 100 manières d’être insupportable, et la petite demoiselle gobait tout sans vérifier la date de péremption des articles. On dirait un oisillon qui réclamait la nourriture dans le bec de sa mère. Elle avait tout copié. Elle avait copié sa façon de boire, sa façon de dormir, sa façon de fumer. La petite demoiselle était devenue une copie parfaite de son altesse.

C’est marrant, j’ai l’impression d’avoir une petite sœur, était ce que son altesse m’avait dit. A l’issu de sa déclaration, j’avais remercié les dieux de ne pas avoir donné de frères et sœurs à son altesse. Si un jour, son altesse concevait un enfant, le monde serait anéanti. Ce n’était pas une blague.

« Mademoiselle de Farnese. Lorsque son altesse décide d’être téméraire, vous n’êtes pas obligée de le suivre dans ses idioties. Nous sommes à la veille de la guerre, et cette demoiselle doit se familiariser avec les disciplines militaires. Que penseront les soldats si la générale qui les dirige est une gamine droguée ? »

« Vous êtes bizarre. Cette jeune dame est un arbre, un arbre ne dirige pas de troupes. »

« ……. »

« Mii-n, mi— minmin—. »

Elle n’était pas un arbre mais une cigale.

Son altesse et la jeune fille m’ignorèrent et bavardèrent entre eux.

« Bonjour — bonshouuur—. »

« Minminmii-n …… miin, mii-im. »

« Mam …… maman – ? »

« Minmin—. »

« Shaba daba do? »

« Miiii-m, miiim…… »

Finalement, ils avaient abouti à la création d’un nouveau langage. Assister à la naissance d’une nouvelle langue était un honneur pour moi. J’étais bouche bée devant un tel spectacle. D’autant plus que la petite dame se cramponnait à mes cuisses et bavait dessus. J’avais une vue inédite.

La morphologie faciale de Mademoiselle de Farnese était très agréable à regarder, en revanche, l’écologie de son crâne était une catastrophe.

Son visage était dénué d’expression et son intonation était placide. Il m’était difficile de comprendre ses émotions. Bien que moi non plus, je n’étais pas très expressive, j’étais différente. En effet, j’avais emprisonné ma conscience dans les ténèbres. Je l’avais fait de ma propre volition et une trace de mon ancienne personnalité était restée dans mon cœur. Dans son cas à elle, sa personnalité n’avait jamais existé.

Je fixai longuement du regard les yeux de la demoiselle. Elle avait de magnifiques yeux verts bosquets.

Son regard était vide. Une connexion se créait automatiquement lorsque deux individus se regardaient droit dans les yeux. Et pourtant, cette connexion avait été rompue avant même d’être établie. J’avais l’impression de regarder une grande feuille blanche. Que planifiait son altesse Dantalian, ce que son altesse Dantalian avait découvert au fond de ce puit asséché, ce avec quoi il comptait le remplir, de quelle façon il comptait y apposer son empreinte, même moi en tant que son amante, ne pouvais deviner ses intentions.

« …… »

Et si.

Je la mettais à l’épreuve ?

J’examinai les mouvements de son altesse. Sa respiration était régulière. Il dormait paisiblement et ne se réveillerait pas de sitôt. Je détournai mon regard de son altesse et m’adressai à elle.

« Mademoiselle, j’ai une question. Pouvez-vous y répondre ? »

« Une cigale ne songe pas, il respire l’air frai de l’été. Une cigale répond uniquement aux rayons du soleil qui lui tombent dessus. En revanche, cette jeune dame ignore si la saison actuelle est l’été ou non. Mii-n, mim—. »

« Qui est votre mère ? »

« Ma mère était une esclave. »

Répondit immédiatement Laura de Farnese.

« Elle a vécu en esclave et a donné naissance à cette jeune dame. Cette jeune dame est le fruit d’un viol. A la naissance de cette jeune dame, sa mère a été assassinée, sa mort était un meurtre prémédité. Aucun document ne peut attester de cette vérité, cette jeune dame ignore si cette histoire est véridique. »

La demoiselle inclina la tête.

« Est-ce que ma réponse a été à la hauteur des espérances de grande sœur Lapis ? »

« Oui. »

C’était un mensonge.

La réaction que j’espérais était plus intense que celle qu’elle m’avait donnée.

Afin de puiser ne serait-ce qu’une goutte d’eau de ce puit asséché qu’était son esprit, je continuai de poser des questions.

« Avez-vous été maltraitée étant donné le statut social de votre mère ? »

« Oui. J’ai été tourmentée depuis mon plus jeune âge. »

« Ils vous ont probablement harcelé à longueur de journée. »

« Mmh. »

« Pardonnez ma curiosité, puis-je vous demander de quelle forme se matérialisaient ces abus ? »

« Aah. Trivial. Ils me donnent de la nourriture sur laquelle ils ont craché, ils me donnent de l’eau pourvue de poux et de bestioles …… A ma grande chance, les jours de famine ou de soif sont peu nombreux, c’est ma plus grande fortune. »

« Quel est votre abus le plus mémorable ? »

« …… »

La petite fille retint sa respiration un moment.

Lorsqu’elle s’arrêta de parler, je m’introduisis dans l’ouverture.

Toutefois, je ne me précipitai pas. Peu importe l’activité, je n’avais pas l’intention d’être impatiente. Pour ramasser une fleur sur le bord de la route, la prudence était de mise.

« Où vous réfugiez-vous pour fuir les abus ? »

« A la bibliothèque dans un bâtiment annexe au manoir …… »

« La bibliothèque, dites-vous ? J’ai ouïe dire que vous adoriez l’histoire. L’odeur du papier est un parfum enivrant. Moi aussi, je garde une collection d’arôme que seul moi peux sentir. »

« Cette jeune dame aussi apprécie l’odeur des livres. »

« La bibliothèque est un bâtiment loin du manoir, et je présume que les âmes y étaient peu nombreuses. Vous avez eu raison de fuir dans une zone faiblement fréquentée. »

« Mmh. »

« Mais ils sont venus, n’est-ce pas ? »

« …… »

« Certaines fois ils vous ont laissé partir, mais quelques autres fois, ils ne vous ont pas laissé ce luxe. Ils ne vous ont jamais laissé tranquille, ils vous ont persécuté jusqu’à la fin. Au début c’était le salon, puis votre chambre …… lentement, une étape à la fois, petit à petit, ils ont envahi vos territoires et vous ont rongée de l’intérieur. »

Ses épaules tremblèrent discrètement.

Je l’avais attrapée.

« Et enfin la bibliothèque. Ils ont dû vous promettre de ne jamais venir à cet endroit. Ils sont horribles. Est-ce qu’ils ont envahi la bibliothèque ? »

« …… »

Elle hocha de la tête.

Fondamentalement, la personnalité d’un être vivant était une forteresse. Chacun construisait son château et dressait des remparts.

D’une manière calme et ordonnée.

J’étais l’assiégeant sur un champ de bataille.

Je lui coupais la retraite, j’entourais sa forteresse et j’assiégeais les portes. J’avais capturé les villages à proximité, tout ce qu’il me restait à faire était d’attendre sa capitulation.

« Quel âge aviez-vous quand ils sont rentrés dedans pour la première fois ? »

« Quand j’avais 10 ans …… pendant l’été …… »

« Je vois. L’été, dites-vous ? Faisait-il chaud ? »

« Je ne m’en souviens pas. »

« Qu’entendiez-vous ? »

« Le son des cigales …… »

« Vous entendiez le chant des cigales à travers la fenêtre, je vois. »

« Oui. A travers la fenêtre …… »

« Alors vous regardiez dehors. Restez trop longtemps à la bibliothèque et vous perdrez la notion du temps. Vous deviez souvent regarder le ciel depuis la fenêtre pour laisser votre esprit se libérer des tourments du quotidien. Que voyiez-vous dehors ? »

« Un arbre …… »

« Quel arbre ? »

« Je ne sais pas. »

« Souvenez-vous en. Vous ne saviez pas quelle espèce d’arbre vous regardiez, mais vous le fixiez du regard. Vous aviez les yeux rivés sur les branches. Afin d’endurer les abus, vous regardiez un arbre. Afin d’oublier le mal qu’il vous avait fait, vous vous étiez laissé emporter par le chant des cigales. Vous étiez intoxiquée par les cris stridents des insectes …… »

Tout s’écroulait.

Le château tombait en ruine.

Je n’avais plus qu’un pas à faire.

Le territoire que vous protégiez, la zone que je ciblais était à portée de main.

Je détruirai tout.

« Qui vous a envahi ? »

« ………… »

Les tremblements de ses épaules se transmirent à tout son corps.

La demoiselle baissa la tête. Elle secouait la tête comme pour écarter ces pensées de son esprit. C’était son rempart final. Comme c’était hilarant.

« Ne vous en faites pas, mademoiselle. Cet incident est terminé depuis longtemps et vous êtes passé à autre chose. Qui est venu vous chercher jusque dans la bibliothèque ? »

« Mon père, c’était lui. »

« …… »

« J’ai fermé la porte …… Je l’ai fermée résolument. Mais parce que j’ai oublié de la fermer à clé …… »

Je vois.

Je repensai à cette chaleur sordide en cette chaude journée d’été.

L’air chaud pesa lourdement sur ce silence de marbre.

« Pourquoi ne l’avez-vous pas fermée à clé ? »

« Parce qu’ils s’énervent quand je la ferme à clé. Parce que …… »

« Vous a-t-il fait du mal ? »

« Les cigales ont pleuré. »

Je m’arrêtai nette dans mon cheminement.

« Ils ont pleuré longtemps. De longues heures …… sans s’arrêter – »

Mademoiselle Farnese répéta les mêmes mots machinalement. L’intonation de sa voix était terne, les échos étaient distants.

Peut-être.

Etait-ce l’opportunité que j’attendais.

Le Seigneur Dantalian s’était entiché de cette petite fille. Ses yeux ne reflétaient aucun désir charnel quand ils la regardaient, et c’était le genre d’amour que je craignais le plus.

Le désir charnel est explicite. Ce qui doit pénétrer un trou le pénètre, ce qui doit venir vient. Une fois que les désirs sont rassasiés, il ne reste que du vide. Toutefois, quand l’amour est dénué de désirs, les sentiments se heurtent l’un à l’autre. Le destinataire de cette émotion apprend à tolérer cette faim et à se restreindre. Il pourrit de l’intérieur.

Je serais apaisée si je voyais son altesse étreindre cette fille devant moi.

Cette pensée me traversa l’esprit.

La demoiselle s’accrochera au cou de son altesse. Que se passera-il si cet amour est dissocié du plaisir de la chair ? Elle sera dans l’incapacité de répondre à l’affection de son altesse. Incapable de se dissocier de son amour, elle dépendra de plus en plus de son affection jusqu’à ce que son altesse occupe le moindre fragment du cerveau de la demoiselle.

Et alors, son esprit sera entièrement dédié à son bien-être. Sans possibilité de répondre à cet amour démesuré, elle s’abandonnera corps et âme. Je suis très préoccupée par cet avenir probable. Si son altesse se lasse un jour de cette demoiselle, ne tentera-t-elle pas de se suicider et d’amener avec elle son altesse dans l’outre-monde ?

C’était pourquoi j’allais saisir cette opportunité pour la briser.

Avant que son altesse ne puisse graver ses empreintes dans le cœur de la demoiselle.

Avant qu’elle ne suffoque de l’affection de son altesse.

Je briserai complètement son esprit.

Peu importe la blancheur de la feuille de papier, vous ne pouviez rien écrire dessus si la feuille était en lambeaux. Oui. La méthode pour la broyer était simple. Les mots étaient plus tranchants que les lames.

Ce Novel est traduit par JetonS de l’équipe Soreyawari & Co. Si vous lisez sur un site autre que Soreyawari.com, c’est que le Novel a été volé. Ne soutenez pas les voleurs, lisez sur le site original.


Je n’ai pas de check, donc si jamais vous remarquez des fautes d’orthographes, n’hésitez pas à me le signaler dans l’espace commentaire ! Merci !

Si vous appréciez la traduction, ou que vous voulez lire quelques chapitres en avance, n’hésitez pas à aller faire un tour sur mon Patreon !


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9 commentaires sur “Dungeon Defense – Volume 3 Chapitre 1 (Partie II)

    1. Bonjour ! Erreur de manipulation. J’ai publié ce chapitre sans donner de titre, ce qui explique sûrement le fameux « 23598 ». J’ai par la suite corrigé cette inadvertance, malheureusement ceux qui sont abonnés au site ont reçu une notification erronée. Je vous remercie de me faire remonter cette information et je tiens à m’excuser du dérangement. m(_ _)m

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